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 Adhel Askaruu

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Adhel Askaruu

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Date d'inscription : 30/06/2012
Messages : 60

MessageSujet: Adhel Askaruu   Dim 1 Juil - 20:08

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I- Informations essentielles


  • Nom : Askaruu

  • Prénom : Adhel

  • Sexe : Féminin

  • Age : 27 ans

  • Espèce : Salamandre

  • Groupe : Voyageur

  • Métier : Mercenaire

  • Équipement : Adhel se bat en général à l’aide d’un sabre courbe, qui ressemble au sabre perse, le Shamshir. Elle utilise également deux dagues lors de combats plus rapprochés. Enfin, mais elle ne l’emporte que très rarement lors de ses voyages, elle possède une hallebarde, souvenir de son service dans l’armée. Pour le reste, son équipement se constitue d’une bourse, contenant l’argent nécessaire à sa mission, une autre dans laquelle sont entreposés quelques remèdes qu’elle a achetés chez des herboristes, ainsi qu’une cape rembourrée de fourrure qu’elle emporte en voyage, pour se protéger du froid.

  • Capacités : De part les quelques années passées dans l’armée, elle a acquis au combat une certaine aisance, mais surtout une très bonne condition physique. Elle est donc plutôt endurante.
    Elle est en outre très débrouillarde, rodée au cours de ses nombreux voyages à surmonter des obstacles de nature très diverses, qu’elles soient techniques ou humaines. On peut ainsi considérer cette adaptabilité extraordinaire comme une capacité en soi.
    En tant que Salamandre, elle ne craint pas la chaleur, ni le feu.

  • Faiblesse : Elle n’est pas un très bon rhéteur, et s’en sort parfois mieux l’arme au poing, où dans des situations où avoir le sens pratique est important que dans celles où il lui faut séduire par ses mots. Elle sait négocier, mais cela s’apparente plus à du passage en force qu’à du charme envoûtant. De plus, elle supporte assez mal le froid. Enfin elle ne brille pas par sa force brute, basant plutôt son art du combat sur la souplesse et la tonicité que sur la puissance. Prise au piège par plus fort d’elle, il lui faudra donc ruser pour s’en sortir.

  • Particularité : Elle est vraiment frileuse, relativement paranoïaque, insomniaque, et grisée par l’aventure et l’appât du gain. Physiquement, elle n’a pas de particularité physique notable, en dehors de celles propres aux Salamandres de façon générale. A la rigueur les bijoux et chaînettes dont elle pare son corps pour le souligner, notamment celui qu’elle arbore à son front.


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II- Physionomie


Aujourd’hui est un jour plutôt froid… le vent gifle les plaines avec une fureur toute brutale, si bien que rares sont ceux à s’attarder dehors. Parmi eux, une silhouette au loin, qui approche. Elle semble dense, un amas sombre et compact d’étoffe. Quoi que visiblement pressé, son pas demeure souple. De plus près, l’on peut voir que d’une capuche rabattue sur sa tête dépasse de la fourrure brune, épaisse, qui double sans doute l’étoffe sombre dans laquelle disparaît tout à fait la silhouette de cette créature. Et au cœur de cette fourrure, trois joyaux… Deux d’entre eux, réalisez-vous tout à coup, sont animés, braqués sur vous. Leurs pupilles, étrécies, vous toisent avec une certaine fébrilité. Ceux-là, deux grands yeux en amande, sont d’une couleur d’ambre, un peu rousse, dans laquelle le peu de lumière qu’il y a aujourd’hui suffit à allumer un incendie. Le troisième quant à lui ne vous parle pas, ce n’est qu’un bijou, tenant probablement place sur son front. Elle semble plutôt grande, sans doute pas loin d’un mètre soixante-dix, ou peut-être un peu moins, mais vous n’en saurez pas plus, tant l’étoffe qui l’enveloppe est épaisse, et informe. Elle vous donne l’impression de protéger du froid une pièce de désert, échouée dans ce vent laboureur.

Une voix alors s’élève, une vois posée, et grave. Une vois résolument féminine, mais de celles qui font frémir… de quoi ? Oh, ça dépend. Elle peut avoir son charme, mais une certaine distance s’en dégage également. Elle vous demande où se trouve l’auberge la plus proche, et vous lui proposez de l’y accompagner. Par curiosité, sans doute. Ses yeux se plissent un peu, de suspicion sans doute, mais elle finit par hocher du chef et par vous emboiter le pas.

A l’auberge, vous la faites passer devant, par galanterie. Elle acquiesce et, toujours crispée dans son étoffe, se glisse avec souplesse à l’entrée de l’établissement. Votre arrivée est ponctuée de silence, un silence surpris et attentif. Elle semble ne pas en tenir compte et, après un soupir de soulagement que vous entendez distinctement, extrait de l’épaisse cape doublée deux mains. Elles sont fines, ses doigts agiles et précis. Son teint est mat, visiblement tanné par le soleil, sans sembler brûlé, d’aspect. Sans tenir compte de vos regards, ces mains et abaissent la capuche. S’en dégage une chevelure d’un cuivre presque choquant. Sa peau l’est déjà, mais ses cheveux rougeoient presque, lisses, et s’affaissent avec la souplesse de l’eau sur son épaule. Elle les a attachés en une queue de cheval serrée, et étroite, que maintiennent des bijoux de laiton. Vous découvrez aussi son visage, sur lequel vous marque particulièrement un nez droit et prononcé, qui en marque la symétrie avec une certaine insistance. Pourtant, le tout reste harmonieux. Un visage simplement étrange, inhabituel pour une femme.

Elle dégrafe alors le haut de sa cape, et découvre des épaules, et une gorge où nulle étoffe ne vient masquer cette peau uniforme. Seulement quelques bijoux, ci et là, sans pierre cette fois-ci. Elle semble tonique, vous devinez sous son teint des muscles longs, mais fins. Elle n’a pas une carrure qui vous impressionne. Du reste, elle vous semble plutôt bien faite de sa personne. De l’étoffe couleur sable vient finalement sauver votre pudeur. A voir cette débauche de peau, vous craigniez que cela ne continue plus avant, mais non. Elle masque ses seins d’une tenue pour le moins… minimaliste. Ce soir c’est une sorte de bandeau qui les maintient, sa taille, fine et tonique, laissée à découvert. Vous l’imaginez sans mal dans de la soie sauvage, l’ambre de ses yeux se faisant dans votre imaginaire charmeur, cette taille étroite animée d’une danse. Mais vous ne dites rien, vous contentez de déglutir et d’attendre, impatiemment, la suite.

Elle écarte sa cape, s’en débarrasse tout à fait et la roule en boule. Le geste, comme les autres, est étudié, fluide et décidé. Elle découvre des hanches sanglées de chaînes cuivrées qui soulignent des formes ici plus prononcées, généreuses. Ses jambes sont couvertes par des chausses faites de voiles amples, resserrées à ses chevilles par des bottines fermées, adaptées à la marche. Elle est élancée, et vous semble souple. Vous pouvez noter le fourreau courbe qui pend à sa ceinture, pris dans les chaînes qui tranchent sur la chair colorée. Une arme, donc. Son regard, son corps vous semble attentif. Pas craintif, mais sur de lui et prudent.


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III- Psychologie


Prudence est le maître mot de la personnalité d’Adhel. Si son apparence peut inspirer l’ouverture et la chaleur, de par ses teintes, ses cuivres, ou la générosité de sa silhouette, cette jeune femme est dans les faits d’une prudence extrême, presque maladive. A son niveau, il serait presque possible de parler de paranoïa, tant elle nourrit pour les créatures d’une autre race que la sienne de la méfiance. Ceci vient des légendes qui courent à propos de ses écailles, qu’elle masque sous ses vêtements par mesure de sécurité. Il ne s’agit pas de peur panique pour cette routarde, bien entendu, sans quoi il lui serait impossible de voyager comme elle le fait, mais elle passe pour ainsi dire son temps sur le qui-vive, et a pris l’habitude de ne dormir que d’un œil.

Ce qui la pousse à braver cette crainte, c’est peut-être l’appât du gain qui est le sien, quoi qu’elle ne fasse rien fructifier de ce qu’elle récolte au cours de ses quêtes. Elle a un esprit collectionneur, une tendance à amasser les objets dans la petite demeure, sa planque, qu’elle possède dans un village du Désert de feu. Cependant, elle tire si peu parti de ces richesses que d’aucuns pensent que ce n’est qu’une excuse pour se jeter sur les routes, et, peut-être, oublier quelque chose.

Ce n’est sans doute pas loin de la réalité concernant Adhel, car il est évident qu’elle a un goût peut-être démesuré pour l’aventure, qui la pousse à frayer avec des créatures infréquentables, à se jeter à corps perdu dans des missions périlleuses… Pour le simple plaisir de s’y échiner, et de tirer d’une réussite un plaisir personnel. Non pas qu’elle se vante de quelques victoires passées, mais elle aime le chalenge, contourner les obstacles qui se dressent devant elle, et se sent à chaque fois auréolée d’une joie presque vive. Pour cela, on la gratifie souvent d’un esprit vif et débrouillard, d’une forme d’intelligence naturelle. Elle n’est pas à proprement parler une érudite, ou une intellectuelle, mais son sens de l’observation lui fait rarement défaut.

Pour autant, elle demeure la plupart du temps assez réservée pour ne pas laisser son enthousiasme face au défi éclater au grand jour, et conserve, en toute circonstance sa très grande prudence. Cette réserve l’empêche de s’impliquer très avant dans les relations qui sont les siennes, et très rares sont à l’heure actuelle les personnes capables de lire les sourires énigmatiques qui étirent ses lèvres. En effet, très observatrice, c’est la plupart du temps son silence qu’il faut interpréter.

Secrètement, elle aimerait sans doute pouvoir se poser, se sentir en sécurité quelque part, mais elle en est encore loin, car ce style de vie, quoi qu’il soit choisi, et non pas subit, la pousse trop souvent à se mettre en danger pour cela. Elle souffre intimement de cet état d’alerte permanent, mais n’a pas encore trouvé de moyen pour y remédier. Elle aurait pourtant de l’affection à prodiguer, mais n’en est encore capable qu’à condition que cela ne la rende pas vulnérable. Cela ne l’empêche pas de faire souvent preuve d’une forme d’empathie et il n’est pas rare au cours de ses missions qu’elle prenne la défense de la veuve et de l’orphelin. Elle n’est pas pour ainsi dire une personne « louable », et se définit plutôt comme neutre, mais elle a certains réflexes, consciente qu’être en mesure de se défendre d’elle-même est, dans certains cas, une chance.

Enfin, plus généralement, on la dit d’un caractère plutôt très bien trempé, difficilement manipulable, et considérablement têtue. C’est pour elle une force, quoi que cela puisse parfois la rendre passablement rancunière, voire râleuse. Elle est convaincue de devoir à cet entêtement la réussite de ses quêtes, plus qu’à ses compétences martiales.


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IV- Histoire


Elle se tenait au plus près du feu, celui-ci dansant dans ses prunelles ambrées avec une fougue sensuelle. Prise, d’un frisson, elle étendit ses jambes jusqu’à sentir leur chaleur effleurer sa peau à travers l’étoffe. Une voix, un peu plus loin, s’éleva. Elle releva la tête, silencieuse, pour poser son regard tranquille sur l’homme qui avait entamé un discours. Ils avaient accepté de l’accueillir parmi eux pour la soirée, et de partager leur feu de camp. Quoi que tendue, elle ne s’en était pas moins jointe à eux et devait à présent écouter dans le détail cet homme leur raconter sa vie.

Adhel ne racontait pas sa vie. Réservée, celle-ci faisait partie d’un tout intime et inviolable. Elle n’avait rien de tragique, mais n’appartenait qu’à elle. Tandis que cet homme, à mi-chemin entre conte et récit de voyage, revenait sur la merveilleuse existence itinérante de ses parents, elle vit donc danser dans les flammes une petite silhouette. Rousse, flamboyante, pleine de vie était la petite fille qui jouait avec un autre enfant… Son petit frère, sans doute. Oui, c’était bien cela. Une enfance heureuse, avec des parents qui avaient été bons, et quoi que plutôt modestes, avaient pris sur eux d’éduquer leurs enfants de façon au moins correcte. Son père était un soldat, il œuvrait pour leur protection à tous depuis des années, tandis que sa mère, douce et patiente, veillait sur eux. Ils habitaient un village, au nord du Désert de Feu, non loin des Terres d’Yla. Bien que proche de la frontière, l’endroit était réputé sur, ce qui pour la petite famille était particulièrement appréciable. Pour les deux enfants, qui dansent dans les flammes, comme ils dansaient sous le soleil ardent du Désert, le danger n’était rien, ce n’était qu’une idée lointaine, de nature à faire froncer les sourcils à leur mère. C’était ce qui éloignait de la maison leur père, ce qui faisait qu’il devait leur être arraché si souvent. La vie était insouciante pour ces enfants, répartie entre les petites cultures de dattes qui permettaient à la famille de survivre, l’élevage des bêtes qu’ensuite ils dévoraient, et les jeux, empreints de douceur, qui rythmaient leurs journées.

L’autre baissa alors d’un ton, racontant les exploits de son père à un auditoire passionné. Les yeux d’Adhel quittèrent alors les flammes pour son hôte, mais ne virent que son père, dans ces traits durs, et assurés. Son père qui les quitta pour la dernière fois lorsqu’elle avait quatorze ans. A cette époque, elle était une adolescente souple, en enjouée. Elle était aventureuse, d’une curiosité à toute épreuve. D’aucun lui prédisaient une vie pleine de dangers, ce qui allumait dans ses yeux une flamme gourmande, tandis que les regards qui se posaient sur elle étaient quant à eux plutôt inquiets. Son père était parmi les inquiets. Comme de nombreux militaires, il ne leur racontait que des histoires amusantes, des quiproquos, des situations improbables dans lesquelles ses compagnons et lui se mettaient, mais qui toujours trouvaient une issue heureuse. Pourtant dans son regard, elle décelait parfois une forme de tristesse. Elle le surprenait debout, au cœur de la nuit, à épier au travers d’un rideau les plaines alentours… Une inquiétude perpétuelle, qui ne le quittait jamais. En veille… Sa veille dura quarante et une années, jusqu’à un jour où rentrèrent à sa place trois soldats, le bras en écharpe pour certains, et la mine sombre pour tous, qui annoncèrent à la petite famille la triste nouvelle. Disparu, mort au combat. En guise de réconfort, il leur fut dit que les contrebandiers contre lesquels il avait voulu les défendre au prix de sa vie n’avaient pas seulement été déboutés, mais aussi neutralisés. Grâce à lui, à son sacrifice, ils étaient hors de ce danger là…

Elle fronça légèrement les sourcils, quitta des yeux les traits enthousiastes de l’homme pour revenir au feu, réconfortant feu, consommateur acharné de la matière… Dès la mort de son père, elle l’avait remplacé, la nuit, à côté de ce rideau. Elle n’avait pas peur, elle n’était pas inquiète pour sa vie… Mais elle devait savoir. Elle devait suivre ses pas, elle devait le remplacer dans sa quête… Et c’est ce qu’elle fit. Dès que son petit frère, alors âgé de quinze ans, fut en mesure d’aider sa mère pour la récolte et la vente des dattes, elle leur annonça son ambition de rejoindre, comme son père, l’armée. Elle devait faire honneur à sa mémoire, combattre pour leur protection… Elle devait faire en sorte que jamais les plaines que l’on voyait s’étendre sous leurs fenêtres ne soient envahies par l’horreur.

Quelques mois après avoir fêté ses seize ans, Adhel était aspirante, dans l’armée Salamandre.

Un sourire énigmatique étira alors ses lèvres, tandis qu’elle modifiait sa position pour effleurer, du bout de ses doigts nus, les flammes qui la captivaient toujours. Elle avait conscience d’un regard sur sa nuque, mais ne le laissa pas voir. Vigilante, elle retira ses doigts du feu et reprit sa position initiale. L’autre en était à ses premières passes d’armes… Elle aussi. Frêle et légère au départ, il fallut du temps à la petite Adhel pour s’en sortir, l’arme au poing. En attendant, elle servait d’aide de camp aux gradés, lavait leur linge, servait les rations… Rien de très glorieux, ni de très aventureux pour la jeune femme qui avait imaginé de toute autre façon son entrée dans l’armée… Mais elle était une fille, et s’ils avaient cédé devant une détermination qui avait sur les séduire, ils n’étaient pas confiants quant à ses capacités martiales. Alors elle s’entraînait la nuit, seule, ou avec de jeunes soldats qu’elle avait su séduire, sans relâche. Jusqu’à ce que vienne un jour qui la vit vaincre l’un des plus grands des jeunes aspirants, au hasard d’une passe. Elle mordit derechef la poussière, mais avait su mettre sa souplesse et sa tonicité au service de l’arme, et le regard que ses supérieurs posaient sur elle changea alors. Les corvées s’espacèrent, confiées à de nouveaux venus, et les maîtres d’armes firent d’elle, les années passant, une experte, un sabre courbe en main. Elle apprit également à se servir d’armes d’hast, bien que rien n’égale sa précision et la fluidité de ses gestes avec des outils plus légers.

Son sourire se fit plus rêveur, lorsque lui revinrent en mémoire ses premières missions, l’adrénaline qui courait sans ses veines, sous l’uniforme Salamandre, la douceur du sable chauffé à blanc sur sa peau, lors des longues heures passées, chair libérée, à s’entraîner dans l’enfer brûlant du Désert de Feu. Ces années s’étaient écoulées en force, rythmées par les expériences de la vie, savoureuses, sensuelles, joueuses… Elle prit ses premières cuites, connut quelques amants, ses premiers succès. Ses visites à sa famille s’espaçaient. Son frère était un homme fait, désormais, et travaillait volontiers à l’exploitation familiale. Son génie agricole la rendait prolixe, et sa mère déjà pouvait jouir d’un repos bien mérité. Il était bel homme, et nul ne doutait que bientôt une femme viendrait lui porter main forte. Rassurée sur leur sort, Adhel en oublia la fenêtre, et, derrière le rideau, les plaines. Elle en oublia presque qu’elle avait une famille, si ce n’était pour leur conter avec une joie sauvage ses aventures. Et toujours ce regard, empreint d’une certaine crainte. Elle était une femme, jeune, qui bientôt serait rattrapée par la vie. Le chemin dans lequel elle s’était engagée était périlleux, inadapté. Et qu’en était-il du mariage ? Ne devait-on pas l’y contraindre, un jour ou l’autre ? Sans doute étaient-ce là les questions qui la tinrent à distance des siens, jusqu’au jour où elle prit la décision de les quitter tout à fait. Un petit régiment venait d’être créé, près de la frontière est du Désert, là où les razzias sur les villages se faisaient plus fréquentes ces derniers temps. On y avait besoin de combattants motivés, solides. On avait pensé à elle.

Elle avait déjà vingt-deux ans lorsqu’elle fit à sa mère un au-revoir qui ressemblait à s’y méprendre à des adieux.

A travers l’étoffe soyeuse qui s’écoulait sur ses tibias, elle devina d’une caresse trois petites écailles qui couraient le long de son mollet. Trop lisses pour être senties, elle les connaissait par cœur… Et à cette idée son ventre se noua. Elle fronça les sourcils, et retira sa main pour regrouper ses genoux contre sa poitrine. Toujours, sur sa nuque, le regard du voyageur silencieux était étouffant. La vie près du royaume de Marath n’avait rien à voir avec elle, menée au nord ouest, près des pacifiques Terres d’Yla. Les villes étaient un peu plus mixtes, quoi que peu de voyageurs ne s’aventurent sous le soleil redoutable du Désert. Et les problèmes, eux aussi, étaient plus nombreux. Leurs patrouilles n’étaient pas de tout repos, et il n’était pas rare que l’armée intervienne pour calmer certains esprits trop téméraires. Sa curiosité naturelle s’étendit au-delà des frontières, avec le désir d’en savoir plus, d’aller plus loin… Ils essuyèrent quelques combats, et Adhel, peu à peu, s’assagit. Officier dans l’armée dans cette zone-ci du désert n’était pas comparable à ce qu’il en était chez elle, et elle comprit d’où venait l’amertume du regard de son père, lorsque la nuit il veillait sur la demeure familiale. Mais vint un jour, un jour précis où ce regard changea du tout au tout, et ce à jamais. On la tira de sa garde, elle et une poignée d’hommes, pour les lancer sur les traces d’un groupe de trafiquants que l’on disait d’une cruauté sans commune mesure. Ils s’étaient déjà rendus coupables de plusieurs agressions sur des Salamandres, et à présent que l’armée pensait s’être mise sur sa piste, ils devaient les neutraliser au plus vite. Ils marchèrent sur leurs traces durant deux journées, s’arrêtant la nuit, pour reprendre avec certaines difficultés leur traque dans un sable que le vent avant partiellement balayé… Jusqu’à ce qu’ils tombent sur un indice… Un indice toujours fumant.

Elle fronça les sourcils, cilla, ses yeux quittant le feu pour ses mains que sans s’en rendre compte elle tordait légèrement. Elle laissa un soupir s’échapper, et tenta de se concentrer sur le récit de son hôte qui mimait la grandeur de paysages extraordinaires avec beaucoup d’emphase. Mais elle ne vit pas ce qu’il décrivait à l’auditoire conquis, elle ne vit que des demeures calcinées, et les corps. Epargnés par le feu, ils gisaient, ci et là… Inanimés, mutilés. La barbarie avec laquelle ils avaient été traités était toujours imprimée dans sa rétine. Des enfants, qui avaient tout juste une poignée d’écailles à priser avaient été égorgés, et dépecés sans ménagement. Des femmes gisaient, leurs vêtements déchirés. Probablement violées avant qu’à leur tour elles n’aient été partiellement dépecées… Les hommes, dans ce petit village d’exploitants, semblaient rares… Et le sort des quelques uns qui se trouvaient là n’était guère enviable non plus… Des êtres sans défense, donc, qui avaient été la proie d’une razzia sans pitié… N’y tenant pas, elle s’était souvenue d’avoir vomi, à plusieurs reprises, tandis qu’ils arpentaient les ruines avec effroi. La suite s’est déroulée pour elle dans un état cotonneux, vague de semi-conscience. La troupe a repris la route, après avoir envoyé un messager prévenir la cité la plus proche du carnage qui avait été perpétré. Ils ont fini par trouver les pendards qui étaient responsables du massacre. Un soir qu’ils avaient dressé un campement, et autour du feu, comme celui-ci, cherchaient sur les lambeaux de peau prélevés les discrètes écailles de leurs victimes… Ils ne les trouvèrent jamais. D’ailleurs, ils ne trouvèrent plus rien.

Avec un soupir, Adhel se leva et salua d’un geste son hôte. Ils lui avaient attribué, par galanterie, une tente qu’elle avait acceptée volontiers. Elle n’aimait guère dormir à la belle étoile en compagnie d’étrangers… Encore que dans ce cas précis, « dormir » n’était pas le terme approprié à la veille angoissée qu’elle menait. Elle se retira, donc, frémissant au contact d’un pan d’étoffe qu’elle écartait. Ils avaient massacré, jusqu’au dernier, les contrebandiers. Un déchaînement que d’un commun accord ils passèrent sous silence en faisant de ce campement un bûcher géant. Les survivants de ce combat se tenaient, debout, et regardaient les flammes dont ils étaient si proches dévorer le corps de ces animaux. Le lendemain, ils rejoignaient la cité la plus proche. Après deux jours de repos, Adhel quitta l’armée.

Ce soir, comme les autres, elle ne dormirait qu’une petite poignée d’heures… et encore, d’une oreille seulement, sur le qui-vive au moindre son. Elle s’étendit néanmoins, son sabre à portée de main, une dague sous l’étoffe roulée sous sa nuque. Les yeux fixés sur les reliefs de la toile qui se dressait au-dessus d’elle, marbrés de l’orange du feu qui crépitait plus loin, elle se souvint… Cela faisait à présent quatre ans qu’elle n’était plus militaire. L’armée, elle en était persuadée, était incapable de mener à bien sa mission sans faillir… Elle n’avait pas su mener à bien sa mission. Elle n’avait pas sauvé de la mort, et de la torture ce petit village. Elle les avait vengés… mais pas sauvés. Elle ne pourrait pas davantage sauver les siens, alors elle n’était pas retournée auprès d’eux… Elle s’était faite mercenaire, cupide… Elle avait bâtit une petite cabane dans un village plus au sud où entreposer quelques effets, ce qu’elle avait glané au fil de ses quêtes… A plusieurs reprises, cette cabane fut pillée et seuls demeuraient les murs de ce refuge… Mais elle n’en avait cure, et sans relâche amassait à nouveau les objets, plus ou moins précieux, qu’elle ramenait de ses voyages. Quête, après quête, elle repoussait toute attache, demeurait alerte. Hantée par les images des victimes, et des cadavres des contrebandiers, elle en devint insomniaque et, quoi que grisée par l’aventure, paranoïaque. Elle s’était donc lancée à corps perdu dans une fuite en avant, en recherche permanente d’objectifs, de buts. Elle attendait une quête, une mission particulière, qui saurait la rassasier, l’apaiser, chasser ces images de son esprit. Mais en quatre années, elle n’avait pas encore pointé le bout de son nez, et sans doute allait-il falloir à la Salamandre encore de nombreuses saisons avant qu’elle n’effleure un semblant de paix.


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V- En dehors du jeu


  • Prénom/pseudo : Dare

  • Age : 23 ans

  • Comment avez-vous découvert le forum ? : Je suis l’admin du forum partenaire les Tables d’Olaria [Mithra Edorta]

  • Une remarque sur le forum ? Très joli forum ! Avec beaucoup de potentiel je trouve ^^
    J’aime particulièrement le système de quêtes disponibles, et j’espère que beaucoup seront proposées à l’avenir \o/

  • Petite note additionnelle : Concernant mon rythme de RP, il est variable, en fonction de mon travail, de mes cours, etc etc. Je m’excuse d’avance si je traverse des moments un peu plus raides pour ce qui est de l’emploi du temps, mais vous serez prévenus, de toute façon ^^


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Ðare
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Dernière édition par Adhel Askaruu le Ven 6 Juil - 14:14, édité 1 fois
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Adhel Askaruu

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MessageSujet: Re: Adhel Askaruu   Jeu 5 Juil - 17:21

Et voilà, la fiche est terminée Bon courage pour la lecture !

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Ðare
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Metis Adhbreith
Modératrice HRP/Fondatrice
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MessageSujet: Re: Adhel Askaruu   Jeu 5 Juil - 17:55

Très jolie fiche, vraiment très jolie ! (Metis regarde sa propre fiche, la planque puis continue).
Pour moi tout est parfait donc tu es validée ^^
Il ne te reste plus qu'à attendre l'accord d'Ambre et tu pourras commencer à rp dès que tu auras ton groupe.

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Ambre Bellamy
Admin/Fondatrice
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Date d'inscription : 10/07/2011
Messages : 999

MessageSujet: Re: Adhel Askaruu   Jeu 5 Juil - 18:16

Rien à redire sur le contexte, le contenu ou une incohérence, j'aime le personnage qui est bien développé et l'histoire est très agréable à lire (ça promet pour le rp) donc tu es validée !


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MessageSujet: Re: Adhel Askaruu   

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Adhel Askaruu
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