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 Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]

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Tamina Anaon

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Date d'inscription : 17/10/2012
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MessageSujet: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Mer 5 Déc - 5:31

Les dernières lueurs du soleil couchant percèrent à travers les rideaux, et Tamina se retourna en grognant dans son lit. Combien de temps avait-elle dormi ?Elle leva une main hésitante pour protéger ses yeux de la faible lumière, et de l'autre regarda sa montre, la tête lourde. Elle ne supportait pas du tout l'alcool, et quatre verres c'était déjà quatre verres de trop. Soupirant à la vue de l'heure, elle se rendit compte qu'elle avait dormi tout l'après-midi. Elle songea un instant à rester au chaud dans les draps, et oublier le froid qui l'envahissait après chaque nuit blanche, mais le souvenir de son rendez-vous la dissuada instantanément. Maudit soit-il ! Il valait mieux ne pas faire attendre un pirate, et un capitaine pirate qui plus est.
Alors elle se leva et s'habilla rapidement avec des gestes brusques, récupérant toutes ses possessions dans son sac au cas où. Elle ne savait pas encore si elle allait dormir à nouveau dans cet établissement, et son maître mot dans ces cas-là était on ne sait jamais... Puis elle descendit attraper de quoi se remplir le ventre -un toast et une pomme- dans la salle commune. Une fois le pain englouti elle sortit dans la rue, croquant sa pomme tout en cheminant, et esquivant les flaques au contenu douteux.

Le programme de la nuit n'était pas particulièrement réjouissant, et Tamina commençait à devenir un brin paranoïaque, surveillant du coin de l’œil les gardes qu'elle croisait. Elle avait une mission relativement illégale à accomplir, mais elle ne pouvait rien refuser à son employeur actuel. Cet herboriste possédait un commerce florissant, et pas seulement grâce au nombre de ses clients, mais aussi par leur nature. Les hors-la-loi avait également besoin de ses produits, qu'il s'agisse de plantes curatives ou au contraire dangereuses. Les vendre au marché noir rapportait beaucoup, et bien sûr le commerçant ne dénonçait pas ses clients, sous peine un jour que l'on retrouve son cadavre flottant à la sortie des égouts. Et le sort de ses employés ne serait pas plus enviable.

Prise d'un frisson, Tamina essaya de penser à autre chose. S'obligeant à se calmer elle observa la ville qui s'endormait, et les travailleurs qui finissaient de rentrer chez eux. Le marché commençait à être débarrassé, les affaires étaient remballées, et les étalages démontés. Une délicieuse odeur d'épices lui chatouilla les narines, provenant des sacs qui restaient, et les cris des marchands s'interpellant d'un emplacement à un autre ajoutaient au chahut du lieu. Se faufilant au milieu de tout ce monde elle parcourut la place dans sa longueur, en remplissant sa gourde à la fontaine qui trônait au centre. Puis coupant par une petite artère pour atteindre plus vite les docks, elle entendit des charretiers se disputer dans une avenue, et la milice tenter difficilement de maintenir une certaine discipline. Humpf ! Encore des soldats, ils étaient donc partout ce soir. Cela ne présageait rien de bon pour la suite. Mais après tout elle allait au port, et ensuite ne quitterait pas la ville basse.

Le  problème qui pouvait se poser, c'était les rues malfamées faisant office de coupe-gorge pour les infortunés voyageurs, ou plutôt les imprudents fortunés. Tamina détestait ces hommes -ou femmes- qui tuaient pour l'argent, le plaisir, et n'avaient aucun respect pour quelque forme de vie que ce soit. Elle avait une vision assez stéréotypé de ces gens sans foi ni loi, elle d'ordinaire ouverte d'esprit. Elle n'était pas du genre à mettre tout le monde dans le même sac, mais restait étonnamment butée sur le sujet des hors-la-loi. Il faut dire qu'elle avait des raisons toutes personnelles de les haïr, et si les pensées étaient purement logiques et rationnelles, cela ferait longtemps que les préjugés n'existeraient plus.

Et maintenant elle se retrouvait à mille lieues de son pays natal, à servir d'intermédiaire pour ce même type de  personnes qu'elle détestait. Cependant la jeune femme n'exerçait pas cette activité simplement par pur esprit de contradiction, elle avait un but précis. Retrouver un certain contrebandier, un meurtrier, pour venger le garçon qu'elle avait aimé dès son plus jeune âge. Pour elle c'était même une question de justice, afin que Mathias puisse trouver la paix. Il lui arrivait de penser qu'il s'en moquait peut-être -après tout il était mort- mais alors elle s'imaginait la vie qu'ils auraient pu avoir ensemble, que cet homme avait volé, et sa détermination revenait plus froide qu'avant. On disait que la vengeance n'apportait rien de bon, et c'est vrai qu'elle ne lui rendrait pas Mathias. Pourtant elle savait que regarder l'assassin dans les yeux, en mettant fin à sa vie, lui procurerait une intense satisfaction personnelle. Et, paradoxalement, elle ferait cela même qu'elle méprisait chez les criminels, tuer pour son plaisir, mais elle refusait encore de se l'avouer. Décidée à se rapprocher de ce milieu de l'ombre, elle n'avait donc pas protesté en découvrant l'autre facette du commerce de l'herboriste. C'est ainsi qu'elle avait rencontré le capitaine Saw, il y avait quelques mois déjà, pour lui fournir plusieurs échantillons. Le peu qu'elle avait appris de lui, en laissant traîner ses oreilles dans diverses tavernes, l'avait convaincu de la dangerosité de l'individu, rendant difficile à masquer sa défiance à son égard. Mais jusqu'à maintenant il n'y avait pas eu de problèmes, et arrivée enfin à destination elle s'assit en tailleur sur un tonneau, à moitié cachée par un renfoncement du mur. Elle observa le va-et-vient des dockers, triturant son bracelet, et attendant le pirate. Enfin elle le vit arriver, marchant dans sa direction, et une fois à sa hauteur s'adressa à lui d'un ton formel :

- Bonjour, capitaine. L'endroit change comme d'habitude. Il se trouve dans un entrepôt à dix minutes à pied d'ici.


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Irwin Saw

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MessageSujet: Re: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Mar 11 Déc - 13:34

[HRP : Désolé pour le retard, pas mal de taf’ en ce moment :s]

Retourner Achaladh n’était pas seulement une manière de tomber sur des pirates et trouver une excuse pour se battre sur le pont de son bâtiment. En plus de faire le plein de provisions rapidement et secrètement, il fallait également qu’il se rende sur place pour obtenir certaines plantes qu’il ne pouvait obtenir d’une autre façon. Certaines poussaient sur les provinces côtières et il lui était possible d’en récupérer avec quelques journées à terre mais, pour d’autres, c’était une autre paire de manches. Il fallait le plus souvent s’enfoncer au cœur des provinces terrestres et, bien entendu, ce n’était pas quelque chose d’évident pour un pirate. Abandonner son navire n’était pas quelque chose que l’on faisait sans risques, ne serait-ce que scinder son équipage en deux pouvait se révéler traitre. Même s’il ne craignait pas de mutinerie de la part de ses hommes, et donc que l’autre partie de l’équipage ne parte avec le navire sans les attendre, il y avait toujours le risque de pouvoir se faire aborder. Et si la moitié de l’équipage manquait à l’appel, défendre le navire ne serait pas aussi aisé. C’était pourquoi il revenait dans ce port de l’Empire également, pour avoir à éviter de faire ce genre de choix difficiles et prendre ces risques inutiles, même si, pour cela, il devait mouiller une nuit ou deux dans un port qui lui était hostile. Dans la ville se trouvait un herboriste dont les talents n’étaient plus à prouver mais, au-delà de son commerce assez florissant, il était également peu scrupuleux au point de fournir également une clientèle moins « légale », permettant à certaines personnes d’obtenir également ce dont elles avaient besoin, sans avoir néanmoins à affronter les gardes de la cité et ainsi risquer de se faire prendre.

Irwin avait eu vent de cet herboriste via une rumeur dans une taverne, ou, plus exactement, un de ses hommes le lui avait rapporté à son retour d’une petite beuverie entre camarades. L’équipage savait que leur Capitaine manipulait les plantes, surtout pour les soigner, mais, et ils le savaient tous, également pour tuer. Les poisons étaient la chose la plus courante dans leur milieu et, pour les connaître, mieux valait les côtoyer. Qui plus est, le Flamboyant pouvait ainsi procéder à quelques tests et développer des contrepoisons efficaces et qui pourraient sauver ses hommes – ou lui-même – d’un éventuel empoisonnement. Toutefois, remèdes et poisons nécessitaient parfois des plantes rares et difficiles à trouver pour un homme qui passait la majeure partie de son temps sur la mer. Aussi, une telle aubaine devait être cultivée. Intéressé, Irwin avait bravé une fois la ville, discrètement, pour trouver l’échoppe de cet homme et lui faire part de ses besoins. Convenant d’un rendez-vous plus proche de son navire, les deux hommes s’étaient finalement mis d’accord sur une première commande que le marchand avait honorée avec discrétion et professionnalisme. S’en étaient suivies plusieurs livraisons et, aujourd’hui, la dernière en date allait s’effectuer de la même manière que les précédentes. Le Capitaine rencontrerait son contact, une femme, dans une ruelle et cette dernière le mènerait vers le lieu où étaient entreposées les plantes. L’endroit changeait à chaque fois et, une fois sur place, la transaction s’opèrerait dans l’ombre d’un lieu aléatoire et discret. Tout ce que demandait Irwin. Vêtu simplement, le Capitaine du Némésis confia son bâtiment pour quelques heures à son second et descendit à quai pour se mêler à la populace et essayer de se glisser, à la faveur du crépuscule, dans les ruelles proches. Les gardes étaient plus nombreux que d’habitude mais il n’était pas sans ressource et les premiers pas furent aisés.

Une fois dans les ruelles, peuplées d’ombre et de très peu de personnes, il fut beaucoup plus facile pour le pirate de se mouvoir sans peine. Les gardes patrouillaient généralement dans les grandes artères et délaissaient les petites rues alors plus enclines à la discrétion et aux méfaits, paradoxalement. Se repérant avec le soleil couchant, Irwin obliqua à gauche puis à droite, battant le pavé sans s’arrêter, si ce n’était lorsqu’il fallait traverser une plus large rue et risquer d’être vu. Il remonta ensuite la dernière rue, celle où son contact devait se trouver. Cela ne manqua pas. Tandis qu’il se faisait interpeler, le pirate jeta un œil aux alentours pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un coup monté. Mieux valait toujours en être sûr, plutôt deux fois qu’une. « Inutile de trainer par ici alors. » La main sur le manche de son épée, Irwin était sur ses gardes mais clairement détendu. Il n’y avait pas de menaces immédiates et tout se passait selon le plan, pour le moment. « Je vous suis. » Regardant la jeune femme installée sur son tonneau, il attendait qu’elle se mette en mouvement pour la suivre. Une fois à l’entrepôt, l’un prendrait les plantes, l’autre l’argent et ils feraient comme s’ils ne se connaissaient pas, jusqu’à la prochaine fois. Mais, en cet instant, ils retrouvaient leurs « vieilles » habitudes. « Toujours pas résolue à découvrir le monde sur un bateau ? » La question était lancée au débottée, comme une pique, un leitmotiv récurrent, une question sempiternelle qu’il lui posait à chaque fois qu’ils se voyaient. Un reliquat d’une première discussion qui avait détendu l’atmosphère et qui, finalement, avait teint chacune de leurs futures rencontres.
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Tamina Anaon

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MessageSujet: Re: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Mer 20 Fév - 17:21

Tamina sourit en entendant sa question, et répondit comme les autres fois, d'un ton gentiment moqueur :

- Toujours pas envie de raccrocher pour un honnête métier ?

Descendant prestement de son tonneau, elle se fit la réflexion qu'elle-même ne faisait pas un métier honnête cette nuit. Mais la fin justifiait les moyens, enfin dans une certaine mesure, pensa-t-elle en soupirant. S'assurant que le capitaine Saw la suivait elle obliqua dans une ruelle, et se retourna pour ajouter :

- On va passer par les quartiers un peu pourris de la ville, pour éviter au maximum les patrouilles du soir.

Continuant son chemin, elle préféra ne pas lui dire que le colis était caché dans un entrepôt des tanneries. De cette manière, s'il lui venait à l'esprit de la doubler pour ne pas payer, il ne le trouverait pas. Les tanneries étaient idéales, car nauséabondes, et peu de gens s'y rendaient à part les ouvriers qui, à cette heure-ci, devaient être en train de rentrer chez eux.
S'enfonçant dans le dédale des rues, elle évita un seau de pisse lancée depuis une fenêtre, jurant contre la saleté de cette ville. Quelques lampadaires étaient tout de même allumés, alors que le soleil commençait seulement à se coucher. Les tavernes accueillaient les clients du soir, travailleurs de tout genre, et viraient ceux qui ne tenaient plus debout après un après-midi de picole. Cheminant à côté d'Irwin, deux hommes attirèrent son attention par leur comportement étrange. Mais ils étaient simplement ivres morts, zigzaguant bras dessus bras dessous, une bouteille dans leurs mains libres. Ils effrayèrent une tourterelle par leurs mouvements erratiques, qui s'envola à leur approche pour se percher sur un rebord de fenêtre. Subjugué, l'un des deux hommes tira son compagnon par la manche, observant fixement le volatile, et s'écria :

- Regarde ! L’Oiseau de Vie ! C'est lui, c'est vraiment lui !

Le deuxième ne répondit pas, préférant manifestement garder la bouche fermée, afin de ne pas répandre le contenu de son estomac ; et ils restèrent immobiles à détailler la sublime vision d'une tourterelle indifférente.
Tamina se retint d'éclater de rire devant cette situation absurde, ne voulant pas énerver des hommes complètement bourrés, et donc imprévisibles. Elle leur passa derrière, non sans un regard amusé, entendant l'exclamation résonner dans sa tête, réveillant des souvenirs. Cet Oiseau était une légende qu'elle avait déjà entendue, rien qu'un mythe, mais ne sont-ils pas basés sur un fond de vérité ? On disait qu'il avait le pouvoir de guérir, et même de ressusciter les morts. Son cerveau entra en ébullition. Et s'il existait ? Et s'il possédait réellement ce pouvoir ? Une infime lueur d'espoir, fragile, fit jour dans son cœur, et ses pensées s'envolèrent. Elle pourrait le chercher, le trouver, et lui demander de lui rendre Mathias et...Tamina redescendit brusquement sur terre. Où chercher, par où commencer ? C'était une folie d'espérer le retrouver, ce n'était même pas sûr qu'il en soit capable. Elle se basait sur des racontars, des rumeurs de bas étage. Néanmoins vouloir retrouver un homme parmi des millions d'autres, réussir à le tuer et à s'en sortir vivante n'était pas moins fou. Découragée, il lui fallait plus d'information avant de foncer tête baissée, et c'est d'un ton égal qu'elle demanda :

- Que savez-vous de l'Oiseau de Vie ? En avez-vous déjà entendu parler ? Avant les deux pochtrons de derrière je veux dire...

Il avait beaucoup voyagé, et s'il avait entendu quelque chose, c'était toujours ça de gagné. C'était un pirate, un aventurier, en un petit peu moins chevaleresque certes, mais qui avait donc une certaine expérience, des contacts, ayant pu eux-même apprendre quelques faits intéressants. Leur fiabilité pouvait être sujette à discussion mais elle avait choisit de croire, entre deux folies, à celle qui lui ramènerait Mathias et si le capitaine Saw ne savait rien, tant pis, elle chercherait ailleurs. Changeant encore de rue pour rentrer dans le quartier bas -et louche- de la cité, elle jeta un coup d’œil sur Irwin, attendant sa réponse et de voir sa réaction.

[Je suis vraiment désolée de l'immeeense retard, j'ai eu beaucoup de boulot. Quand je vois que tu as dû attendre plus d'un mois j'ai honte de moi. Encore désolée, mea culpa...]


Dernière édition par Tamina Anaon le Mer 25 Juin - 14:35, édité 1 fois
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Irwin Saw

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MessageSujet: Re: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Ven 22 Fév - 15:14

Comme d’habitude, son contact ne manqua pas de lui répondre par la même question rituelle et il ne s’empêcha pas de sourire face à cette manière d’être ainsi toujours « éconduit ». A vrai dire, il ne savait pas vraiment ce qu’il ferait si, un jour, elle lui répondrait qu’elle était volontaire pour embarquer sur un navire. Cela n’impliquerait pas nécessairement qu’elle veuille monter à bord du Némésis mais, si c’était le cas, il ne saurait dire s’il l’accepterait à son bord. Il ne la connaissait finalement que très peu et, même si elle était d’une compagnie agréable le long des quelques minutes nécessaires pour arriver à la planque qu’elle avait choisie, rien n’indiquait qu’elle fut capable de supporter une vie en mer avec des marins de tout bord, et, plus précisément, des pirates. Qui plus est, la navigation demandait beaucoup, autant physiquement que mentalement, à tout les marins – légaux ou illégaux – et il n’était pas certain, du moins au premier coup d’œil, qu’elle fut prête à assumer ce défi. Quoiqu’il en soit, mieux valait peut-être ne pas trop réfléchir à ce genre de choses, vu que, pour le moment, elle ne semblait pas encline à lui répondre positivement, ce qui, finalement, était peut-être mieux ainsi. « Je ne suis pas certain de pouvoir vraiment raccrocher, chez nous, on finit par dessus bord, pendu ou embroché, mais rarement vieux et édenté. » Inutile de lui dire que j’aspirais en réalité à terminer ma quête de vengeance pour reprendre une vie normale, après tout, je devais, pour l’instant, coller à mon rôle de pirate et personne n’était obligé de savoir ce que je comptais réellement faire de mon existence. Après tout, cela n’intéressait aucun d’eux, et même si je pouvais certainement avoir une once de confiance en cette jeune femme, je ne voyais aucun intérêt de m’y confier.

« L’attention me touche. » Eviter les gardes était une nécessité avec lui. Il n’était pas certain qu’on le reconnaisse mais, s’il avait le choix, Irwin préférait éviter de jouer avec le diable. Finir en cellule pour quelques jours avant de terminer ballotant au bout d’une corde n’était pas quelque chose qui l’intéressait grandement et beaucoup de personnes, dans sa situation, penseraient surement de la même manière. Les quartiers pourris ne le gênaient pas particulièrement par contre. Au niveau des odeurs, on pouvait parfois être amené à connaître pire sur un bateau alors ce n’allait certainement pas être quelques senteurs fortes qui le rebuteraient. Il nota néanmoins que le lieu serait certainement encore une fois différent des autres. Qu’elle puisse trouver ainsi autant d’endroits où mener leurs petites affaires avait quelque chose de particulièrement appréciable, au moins, elle devait penser qu’elle prenait suffisamment de précautions pour éviter de lui laisser l’opportunité de la doubler. Ce qu’elle ne savait pas, par contre, c’était que cela ne lui était surement jamais venu à l’idée. Loin d’être pirate jusqu’au bout des ongles, Irwin ne voyait aucun problème à payer quelqu’un pour un service qu’il pourrait lui rendre et hormis ce qu’il pillait en mer, principalement pour ses hommes et leur moral, il ne volait jamais rien à terre, probablement parce qu’il refusait également de devenir comme celui qu’il pourchassait. Et peut-être également parce que cela pourrait jouer potentiellement en sa faveur si un jour il devait arrêter. Ne tuer que des pirates – et piller quelques navires marchands – n’était probablement pas un si grand crime, surtout quand on débarrassait les mers de quelques pilleurs invétérés. Enfin, pour le moment le Capitaine ne se faisait pas d’illusions, si on l’attrapait, personne ne s’occuperait de savoir s’il mérite une seconde chance ou non.

Accompagnant son guide en silence, comme la plupart du temps, il ne put s’empêcher de sourire alors qu’elle esquivait le liquide particulièrement malodorant renversé d’un seau d’une fenêtre plus haute. La ville n’était pas spécialement très propre, en particulier dans ces petites ruelles et encore moins dans les quartiers « pourris ». Sans comportement particulier, il observa lui aussi les deux ivrognes s’extasier devant une hirondelle puis, une fois qu’ils les eurent dépassé, s’étonna toutefois de la question de la jeune femme. L’Oiseau de Vie ? Il haussa les épaules. Ce sont de vieilles histoires que l’on raconte au coin du feu. Des légendes pour faire parler les curieux et rêver les simples d’esprits. » Il en avait déjà entendu parlé, ici et là, et s’il savait que, généralement, les rumeurs et les légendes avaient toujours un fond de vérité, il n’était toutefois pas convaincu qu’un simple oiseau puisse posséder autant de pouvoir. Comme tout le monde, il avait esquissé l’idée que, si tout ceci était vrai, il aurait pu retrouver sa mère et sa sœur, mais Irwin était pragmatique et il ne préféra pas se bercer d’illusions. « J’ai entendu plusieurs histoires à son sujet, mais, si vous songez à y croire, j’ai bien peur que vous ne finissiez déçue… » Il n’y avait rien de mauvais à rêver, mais, avec ce genre de choses, cela pouvait rapidement finir à l’obsession et cela, par contre, ce n’était pas anodin. Il n’avait pas d’exemples précis en tête, mais les histoires de ceux qui avaient tout abandonné pour une fichue légende de trésor ou de quoique ce soit de ce genre, étaient foison et, généralement, ceux-ci finissaient toujours au casse-pipe, d’une manière ou d’une autre.

[HRP : Pas de souci ! Tu es toute pardonnée ]
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Tamina Anaon

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MessageSujet: Re: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Dim 24 Fév - 17:28

Ces paroles la rembrunirent. Rêveuse, elle l'était peut-être, comme une enfant croirait aux contes de fées. Comme une enfant qui croirait qu'après moult péripéties fantasques, elle trouverait un oiseau magique, bienveillant, qui accepterait de régler ses problèmes et de réveiller un garçon et, qu'ensemble, ils vivraient heureux pour toujours. Et à quel moment de l'histoire il se rendait compte qu'elle avait vingt ans, et lui douze ? L'enfant devenue adulte serait-elle capable de l'élever comme son fils ? Et lui de la considérer comme sa mère ? Tamina se faisait des illusions, elle ne pourrait pas s'occuper de lui. Il faudrait qu'ils ne se voient pas finalement. Ou alors, la solution serait qu'il perde la mémoire. Il oublierait tout son passé, oublierait l'avoir jamais rencontrée, de près ou de loin, et ils vivraient ensemble, comme un frère et sa sœur.

Tout en marchant, Tamina réfléchissait, échafaudait ses plans, ses belles théories. Elle ne fit plus attention à ce qu'il y avait autour d'elle ni au capitaine, son imagination partant au galop : d'abord récolter le maximum d'information sur sa localisation, puis réunir l'argent et le matériel pour se préparer. Bien sûr cela allait dépendre d'où se trouvait cet Oiseau, une jungle, un désert, une montagne ? Devait-elle y aller seule ou engager quelqu'un d'autre ? Et s'il s'avérait n'avoir aucun pouvoir ? Alors elle aurait essayé et tant pis, elle n'aurait pas de regrets. Elle s'en voudrait toute sa vie s'il y avait une possibilité, même infime, et qu'elle ne la tente pas. Mais il ne fallait pas partir avec la certitude d'un résultat sinon, comme l'avait dit Irwin Saw, elle finirait déçue. Lui n'avait pas l'air d'y croire, et elle ne pouvait l'en blâmer. Il avait sans doute de bonnes raisons, et connaissait beaucoup d'histoires à ne pas suivre, de personnes ayant mal fini en cherchant une légende, un trésor. « Pendu ou embroché », selon ses propres mots. Un pirate ne faisait pas de vieux os. Tamina ressentit un brin de compassion pour cet homme, qui ne finirait probablement pas les pieds devant un bon feu, entouré de ses enfants et petits-enfants. Charmant tableau. Peut-être pensait-il piller suffisamment de navires commerçants, pour s'offrir une retraite dorée. Sa compassion repartit aussi vite qu'elle était venue.
Toutefois, il s'était toujours montré courtois avec elle pour l'instant, et elle n'aurait jamais deviné le pirate dans son apparence. Il portait des habits banals, une épée accrochée à sa ceinture, mais c'était chose courante à cette époque. Tous les voyageurs devaient avoir un moyen de défense. Rien n'attirait l'attention sauf peut-être...

- Mmh... vous auriez une capuche ? Non pas que vous soyez très voyant, mais on ne fait jamais assez preuve de prudence, capitaine Flamboyant, dit-elle dans un murmure.

Elle espérait que personne d'autre n'avait entendu son surnom mais la rue était déserte, pas d'inquiétude à avoir. S'il ne voulait pas en mettre une, ou s'il n'en avait pas, ce n'était pas si grave, ils n'étaient pas censés croiser de gardes. De plus elle le gênerait un peu pour voir. Il faisait déjà sombre, et il y avait moins de réverbères dans ce quartier, lui donnant un air sinistre. Le bruit de leurs pas résonnait dans la rue vide, et se répercutait sur les murs de pierre. Dans l'appartement qu'ils longeaient de la vaisselle s'entrechoquant se fit entendre, ainsi qu'une dispute à l'étage. Les gens normaux se mettaient à table à cette heure, et Tamina se fit surprendre par son estomac qui gargouilla. Elle avait mangé un peu plus tôt pourtant, mais elle n'allait pas lui dire de se taire, elle n'en était pas encore là tout de même. Un autre son la surprit, un peu plus inquiétant celui-là. Des pas, se superposant aux leurs.

Bon, ça pouvait n'être que des promeneurs, des gens en retard pour le dîner, qui rentraient chez eux ou allaient boire un coup. Échangeant un regard avec Irwin, elle changea de route, simplement pour vérifier. Obliquant à gauche, à droite, puis encore à gauche, Tamina tendit l'oreille, et eut la satisfaction de ne plus rien entendre. Fausse alerte. Elle continua alors son chemin, ne retournant pas sur son trajet initial pour en emprunter un moins direct. Ils furent bientôt arrivés au pont enjambant la petite rivière utilisée par les tanneries, et tombèrent nez à nez avec deux hommes, pas très amicaux au premier abord. Ce n'était peut-être qu'une impression, se dit-elle avec faux espoir. Ou peut-être... pas. Une lueur de triomphe dans les yeux, ils les regardaient avec un air supérieur, leur bloquant le passage, et Tamina se rendit compte de son erreur. C'était eux dans les ruelles il y a cinq minutes mais au lieu de les suivre ils étaient juste allés au pont le plus près, attendant de voir s'ils chercheraient à traverser la rivière. Quelle imbécile ! Prenant la parole elle leur dit très poliment :

- Navrée de vous importuner chers messieurs mais il se trouve que vous êtes malheureusement sur notre passage. Auriez-vous la bonté que dis-je, l'amabilité, de vous écarter ?

Masquant difficilement sa colère, elle se rendait bien compte qu'ils ne pourraient éviter les ennuis, et tout ce qu'elle espérait était qu'ils ne reconnaissent pas le pirate. Une récompense de l'Empire leur semblerait bien plus alléchante que quelques pièces extorquées.

- Des amis à vous ? Demanda-t-elle à Irwin.

Les deux malandrins s'approchèrent, ricanant.

- Mais certainement mademoiselle, dès que vous et votre ami vous serez acquitté du droit de passage, déclara le plus jeune.


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Irwin Saw

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MessageSujet: Re: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Lun 4 Mar - 10:15

Irwin n’était pas vraiment du genre à prendre des pincettes avec les gens. De toute façon, il se fichait bien de ce qu’on pouvait penser de lui car les gens en général ne l’intéressaient pas. Que la réponse lui plaise ou non, les fables servaient surtout à faire espérer les gens, à leur faire croire qu’il existait, quelque part dans le monde, un endroit, un animal, ou un objet capable de changer leur vie. Quel pays, quel monde même, n’avait pas sa propre légende ? Fontaine de jouvence, coffre aux milles trésors, caverne aux merveilles… En voyageant, le jeune homme qu’il était avait appris différentes histoires et si l’on finit par croire volontiers à la première, lorsqu’on se rend compte que chaque personne en connaît une différente… La réalité finit par vous rattraper au galop. Peut-être avait-il tort de croire que tout cela n’était que pure invention mais, quoiqu’il en fut, ce n’était pas ce qu’il cherchait, pas pour l’instant. Ce qu’il cherchait était bien plus existant qu’une simple rumeur, qu’une vague légende au sujet d’un oiseau miraculeux disposant de biens des pouvoirs. S’il y avait une chose dont il rêvait, c’était bel et bien de vengeance, et cela, n’importe qui pouvait l’obtenir, pour un peu qu’il le désirait réellement. Concentré sur les environs, regardant aux bons endroits, se fiant aux bruits, Irwin ne savait pas qu’il faisait attention pour deux mais il avait suffisamment confiance dans la jeune femme qui l’accompagnait pour ne pas la regarder toutes les deux minutes, aussi ne s’aperçut-il pas qu’elle semblait ailleurs. Fort heureusement, dans leur parcours actuel, rien ne vit réellement les troubler davantage que le duo alcoolisé qu’il avait rencontré quelques minutes plus tôt. L’animation était retombée en ville mais si cela faisait diminuer le nombre de personnes dans les rues, cela impliquait également que tout déplacement deviendrait de plus en plus suspect.

Il tourna un regard intrigué quand elle lui demanda s’il avait une capuche. Comprenant plus ou moins pourquoi quand elle lui exposa les raisons de sa question, il hocha négativement de la tête. « Ce genre de choses sont l’apanage des voyageurs à terre, mais, je tâcherai d’y penser pour notre prochain tête-à-tête. » Rares étaient les sorties terrestres du Capitaine du Némésis qui ne quittait son bâtiment qu’en de très rares occasions, lorsque cela était parfaitement nécessaire. Non pas qu’il ait une quelconque peur de descendre à terre mais encourir des risques inutiles était, justement, inutile. Ses hommes avaient beaucoup moins de chances d’être reconnus entrain de boire une bière ou de lever une catin tandis que lui, au contraire, était la figure sur laquelle se concentrait tous les regards et, maintenant, les descriptions à son sujet se faisait de plus en plus précise, même si, finalement, elles restaient encore suffisamment fantaisistes pour lui laisser encore une certaine liberté. Il était parfois amusant de voir comment la réalité pouvait être déformée, combien de fois avait-il entendu parlé de lui comme un démon dont les cheveux n’étaient en réalité que des flammes brûlantes et mouvantes ? Trop, probablement. Sans compter celles qui font état de griffes, de crocs et d’autres attributs assez disgracieux mais très certainement effrayants. Quelques bruits de pas le rattachèrent rapidement à la réalité et un regard avec sa guide lui fit comprendre qu’il ne les imaginait pas. Sans un mot, il suivit la jeune femme alors qu’elle semblait prendre un autre itinéraire, probablement pour s’assurer qu’on ne les suivait pas eux, quitte, pour cela, à faire un détour. La méthode était avisée et sembla particulièrement efficace puisque ce ne fut bientôt plus que le bruit de leurs pas qui parvint à leurs oreilles.

Songeant que la suite des évènements allait revenir à la normale, il eut toutefois un petit doute alors qu’ils approchèrent d’un pont enjambant la rivière. Il était courant que de menus brigands se permettent de « garder » un pont pour taxer les passants d’un droit de passage. Une pratique bien évidemment aussi illégale que la piraterie, mais, en un sens, beaucoup moins dangereuse, du moins en général. Sans esquisser un moindre geste ou dire le moindre mot, le Capitaine laissa la jeune femme engager la discussion. Pensait-elle réellement pouvoir passer ? Il garda son interrogation pour lui et se contenta d’un petit signe de dénégation quand elle lui demanda s’il s’agissait d’amis à lui. Si c’était le cas, il y aurait eu de fortes chances pour qu’ils se contentent de libérer le chemin silencieusement. Fort heureusement, d’une certaine manière, il n’avait pas été reconnu, pour le moment. Tandis que l’un deux répondait, apparemment amusé et excité à l’idée de gagner quelques pièces, Irwin approcha, portant la main à sa bourse. « Bien entendu, loin de nous l’idée de vouloir enfreindre la loi. » Suffisamment près de l’un d’eux pour lui tendre les pièces, le pirate referma néanmoins rapidement son poing avant de se jeter sur celui dont il s’était approché. « Par contre, un bon bain ne vous ferez pas de mal ! » Et, joignant le geste à la parole, profitant de la surprise, poussa l’intéressé par-dessus la rambarde du pont. Le tout ne fut pas le plus silencieux du monde mais cela aurait été cocasse que de simples voleurs de bas étage arrivent à soutirer de l’argent à un pirate. Se retournant vers le dernier des deux moribonds, il espérait que sa guide savait y faire également avec ce genre de garçons là…

[HJ:Et voilà, à moi de présenter mes excuses pour le retard, désolé ^-^']
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Tamina Anaon

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MessageSujet: Re: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Lun 7 Oct - 12:16

Derrière sa politesse feinte, Tamina ne fut pas surprise le moins du monde par le refus du bandit. Ils les avaient suivi pendant dix minutes, les avaient dépassé puis patiemment attendu au pont, et ce n'était certainement pas pour se retrouver bredouille. Sans compter leur mâle fierté, mal placée selon elle. Quand à Irwin, il ne perdit pas de temps en vaines paroles, et s'attaqua tout de suite au problème au sens propre du terme. La jeune femme s'élança alors à son tour vers le deuxième homme qui bloquait la voie. Celui-ci sortit rapidement son épée et se fendit, espérant l'embrocher, mais Tamina esquiva lestement la lame, se penchant de côté, et attrapa à son poignet une fléchette de sa sarbacane. Longue de cinq centimètres, glissée avec ses jumelles dans un large bracelet de cuir, elle ne semblait pas bien dangereuse et à vrai dire elle ne l'était pas.

C'était un simple narcotique qui l'enduisait, non mortel pour la dose qu'elle avait mise, et sans perdre de temps à sortir sa sarbacane, inutile à cette distance, elle se jeta sur le malfrat pour le déséquilibrer. Celui-ci grogna lorsque son épaule heurta son ventre, et ils tombèrent tout les deux lourdement sur le sol. Essayant de le piquer au cou, la jeune femme se fit repousser par un coup de poing et cria, roulant sur le dos, trente-six chandelles lui tournant autour. Des points blancs envahirent sa vue, son visage pâlissant, et elle resta immobile quelques secondes pour recouvrer ses esprits. Le voleur ne resta pas inactif et se releva, se jetant sur elle, mais Tamina dans un réflexe le frappa de son pied à l'entrejambe, le malheureux tombant à genoux et gémissant. Haletante, elle se redressa et lui enfonça son aiguille dans la carotide, pour un effet le plus rapide possible. Son agresseur s'effondra endormi et, bien qu'il ne soit pas blessé, un homme inanimé sur le sol n'était pas ce qu'il y avait de plus discret.

Elle le traîna donc péniblement derrière des caisses qui encombraient le quai du canal, le cachant un minimum à la vue. Et si le deuxième agresseur était un tant soit peu malin, il se débarrasserait de son épée, puis se laisserait flotter jusqu'à ce qu'il puisse atteindre un bord pas trop élevé. La main sur sa mâchoire encore douloureuse elle récupéra son aiguille, et retourna auprès d'Irwin.

- Merci de ne pas avoir tué l'autre, lui dit-elle.

Elle était plus contente qu'elle ne saurait le dire, en ayant vu que le capitaine pirate n'avait pas occis le brigand. Après tout, il aurait aussi bien pu le tuer et faire disparaître le corps dans les eaux froides de la rivière. Mais il ne l'avait pas fait, et peu importait les raisons c'était très appréciable. Aussi elle le remercia, bien qu'il ne l'ait pas fait pour elle.

- Allons-y en vitesse, le bruit qu'on a fait pourrait rameuter les gardes, ajouta-t-elle en retirant sa main de son visage meurtri.

Mi-marchant mi-courant elle commença à traverser le pont, l'esprit encore troublé par la bagarre, observant nerveusement si des lumières s'allumaient dans les habitations derrière eux, mais aucune n'apparut. Elle guetta alors l'autre rive à la recherche de la lueur de torches, qui signaleraient la présence d'une patrouille. A sa connaissance il n'y avait pas de couvre-feu à Achaladh, mais les gardes ne manqueraient pas de trouver suspect deux soi-disant promeneurs, dans un endroit absolument pas  propice à la promenade. Et s'ils s'intéressaient à eux, ils reconnaîtraient infailliblement le capitaine. En tout cas elle ne parierait pas sa vie sur la ressemblance ou non entre le pirate et ses portraits.

A vrai dire il semblait moins redoutable que ce que les descriptions disaient de lui. Il était normal en somme, quand il était calme, ce qui l'avait surprise la première fois qu'elle lui avait livré la marchandise. Un épéiste quelconque, comme il s'en rencontrait beaucoup sur les routes, avec toutefois la démarche légèrement chaloupée des marins, et le regard parfois dur, froid, de quelqu'un d'implacable, qui sait ce qu'il doit faire. Tamina s'étonna encore de la réaction du capitaine Saw, qui avait simplement jeté à l'eau son adversaire, sans le tuer. Elle doutait qu'une fois sortit de l'eau il reviendrait se venger, ou prévenir les gardes de Son Altesse l'Empereur, mais le contrebandier qu'elle cherchait, lui, n'avait pas eu de scrupules pour éliminer un témoin. Un jeune témoin. Par ce geste il remettait en cause ce qu'elle pensait depuis toujours des pirates, et sans qu'elle ne sache pourquoi cela l'énervait singulièrement. Elle ouvrit la bouche pour prendre la parole, se ravisa, baissant la tête, puis la releva pour lui demander directement :

- Pourquoi l'avoir laissé en vie ?

Il avait peut-être une réponse purement logique à cette question mais finalement elle voulait l'entendre. Repassant machinalement la main sur sa mâchoire, elle regretta de ne pas avoir une poche de glace pour atténuer la douleur, mais à cette époque la glace était un luxe, qu'elle n'avait pas.


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Irwin Saw

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MessageSujet: Re: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Mar 26 Nov - 14:17

Le combat pour Irwin n’avait pas spécialement été long et, pour cause, il s’était principalement offert le luxe de la surprise pour en venir rapidement à bout. Pour cela, il s’était servi du fait qu’ils furent tous les quatre sur un pont et préféra utiliser un peu de subtilité plutôt que de dégainer son sabre et se priver de tout avantage tactique car, dans une telle hypothèse, les deux compères n’auraient certainement pas hésité à dégainer eux aussi, limitant davantage les choix tactiques du pirate et de sa guide du soir. Qui plus est, le vacarme de sabres qui s’entrechoquent n’est pas le plus silencieux et pour eux qui voulaient surtout rester discret une escarmouche complète n’était pas du meilleur acabit. Non, il s’était ainsi adonné à la simple bastonnade, si on peut se permettre d’appeler ainsi le simple fait d’empoigner son adversaire à bras le corps avant de le soulever et de le pousser du haut du petit pont qui enjambait la rivière aménagée pour les besoins économiques de la zone dans laquelle ils se trouvaient. Une fois certain que son camarade de jeu ne reviendrait pas les embêter de si tôt, le Capitaine se retourna pour jeter un œil à l’autre combat qui se déroulait encore. S’il avait pu profiter de la surprise, sa guide, elle, avait du souffrir de la réplique de son client, poussant l’autre malandrin à dégainer et à s’attaquer à elle de manière fort peu galante. Même si, au fond, s’il avait essayé de s’en prendre au pirate, la jeune femme aurait certainement veillé à s’interposer. Enfin rien n’était vraiment sûr de ce côté-là, mieux ne valait pas préjuger de ce genre de choses, après tout, il était assez évident pour Irwin qu’elle ne le portait pas réellement dans son cœur et cela pouvait aisément justifier de ne rien faire.

Ce n’était pas cela qui l’empêchait d’agir à son tour. En réalité, le temps d’analyser la situation et tout s’était déjà déroulé. Observant la scène, il avait remarqué la petite fléchette que tenait la jeune femme entre ses doigts. Plutôt utilisées en projectile, elles recélaient généralement des poisons de toute sorte, allant du simple paralysant au plus mortel. Il ne savait pas vraiment ce qu’elle comptait faire mais il n’eut de toute façon pas le temps d’intervenir, puisque l’autre malandrin se retrouva rapidement sur le sol, inanimé. Mort ? Irwin n’en savait rien pour le moment et, à vrai dire, cela ne faisait pas vraiment de différence pour lui. Depuis qu’il écumait les océans, il avait appris à devenir assez indifférent au sort d’autrui, principalement envers ceux qui ne méritaient pas de pitié. Ces deux brigands s’étaient frottés à plus fort qu’eux, c’était une erreur que la vie ne pardonnait jamais et, encore, lui-même avait été plutôt clément envers celui dont il s’était contenté de jeter par dessus la rambarde qui donnait sur la rivière. Peut-être était-elle, tout au plus, un peu fraiche par les temps qui courent. Il donna un coup de main à son guide tandis qu’elle s’évertuait à déplacer le corps derrière quelques caisses, probablement pour qu’il ne soit pas découvert rapidement. Au pire penserait-on qu’il s’agissait d’un soudard qui s’était écroulé là et qui aurait une sacrée gueule de bois au petit matin. Une fois l’affaire entendue, Irwin observa les alentours, mais, apparemment, personne ne semblait avoir entendu leur petite altercation. Une bonne chose, assurément. « Vous allez bien ? » Elle semblait un peu sonnée, peut-être avait-il manqué une petite partie de son combat contre le brigand. Sa guide ne s’épancha néanmoins pas longtemps sur le sujet, mais, au fond, elle avait raison, ils devaient filer.

Il n’avait pas spécialement réagi à ses remerciements pour ne pas avoir tué l’autre bandit. Car, tandis qu’il l’aidait à déplacer l’autre corps, le pirate s’était rendu compte qu’il respirait encore. Tout juste était-il endormi, surement. Mais il n’avait pas répondu, principalement parce qu’il n’en avait pas eu le temps. Il fallait s’éloigner au plus vite et, à grandes enjambées, il avait suivi silencieusement son guide. Elle ralentit le rythme quelques dizaines de mètres et intersections plus loin. Tandis qu’ils marchaient, elle lui demanda pourquoi il lui avait laissé la vie sauve. Pensait-elle qu’il tuait tous ceux qui croisaient son chemin ? « Je… » Il allait répondre quand des bruits et une lumière vive provenant d’une autre rue l’alerta. Il agrippa alors la jeune femme par le bras avant de la plaquer contre le mur proche, plaquant sa main sur ses lèvres, il abaissa sa capuche, et se colla contre elle dans une position qui, pour tout observateur extérieur ne laissait aucun doute sur ce que ces deux personnes pouvaient bien faire toutes les deux. Le regard légèrement tourné vers l’intersection d’où provenaient les voix et les lueurs, le pirate aperçut une patrouille et se retourna immédiatement vers la jeune femme dont il croisa le regard. Elle ne devait pas être ravie de cette situation mais il n’avait rien trouvé de mieux. Les gardes passèrent et accordèrent peu d’attention à ce qu’ils considérèrent plutôt comme un couple un peu trop occupé à s’embrasser sous la lueur de la lune que des personnes susceptibles de faire un mauvais coup. Quelques remarques salaces fusèrent d’ailleurs et ce n’est que lorsqu’ils s’éloignèrent qu’Irwin se recula et relâcha son étreinte sur sa guide. « Désolé. » Il jeta un œil dans la ruelle où la patrouille s’était dirigée. « La voie est libre. On peut y aller. » Il posa son regard sur la jeune femme, attendant qu’elle les dirige à nouveau. Il espérait qu’elle n’avait pas été trop décontenancée par cette petite mise en scène.
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Tamina Anaon

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MessageSujet: Re: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Mer 11 Déc - 15:11

Tournée vers Irwin, attendant sa réponse, elle ne vit pas tout de suite la patrouille arriver. En revanche elle entendit très bien les pas des gardes, et sentit très bien la main du Capitaine la tirer par le bras. Sans avoir le temps de réagir elle se retrouva alors coincée entre le mur et le pirate, le souffle coupé pour la deuxième fois de la soirée, lorsque son dos heurta la pierre. Pour ne rien arranger il s'était assuré qu'elle reste silencieuse, et sa paume appuyait sur son visage encore douloureux. N'aurait été son silence forcé, elle aurait crié en signe de protestation. Il n'en fut rien, et heureusement car c'était bien une patrouille qui les croisait.
La capuche les cachant à leurs yeux, elle lui jeta un regard signifiant clairement qu'il ne devait pas se méprendre sur son geste et joua le jeu, posant ses mains sur son épaule et sa nuque. Aux propos des gardes, la jeune femme rougit et, furieuse, se mordit les lèvres. Figée, elle attendit qu'ils les dépassent, et Irwin la relâcha, s'excusant de cette comédie. Elle aurait voulu lui répondre qu'elle comprenait, que ç'avait été nécessaire, qu'il n'y avait pas eu d'autres solutions, mais ces mots restèrent coincés au fond de sa gorge, et elle ne put que hocher la tête.
Elle était légèrement vexée, et se dit qu'elle était peut-être trop fière après tout. Il avait fait ça pour leur sauver la mise, et même il était plus juste de dire qu'il n'avait rien fait justement. Elle se sentait maintenant coupable de lui en vouloir. C'était le monde à l'envers. Laissant là ses problèmes de conscience, elle prit la rue à droite, Irwin marchant à côté, qui longeait les tanneries au bord de la rivière.

Un silence gêné s'installa, et Tamina se mit à regarder par terre, machinalement. Cela aurait pu continuer ainsi un certain moment, mais d'autres sons leur parvinrent, d'une toute autre nature. Des rires d'hommes, des rires gras, et des cris désespérés entrecoupés de sanglots. Une jeune fille très certainement. La jeune femme perdit toute couleur, et se précipita vers l'origine du bruit, angoissée à l'idée de ce qu'elle allait découvrir. S'arrêtant de courir à l'entrée d'une impasse, elle se rendit compte qu'elle avait retenu sa respiration tout au long de sa course. La scène lui apparut clairement devant les yeux, dans toute l'horreur qu 'elle laissait présager. Quatre hommes se tenaient dans cette rue, faces de brutes s'accordant parfaitement avec leur expression grivoise. Elle aurait voulu les taillader pour ne plus voir ces sourires écœurants. Tamina sentit sa haine monter tandis que deux d'entre eux maintenaient les jambes de la fille, le troisième lui clouant les épaules à terre, le dernier débouclant son ceinturon. Le haut de sa robe déchiré, elle paniquait, ses pleurs déchirants se répercutant sur les murs. Ses cheveux d'or rouge étalés sur le sol humide, elle se débattait, mais ne pouvait pas faire le poids face à ses agresseurs. Une gamine de quinze ans. Son sang ne fit qu'un tour. Comme dans un rêve elle se vit attraper ses shurikens et en lancer deux sur celui qui agrippait les épaules de la jeune fille.
Attaquer quelqu'un de dos était peut-être lâche, mais ces hommes l'étaient plus encore. Lâches et brutaux. Des animaux se seraient mieux comportés que ces simulacres d'êtres humains. Aucune empathie ne transparaissait sur ces laides figures. En étaient-ils seulement capables ? Elle aurait voulu qu'ils ressentent ne serait-ce qu'un dixième de l'horreur qu'éprouvait cette fille, mais cela était hors de leur compréhension, de leur portée. Seule la mort était un châtiment que leur pauvre esprit primaire était en mesure d'appréhender. Qu'ainsi soit-il, ils allaient mourir et peu importait les conséquences.

Le premier, un shuriken fiché derrière son épaule, un autre en bas de la colonne, s'écroula en beuglant sous le coup de la douleur. Stupéfaits, les autres réagirent immédiatement en sortant leurs couteaux, et Tamina s'avança rapidement vers le plus près d'entre eux, qui avait lâché une des jambes de la jeune fille. L'homme lui porta un coup, qu'elle évita tout en attrapant son poignet. Elle le tordit violemment, faisant plier les genoux de ce salaud, et de son autre main lui taillada la gorge en un geste brusque. Le sang éclaboussa ses vêtements sous son manteau ouvert, chaud et abondant. Se détournant du corps et des deux derniers agresseurs, elle se baissa sur le premier qui était seulement blessé. Fixant froidement son regard dans le sien, elle appuya du genou sur l'endroit de sa blessure, et enfonça lentement, doucement, son poignard effilé dans sa gorge. Elle regarda l'étincelle de vie qui luttait encore dans ses yeux s'éteindre, petit à petit, tandis qu'il se noyait dans son sang.

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Irwin Saw

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MessageSujet: Re: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Jeu 12 Déc - 17:12

Il fallait l’admettre, jouer le petit jeu des amants cherchant la tranquillité d’une ruelle pour se bécoter n’avait pas réellement enchanté Irwin, cependant, aussi étonnant que cela puisse paraître, lorsque la jeune femme avait joué le jeu, et malgré le regard qu’elle avait pu lui lancer, il devait admettre que cela n’avait pas été si désagréable que ça, bien au contraire. Néanmoins, il avait bien entendu gardé cela pour lui, conscient que ce n’était ni le lieu, ni l’endroit pour ce genre de remarque. Qui plus est, elle semblait n’avoir guère apprécié ce moment de proximité et il ne voulait pas retourner le couteau dans la plaie pour une simple « sensation agréable ». Après tout, s’il n’avait pas côtoyé de femmes depuis longtemps, Irwin gardait le souvenir de quelques étreintes qui, somme toute, n’avaient jamais rien eu de franchement écœurant, loin de là. Toutefois, ce n’était pas le moment de se faire des images plein la tête, au risque de manquer un détour de la patrouille. Il risquait sa vie en cet instant, dans ces ruelles, et sa guide, aussi agréable fut-elle, n’était pas un argument suffisant pour le détourner du fait qu’un seul faux-pas pouvait lui coûter la vie. Il devait se procurer les plantes promises par l’herboriste et filer. Le Némésis mouillait depuis suffisamment longtemps dans le port de l’Empire. Attendre davantage ne serait que jeu avec le feu et Irwin le savait bien, à trop jouer avec lui, on finissait toujours par se brûler. Fort heureusement, c’était toujours ses ennemis qui en avaient fait les frais jusqu’à maintenant mais il n’était pas prêt à vouloir appliquer son propre remède sur lui. Aussi resta-t-il silencieux une fois qu’ils furent séparés l’un de l’autre et se contenta de suivre la jeune femme dans les ruelles, même si, apparemment ce petit interlude lui avait coupé la langue, à elle aussi.

Comme elle, des cris et des rires lui firent tourner la tête et, malheureusement, il n’eut d’autre choix que de courir après sa guide, qui, apparemment, avait décidé de savoir d’où ces derniers venaient. Ne la lâchant pas d’une semelle il s’arrêta sur ses talons lorsqu’elle mit fin à sa course effrénée, devant un spectacle des plus… ignobles. Même pour Irwin, qui pourtant était un pirate et ne faisait pas nécessairement dans la dentelle, ce que ces quatre brutes faisaient subir à cette pauvre fille était impardonnable. La pauvre ne devait même pas avoir seize ans, et, au fond, elle lui rappela sa sœur. Il n’eut toutefois pas le temps d’observer davantage que, déjà, sa guide semblait avoir décidé de passer à l’action, jetant des lames de lancer sur un des agresseurs, celui qui leur tournait le dos avant de se ruer sur les autres. Soupirant, et surtout conscient qu’il ne pouvait pas la laisser se débrouiller seule contre trois hommes, il dégaina son sabre et courut après elle. Elle se débrouillait bien mais il devait occuper ceux dont elle ne s’occupait pas, du moins s’il voulait qu’elle ne prenne pas un coup en traitre, comme elle avait pu le faire pour le premier homme qui s’était écroulé. Il la dépassa alors qu’elle commençait à en découdre avec son second adversaire et s’interposa entre elle et les deux autres hommes, visiblement déjà un peu refroidi par ce qu’il venait de se passer. Leurs petits couteaux faisaient office de couteau à beurre face à son sabre, ils ne savaient pas trop quoi faire. Profitant de leur indécision, il fit quelques pas en avant, les forçant à reculer, se mettant au niveau de la jeune fille. « Ne t’en fais pas petite, on va te sortir de là. »

Il reposa son regard sur les deux malfrats et, las de les attendre, se fendit en avant pour toucher l’un d’eux à la cuisse. Il lâcha un cri de douleur ainsi que son poignard pour saisir à pleine main sa jambe. Beaucoup de sang coulait de la plaie et imbibait son pantalon. A vue de nez, l’artère avait été touchée. Pas de chance. L’autre croisa le regard du pirate et ne demanda pas son reste. Sans chercher à le poursuivre, Irwin jeta un œil sur sa guide qui semblait bien se débrouiller et rengaina son sabre, laissant le blessé mourir dans son jus, tout en revenant près de la jeune femme. Il se baissa près d’elle et la prit dans ses bras, dans un geste de réconfort, avant de la soulever du sol. « C’est fini petite, c’est fini. » Il essaya d’arranger un peu sa robe pour qu’elle ne soit pas trop gênée de « s’exhiber » ainsi devant un autre inconnu puis se tourna vers sa guide qui, elle, semblait être dans une réelle rage folle contre ses hommes. « On ferait mieux d’y aller, notre rafut aura peut-être alerté la patrouille que l’on a croisé un peu plus tôt et cette fille a besoin de rentrer chez elle, pas de vous voir vider ces hommes de leur sang. » Il avait dit cela avec un certain flegme. Voir la mort ne le dérangeait pas et, au fond, il comprenait le sentiment qui étreignait la jeune femme. Oui, il le connaissait bien, mais, pourtant, il ne pouvait pas non plus attendre qu’elle soit rassasiée, pas ce soir, pas maintenant. Ils avaient des choses à faire, qu’elle le veuille ou non. Irwin jeta un regard à la fille qu’il tenait dans les bras et il ne put s’empêcher de revoir sa sœur…
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Tamina Anaon

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MessageSujet: Re: Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]   Mer 25 Juin - 14:29

Le regard sombre, Tamina se releva, et l'image du pirate portant la petite dans ses bras la ramena tout de suite à la réalité. Sans mot dire, elle retira son manteau et lui tendit, afin qu'il la recouvre et la réchauffe. Elle observa ensuite les alentours, silencieuse, et ne compta que trois corps gisant sur le sol.

- Vous en avez laissé filer un.

C'était un simple constat, mais une pointe de reproche subsistait néanmoins dans le ton de sa voix. Elle aurait préféré qu'il ne puisse jamais recommencer, et n'était pas sûre que cette soirée lui serve de leçon. Reportant son attention sur la jeune fille celle-ci, choquée, n'osait plus la regarder et Tamina se sentit soudain honteuse. Les joues légèrement colorées, elle croisa le regard d'Irwin, mais elle ne regrettait en aucun cas ce qu'elle avait fait, et il était mal placé pour lui faire la morale à son sens. Elle n'avait aucune confiance en la justice et ceux-là morts, ils ne risquaient pas de s'en prendre à une autre fille, un autre soir, dans une autre ruelle désertée. Ce qui n'empêcha pas le Capitaine de la sermonner, ses paroles rajoutant un peu plus à sa honte. Et il n'avait pas tort en ce qui concernait la patrouille, elle avait sûrement entendu les cris, il fallait filer.

Réfléchissant à la conduite à tenir, la jeune femme allait caresser les cheveux de l'enfant, dans un geste rassurant, lorsqu'elle se rendit compte que ses mains étaient rouges de sang. Elle rebaissa alors son bras, gênée, comprenant qu' Irwin était d'un meilleur réconfort qu'elle en ce moment, et qu'il valait mieux le laisser faire. Elle demanda simplement à la jeune fille où elle habitait, car elle hésitait à l'abandonner entre les mains des gardes. Recroquevillée, elle bredouilla quelques mots d'une voix atone, ce qui l'inquiéta bien plus que si elle s'était soudainement mise à pleurer. Cette absence de réaction n'était pas bon signe, mais ils ne pouvaient pas grand-chose de plus pour elle que la reconduire à sa famille.

- Bien, ce n'est pas loin, à la limite du quartier des tanneries, et tout près de notre destination. On va l'accompagner.

Accompagner était un bien grand mot, la ramener aurait été plus exact puisqu' Irwin devait la porter. Ils repartirent d'un pas pressé, cachés le plus possible dans l'ombre, Tamina récupérant ses armes au passage et frissonnant sans son manteau. Jetant des regards en coin à Irwin, elle se demandait s'il allait pouvoir la porter jusqu'au bout. Même s'il semblait plutôt costaud, et protecteur envers cette adolescente, elle n'était pas toute légère.
Ils arrivaient enfin devant l'entrée de son appartement, lorsque les gardes découvrirent les corps. Des cris, des ordres lancés et des bruits de course interrompirent le silence des rues, les lumières de torches apparaissant et disparaissant au loin, mais semblant se rapprocher. Tamina toqua alors précipitamment  à la porte et s'adressa brièvement à la jeune fille :

- Tout va bien se passer, courage.


Celle-ci esquissa un geste pour lui rendre son manteau mais la jeune femme lui fit signe de le garder. Elle s'éloigna de quelques pas au coin de la rue, laissant Irwin seul un instant avec la petite, afin d'observer par où arrivaient les gardes. Ils ne pourraient pas rejouer la comédie comme tout à l'heure, un seul coup d’œil de leur part sur les vêtements couverts de sang de Tamina et ils étaient bon pour le trou, ainsi que toutes les conséquences désagréables qui en résulterait.

Ils repartirent finalement en arrière en direction de l'entrepôt quand soudain une lueur annonça l'approche de deux gardes qui allaient tourner dans leur rue. Tamina se déporta promptement dans une petite ruelle perpendiculaire et s'accroupit derrière des caisses en bois, attendant qu'ils dépassent l'entrée de leur petite rue. Elle jeta prudemment un coup d'oeil vers celle-ci où les soldats passaient, et vit l'entrepôt juste en face. Doucement elle chuchota à Irwin ce qu'elle voyait, et lui expliqua :

- la grande porte principale, à deux battants, est cadenassée, et puis ce n'est pas très discret comme entrée. Mais à l'arrière il y a la salle avec les cuves, et une petite porte communique entre cette salle et l'entrepôt. Il n'y a pas de problème pour s'y introduire, j'ai le double de la clé.


Elle l'avait fait faire après avoir volé -ou plutôt emprunté de son point de vue- la clé du propriétaire, mais ça il n'était pas censé le savoir.

- Il faudra courir en silence jusqu'au bâtiment et en faire le tour. Et quand on sera entré ne tombez pas dans une cuve, c'est de la chaux, dit-elle en souriant.

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Quand poison rime avec prison...[pv Irwin Saw]
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