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 De la visite . [ Pv Métis ]

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Greynn Dheangst

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Date d'inscription : 05/11/2012
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MessageSujet: De la visite . [ Pv Métis ]   Ven 14 Déc - 18:34

Greynn s'affaissa sur son bureau en bâillant à s'en décrocher la mâchoire. Le dernier patient de la journée venait de quitter la pièce, soulagé de ses angoisses ainsi que de quelques pièces d'argent. Il resta affalé là quelques instants, observant d’un œil torve une araignée qui tissait sa toile dans un coin de la pièce. Le problème du métier de psychothérapeute, qu'il avait (plus ou moins) choisi d'exercer, était que s'il lui permettait de se sustenter d'une manière plus que convenable tous les jours, il était néanmoins fatiguant et parfois même un peu ennuyeux. Tout comme en cette grisâtre fin d'après-midi. Il se tourna vers la fenêtre, qui dispensait encore un peu de lumière. La cité étendait son vaste corps de pierre presque jusqu'à l'horizon, où courait la ligne verte des plaines. De la fumée s'échappait de nombreuses cheminées, et l'ombre gagnait le ciel, tandis que l'Ouest laissait filtrer une lueur sanguine à travers les nuages.

Le silence régnait dans la pièce, à peine perturbé par les rumeurs lointaines de la ville. Le quartier était tranquille à cette heure-ci.

Le jeune Ténébreux finit par s’extirper péniblement de son fauteuil, assailli par une vague de nostalgie. Le souvenir de l’air froid et immobile de ses montagnes natales remontait dans son esprit, et il eût envie de revoir les hauts pics enneigés de la Chaîne d’Argent. Il se dirigea vers la petite bibliothèque qui faisait face à son bureau et se mit à fouiller parmi les dizaines de bouquins empilés là dans le désordre, certains très vieux, d’autres neufs ou à peu près. Tout cela sentait le cuir des vieilles reliures et la poussière –malgré son emménagement récent, car à vrai dire Greynn n’aimait pas faire le ménage, et encore moins la poussière. Constatant le fatras qu’était sa bibliothèque, ce dernier se mit en devoir de faire un peu de rangement. Occupé à ramasser tous les bouquins empilés n’importe comment, il n’entendit pas arriver Lazare, qui s’approchait d’un pas nonchalant afin de réclamer son content de caresses, et trébucha sur lui en reculant, les bras chargés de livres. Il s’affala de tout son long tandis que les livres s’éparpillaient autour de lui, produisant des chocs sourds sur le parquet. Lazare, quant à lui, courut à l’autre bout de la maison pour fuir la colère de son maître.

- Rhaaa ! Con de chat !

Se relevant tant bien que mal, Greynn commença à ramasser les bouquins étalés sur le sol, puis s’interrompit brusquement. Son regard s’était arrêté sur la riche couverture de cuir vert d’un volume assez ancien et encombrant, qu’il connaissait bien. Avec un sourire, il posa ceux qu’il avait en main pour s’en emparer et regagner rapidement son fauteuil, où il se mit à feuilleter l’ouvrage, sans se départir de son sourire qui témoignait d’une joie un peu enfantine à retrouver un objet familier. Après une minute ou deux, il trouva finalement ce qu’il cherchait dans les dernières pages. C’était une très belle aquarelle, qui couvrait deux pages du volume, et qui représentait les montagnes de la Chaîne d’Argent enserrant au centre une vallée un peu encaissée. Il l’observa longuement, transporté dans les lieux de son enfance, quand un bruit retentit depuis le rez-de-chaussée, quelque peu assourdi. Il ne l’entendit pas tout de suite, mais le bruit se fit plus insistant. Il s’aperçut qu’il s’agissait du heurtoir de la porte d’entrée et se dressa, surpris. Il n’attendait personne à cette heure-ci et il finit par se lever, intrigué, pour descendre ouvrir à l’inconnu(e) qui malmenait son heurtoir.

Lorsqu’il entrouvrit enfin la porte afin de voir à qui il avait affaire, il eut un sursaut, avant de se reprendre et de l’ouvrir toute grande afin de laisser entrer Métis Adbreith, ambassadrice et membre de la famille impériale.

- Hm, bonsoir, votre Altesse. Je.. Que puis-je faire pour votre service ? fit-il d’un air un peu gauche, mais le plus humble possible, sans pour autant pouvoir s’empêcher de hausser un sourcil interrogateur.

Il avait beau fréquenter le gratin de l’Empire, il s’habituait assez mal aux conventions et à toute cette fioriture de comportement qu’impliquait un entretien avec une personne de haut rang. Il en avait horreur, mais s’y pliait néanmoins. Cependant, il n’avait encore jamais eu l’occasion de s’entretenir avec un membre de la famille impériale et cela le mettait quelque peu mal à l’aise. Malgré tout il pensait pouvoir affirmer sans trop se tromper que les services que la dame comptait requérir concernaient directement sa profession. C’était du moins le plus probable, mais il avait tout de même posé la question, par politesse. Restait à savoir s’il avait vu juste.


Dernière édition par Greynn Dheangst le Ven 8 Fév - 18:15, édité 1 fois
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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Mer 19 Déc - 13:27

Quand sa mère était venu la voir dans son bureau, Métis avait pressenti que quelques problèmes allaient pointer le bout de leur nez à l'horizon. Mais jamais elle ne se serrait attendu à une chose pareille ! Sa mère lui avait demandé de but en blanc de se rendre chez un spécialiste pour discuter de sa peur de l'engagement matrimoniale. Car depuis le temps qu'elle la voyait fuir tout ses prétendants la vielle femme était arrivée à la conclusion que ce qui la terrorisait autant c'était la peur de l'engagement. La princesse, bouche bée, se demandait si elle devait être atterrer par la non perspicacité de sa mère ou au contraire lui en être redevable. Car si Adbright avait vraiment su qu'elle était son problème elle en aurait certainement beaucoup plus parler !

Une fois que la surprise fut passée, la jeune femme refusa évidement d'aller voir ce "spécialiste" et se replongea dans ses papiers. Malheureusement pour elle sa mère ne semblait pas en avoir finit avec elle et resta dans son bureau toute la journée à lui rabacher les oreilles sur cette histoire. "Mais ma fille les choses ne peuvent pas rester ainsi" "Tu devras bien te trouver un mari un jour" "Je comprend ton angoisse mais on va arranger ça" etc etc. Rien que des formules toutes faites qui n'avaient pour résultat que de taper sur les nerfs de Metis. Au début elle avait réussit à ignorer sa mère et ses jérémiades, mais au bout de plusieurs heures de ce régime elle finit par exploser tout simplement. Résistant à la tentation de frapper sa mère la princesse ne se gêna pas se répandre en hurlement divers et variés qui n'avaient que pour unique but de faire taire sa génitrice. Elle réussit, mais pour un moment seulement. Une fois sa crise passée sa mère reprit de plus belle et la jeune femme pour la faire taire finit par dire oui.

Quand le mot magique résonna aux oreilles de la vielle femme, celle-ci sauta presque de joie. Elle avait enfin réussit à convaincre sa fille ! Avec un peu de chance le spécialiste que l'on disait très doué ferrait des miracles permettant à sa fille d'enfin trouver un bon partie et se marier. Une fois que ce serait fait elle pourrait s'occuper de Casyla puis de Celian. Parfait parfait les choses commençaient à se mettre en place. Une fois que Métis eu dit oui elle reçut l'ordre de se rendre chez l'homme qu'elle devrait consulter le soir même pour commencer sa thérapie. Grimaçant de déplaisir acquiesça tout en restant sur ses gardes et finit par réussir à chasser sa mère.

Le reste de la journée passa affreusement lentement et chaque minutes ne faisaient que grimper son angoisse. Elle n'avait aucun envie de se rendre chez un inconnu qui l'obligerait à parler d'un problème qui n'existe pas. Car après tout ce n'était pas la peur de l'engagement qui l'effrayait, mais les hommes eux-mêmes. Elle n'avait pas la moindre envie de les approcher ni de les fréquenter plus que cela et elle n'avait surtout pas envie de révéler son secret que très peu de gens connaissaient. Le plus part la prenait juste pour une excentrique féministe, mais en réalité elle était juste terrifiée. Après tout ce serait peut être une bonne idée de se débarrasser de cette peur pour recommencer à vivre normalement non ?

C'est avec une boule au ventre qu'elle se rendit au cabinet du spécialiste dont elle ne connaissait rien hormis le nom Greynn Dheandst. Apparemment il avait sa petite réputation auprès des nobles mais à part ça Métis ignorait tout de lui. Qu'elle ne fut donc pas sa surprise quand elle vit un ténébreux lui ouvrir la porte. Une soudaine envie de fuir la pris au ventre, elle détestait les ténébreux encore plus particulièrement que les autres. Mais il fallait qu'elle fasse au moins une séance pour satisfaire son infernale de mère. Entrant donc sans grande cérémonie dans la demeure de Greynn elle se fit enlever sa cape par une de ses gardes, révélant sa robe verte s'accordant avec le blond particulier de ses cheveux, avant de faire face à l'homme, toujours sur le pas de la porte.

"Je suis ici sur demande de ma mère qui m'a fortement recommandé vos services. Si vous m'acceptez vous serez plus que bien payé bien évidement. Par contre j'attend de vous une discrétion et un professionnalisme à tout épreuve ! Sinon vous en subirez les conséquences"

Oui on peut le dire, c'était un peu bourrin comme entrée en matière, mais ça Métis n'en n'avait rien à faire.

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Greynn Dheangst

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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Mer 13 Fév - 15:48

Elle était belle. Cette pensée avait percuté l'esprit de Greynn au moment où la Dame passait nonchalamment près de lui pour entrer dans le vestibule. Il n'y avait jamais songé auparavant. Bien entendu il avait entendu parler d'elle, et de sa beauté, et il en avait vu des femmes de la cour.. Tout ce dont il se souvenait était qu'elles étaient beaucoup trop maquillées. Mais il n'avait jamais vraiment supposé que Métis Adbreith puisse être belle, car cela ne l'intéressait absolument pas. Au mieux, bien maquillée. Mais elle se tenait maintenant dans son vestibule, arborant une majestueuse robe verte qui laissait voir la courbe gracieuse de ses épaules, et un léger parfum de jasmin l'accompagnait. Rien à faire: elle n'était pas jolie, ni bien maquillée. Elle était belle.

- ..une discrétion et un professionnalisme à tout épreuve ! Sinon vous en subirez les conséquences.

Le jeune Ténébreux n'avait pas suivi un mot de ce que lui avait dit la Dame auparavant et, affectant de s'intéresser à la présence son chat pour ne pas avoir à soutenir son regard, il répondit simplement, le plus fermement possible:

- Ma Dame, vous pouvez me faire entièrement confiance, je connais mon métier. J'espère pouvoir vous aider, ou devrais-je dire, satisfaire sa Majesté, votre mère? ajouta-t-il avec un petit sourire sardonique en osant cette fois la regarder dans les yeux.

La surprise de sa première impression étant passée, il reprenait ses marques et se sentait un peu plus à l'aise. La jeune femme semblant nerveuse et annonçant clairement la couleur, il enchaîna très rapidement:

- Bien, trêve de bavardages, si cela ne vous ennuie pas, ma Dame. Je suppose que vous n'avez pas beaucoup de temps à consacrer à cela, c'est pourquoi nous devrions monter dans mon bureau afin de procéder à l'entretien, et que vous m'expliquiez ce que vous attendez de moi. Vos gardes du corps pourront vous attendre dans le salon? Je m'entretiens seul avec mes patients, question de confidentialité et.. de sincérité.

Il avait voulu ajouter "je suppose que vous comprendrez" mais s'en était abstenu, ayant peur de l'offusquer doublement dans le cas où elle ne comprendrait pas. Beaucoup de gens ne comprenaient pas son travail. La plupart de ses patients se contentaient de le payer pour être défaits de leurs angoisses quotidiennes grâce à son pouvoir.. Mais cette image que les gens avaient de lui, à savoir l'étrange Ténébreux qu'ils n'aimaient pas trop mais qui ne les dérangeait pas tant qu'il se rendait utile en tant que tel, était quelque peu frustrante. Certes, son pouvoir était extrêmement utile pour obtenir des résultats probants à court terme, mais il était bien conscient que cela n'était pas suffisant, et il cherchait lorsqu'il le pouvait à dialoguer avec ses patients, afin de comprendre l'origine de leurs souffrances et de leurs angoisses. Mais peu se prêtaient à ces entretiens: cela ne les intéressait pas. Il ne comprenaient pas.

Il avait maintenant peur que la jeune ambassadrice ne comprenne pas, elle non plus. Il ne savait pas grand-chose d'elle et n'avait donc aucune idée de la façon dont elle envisageait ce genre de pratiques, mais la forte impression qu'elle lui avait faite en entrant chez lui le conduisait à avoir de l'estime pour elle, et donc accorder une certaine importance à ce qu'elle penserait de son travail. Et il savait qu'il risquait d'être déçu. La Dame était aussi réputée pour son intelligence que pour sa beauté, mais son domaine était celui des affaires, pas celui des sciences humaines, et il était fort probable qu'elle n'y entende rien. Ce monde était un peu trop dur pour laisser aux gens le temps de s'intéresser à ces choses-là: les choses lentes et subtiles. Ce qui était important, c'était de savoir se défendre face à l'adversité. Les seuls êtres qui s'intéressaient à ces choses-là étaient les êtres surnaturels, tels que les Sorcières et les Ténébreux par exemple, car ils y étaient confrontés de par leur nature même, et connaissaient donc leur importance. De plus, l'Empire n'était pas connu pour être très humaniste..
Le regard un peu vague, perdu dans ces pensées, Greynn alla se placer près de l'escalier et invita d'un geste la Dame à l'emprunter. Il espérait ardemment qu'elle accepterait. Non pas tant parce qu'il savait qu'il serait extrêmement bien rémunéré, mais parce que.. Parce qu'il ne savait pas. Cela lui semblait d'une grande importance, sans qu'il puisse s'expliquer pourquoi. Il savait qu'il pouvait, qu'il devait aider cette jeune femme. Et il le voulait.


Dernière édition par Greynn Dheangst le Jeu 19 Déc - 14:19, édité 1 fois
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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Jeu 14 Fév - 16:37

Mais pourquoi avait-elle dit oui ? Pourquoi pourquoi pourquoi ? Franchement, n'aurait-elle pas pu résister un peu plus longtemps à sa mère ? La laisser se fatiguer à la harceler à longueur de journée ? Oui elle aurait aimé être plus forte tête que sa génitrice, plus endurante et sure de sa position. Mais malheureusement Adbright avait été impératrice et elle avait l'habitude d'imposer son opinion quoi qu'il lui en coute. Très rare étaient ceux capable de faire fléchir la vieille femme. Le plus grand nombre, lui, devait se soumettre à ses décisions. La princesse, à son grand regret et à sa grande honte, faisait partie de ce grand nombre fléchissant à chaque fois devant cette femme à la volonté de fer. On aurait put croire devant un tel rapport de force que Metis n'eu point de grande volonté. Cela était faux bien entendu. En réalité la jeune femme était juste faible devant sa mère....et le harcèlement. La princesse ne supportait pas cette technique qui consistait juste à répéter en boucle une idée jusqu'à la graver au fer rouge dans l'esprit de la victime. Au final excédée celle-ci finissait en général par dire oui. Et cela avait été le cas de la pauvre princesse devant l'harcèlement de sa mère. Et c'est justement parce qu'elle avait dit oui qu'elle se retrouvait ici aujourd'hui...

"Ma Dame, vous pouvez me faire entièrement confiance, je connais mon métier. J'espère pouvoir vous aider, ou devrais-je dire, satisfaire sa Majesté, votre mère?"

Metis préféra ne pas répondre à une telle question. Déjà parce qu'elle en avait par-dessus la tête de sa mère et qu'elle ne voulait plus en entendre parler de la journée mais aussi parce qu'un mot l'avait fait tiqué et plissé des yeux de mécontentement. Confiance, il lui parlait de confiance. Ça, ça ne risquait pas d'arriver de si tôt. Déjà parce que c'était un homme, ce qui était déjà un très grand handicap dans l'esprit de la princesse, mais en plus il s'agissait d'un membre d'une espèce barbare qui enlevait de pauvres femmes sans leurs consentements. L'ensemble de ces deux choses faisaient que la jeune femme n'était pas prête de faire confiance à un être pareil il en était certain. De toute façon elle ne comptait pas le revoir après cette première consultation.

"Vos gardes du corps pourront vous attendre dans le salon? Je m'entretiens seul avec mes patients, question de confidentialité et.. de sincérité."

Seule, à l'étage, avec lui, sans gardes du corps. A cette instant il y eu une sorte de vide dans l'esprit de la jeune femme, un arrêt momentané de son esprit. Puis très vite tout se remis en marche. Une foule de sentiment virent éteindre le coeur de la princesse, l'empêchant presque de respirer : la peur, l'angoisse etc. Quelques sueurs froides accompagnèrent une sensation de malaise profond qui la fit soudainement pâlir. Non elle ne comprenait absolument pas pourquoi elle avait à rester seule avec lui. Enfin si elle comprenait mais pour le moment la partie logique de son cerveau n'était pas au commande. Un peu affolée elle tenta de cacher son trouble en passant une main dans ses cheveux pour arranger sa coiffure. Elle ne voulait pas rester seule avec lui, qu'importe la confidentialité. De toute façon elle comptait bien mentir et parler de sa soi-disant peur de l'engagement plutôt que de sa véritable phobie. Néanmoins il ne valait mieux pas contrarier cet homme si elle voulait que sa mère la laisse tranquille par la suite. Si elle se montrait conciliante et un minimum impliqué dans cette affaire Adbright l'autoriserait plus facilement à ne point revenir. Oui il fallait l'écouter pour le moment et prendre sur elle. Elle était forte, elle serait jouer la comédie comme elle le faisait si bien tous les jours. Au pire elle avait toujours son poignard caché dans les replis de sa robe...

"Oui vous avez raison, autant commencer maintenant pour être débarrassé de tout cela, et puis comme vous l'avez si bien remarqué, je n'ai pas tout mon temps."

Toujours aussi aimable... La courtoisie et Metis faisait deux parfois et là c'était le cas.

"Je vais consentir à faire un effort et laisser mes gardes hors de votre bureau, cependant elles se trouveront juste derrière la porte, au cas ou."

La princesse n'en dit pas plus, la menace était claire. Tant pis s'il le prenait mal, elle n'avait que faire de son opinion de toute façon.
Aillant l'habitude de passer la première, la princesse emprunta les escaliers sans qu'on l'eu inviter à le faire. Une fois dans le couloir elle attendit qu'on lui indique le bureau pour y entrer. Là elle avisa un fauteuil et s'y assit sans rien dire. Un moment passa avant qu'elle ne reprenne la parole tout en tentant de cacher sa nervosité qui risquait de transparaitre dans sa voix.

"Vous ne vous êtes pas encore présenté je crois. Ce serait le moment de le faire. Pour ma part il me semble que vous m'aillez reconnus mais autant faire les choses comme il faut. Je suis Metis Adhbreith, soeur de l'empereur et seconde héritière du trône, ravis de faire votre connaissance."

Sa voix froide, son attitude hautaine, méprisante et ironique sur la dernière partie de sa phrase. Bref il y avait tout pour plaire dans cette attitude profondément insultante. Bien qu'elle ne s'en rende pas vraiment compte, Metis adoptait cette attitude non pas pour être désagréable mais pour tenter de cacher sa peur. Cette peur qui devait former comme un immense halo autour d'elle tant elle avait envahis le coeur de la jeune femme depuis qu'elle se trouvait seule dans ce bureau en compagnie d'un inconnu.

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Greynn Dheangst

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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Ven 15 Fév - 19:35

- Je vais consentir à faire un effort et laisser mes gardes hors de votre bureau, cependant elles se trouveront juste derrière la porte, au cas ou.

Greynn faillit éclater de rire mais se retint, juste à temps. Il ne répondit pas, craignant d'être trop ironique, et se contenta de hocher la tête avec un air très sérieux. Bon, voilà un cas qui demanderait du tact..
Une fois arrivés dans son cabinet, il prit place derrière son bureau, face à la jeune femme. Il restèrent tous deux silencieux quelques instants, le Ténébreux éprouvant le malaise grandissant de cette dernière, à mesure que le temps passait. Il était plongé dans une profonde réflexion, cherchant à comprendre pourquoi une fille d'impératrice au caractère bien trempé était aussi terrorisée à l'idée de se trouver dans la même pièce qu'un pauvre Ténébreux sans grande importance. Etait-ce dû à son espèce? Beaucoup se méfiaient de ses semblables, mais il n'imaginait pas qu'une personne occupant le rang et la place de Métis Adbreith fasse grand cas de ce détail. Peut-être cela avait-il son importance, en rapport avec autre chose. Et ces femmes-gardes du corps auxquelles elle tenait tant..
Il fut soudainement tiré de ses pensées par la voix froide de la Dame:

- Vous ne vous êtes pas encore présenté je crois. Ce serait le moment de le faire. Pour ma part il me semble que vous m'aillez reconnus mais autant faire les choses comme il faut. Je suis Metis Adhbreith, soeur de l'empereur et seconde héritière du trône, ravis de faire votre connaissance.

Sa voix était dure, mais un peu plus aigüe qu'elle ne l'était à son arrivée. Cela le perturba de s'apercevoir que sa profonde angoisse provenait de lui. Il avait beau avoir l'habitude que les gens se méfient de lui, voire le rejettent, il se sentait malgré lui quelque peu déçu devant la réaction de la Dame. Il était d'une part surpris, car il ne la pensait pas si impressionnable, et d'autre part légèrement blessé dans son amour propre.. Cela l'agaçait énormément. Personne ne pouvait blesser son amour propre, d'habitude. Il haussa un sourcil et resta silencieux quelques secondes, qui semblaient bien longues, avant de prendre la parole à son tour, feignant d'ignorer le ton de son interlocutrice, et tâchant de faire comme si tout le monde dans cette pièce était parfaitement détendu.

- Enchanté ma Dame, votre réputation vous précède, en effet. Je suppose que si vous êtes venue ici c'est parce que vous me connaissez, d'une façon ou d'une autre. Enfin, si vous y tenez.. Je me nomme Greynn Dheangst, Ténébreux expatrié et psychothérapeute.

Il s'interrompit et détourna le regard, n'osant dire ce qu'il avait en tête. Mais il prit soudain conscience qu'il ne pourrait pas faire le moindre travail avec cette personne s'il ne se comportait pas comme avec ses patients habituels.. Il devait faire abstraction du rang de la jeune femme assise dans le fauteuil en face de lui, et rester maître de lui-même, aussi troublé qu'il puisse être par cette situation. Il mordilla ses lèvres sèches et abîmées durant un instant, puis s'arrêta pour se tourner à nouveau vers la Dame, et la regarda droit dans les yeux, toute trace de son trouble étant effacée de son visage. Il ne devait surtout pas montrer sa gêne, ou bien elle ne le prendrait pas au sérieux et sortirait tout à l'heure de cette pièce dans le même état qu'en y entrant. Cela le désolait mais, s'il voulait l'aider, il devrait d'abord la faire céder. Voilà qui n'était pas une mince affaire.
Un sourire effleura ses lèvres et, de sa voix la plus douce possible (ce qui donnait quelque chose comme un grondement..), il demanda:

- Je vous effraie, ma Dame?


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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Jeu 21 Fév - 16:07

Panique, panique, panique, panique, panique, panique, panique, panique, panique, panique.
Voila à quoi ressemblait à peu près les pensées de Metis en ce moment même. Elle était totalement et tout simplement paniquée, comme prise à la gorge par ce sentiment qui l'empêchait de respirer. Malgré son attitude froide et hautaine qu'elle tentait de conserver, pour garder la tête froide, elle transpirait la peur par tous ses pores. Cela faisait un moment qu'elle ne s'était pas trouvée seule en présence d'un homme, elle ne savait plus comment faire pour se cacher, cacher cette créature au fond d'elle qui la dévorait de l'intérieur. Son coeur battait à toute allure, comme pour se préparer à fuir. Fuir, un mot si doux à ses oreilles à ce moment. Elle aurait aimé fuir à dos de dragon comme elle avait fuit cette tribu d'indigène dans la foret de Croch'Ranagh. Mais elle ne pouvait pas, elle ne pouvait pas. Elle n'était ni prisonnière, ni entraver par un quelque conque lien physique. Non elle était tenu par sa parole. Un simple ensemble de sons posés les uns à la suite des autres étaient ce qui l'attachait à ce lieu qu'elle avait pourtant envie de quitter au plus vite. Ah elle se voyait presque se lever et sortir dignement, fuyant sa peur avec panache. Quelle beau tableau cela aurait été.

Enfin, pour le moment sa peur était surtout silencieuse et ne disait mot. Un silence pesant qui n'aidait en rien la princesse à garder son calme. Enfin le ténébreux finit par prendre la parole et se présenta. Sa tirade, instructive, permit à la jeune femme de reprendre un peu contenance. Ainsi elle entreprit d'acquiescer lorsqu'il parla de sa réputation et lorsque qu'il déclina son identité. Une fois que l'homme se tus le silence revient, aussi pesant qu'un instant auparavant. Connaitre le nom exact de son interlocuteur n'avait pas permit à la jeune femme de maitriser sa peur, pas du tout. Le simple fait d'entendre ténébreux prononcé à haute voix l'avait encore plus effrayé. Heureusement elle put soustraite un moment son angoisse à son regard lorsqu'il se tourna. De son côté elle tourna la tête, comme pour l'oublier, nier sa présence. Elle avait tellement envie de le voir disparaitre, de se savoir seule dans cette pièce ou avec une femme, créature de confiance.

Lorsqu'il se retourna pour planter ses yeux dans les siens, Metis ne put réprimer un léger sursaut de surprise teinté de frayeur. Voir ces étranges yeux ocre la fixer ainsi la mettait encore plus mal à l'aise. Elle avait l'impression qu'il tentait de voir à travers elle, qu'il arrivait à lire sa peur, sa faiblesse. Car oui, elle était faible, une pauvre créature tremblante devant un prédateur. Un simple gibier de potence. Cette faiblesse la jeune femme la haïssait. Elle aurait du être le dominant, celui qui maitrise la situation, qui impose ses décisions et qui n'a pas peur de prendre la parole. Voila qui elle était et qui elle aurait du être ! Et pourtant elle ne pouvait pas, elle n'y arrivait pas, la peur l'en empêchait...

- Je vous effraie, ma Dame ?

Un grondement, une voix grave et basse, un sourire. Voila qui aurait du être un tableau rassurant, un sourire pour mettre en confiance, une voix basse pour ne pas surprendre. Une attitude semblable aux dompteurs qui tentent d'amadouer leurs créatures. Pour Metis cette attitude était tout sauf rassurante. Au contraire, de telles paroles la firent bondir de son siège pour aller faire les cents pas de l'autre côté de la pièce, bien loin du prédateur qui tentait d'endormir sa méfiance pour mieux l'attaquer par la suite. Elle n'allait pas se laisser, faire, elle devait se battre !

"Pas...pas du tout, pour...quoi pensez-vous cela ?" Et zut ! Elle avait bagayé, vraiment il n'y avait rien de mieux pour se trahir. Vite il fallait détourner son attention.
"Bon et bien, qu'attendez-vous pour commencer la séance ? Vous n'êtes pas censé me poser des questions ou tout simplement utiliser votre pouvoir pour me débarrasser de mon problème ? "
Voila, il fallait être autoritaire, sèche, cacher sa peur, surtout cacher sa peur. Elle n'était pas la proie ici, non, elle n'était pas faible...

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Greynn Dheangst

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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Ven 22 Fév - 18:30

La jeune femme bondit de son fauteuil si soudainement que Greynn tressaillit et manqua de se lever pour la retenir, craignant qu'elle ne s'en aille, ce qui aurait été fâcheux. Mais elle n'en fit rien, et se contenta simplement de déambuler nerveusement à l'autre bout de la pièce, le plus loin possible de lui. Il sentit comme un pincement au coeur, face à la violence de sa réaction, et pire encore, de l'empathie: il savait exactement ce qu'elle ressentait, sa terreur emplissait la pièce toute entière, et il souffrait pour elle. C'était l'un des inconvénients majeurs dans le fait d'être un Ténébreux possédant une telle sensibilité. Il éprouvait très facilement la peur des gens qui l'entouraient, et malheureusement la peur est l'un des sentiments les plus communs qui soient chez l'être humain, c'est pourquoi Greynn y était perpétuellement confronté. Morose, il avait parfois l'impression de porter le poids de toute la souffrance du monde sur ses épaules, ce qui bien entendu était faux, mais son pouvoir allait de pair avec cette pénible impression. C'était fatigant.

- Pas...pas du tout, pour...quoi pensez-vous cela ?

Il ne savait pas quoi répondre. Il ne savait pas comment la calmer. Il devait se retenir de s'approcher d'elle pour la rassurer, car cela ne ferait qu'empirer les choses, et d'un autre côté il n'avait aucune idée de ce qu'il fallait faire. La tension était palpable. Alors elle changea brutalement de ton, et s'exprima d'une voix rapide et agressive, comme pour se donner une contenance, et la voix haut perchée de la princesse lui aurait largement suffit à comprendre son degré de nervosité s'il n'avait pas possédé ses capacités surnaturelles.

- Bon et bien, qu'attendez-vous pour commencer la séance ? Vous n'êtes pas censé me poser des questions ou tout simplement utiliser votre pouvoir pour me débarrasser de mon problème ?

Il resta silencieux encore quelques secondes, réfléchissant à toute vitesse. Il leva les yeux vers elle. Il avait très bien compris que son regard la mettait mal à l'aise, comme la plupart des gens d'ailleurs, mais il avait besoin de la regarder pour lui parler. Il s'exprimait presque exclusivement par le regard et ne pouvait s'empêcher de chercher à comprendre les autres par ce biais. C'est pourquoi il n'hésita pas à la regarder franchement, immobile, le dos calé contre le dossier de son siège, et les mains posées sur ses genoux. Calmement. Métis, elle, lui tournait pratiquement le dos, se tenant debout, raide, mais agitée. Il n'attendit pas qu'elle se tournât à nouveau vers lui pour prendre la parole:

- Je peux l'utiliser maintenant, si vous le voulez bien. Je pense que cela vous soulagera, et nous permettra d'entamer la discussion, mais je ne puis le faire sans votre consentement.

Il parlait toujours lentement, d'une voix qu'il tentait de rendre rassurante, et en articulant avec soin (ce qu'il ne faisait jamais en temps normal). Jusqu'à maintenant, ça n'avait pas été très concluant.. Cependant la tournure que prenait l'entretien comportait au moins un élément positif: il parvenait, doucement mais sûrement, à comprendre la jeune femme qui se tenait devant lui. La peur qu'il voyait là était profonde, complexe, et totalement enracinée en elle. Elle semblait presque possédée par son angoisse. Et au fond, cela n'avait rien de très original ni d'étrange, beaucoup de gens ont des phobies, et il est connu qu'elles sont souvent extrêmement difficiles à vaincre, mais.. Il était néanmoins surpris. En fait, depuis qu'elle avait passé le pas de sa porte, presque tout le surprenait chez cette femme. Mais ce qui le frappait le plus, c'était ce qu'il voyait maintenant. Il avait peu entendu parler d'elle, et pas en ces termes, c'est pourquoi il n'avait jamais soupçonné une seule seconde l'existence de la phobie de Métis Adbreith: la phobie des hommes.
Il venait de comprendre. C'était évident. Elle était si méfiante, essayant de se cacher de lui au fond de la pièce, tressaillant presque chaque fois qu'il tentait de communiquer avec elle.. Et ses femmes-gardes n'étaient évidemment pas des femmes par hasard. Même sa façon de changer fréquemment d'apparence, dont il avait entendu parler, témoignait d'un vague désir de se préserver des autres, en se cachant derrière une façade insaisissable.
Elle cherchait à se rendre inviolable, dans tous les sens du terme. Restait à comprendre pourquoi. Trouver l'origine. Il lui faudrait du temps, il le savait, mais il avait de la patience à revendre et elle ne l'impressionnait plus tellement. Plus assez pour le tenir à distance. Il la trouvait toujours aussi belle, mais elle venait de révéler quelque chose que lui seul avait senti, quelque chose de fragile. Et cela le fascinait encore plus.

Il réalisa soudain qu'il connaissait désormais un secret sur Métis Adbreith, seconde héritière de l'Empire. Probablement son seul, véritable secret. Il savait qui elle était vraiment. L'espace d'un instant, il eut peur qu'elle cherche à le détruire par tous les moyens pour être certaine de son silence. Puis il se reprit, se disant que si c'était le cas il ne pourrait de toute façon rien faire, et que puisque qu'il n'avait d'autre choix que d'accepter cette possibilité, il s'en fichait complètement. Ce qui lui importait maintenant, c'était de rassurer une jeune fille terrorisée qui était venue le voir et qui avait besoin de son aide. Et les gens sont toujours rassurés par ce qui leur est familier. C'est pourquoi il lui parla posément, dans dans son langage:

- Je vous en prie, asseyez-vous dans ce fauteuil. Je vous promets de ne vous faire aucun mal: nous savons tous les deux que cela ne serait pas dans mon intérêt. Votre intérêt, en revanche, est de me laisser faire mon travail, qui consiste à vous aider. Vous savez que je suis tenu par le secret professionnel, et surtout par la menace d'une mort violente dans le cas où je ne le respecterais pas. Vous n'avez rien à perdre. Moi si. Acceptez-vous mon aide?


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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Lun 25 Fév - 22:42

Il fallait quelle cache sa peur, qu'elle ne montre pas son trouble non il ne fallait pas qu'on puisse découvrir sa faiblesse. Il ne fallait pas. Très peu étaient ceux au courant de sa situation, vraiment très peu. Il n'était pas dans ses objectifs de faire augmenter ce nombre. Sa réputation ne tiendrait pas à une révélation pareille : Metis Adhbreith phobique de la gente masculine. Elle deviendrait la risée de tout l'empire ! Du monde de la politique et des affaires ! Non il fallait qu'elle se cache, ne rien montrer ne rien laisser voir, se contrôler, vite se contrôler. Croisant les bras elle s'enfonça les ongles de sa main droite dans son avant bras gauche. La douleur lui permettrait de s'éclaircir les idées, de tenter de rester le plus calme possible. Lorsque Greynn reprit la parole, la princesse s'enfonça brutalement et profondément ses ongles dans le bras, surprise par la parole qui venait de briser le silence. Grimaçant de douleur elle sentit un liquide poisseux aux bouts de ses ongles : elle saignait. Oh pas grand chose, juste un tout petit peu, vraiment. Mais tout de même, elle s'était blessée elle même pour tenter de se contrôler et d'échapper à sa peur. Elle avait un problème, un réel problème.

Le petit discours du ténébreux qui suivit la fit réfléchir. Il était vrai qu'il n'était pas dans les intérêts de l'homme d'ébruiter une pareille affaire ou de tenter de lui faire le moindre tort. Si jamais cela avait été le cas, elle aurait veillé personnellement à le voir souffrir avant de le faire tuer. Bien, pourquoi ne pas essayer ? Il fallait qu'elle tente d'aller mieux, tout ceci commençait à ne plus pouvoir durer. La tirade logique de Greynn l'aidait bien plus que son ton doux et calme à y voir plus clair. La logique pure et simple, ainsi qu'un certain rappel de son pouvoir, voila qui avait effet de l'aider à se calmer. Une respiration, puis deux, puis trois. Chacune longues et mesurées. Fermer les yeux un instant, voila juste respirer, oublier la douleur, la peur et la panique. Enfin elle rouvrit les yeux, reprit contact avec la réalité puis prit la parole.

"Je veux bien de votre aide." Sa voix était basse, fluette, vulnérable. On sentait bien qu'elle prenait sûre elle pour dire une chose pareille. Se retournant très lentement, elle offrit un visage fermé et soucieux au ténébreux qui la fixait. Elle n'aimait pas qu'on la fixe ainsi, surtout avec ces étranges yeux jaunes qui semblaient plus être ceux d'un prédateur que d'une créature douée de raison. Détournant le regard elle s'installa dans le fauteuil qu'elle venait de quitter, tout en gardant les bras croisés. Elle avait encore besoin de se sentir protégée, en sécurité dans son petit monde intérieur représenté par ses bras autour d'elle. De plus elle ne voulait pas montrer qu'elle s'était blessée elle-même. Serrant fortement sa main sur ses griffures, elle tentait de les camoufler du mieux possible. Elle avait honte de s'être blessée ainsi et elle n'avait aucune envie de rajouter une autre humiliation à celles qu'elle subissait en ce moment. "Allez-y, vous pouvez utiliser votre pouvoir si cela peut aider... Mais n'abusez pas, je tiens à garder la tête clair."

Accepter de laisser aller sa peur ainsi c'était aussi accepter de laisser son bouclier s'envoler. Car après tout c'était cette peur qui la gardait des hommes et du danger qu'ils pouvaient représenter. Même si cela l'handicapait socialement cela la préservait aussi. Si elle restait loin d'eux, elle ne pourrait être blessé. Cela lui permettait de se préserver, de rester en sécurité. Cette peur était à la fois un poids et un bouclier contre ceux qui pouvaient lui faire du mal. Si on l'en privait elle ne serait plus à même d'évaluer les dangers correctement. Combien de récit d'hommes, morts à cause de leur manque de jugement face à un danger car sans peur, avait-elle lu ? Un ténébreux était un être dangereux, sans peur on ne peux plus évaluer une situation avec justesse, on prend des risques inconsidérés pensant ne rien craindre. Et cela finit souvent mal.

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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Mar 26 Fév - 17:02

Après un bref instant d'incommensurable panique, elle semblait reprendre peu à peu le contrôle d'elle-même. Elle ferma les yeux et inspira de longues bouffées d'air, tandis que Greynn l'observait, anxieux, attendant sa réponse. Si elle avait l'air de s'être quelque peu calmée, il craignait néanmoins qu'elle ne choisisse de s'en aller. Il ne voulait surtout pas qu'elle s'en aille. C'est pendant qu'il se rongeait les sangs à ce sujet qu'elle finit par répondre à sa proposition, d'une voix à peine perceptible, mais déjà un peu plus ferme qu'auparavant:

- Je veux bien de votre aide.

Elle le regarda dans les yeux. Il ne cilla pas, demeurant totalement immobile, mais il était bouleversé par ce regard chargé d'émotions. Toute froideur en avait disparu. Il lui sourit et hocha légèrement la tête, en signe d'approbation, sans vraiment en avoir conscience. Il avait l'impression de contempler une tempête, un maelström de sentiments tourbillonnants, mais il n'y avait plus de froid. Seulement de la violence, mais une violence qui ne s'adressait pas à lui, ni à personne, simplement une puissance contenue, comme au bord de l'explosion. La puissance de sa terrible angoisse. C'était le regard le plus sincère qu'elle lui ait adressé depuis qu'elle s'était présentée à sa porte, et l'un des seuls, d'ailleurs. Il fut de courte durée, mais même une fois qu'elle le détourna pour s'installer à nouveau dans le fauteuil, il sembla à Greynn qu'il le voyait encore. Il en avait le souffle coupé. Voilà donc qui était la vraie Métis Adbreith..
Serrant les bras autour de son corps, n'ayant absolument pas remarqué l'effet foudroyant que son regard avait eu sur le jeune Ténébreux, elle l'autorisa à utiliser son pouvoir. Il mit un moment à assimiler cette information, mais s'efforça de ne rien montrer de son trouble. Il ouvrit, puis referma la bouche, ne sachant quoi dire, puis se reprit. Il se redressa dans son siège, joignit ses mains posées sur le bureau, et parvint cette fois à prendre la parole:

- Très bien. Je ne ferai que le nécessaire: mon travail ne consiste pas à vous ôter toute lucidité, seulement votre angoisse.

Il s'interrompit un instant, conscient que la suite n'allait absolument pas plaire à la Dame. En effet, l'usage de son pouvoir nécessitait en principe un contact physique, ce qui allait s'avérer ardu étant donné la nature et l'ampleur de l'angoisse de sa patiente.. Greynn avait la chance de pouvoir se passer de ce contact, bien que cela lui demandât un effort de concentration supplémentaire. Il était donc en mesure d'éviter à Métis ce désagrément, chose qu'elle accueillerait probablement avec soulagement. Mais elle n'était pas au courant de cette particularité du Ténébreux qui lui faisait face, et rien ne l'obligeait à le lui dire. En fait, il ne tenait pas à ce qu'elle le sache pour l'instant, car à la réflexion, le contact lui semblait très important, et ce précisément parce qu'il coûterait un effort de volonté à la jeune femme. En effet, une fois la difficulté passée et le pouvoir du Ténébreux ayant opéré, elle serait soulagée de sa peur, bien entendu, mais l'intérêt était qu'elle serait soulagée du fait de l'avoir symboliquement surmontée, en acceptant un contact physique avec un homme. Et cette symbolique était infiniment plus importante que les effets de son pouvoir en eux-mêmes, qui ne seraient que passagers. Le geste, lui, resterait gravé. Et c'était de cela qu'elle avait besoin: surmonter sa phobie par la force de sa propre volonté, et constater par elle-même qu'un être du genre masculin ne représentait pas systématiquement un danger pour elle. Voire le contraire.
Il répugnait à lui forcer la main, mais s'il voulait réellement lui rendre service, il y était obligé. Une fois passées la peur et la colère, elle comprendrait. Peut-être même qu'elle lui en serait reconnaissante.. Mais peu importait la reconnaissance. Il savait ce qu'il avait à faire, et il fallait maintenant qu'il le fasse. Il s'éclaircit la gorge et reprit, d'une voix qui se voulait ferme:

- Ma Dame, cela va sans doute vous déplaire mais, il faut que vous sachiez que le pouvoir des Ténébreux fonctionne par le biais d'un contact physique. Je ne peux rien faire sans cela..

Il avait gardé les yeux rivés sur ses mains tandis qu'il parlait, un peu embarrassé. Il levait maintenant un regard d'excuse vers la jeune femme, et il tendit lentement son bras gauche, pour poser sa main sur le bureau, juste devant elle, paume ouverte. Il essayait d'avoir les gestes les plus doux possibles, afin de ne pas l'effrayer à nouveau. Il était extrêmement tendu, craignant de lui en demander trop, mais cherchait son regard, afin d'y voir une approbation.

- Je vous demanderais simplement de poser votre main sur la mienne, rien de plus. Cela ne durera que quelques secondes.

Après une légère hésitation, il ajouta:

- Si vous acceptez mon aide, il faut me faire confiance.


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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Mar 26 Fév - 20:37

Assise sur le fauteuil, les bras croisés, Metis ne voulait pas le regarder. En fuyant son image elle fuyait la réalité. Si elle ne le voyait pas il n'existait pas, tout simplement. Prostrée au fond de son siège elle se sentait toute petite et mal dans sa peau. Elle toujours si confiante, si élaguante, avait l'impression d'être devenue aussi gauche et pataude qu'un canard. Ah elle détestait cette situation, elle se détestait, elle le détestait ! Pourquoi devait-elle se sentir aussi mal dans une situation où tout aurait pu se passer normalement ? Elle aurait pu simplement passer la porte, s'assoir et parler de ses "problèmes". Enfin si elle avait été normale elle n'aurait même pas eu besoin de venir ici. Tout était la faute de cette peur, de cette phobie. Malgré tous ses efforts elle n'arrivait pas à la contrôler, à s'en détacher. Elle se sentait juste pitoyable d'être aussi faible, elle se dégoutait elle-même...

Quand il lui dit que l'utilisation de son pouvoir requérait un contact physique, Metis ne put s'empêcher d'écarquillée les yeux, à la fois de peur et de panique. Bien entendu elle savait parfaitement comment fonctionnait le pouvoir de cet étrange espèce, mais jusque là son esprit embrouillé avait omis ce petit "détail". Elle ne voulait pas le toucher, non. Mon dieu, elle ne pouvait pas. Même s'il s'agissait juste de lui frôler la main cela était déjà trop pour elle, elle ne pouvait pas. Cependant elle savait bien que ce contact était nécessaire pour activer le pouvoir du ténébreux. Si elle voulait vraiment de son aide, elle allait devoir s'y résoudre. C'est avec appréhension qu'elle vit la main de Greynn s'avancer et se poser sur la table, très calmement. Chacun de ses gestes semblaient être étudiés pour éviter de la brusquer. Il agissait avec elle comme on aurait agit avec un petit animal craintif et sauvage. Bien que cela ne lui plaise pas plus que cela que d'être considéré comme une biche effarouchée, elle ne pouvait pas non plus se plaindre d'un tel traitement. Si l'homme avait agit autrement il serait certainement mort à l'heure qu'il est, sa tête plantée au bout d'une pique. Le moindre geste brusque, le moindre haussement de ton lui aurait certainement fait si peur qu'elle aurait appelé sa garde.

Finalement elle prit sa décision, elle allait le toucher. Juste un peu, juste ce qu'il fallait pour faire distraire sa peur, ni plus si moins. Doucement sa main gauche quitta son bras droit, quand soudain ses griffures lui revinrent à l'esprit. Elle devait les cacher ! Elle ne voulait pas les lui montrer, elle ne voulait pas être encore plus pitoyable qu'elle l'était déjà à ses yeux. Pourquoi se soucier ce qu'il pensait d'elle ? Elle ne le savait pas, cependant elle savait juste qu'elle n'avait pas envie qu'il voit cela. Réussissant à couvrir ses blessures avec sa main droite, sa main gauche commença à avancer très lentement et en tremblotant vers la main posée sur la table. Malgré toute sa dignité, la princesse n'arrivait pas à contrôler les spasmes qui l'agitait. Sa peur devenait physique et s'exprimait par des tremblements douloureux qui l'empêchait de rester droite sur sa chaise. Elle n'avait pas envie de faire cela, pas du tout, mais en même temps il le fallait. Alors qu'elle approchait sa main de Greynn elle remarqua qu'elle n'avait pas pris la peine de lui répondre. Mais après tout quoi dire ? Certes elle voulait de son aide, mais elle ne lui faisait pas confiance, comment aurait-elle pu ? Cependant il pouvait certainement l'aider, et c'était pour cela, et pour cela uniquement qu'elle acceptait de le toucher.

Enfin, après un court instant qui avait pourtant semblé une éternité, ses doigts effleurèrent ceux du ténébreux. Dans un mouvement instinctif elle retira vivement sa main avant de se reprendre. Après un dernier effort de volonté elle finit par poser sa main sur la sienne. La différence entre les deux mains était évidente, l'une était petite, blanche et gracieuse, l'autre était bien plus grande et moins délicate. Une main d'homme en somme.

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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Jeu 9 Mai - 5:29

Un silence de plomb régnait maintenant dans la pièce. Greynn regardait fixement, avec anxiété, la frêle main de la Dame s'approcher de la sienne, hésitante.. Au prix d'un ultime effort, elle y parvint finalement. L'espace d'une seconde, il se contenta de la regarder d'un air rêveur, sans mot dire. C'était étrangement agréable de la voir, posée là, si pâle. De la sentir contre sa paume, si froide. Il toussota, gêné, avant de regarder à nouveau son visage. Une douce chaleur commençait à émaner de lui, pour envahir le coeur pétrifié d'angoisse de la jeune femme qui lui faisait face, tandis que la lueur de son regard augmentait, jusqu'à éclairer son visage avec intensité. Il prit son temps, cherchant la moindre trace de cette terreur irraisonnée, cette souffrance qui tendait tous les muscles de son corps et la faisait tressaillir à chacun de ses gestes, tout en faisant bien attention à ne pas toucher au reste. Il voulait qu'elle se sente rassurée en sa présence. La chaleur de sa main augmenta doucement, par pulsations, à mesure que la peur s'effaçait pour laisser place à l'apaisement, puis disparut. Le temps, qui semblait s'être arrêté, reprit son cours. Quelques secondes seulement étaient passées.

Le jeune Ténébreux inspira profondément, assimilant les derniers vestiges de la peur de Métis Adbreith. Elle était vaste, mais parfaitement sous son contrôle, et bientôt vidée de sa substance par son âme assoiffée de terreur. Si la luminosité de ses yeux était maintenant revenue à la normale, ils étaient pourtant changés, conservant une étrange lueur qui n'était pas là un instant plus tôt. Il ne se voyait pas, mais en était conscient. Il avait l'habitude, et il était en train d'espérer que cette étrangeté n'effraie pas la jeune femme, lorsqu'il se rendit compte qu'il n'avait toujours pas lâché sa main. Il se raidit. Si sa peau avait été capable de prendre la moindre couleur, il aurait sans doute rougi violemment, mais son teint s'obstinant à rester d'une pâleur maladive, il se contenta d'écarquiller les yeux et de retirer vivement sa main, puis de prendre un air désinvolte pour cacher son embarras. Embarras qui se transforma rapidement en un terrible et brutal dégoût de lui-même.

Qu'est-ce que c'était que ces conneries? Lui, le Ténébreux taciturne et blasé, troublé? Par une femme?! C'était ridicule. Et puis cette fille était de la haute noblesse, et était censée être sa patiente, ce n'était absolument pas convenable. Et pour commencer, elle était humaine, c'est à dire quelque chose qu'il ne pourrait jamais atteindre. Il ne voyait que laideur en lui. Une sombre créature se repaissant d'horreurs et condamnée à l'errance, appartenant à une race maudite.. Une sorte de sous-humain. Un individu vivant de la faiblesse des autres ne méritait ni l'amour ni le respect. Cette fille, belle et puissante, était venue le voir pour qu'il la débarrasse de sa phobie, parce qu'elle savait que les êtres de son espèce en avaient besoin. Et il en avait honte. Il se sentait repoussant d'éprouver de la satisfaction à exercer son pouvoir, de se sustenter de ses émotions comme il l'avait fait.. Et il avait l'audace de se vouloir rassurant, l'outrecuidance même de laisser ses regards s'attarder sur elle, et sa main contre la sienne. Tout cela était grotesque. Un Ténébreux n'est pas rassurant. Un Ténébreux n'est qu'une affreuse erreur de la nature. Il martelait ces mots dans son esprit. Il était en colère contre lui-même pour s'être laissé aller à croire le contraire. Quelle connerie.. Il devait cesser de faire l'imbécile et mener à bien son entretien. Il avait la bouche sèche et sentait qu'il avait besoin d'un verre, mais il ne pouvait décemment pas s'en servir un maintenant. Il resta un moment immobile, le regard vague et la bouche pincée. Puis il décida qu'il devait au moins se rouler une cigarette et sortit prestement un étui de cuir noir de sa veste dans cette intention. Se rappelant soudain les bonnes manières, il leva les yeux vers la Dame et demanda, mal à l'aise:

- Ca vous dérange si je fume?

Il lui jeta un regard suppliant puis, sans attendre la réponse, baissa les yeux sur son ouvrage, roulant avec application afin de reprendre un peu contenance. Si ça l'incommodait vraiment, il l'allumerait plus tard, mais il avait vraiment besoin de se détendre, et tout de suite. Afin d'avoir l'air un peu moins grossier, il l'interrogea tout de même, mais sans la regarder cette fois:

- Vous vous sentez mieux? Est-ce que vous pouvez me décrire ce que vous éprouvez maintenant?


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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Lun 13 Mai - 14:37

Tout était si étrange, toucher quelqu'un d'autre... Elle n'en n'avait pas vraiment l'habitude. Mais toucher un inconnu comme cela, c'était la première fois. C'était trop, vraiment trop pour elle, elle du détourner la tête pour supporter une telle situation. Si elle ne le voyait pas il n'existait pas, si elle ne le voyait il n'existait pas. Oui voilà, c'était une bonne idée, c'était ce dont elle devait se convaincre si elle ne voulait pas s'évanouir dans la seconde. Son angoisse semblait atteindre son paroxysme et déjà elle voyait de petits points noirs danser devant ses yeux.
Soudain une chaleur étrange sembla réchauffer le bout de ses doigts, jusque là gelés par la peur. Une sorte de pulsation étrange commença par lui remonter le long du bras pour atteindre sa poitrine. Son coeur, qui tentait toujours de s'échapper de sa cage thoracique, commença étrangement à se calmer. Ses épaules lui semblèrent soudain plus légère, la faisant se redresser instinctivement. Tournant la tête vers l'origine de la chaleur, la princesse aperçus alors un spectacle des plus fascinant. Les yeux du ténébreux brillaient, comme deux lumières d'un jaune ambre, pulsant au rythme de l'étrange chaleur réconfortante qui déliait son souffle. Tout semblait plus calme, plus simple, pourquoi avoir peur ? Il n'y avait vraiment aucunes raisons après tout. Cette absence de peur l'empêchait de trouver le spectacle en face d'elle horrible et repoussant. Au contraire c'était très intéressant et étrange, fascinant.

Elle n'avait plus peur, comme c'était étrange. C'était toujours elle, Metis la grande princesse impériale, mais pour la première fois de sa vie il n'y avait pas cette sensation d'oppression constante. C'était donc cela que de ne pas vivre à travers une phobie. Et bien, on pouvait dire que c'était rudement sympathique.
Soudain le ténébreux retira vivement sa main, encore un peu sous le choc la jeune fille ne comprit pas cette réaction, puis rougit légèrement; sans vraiment savoir pourquoi. Elle n'avait peut être plus peur mais elle restait, d'une certaine façon une innocente jeune fille. Se redressant dans son fauteuil, la princesse prit une posture digne, plus sûre d'elle. La peur ne la paralysait plus, la situation était à présent à son avantage. Observant pour la première fois l'homme qui lui faisait face sans éviter son regard, Métis découvrit assez jeune, proche de son âge certainement, assez grand, aux cheveux sombres à la peau pâle et aux étranges yeux ambres. Ces derniers ne brillaient plus comme avant mais une lueur semblait persister. Etrange, bien que non spécialiste des ténébreux et de leurs pouvoirs, il ne lui semblait pas n'avoir jamais lu quelque chose à propos d'yeux qui se mettent à briller. C'était vraiment intéressant, elle devait lui demander des précisions à ce sujet.

Soudain le jeune homme commença à s'agiter pour une raison inconnue, ouvrit une boite et commença à rouler une cigarette avant de lui demander la permission de fumer. Metis faillit dire que non, elle trouvait cette habitude dégoutante, elle se ravisa en voyant son expression. Quelle étrange expression d'ailleurs.

"Non tant que vous ouvrez la fenêtre."

En temps normal elle n'aurait pas été si conciliante, mais bon c'était la journée des exceptions apparemment. Enfin le ténébreux sembla reprendre contenance et lui demanda comment elle se sentait à présent. Toujours un peu amorphe Metis mit un moment avant de rassembler ses idées et se mettre à parler.

"Oui merci, je vais mieux. Pour tout vous dire c'est assez étrange, j'ai l'impression de mieux respirer, de voir les choses plus clairement, comme si on venait de m'enlever des oeillères. Les choses me semble plus simple, plus aisées, je n'ai plus peur. "

Elle l'avait dit à voix haute, incroyable. Cette constatation la fit sourire, d'un sourire franc, cela faisait si longtemps. Oui elle était heureuse, heureuse de se sentir si libre, vraiment c'était si étrange ! Incroyable !
Tout en continuant à sourire elle reprit la parole.

"Est-ce toujours ainsi quand vous utilisez vos pouvoirs ? Je veux dire ce sentiment de liberté, comme si plus rien n'était impossible ? "

L'euphorie l'envahissait peu à peu. Elle ne s'était jamais sentit comme ça, c'était trop anormal, elle n'était pas dans son état habituelle. Elle s'en rendait bien compte ! Mais en même temps elle n'arrivait pas à lutter contre cette sensation de bonheur intense, elle allait le regretter par la suite elle le savait. Elle avait l'impression d'avoir pris de la drogue. C'était affreux et génial à la fois.

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Greynn Dheangst

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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Mar 14 Mai - 13:28

- Non, tant que vous ouvrez la fenêtre.

Greynn faillit pousser un soupir de soulagement, mais se retint et alla effectivement ouvrir la fenêtre avant de se rasseoir dans son fauteuil. Il faisait frais à l'extérieur, et il pensa que la Dame aurait sans doute très vite froid. Bon, il se dépêcherait. Il alluma sa cigarette avec empressement tandis que cette dernière parlait, racontant la sensation qu'elle n'avait jamais éprouvée auparavant : l'absence d'angoisse. Sa voix était assurée, ses yeux brillaient de joie, et elle n'évitait plus de le regarder, ni ne cherchait à se recroqueviller dans son fauteuil, se tenant bien droite désormais. Elle était resplendissante. Je veux dire, encore plus qu'avant. Le jeune Ténébreux ne pensait pas une telle chose possible. Elle était méconnaissable, et paradoxalement semblait enfin être elle-même. Lui, qui la connaissait depuis moins d'une heure, était ébloui par la métamorphose. Le port altier, le regard franc.. Elle souriait maintenant! Le plus beau sourire qu'il lui avait jamais été donné de voir, de toute sa courte existence de Ténébreux. Il baissa les yeux vers ses mains, les leva vers elle. Est-ce que c'était bien lui qui venait de faire ça? C'était donc à ça que ressemblait une femme heureuse? Non mais attendez, c'était vraiment lui qui était à l'origine de ce sentiment? Un affreux monstre sorti des montagnes pouvait-il donc offrir un authentique sentiment de bonheur? Voilà qui était nouveau pour lui.
Il se rendit compte qu'il était en train de la regarder bouchée bée, les yeux écarquillés de stupeur, et se passa une main sur le visage pour cacher son expression et reprendre le contrôle ses émotions. Heureusement la fumée masquait en partie son visage et il lui restait une petite chance qu'elle n'aie rien remarqué. Il se donna mentalement une tape derrière la tête, en se traitant d'abruti, tandis qu'il tirait une autre bouffée. C'est alors qu'elle lui posa une question qui le surprit. Enfin, un peu plus qui ne l'était déjà, et en partie aussi parce que jusque là il ne l'écoutait qu'à moitié, trop absorbé par son observation.

- Est-ce toujours ainsi quand vous utilisez vos pouvoirs ? Je veux dire ce sentiment de liberté, comme si plus rien n'était impossible ?

Il prit soin de recracher la fumée du côté de la fenêtre avant de se racler brièvement la gorge.

- Eh bien.. Heu..

Et voilà que maintenant il ouvrait la bouche avant de réfléchir. Ca devenait n'importe quoi. Il se fustigea encore une fois intérieurement. Tais-toi abruti. Il fit une seconde tentative, cohérente cette fois, mais le sourire de la jeune femme rendait cette entreprise assez compliquée pour le jeune Ténébreux.

- En fait non, pas vraiment, mais cela varie énormément d'une personne à l'autre. Je veux dire, bien sûr que l'absence de peur est un soulagement, mais après c'est une question d'habitude. C'est visiblement la première fois que vous expérimentez cette sensation, c'est normal que cela vous fasse un tel effet. Avec le temps, vous verrez que l'on est moins surpris.

Il s'interrompit un instant, le temps de tirer une bouffée sur sa cigarette. Il jeta un coup d'oeil par la fenêtre puis se tourna à nouveau vers elle et reprit, avec un sourire amusé:

- Ceci étant dit.. Techniquement, rien n'est impossible pour quelqu'un qui n'a pas peur. Néanmoins la façon la plus efficace de s'en débarrasser est encore de la surmonter par soi-même. A mon tour de poser les questions maintenant: êtes-vous encore effrayée à l'idée de vous trouver face à un représentant de la race des Ténébreux? demanda-t-il enfin, plus sérieux cette fois.

En parlant, il se rendit compte qu'il l'enviait, un peu. Lui qui était toujours si angoissé, mal à l'aise. Il savait qu'il ne contrôlait rien, et c'était déjà suffisamment terrifiant. Enfin, était-ce bien le moment de songer à tout cela? Il se redressa un peu dans son siège, regarda où en était sa cigarette et reporta à nouveau son regard vers Métis. Le spectacle de la jeune femme éblouissante de bien-être l'aidait à se sentir un peu mieux lui-même.


Dernière édition par Greynn Dheangst le Lun 3 Mar - 19:02, édité 1 fois
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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Mer 15 Mai - 14:36

L'euphorie et la fumée empêchait Metis de voir correctement le visage de son thérapeute. Non elle était bien trop concentrée sur elle-même et ce qu'elle ressentait à ce moment pour faire attention à ce qu'il se passait autour d'elle. Que voulez-vous, la jeune femme avait toujours été ainsi, auto-centré sur sa petite personne, se souciant rarement des autres et de leurs préoccupations. Et pourtant, si elle avait été plus attentive elle aurait certainement été fort étonné de la gêne que semblait ressentir le ténébreux à la fenêtre. Cela lui aurait certainement donné matière à réflexion si elle l'avait vu. Mais voilà elle ne le voyait pas pour le moment. Les yeux dans le vague et l'esprit embrumé par le vide que sa phobie avait laissé. Elle comprenait enfin pourquoi les ténébreux étaient si dangereux. Ils pouvaient faire peur, très peur, mais ce n'était pas cela qui les rendaient redoutable, non, c'était leur capacité à ôter la peur qui était vraiment dangereuse... A cette instant Metis n'avait plus peur des hommes, certes, mais gardait ses peurs naturelles intacts. Elle ne se serait risquée à se jeter par la fenêtre par exemple, craignait trop la douleur et les conséquences. Cependant, que ce serait-il passé si jamais le ténébreux avait supprimé la moindre forme d'angoisse chez elle ? Fait disparaitre les peurs les plus instinctives qui permettent d'empêcher l'homme de faire n'importe quoi ? Oui les ténébreux étaient vraiment dangereux.

Metis écouta attentivement les explications du ténébreux. Même si elle était instruite, la jeune femme n'était pas une spécialiste de toutes les espèces qui parcouraient ces terres. Bien informée sur les courants tels les humains et les hunts, son savoir devenait plus superficiel avec les espèces les plus exotiques, tel que les ténébreux, toujours très discret quand à leur pouvoir. Vivant reculé dans les montagnes, leur espèce avait plutôt mauvaise réputation. Après tout, personne n'ignorait leur mode de reproduction. En général c'était bien tout ce que savait les gens quand aux ténébreux, ils pouvaient vous faire mourir de peur et enlevaient les jeunes filles pour les épouser de force. Cette réputation n'était pas totalement fausse, mais pas tout à fait exact non plus. Cependant la princesse les avait toujours détesté en grande partie à cause de sa phobie. Néanmoins celui-ci semblait moins fourbe que les autres, la preuve, il était installé dans l'empire depuis quelque temps et n'avait enlevé personne à sa connaissance. De plus il n'avait supprimé que sa phobie et rien d'autre. Il semblait donc honnête, du moins sur cet affaire. Mais bon, c'était tout dans son intérêt après tout d'être honnête dans une pareille situation avec une personne comme elle....

"Je vois, je pense mieux comprendre la situation à présent. Ce phénomène n'est donc que passager..."

Ah ce moment précis il était difficile, même pour elle, de savoir si c'était de la déception ou du soulagement qui avait transpercé dans sa voix. Son côté logique était rassuré, cela ne serait pas ainsi à chaque fois, c'était temporaire et avec le temps elle apprendrait à mieux se contrôler. Cependant, elle était aussi déçu, d'une certaine façon elle aimait cette de légèreté et d'euphorie, c'était tout simplement fascinant, et si inhabituelle chez elle, toujours grave et froide.

"Non je n'ai pas peur de ce que vous êtes pour le moment." Metis sourit, un sourire franc et malicieux à la fois. "Mais je n'ai jamais dit que ce qui m'effrayait était les ténébreux". Et voilà ce qui arrivait quand débarrassé d'une phobie, on se sent soudain toute puissante... La princesse jouait à un jeu dangereux en disant quelque chose comme cela. Pour le moment aucun des deux n'avaient nommé à haute voix sa phobie. Même si la jeune femme était persuadée que le ténébreux avait compris ce qui la perturbait, elle jouait avec le feu en le provoquant ainsi. C'était parfaitement stupide de sa part, elle se savait. Mais en même c'était si amusant de se comporter ainsi, sans avoir à craindre les retomber d'une telle situation. D'une certaine façon c'était retomber en enfance, tout en jouant à quelque chose de bien dangereux que chat perché.

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Greynn Dheangst

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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Ven 23 Aoû - 20:47


- Très bien.

Greynn sourit. Réfléchissant à toute vitesse, il avait du mal à déterminer si elle essayait de le tester ou si elle avait dit cela sans y penser, mais si c'était un test, elle n'allait pas être déçue. Il haussa les sourcils et se racla brièvement la gorge, à nouveau.

- A vrai dire ma Dame, vous ne vous êtes pas beaucoup exprimée depuis votre arrivée. Mais maintenant que vous vous sentez mieux, vous allez avoir tout le loisir de m'expliquer ce qui vous a amenée ici.

Il lui jeta un regard brillant de malice, sans se départir de son sourire. Il savait très bien pourquoi elle était là et n'avait que trois mots à dire pour le lui démontrer, mais il ne voulait pas les prononcer. C'était elle qui s'était présentée à lui, c'était donc à elle de donner la raison de sa venue. Plus précisément : c'était à elle de nommer son problème. Il pouvait la soustraire temporairement à ses angoisses, mais ne pouvait faire le vrai travail à sa place.
C'est pourquoi il ne lui ferait pas le plaisir de jouer aux devinettes, ce qui avait pour conséquence de retourner la provocation de la jeune femme contre elle. Elle avait abordé le sujet la première et allait donc se voir contrainte de jouer le jeu, son jeu, jusqu'au bout et parler d'elle. S'ouvrir au parfait inconnu qui lui faisait face, l'observant posément, mais avec attention. Il tira à nouveau sur sa cigarette, lâchant un nuage de fumée dont les volutes dansèrent devant son visage avant de disparaître, emportées par une légère brise.

Un vent froid se levait avec le soir, tandis que les nuages ensanglantés rasaient lentement l'horizon. Un rayon de soleil mourant les transperça un instant pour éclairer le visage du jeune Ténébreux, accentuant la lueur de ses yeux fauves. Il ne s'en rendait pas compte, mais il fixait la jeune femme avec intensité. Il détaillait son visage, de la courbe de sa fine mâchoire au mouvement de ses cheveux, en passant par le doux rose de ses lèvres, et ses yeux brillants d'intelligence auxquels il revenait irrémédiablement, comme attiré par deux aimants. Il savourait pleinement cet instant, essayant d'imaginer la tournure que prendrait la conversation. Il espérait ardemment qu'elle joue le jeu jusqu'au bout, qu'elle lui livre tous ses tourments. Elle lui semblait être un oiseau en cage qu'il se devait de libérer. Si petite, si fine. Il aurait voulu reprendre sa main pour la rassurer. L'approcher. D'autre part, il était pétrifié par la crainte de briser sa confiance, l'harmonie fragile qui venait de voir le jour entre eux. Il devait garder ses distances, se contenter d'observer. Complètement absorbé par sa contemplation, il laissa la fin de sa cigarette se consumer dans sa main sans y prêter la moindre attention.
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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Mer 11 Sep - 16:42

Metis fut amusé par la réponse du ténébreux, elle avait l'impression de jouer à un jeu même si elle ne savait pas vraiment lequel. C'était à la fois exaltant et très intéressant. Vraiment elle n'avait jamais connu ça avant avec personne, que ce soit avec ses servantes, ses gardes sa soeur ou son frère. C'était vraiment étrange, étrange et agréable.
Alors que la petite impératrice allait ouvrir la bouche, un courant d'air froid la fit frissonner. La nuit commençait doucement à tomber doucement. Une fois la sensation passée la jeune femme releva la tête et remarqua que le jeune homme en face d'elle semblait la regarder... intensément. Sans savoir pourquoi elle baissa les yeux, se racla la gorge et détourna légèrement le regard tentant de faire passer l'étrange gène qui l'envahissait et le rouge qui lui montait légèrement aux joues. Elle avait pourtant l'habitude d'être dévisagée, c'était vraiment étrange. Elle n'arrivait pas à savoir si elle appréciait ou non d'être observé ainsi par ce quasi inconnu.

Une fois un peu plus calme la jeune femme pu enfin prendre la parole. Bien qu'elle tentait d'avoir l'air impérial comme à son habitude, sa voix ne fut pas aussi assuré qu'elle aurait pu l'être.


"J'imagine qu'il est temps en effet pour moi de parler, après tout c'est pour cela que je suis ici."

Petite pause, il fallait qu'elle reprenne ses esprits. Après tout elle n'avait plus peur, qu'est ce qui pouvait bien l'empêcher de parler ? La honte peut être ? Oui elle avait honte. Mais qui ne l'aurait pas été avec une phobie pareil. Prenant alors son courage à deux mains, Metis pu enfin dire à haute voix ce qui en temps normale elle n'aurait même pas oser chuchoter.

"Si je suis ici aujourd'hui c'est que mon quotidien est rongé par une terreur continuelle qui me poursuit sans cesse depuis mon enfance. Bien malgré moi et je ne sais pour quelle raison, je ne puis supporter la présence d'hommes à mes côtés."

La princesse prit une grande inspiration, elle l'avait dit. Enfin. C'était un immense soulagement. Un immense soulagement et une terrible angoisse qui n'arrivait pas. En temps normal cette angoisse l'aurait paralysé mais pour le moment elle ne ressentait rien. Etrangement et contrairement à ce qu'elle avait pu imaginer, les choses ne semblaient pas si dur. Certainement un effet secondaire du pouvoir du ténébreux.

"Pour être plus précise, les hommes m'effraient, au plus au point. Je ne puis avoir confiance en ces êtres violents. Seul mes frères trouvent grâce à mes yeux car je les sais inoffensif à mon égard. Mais les autres... Les hommes sont des animaux assujettis à des pulsions primaires et ce sont ces pulsions qui me terrorisent. On ne sait jamais quand ils finiront par y céder et comment..."

Voilà, que dire de plus ? Elle avait enfin pu exprimer ce qu'elle taisait depuis bien longtemps. Cela était agréable. Tout en savourant cette sensation la jeune femme laissa ses yeux balayer la pièce. Il commençait à faire sombre, il lui faudrait rentrer prochainement. Mais d'abords elle comptait terminer correctement cette première séance.
Soudain son regard tomba sur la cigarette de Greynn, toujours en train de se consumer dans sa main, l'homme n'aillait pas tirer de bouffer depuis quelques temps. Arquant un sourcil elle reprit la parole


"Excusez moi, mais vous devriez peut être jeter cette cigarette sinon vous allez vous bruler."

Il était rare de sa part d'être aussi aimable et de prévenir un homme d'un quelconque danger, mais en ce moment la situation était vraiment particulière, elle n'était définitivement pas elle-même. Néanmoins son égocentrisme lui n'avait pas été touché car à aucun moment la jeune femme ne se dit que son jugement envers les hommes pourrait éventuellement être blessant pour celui qui était censé la soigner.

HRP : désolée pour le retard...

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Greynn Dheangst

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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Lun 3 Mar - 19:16

- Hum oui, vous avez raison, fit distraitement le Ténébreux en jetant son mégot par la fenêtre, avant de la refermer.

Il marqua une pause, le temps de se repasser mentalement les mots de la jeune femme à propos de sa phobie. Bizarrement, il était très étonné du point de vue de cette dernière sur les hommes. Lui-même en était un, et il ne lui semblait absolument pas qu'il correspondait à cette description et il ne s'était jamais vraiment posé la question de savoir comment se comportaient les autres. Au mieux, il connaissait les Ténébreux. Or les Ténébreux n'obéissaient pas à des pulsions, mais à un code rigoureux (bien que son interprétation puisse mener à des comportements peu recommandables). Bon, au moins elle avait nommé son problème, ce qui était déjà un grand pas en avant. Restait à comprendre d'où venait cette terreur irrationnelle du mâle.
À bien y réfléchir, il avait peur de ne pas beaucoup aimer ce qu'il allait entendre. Il était très possible également qu'il n'entende pas parler de l'origine de cette phobie avant un bon nombre de séances, ce qui serait peut-être préférable.. Il demanda néanmoins :

- Hum, donc selon vous les hommes sont des bêtes fauves, dangereuses et imprévisibles.. Pourquoi?

Il s'apprêtait à poursuivre, mais il s'interrompit. Il avait envie de lui poser des centaines de questions à la fois, et il sentit qu'il agissait de manière trop brusque, et ce n'était pas bon. Il vaudrait mieux attendre un moment plus propice à chacune de ces questions. Il devait la laisser aller où elle voulait, parler de ce qui lui passerait par la tête et quand elle en aurait envie. Ne surtout pas la forcer trop vite à aborder des sujets épineux.

- Non, oubliez ma question, c'était idiot. Parlez-moi plutôt de vous, de votre famille.. Vous vous entendez bien avec vos frères?

Changer de sujet. Commencer par le commencement. La laisser s'approprier la séance, prendre le temps de se sentir à l'aise en parlant.. Le reste viendrait tout seul, en son temps. Rien ne pressait. Cela l'arrangeait un peu d'ailleurs, bien qu'il ne l'admettrait jamais : il pourrait passer des heures, des jours à l'écouter parler.. Et, pour son plus grand bonheur, elle parla. Pendant une bonne heure au moins, ce qui était déjà bien.

La séance achevée, il se sentit un peu vide. Il aurait voulu qu'elle ne s'arrête jamais.

Il avait dû une nouvelle fois se faire violence pour rester impassible lorsqu'était venu le moment de lui dire au revoir après avoir convenu d'une prochaine séance, en serrant sa main gracile, entouré de son doux parfum. Il avait sourit en murmurant, d'un air un peu gauche, quelque chose comme "A bientôt, ma Dame." Il ne se souvenait plus. Et puis elle s'en était allée, entourée de sa garde, plus altière que jamais. Après avoir fermé la porte derrière elles, il alla s'affaler dans son fauteuil en soupirant.
Il se sentait épuisé. Il resta là un moment, puis entama son précieux rituel : il sortit une bouteille de vieux bourbon d'un tiroir de son bureau, alla chercher un verre et revint à son bureau pour se servir, avant de rouler une cigarette qu'il alluma exactement après la première gorgée. Il fit alors son travail habituel, avec une exhaltation tout à fait inhabituelle cependant. Il se remémora avec fièvre toute la séance, depuis l'arrivée de la Dame dans sa demeure jusqu'au moment où les dernières traces de son parfum s'étaient dissipées après son départ, et que le temps avait lentement repris son cours. Chacun de ses gestes, chacun de ses mots, gravés avec une effrayante précision dans son esprit. Il avait cependant presque réussi à se convaincre qu'il n'éprouvait rien pour elle. Il s'était simplement laissé impressionner au premier abord, voilà tout.. Cela ne se reproduirait pas. Le refoulement était devenu un art chez le jeune Ténébreux, qu'il pratiquait en virtuose et avec, bien entendu, une totale inconscience. Son verre terminé, il entreprit de se remettre à ranger les livres toujours répandus par terre devant l'étagère, son esprit vagabondant encore. C'est le moment que choisit Lazare pour réapparaître, venant se frotter affectueusement contre ses jambes. Il le prit dans ses bras et le caressa doucement, bercé par son ronronnement sourd. Jetant un regard vague par la fenêtre, il murmura :

- Mon cher Lazare, voilà une bien étrange personne que cette Dame Adbreith.
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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De la visite . [ Pv Métis ]   Dim 9 Mar - 18:41

La sensation de légèreté était persistante et le plaisir qui l'accompagnait aussi. Ajouté à cela le soulagement d'avoir enfin parlé la rendait toute chose. Elle ne se sentait pas comme d'habitude, elle était, elle était, hum qu'elle était donc le mot ? Oh voilà, elle était détendu. Oui elle la princesse de glace, toujours sur ses gardes, était détendu en face d'un représentant de sa phobie. Les ténébreux étaient vraiment des créatures très dangereuses.... Et bien qu'elle n'avait pas peur de lui sûr le moment elle était bien consciente de son potentiel. Mais malgré toute son éducation politique elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir bien, heureuse et détendu. Un bonheur en tant que jeune femme ! Une horreur en tant que politicienne.

Lorsque que l'homme eu éteint sa cigarette il lui posa une question qui la plongea un instant dans une abysse d'interrogations. Elle ne savait pas, elle ne savait pas vraiment pourquoi elle considérait les hommes comme ça, il n'y avait aucunes raisons particulières, plutôt milles petites, des détails qui l'avaient marquée aux fils des années. Mais rien de traumatisant dans sa propre vie comme beaucoup pourrait penser en connaissant sa phobie, personne ne l'avait jamais agressé, touché ou quoi que ce soit. Et alors qu'elle allait répondre quelque chose d'un peu bancale le ténébreux décida de changer de question. C'est donc avec soulagement que la jeune femme put changer de sujet et aborder la relation avec sa famille.

La longue discussion qui suivit fut étrange pour Metis, qui se retenait tout en parlant beaucoup plus qu'à son habitude et dévoilant même certains choses qu'elle n'aurait pas dit en temps normal. Mais la combinaison de plusieurs éléments firent qu'elle réussit à s'épancher un peu sur elle et sa vision des choses. Bref, elle eu le droit à une vraie séance de psy, ce pourquoi elle était venu de toute façon.

Enfin il fut temps de partir, et après une telle proximité avec cet inconnu la jeune princesse ne su pas vraiment comment le saluer. C'est donc avec une certaine hauteur mais aussi une étrange gaucherie qu'elle remercia Greynn puis le quitta, entourée de sa garde et encore étrangement perturbée par l'expérience qu'elle avait vécu. Marchant la tête haute comme à son habitude, son esprit était ailleurs, tout occupé par ce qu'elle venait de vivre et tentant de se projeter dans l'avenir. Serait-ce ainsi à chaque fois ? Aussi chargé émotionnellement ? Ou avec le temps les choses se calmeraient-elles un peu ? Et surtout, le plus important, qu'allait-elle raconter à sa mère ?

RP terminé o/

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