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 Adren Mortes

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Adren Mortes

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Date d'inscription : 12/10/2013
Messages : 37

MessageSujet: Adren Mortes   Dim 13 Oct - 12:42

INFORMATIONS ESSENTIELLES


Nom : Mortes

Prénom : Adren

Sexe : Masculin

Age : 23 ans

Espèce : Humain

Groupe : Les Familles du Pays d'Or

Métier : Armurier (fabricant et vendeur d'armes à feu)

Domaine : Artisan

Rang : Artisan

Croyances : Il a écouté sa mère lui raconter la genèse, connait les différents dieux et leurs rôles. Mais contrairement à toutes les choses terre-à-terre qu'on lui a apprises, il a beaucoup de mal à se figurer ces mythes comme découlant d'une réalité avérée. Il considère ces histoires comme invérifiables, et pense qu'il n'y a aucune raison que les choses soient ainsi plutôt qu'autrement, parmi l'infinité des possibilités. On pourrait dire qu'il est agnostique, ou athée, sans aucune forme d'animosité envers les croyants et pratiquants.

Equipement : Adren est le propriétaire de son armurerie dans un village côtier du Sud du Royaume des Marath. Son habitation se trouve à l'étage de la bâtisse. Il possède des stocks de matériels et d'outils pour exercer son métier, ainsi que les armes qu'il vend. Ajoutons à cela sa garde robe convenable, ses quelques ouvrages d'ingénierie militaire et ses économies confortables, et on aura fait le tour.
Ah non ! Il a aussi fait l'acquisition d'un petit bijou d'ingéniosité, une montre de gousset, qu'il porte toujours sur lui.

Capacités : Adren est un bon tireur, de plus il connait ses armes mieux que quiconque, ce qui fait de lui quelqu'un de dangereux lorsqu'il a un pistolet entre les mains. Mis à part ceci, il ne sait pas particulièrement se battre et n'a jamais pratiqué (même par hasard) la magie.
Mais d'un point de vue intellectuel, c'est un garçon vif d'esprit et rigoureux, il n'a pas de mal à se représenter comment s'articulent les choses. Il a aussi la chance de bien comprendre ses semblables en général. Cela fait de lui quelqu'un qu'on gagne à écouter, et dont on peut apprécier les conseils.

Faiblesse : Il n'est qu'un homme, alors on pourrait dire qu'il est la faiblesse même ! Un bon coup sur le devant du crâne et on n'en parle plus.

Particularité : Rien qui n'aurait déjà été dit.


PHYSIONOMIE


Adren n'est pas un garçon très imposant à première vue. Vous aurez remarqué que j'utilise le mot "garçon" alors que la bête a quand même vingt-trois ans, c'est parce que physiquement il semble légèrement plus jeune. Pas très imposant nous disions, en effet il est d'une taille moyenne et d'une stature modeste, c'est un gars assez élancé.
Il a les cheveux encore très blonds, un blond pâle qui renforce l'impression enfantine qu'il dégage. Il les porte mi-longs, rarement coiffés autrement que par les aléas de la vie. Sa barbe n'est jamais parfaitement rasée, ni jamais très fournie, disons qu'il en a assez pour jouer au sympathique négligé, mais pas assez pour passer pour un barbare des collines.
Avec ça, il reste assez soigné d'un point de vue vestimentaire, il porte des habits adaptés à son rang social, même au travail. En général ça consiste en un ensemble peu coloré et relativement peu fantaisiste, une chemise blanche, un gilet de feutre gris, un pantalon noir et un manteau.
Notre jeune homme a un visage plutôt classique, le nez droit, une bouche, des dents plus propres que celles de ces nobles qui aiment à tuer le temps en fumant la pipe. Son sourire réservé et sincère lui donne un air rassurant. Dans un monde où il faut se méfier de tout, ça peut être apaisant d'avoir un ami comme lui.

Ah oui. Je vous ai dit qu'il n'était pas très imposant. À proprement parler c'est faux. Il y a quelque chose de dérangeant dans ses yeux. Ils sont d'un bleu-gris si pâle qu'il en est presque transparent, parfois rieurs, parfois compatissants. Mais il y a toujours quelque chose d’autre, quelque chose de profond, on y voit un vide incommensurable. On pourrait se perdre dedans, être happé dans un océan de tristesse et s'y noyer à jamais, tout en se sentant revivre à la fois, plus fort, plus grand.
Le regarder dans les yeux est si déstabilisant qu'en général on se souvient de lui, et on le laisse parler lorsqu'il a quelque chose à dire.


PSYCHOLOGIE


C'est un gamin plutôt bon vivant à la base. Il est très attaché aux gens, aime rire ou simplement parler avec eux, pour peu que ces derniers ne soient pas trop emmerdants ou mesquins. Il est curieux du monde qui l'entoure et fasciné par les beautés de l'existence. Ce serait parfaitement son genre d'aller se planter en haut d'une falaise en plein orage pour contempler le déchainement des éléments par exemple, et au passage ce serait l'occasion pour lui de voir si oui ou non il attire la foudre.

Mais malgré ça, ce n'est pas ce trait qui domine chez lui. Peut-être est-ce parce qu'il a croisé les mauvaises personnes, peut-être est-ce à cause de sa vision du monde, ou peut-être est-ce parce qu'il n'est pas fait pour être heureux. Toujours est-il qu'il évoque plutôt un homme déjà détruit malgré son jeune âge. Même s'il reste d'un caractère optimiste et déterminé, on sent une énorme tristesse en lui, des blessures qui ne guériront probablement jamais. Ce qui fait qu'il est toujours en équilibre sur un fil, entre un dépit total, se désintéressant de tout pour se protéger de lui même, et une volonté à en abattre des montagnes.
Une certaine violence couve en lui. Et à force de tirer sur la corde elle éclate parfois. En général sous une forme assez raffinée mais néanmoins tranchante. Un regard meurtrier, une réplique acerbe, un discours menaçant... Mais jusqu'ici il s'est toujours gardé de tuer qui que ce soit.

Il reste aussi relativement réservé, et quand on le connait bien on sait que ce n'est pas parce qu'il cache des choses, ou qu'il méprise les autres, mais bien parce qu'il aime la profondeur du silence. Elle permet d'apprécier la présence ou l'absence des autres à leur juste valeur. Le détachement est pour lui plus fort que les plus grandes envolées lyriques, il dit plus de choses, il tisse des liens plus profonds, plus beaux.

Et pour un voyageur qui ne le côtoierait que quelques instants, il évoque un homme au regard acéré, dont les pupilles seraient la clé pour déchiffrer tous les rouages du monde. Il évoque aussi un homme calme, honnête et prêt à venir en aide à quiconque en aurait besoin.


HISTOIRE


C'est en une froide journée d'hiver que notre ami commun vit le jour, fils d'un forgeron et d'une couturière. A priori tout s'annonçait bien pour lui, de jolis cheveux blonds, des yeux bleus envoûtants. Il n'y avait pas à s'en faire. Et la vie était paisible à Hastington, un village au bord de l'océan, dans le Royaume des Marath, presque à la frontière avec le Comté de Mortelune. Les bateaux marchands ne créaient presque jamais de troubles au port, les gens se connaissaient et s'appréciaient, et pour finir la vie était plutôt confortable, de bonnes récoltes, des artisans demandés et un climat doux.

Trois ans après sa naissance, naquit sa sœur Hannah, une gamine qui ne lui ressemblait pas énormément, les cheveux plus ternes et des yeux plus foncés. Elle se révéla rapidement comme une fille pleurnicharde et têtue, alors qu'Adren, lui, était plutôt la tête dans les étoiles et rieur.

En tant qu'artisans instruits, leurs parents firent eux-mêmes l'éducation de leurs deux enfants, leur apprirent à lire, à écrire, et essayèrent de les intéresser aux dieux, ainsi qu'à leurs métiers. Adren apprit très facilement l'art des lettres, contrairement à sa sœur qui eut pas mal de difficultés. Et inversement, Hannah s'intéressa aux fils et aux aiguilles, alors que le blondinet restait placide devant son père en train de rouer de coups un pauvre bout de métal qui ne lui avait rien fait.

Dans le village il n'y avait pas beaucoup d'enfants, seulement eux deux, une bande de garçons plus âgés qu'Adren, grossiers et au rire gras, un petit orphelin pâle de peau, et quelques autres plus discrets. Comme les autres garçons avaient pour principale occupation de se moquer des autres ou de les provoquer, il finit inévitablement par ne jouer qu'avec sa sœur. Et comme cette dernière n'était pas vraiment sur la même longueur d'onde, il finit par se lier d'amitié avec l'orphelin.

C'était un garçon étrange, les yeux décolorés, les cheveux tous noirs et la peau presque blanche. Il avait été adopté par une vieille nourrice du village, et manifestement il n'était pas à la hauteur de ce qu'elle attendait d'un fils, et réciproquement. Il était réservé et ne parlait pas énormément, mais Adren le voyait bien. Mis à part ça, c'était un peu la cible de la bande des plus grands, son physique peu banal attirait les remarques comme un aimant. Il n'y avait pas qu'eux d'ailleurs, même les adultes avaient une dent contre lui, à chaque fois que lui et Adren s'amusaient bien, qu'il arrivait un peu à s'échapper de cette prison qu'était son quotidien, une voix ou quelqu'un venait les casser ou les rabaisser. Parfois même on conseillait à Adren de s'éloigner d'un garçon comme lui, ce à quoi il leur répondait d'aller bien se faire foutre, avec ses mots à lui évidemment.

À mesure qu'ils grandissaient, les moqueries devenaient des insultes, les insultes devenaient des coups et des humiliations. Le petit orphelin se retrouvait avec une collection de cicatrices impressionnante pour un garçon de dix ans, dont personne ne connaissait le nom pourtant. Sa mère adoptive et Adren devaient être les seuls à savoir probablement, qu'il s'appelait Jirô. Tous les jours Adren le voyait avec les cicatrices que lui avaient laissées les garçons, les vêtements déchirés que lui avaient laissés ses tentative de fuite, les bleus qui lui avait laissés sa mère en voyant les habits, et les yeux bas que lui forçaient à garder les adultes. Il voulait le prendre dans ses bras et lui dire que tout s'arrangerait, mais il ne savait pas comment faire en sorte que les choses changent.



* * *


Ce jour là il pleuvait, Adren sortit retrouver son ami. Il avait onze ans et son visage pétillait de santé, ce qui n'était pas le cas de tout le monde. Il marcha le long de la grand-rue et déboucha sur des sentiers de terre battue, là où ils avaient l'habitude de jouer.

Il trouva Jirô par terre, le derrière dans la boue, entouré de huit garçons qui raillaient et poussaient des petits cris d'excitation. Il faut dire qu'affirmer sa domination sur un garçon plus jeune et plus petit que chacun des membres de sa bande est une expérience particulièrement édifiante et qui nous remplit d'une fierté toute particulière.

L'un des garçons avait une branche dont il se servait pour frapper le visage de l'orphelin, égratignant ses joues déjà rouges à chaque coup.

- "Alors blanc crème, tu réponds pas ?"

Bêla-t-il.

- "T'as pas d'amis, pas de famille, t'es qu'une merde, rampant à nos pieds dans la boue !"

Notre blondinet, à quelques pas de l'agitation, ne put même pas esquisser un sourire. Ses cheveux lui tombaient devant les yeux, il se baissa et saisit une grosse pierre dégoulinante de boue. Il s'avança vers la horde hurlante, bouscula deux d'entre eux, fit face à celui qui portait le bâton et lui abattit sa pierre de toutes ses forces dans le visage avant même qu'un seul d'entre eux ait pu saisir qu'il était là.

Le garçon s'étala dans la boue en hurlant, son nez était tordu et en sang.

- "Tu vas fermer ta gueule maintenant."

Lâcha Adren, d'une voix haineuse et tremblante de violence.

L'autre restait à se tordre sur le sol, le visage dans les mains, à crier et pleurer.

- "T'as aucune dignité, tu ne sais que t'en prendre un garçon qui ne répond pas à tes coups, et qui ne crie pas comme une fillette, contrairement à toi. Même ma sœur a plus de couilles."

Continua-t-il, la rage se lisait dans ses yeux. Jusqu'à ce qu'un des garçons de la bande lui assène un gros coup de poing dans le ventre qui le plia en deux et lui coupa la respiration. Les autres se mirent à crier et tous se ruèrent sur Adren, le rouant de coups, au sol, lui aussi.

Mais soudainement tous s'arrêtèrent, pétrifiés.
Jirô était debout, le visage dégoulinant d'eau, de sang et de boue, les yeux écarquillés.

- "Lâchez-le ou je vous tue tous."

Articula-t-il sur un ton monocorde.
Tous tremblèrent, et se mirent à courir, sans se préoccuper de leurs camarades, une peur irrépréhensible au ventre. Leur meneur lui, rampait dans la boue, en avalant plus qu'il n'avançait réellement, il gémissait de douleur et de terreur. Puis il se mit à paniquer totalement, à délirer, convulser et finit par ne plus bouger du tout.

Jirô tendit la main à son seul ami, l'aida à se relever. Et ils s'en allèrent vers leur grand rocher, le corps douloureux et sale, sans dire un mot. Ils s'assirent dos à dos et regardèrent la pluie s'abattre sur les étendues grises devant leurs yeux. Jirô respirait profondément, Adren pleurait presque autant que le ciel. En silence.



* * *



À partir de cet après-midi là, tout s'enchaina très vite. Le garçon qu'avait frappé Adren s'était évanoui de peur puis noyé dans la boue. Les autres de sa bande avaient naturellement tout raconté, sous une version tournée bien à leur façon, disant que l'orphelin les avait attaqués sans raison et avait tué leur ami avec des pouvoirs surnaturels. Leurs parents n'eurent aucun mal à se ranger de leur côté. Criant sur tous les toits à quel point l'orphelin dont ils ignoraient le nom était un danger pour leurs enfants sains. Ils le disaient diabolique, maléfique, démoniaque, et la graine de tous les malheurs du monde. Et quand les gens mitigés venaient en parler à le seule personne qui le connaissait vraiment, Adren, ce dernier répondait qu'il n'était qu'un enfant qui voudrait juste avoir le droit de vivre convenablement.

Le gouverneur, un homme d'influence, manipulateur et prompt à rabaisser autrui, était le père d'un des garçons de la bande, et les évènements vinrent naturellement jusqu'à ses oreilles. Une semaine après l'incident, il convoqua une assemblée exceptionnelle du village entier sur la grand-place.



* * *



Les villageois formaient une foule compacte devant l'hôtel de ville, tous étaient venus, sous la douce brise de la soirée. Le gouverneur se tenait devant eux sur l'estrade, des froufrous au bas des manches, un foulard de dentelle, une perruque blanche et un ventre un peu trop gros. Il demanda le silence de la main, attendit quelques instants et commença son discours.

- "Mes chers sujets, si je vous ai convoqués aujourd'hui c'est pour vous parler d'un incident dramatique qui s'est produit la semaine passée dans notre village. Le fils aîné de monsieur et madame Cornell a été assassiné. Je tiens à leur présenter mes plus sincères condoléances. Je vous prierai d'observer une minute de silence pour commémorer tous ensemble."

Pendant cette minute qui lui sembla une éternité, Adren chercha son ami des yeux, mais ne put le trouver.

Le gouverneur reprit.

- "Merci.
Nous souffrons avec vous, mes amis.
Mais maintenant, il nous faut prendre une décision à propos de l'assassin. Il s'agit de l'orphelin, euh."

Un homme à sa droite lui souffla quelque chose tout bas, et le gouverneur continua comme si de rien n'était.

- "L'orphelin dénommé Jirô, fils adoptif de madame Fanden."

Des voix dans la foule scandaient des menaces de mort, des injures et le traitaient de démon. Alors qu'Adren luttait pour ne pas exploser sur place.

*Pourquoi lui ? Pourquoi toujours lui et seulement lui ?*

Sa rage en était arrivée à ne plus pouvoir se déceler sur son visage, tant il était accablé.

La voix du gouverneur insistait, plus forte.

- "Ce garçon est dangereux, il est de la race des démons ! De ceux qui enlèvent nos femmes la nuit, et qui tuent nos enfants le jour. Nous ne pouvons rester sans rien faire devant ses yeux gris diaboliques ! Il est venu le temps pour nous de voter si oui ou non nous allons le condamner à mort."

Des cris de guerre émanèrent de la foule.

*Vous allez mettre un enfant à mort, et c'est ça le sentiment qui coule dans vos veines ? La fierté ? Un engouement guerrier ?*

- "Vous vous tenez tous au centre de la place. Ceux qui votent en faveur de la condamnation à mort se rangeront à ma droite, près de la fontaine, ceux qui s'y opposent se rangeront à ma gauche, sur le trottoir."

Déclara-t-il en se dirigeant lui même, la tête haute, vers la fontaine. Les parents aux visages avides de vengeance se ruèrent sans discrétion à la suite du gouverneur.

Une voix dans la foule demanda un vote secret pour plus d'équité, ce à quoi le gouverneur répondit sèchement et hypocritement qu'il fallait assumer ses choix dans la vie.

Lentement alors, la foule au milieu de la place se vida, au même rythme avec lequel la fontaine se peupla. C'est alors qu'Adren put enfin apercevoir Jirô, les yeux baissés par terre, seul sur le trottoir à gauche. Il eut énormément de mal à retenir ses larmes mais il y parvint. Son cœur battait si vite qu'il sentait ses tempes sursauter sous la pression du sang.

Il était perdu là, le regard dans le vague. Il était le dernier qu'on attendait, le dernier au milieu de la place. Sur le trottoir, son ami était encore tout seul, les yeux rivés sur ses sandales trouées.

Adren se tourna vers la foule, accumulée à la fontaine, les inspecta un long moment, complètement absent et en état de choc.

Puis leur tourna le dos.

Et marcha vers son ami.

Arrivé à sa hauteur ils se prirent dans les bras et éclatèrent en sanglot.

Par dessus l'épaule de Jirô, il regardait les villageois à travers ses yeux bleus pleins de larmes. Il était le seul à soutenir l'orphelin, il n'était qu'un enfant, et pourtant ce n'était pas lui qui détournait les yeux de honte, ou qui tremblait en culpabilisant du choix qu'il faisait.

Et alors, alors qu'Adren commençait à voir perler des larmes sur les visages de plusieurs adultes, dont ses propres parents, Jirô lui dit doucement.

- "Il ne faut pas les haïr... Ils ont des enfants, une famille, des gens qu'ils aiment. Et je ne leur souhaite pas de vivre ce que j'ai vécu."



* * *



La pendaison fut prévue trois jours plus tard, à la potence de cette même grand-place. Malgré les réticences virulentes de ses parents, Adren réussit à obtenir d'aller y assister.

Il ne voulait pas fuir la réalité, la laideur du monde.
Il voulait dire au revoir à son ami.
Et surtout, il ne voulait pas le laisser mourir seul.



* * *



Devant la potence il n'y avait presque aucun villageois neutre, ils avaient évité soigneusement d'assister à une scène si dérangeante.

Le gouverneur s'avança, toujours avec sa stature et ses manières précieuses, au devant du petit rassemblement. Il prononça la condamnation avec sévérité, et une pointe de satisfaction. Ce qui ne manqua pas de donner envie à Adren de lui enfoncer le crâne avec un marteau.

On fit avancer le condamné, tout petit, chaines aux poignets et aux chevilles. On posta un fusiller devant la potence pour s'assurer qu'il n'essaie pas de s'enfuir et on lui fit monter les marches lentement, les chaines pesaient presque plus lourd que lui.

Adren échappa à la poigne de sa mère et se faufila jusque devant la foule. Il les regardait, ces hommes d'armes, s'y prendre à dix pour pendre un enfant, pour pendre son ami qui n'avait jamais voulu le moindre mal à personne. Ses yeux bleus transparents débordaient de haine et ne manquaient pas de poignarder qui y plongeait les siens. Il bouillait de violence, de rage et de tristesse.

Mais Jirô, lui, montait avec sérénité, sans broncher, sans peur, avec une dignité inébranlable.

Ils lui enlevèrent ses fers, le firent monter sur le tabouret. Adren sentait son cœur se contracter à lui en broyer les côtes, sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration chaotique.

Ils lui passèrent la corde autour du cou, et les regards des deux amis se croisèrent. Adren ouvrit grand les yeux, desquels perlaient de grands traits. Dans ces puits bleus pâle on pouvait lire :

"Je ne t'oublierai jamais. Merci pour tout, mon ami, merci d'avoir existé. Je ne t'oublierai jamais."

Le bourreau poussa le tabouret. Et Adren ne put contenir son chagrin plus longtemps. Il se prit la tête dans les mains, ferma les yeux fort. Sa bouche se tordait, en silence.

Au bout de la corde, Jirô ne bougeait pas, il avait les yeux clos, le visage à peine rougi. Comme s'il attendait la mort avec sérénité. Le bourreau n'en put plus et le gifla en hurlant.

- "Arrête de faire comme si tu étais tellement meilleur que nous, sale merde !"

Dans la tête d'Adren il y eut un déferlement de violence qui aurait réduit au silence n'importe quel homme. Il écarquilla les yeux derrière ses doigts crispés, le visage toujours tourné vers le sol, se demandant si ce qu'il venait d'entendre était réellement arrivé.

Il releva lentement la tête, les yeux fous, se rua dans l'escalier de la potence et en un éclair rentra dans le bourreau de toutes ses forces. Ce qui le fit trébucher et tomber du haut de l'estrade. Il y eut un vent de stupéfaction dans la foule, alors que le blondinet avait sauté à pieds joints sur l'homme au bas de la potence, frappant son visage de ses poings du plus fort qu'il le pouvait dans des grognements de rage.

Les gardes eurent vite fait de se saisir du garçon, et de le rouer de coups de pied, dans la frustration que leur inspirait ce démon qui ne souffrait pas.

C'est alors que Gareth Mortes, le père d'Adren, se mit à courir vers son fils, bousculant tout le monde, envoyant valser le gouverneur sur les pavés. En un instant il fut à la hauteur des gardes qui battaient son enfant, il en saisit un par les épaules, et l'envoya à terre. Puis l'un d'entre eux asséna un coup de talon dans le visage du petit blond, ce qui fit sortir le père de ses gonds. Il dégaina le sabre du garde qui se trouvait à sa gauche et l'enfila dans le ventre de celui qui venait d'oser un tel geste. La panique et la colère éclata de toutes parts.

On pouvait voir le gouverneur se relever difficilement de sa chute en se frottant le bras, hurler :

- "À MORT ! PENDEZ CE VAURIEN AVEC LE DÉMON !"

La peur s'empara de Gareth, le brave forgeron, alors que les gardes le saisissaient par les bras et les jambes, avec l'aide du bourreau qui avait repris ses esprits. Ils l'emmenèrent sans trainer sur la potence. La foule commença à paniquer réellement, la mère et la fille Mortes se mirent à hurler. Le petit Adren se releva le visage meurtri pour entrevoir le gouverneur hors de lui en train d'aboyer :

- "GARETH MORTES, JE VOUS CONDAMNE À MORT, POUR MEURTRE, COMPORTEMENT INACCEPTABLE ET IRRESPECTEUX, TROUBLE À L'ORDRE PUBLIC, INCITATION À LA RÉVOLTE, ET DÉMONISME !"

Il se sentit défaillir mais se mit à courir, avant d'être intercepté par d'autres gardes qui le tinrent bien fort. L'enfant se débattait mais en vain. À présent c'était son père qui allait être pendu sous ses yeux, par sa faute, et sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit pour empêcher ça.

Arrivés devant la potence, le bourreau ordonna de balancer le cadavre de l'orphelin pour libérer la corde. Un garde s'exécuta, saisit violemment le garçon par la mâchoire et tira sur la corde brusquement pour la desserrer. Jirô s'écrasa sur le plancher dans un bruit sourd.

Adren hurla.

Le garde se saisit du corps de l'orphelin et le jeta au bas de la potence comme un vulgaire déchet.

Adren sentait le goût du sang dans sa gorge tant il hurlait.

Le père se débattait autant qu'il pouvait, mais il se rapprochait irrémédiablement de la corde, on la lui passa autour du cou avec empressement. Voyant qu'il n'y échapperait pas, il se calma. Et le gouverneur sifflait entre ses dents :  

- "Encore pour ton fils j'ai fermé les yeux, c'est juste un sale gosse sans un sou d'éducation, mais on ne peut pas tolérer un tel comportement venant d'un adulte !"

Ne l'écoutant pas, le forgeron parlait tout bas. Sur ses lèvres on pouvait lire :

- "Au revoir Marianne. Tu as été une épouse formidable. Je t'aime...
Au revoir Hannah, tu auras été le soleil de mon existence, ma fille...
Au revoir Adren, je suis... Et je serai toujours fier de toi, mon fils."

Le bourreau poussa le tabouret.

La corde se serra, le visage de l'homme vira au pourpre. Les yeux vitreux et déments, cherchant de l'air. Gigotant comme un poisson abandonné sur la berge, il était ridicule.

Et les cris des Mortes déchiraient le ciel, déchiraient les nuages.
Adren toussa du sang .
Puis reçut un coup de matraque sur le crâne. Pour qu'il se taise.



* * *



La mère, le frère et la sœur étaient rentrés chez eux éteints. Accablés et meurtris, aussi bien physiquement que mentalement en ce qui concernait Adren.

Le lendemain matin quatre gardes vinrent à leur porte. Par ordre du gouverneur, Adren serait envoyé apprendre la discipline dans l'illustre école militaire de Caerwyn. L'homme avait beaucoup de contacts, et un navire marchand levait l'encre pour Achaladh justement ce jour là. Les protestations et les pleurs d'une mère à bout n'eurent aucun effet.

C'est ainsi que notre petit blondinet embarqua pour un voyage de deux mois sur les mers, jusqu'à cet Empire dont on lui avait tant parlé. Il n'eut même pas la force de résister, il avait perdu toute volonté. Le monde avait perdu toute couleur à ses yeux, il était anéanti.

À bord il ne mangeait presque pas, constamment recroquevillé sur lui même, au fond de la cale. L'envie lui prit plusieurs fois de sauter dans l'océan, et de se laisser couler jusque là où même la lumière ne s'aventure pas, se laisser mourir lentement.

Il lui fallut un mois et demi de souffrance morale, à genoux devant la violence de la vie, pour enfin se redresser sur ses pieds. Monter sur le pont, sentir le vent souffler dans ses cheveux, regarder l'océan s'étendre jusqu'à la fine ligne que tissait l'horizon. Il se releva. Avec une forte envie de se battre.

Un soir on put l'entendre jurer.
Jurer devant l'océan.
Jurer devant tout ce qui était sacré.
Jurer devant tout ce qui était cher à son coeur.
Jurer devant tout ce qui était réel.
Jurer devant tout ce qui était imaginaire.
Jurer qu'un jour, il réduirait à néant le gouverneur Barnell, et tous ceux qui s'étaient moqués de son ami.

À partir de ce jour il se sentit respirer de nouveau.

Retrouver la terre ferme lui fit un effet étrange après tout ce temps passé en mer. Il n'eut pas l'occasion de découvrir la ville d'Achaladh, car on le fit aussitôt monter dans une carriole, rattachée à un convoi se dirigeant vers Caerwyn.

Le voyage fut des plus inconfortables et dura une grosse semaine à cause de la taille du convoi. Adren n'y croyait plus mais ils finirent par arriver jusqu'à cette fameuse capitale de l'Empire. Elle était aussi immense et sublime que ce qu'en disaient les livres. Mais à nouveau, on le pressa jusque dans une cour sombre, puis des dortoirs lugubres peuplés d'autres enfants. Le genre d'enfants qu'il comparait sans scrupule à celui qu'ils avaient tué avec Jirô. Du haut de ses onze ans il devait être l'un des plus jeunes.

À peine arrivé, des instructeurs lui hurlèrent des ordres, et des garçons raillèrent ses cheveux blonds. On se levait, on faisait son lit, on courrait en rond, on se prenait des baffes, on se faisait crier dessus, Adren eut vite fait le tour de l'inestimable apport intellectuel que pourrait lui fournir un tel endroit.

C'est pourquoi deux jours après son arrivée il s'enfuit. Tout simplement. Son ingéniosité le fit passer outre la surveillance sans aucun mal. Et il se retrouva à déambuler et dormir dans les rues. Il était très fier de son coup.

Il passa probablement une semaine à errer, manger des déchets et boire l'eau de pluie avant de passer devant cette armurerie. Cette armurerie qui allait devenir sa vie.



* * *



Dans la vitrine on pouvait voir des fusils aux crosses finement ciselées, des pistolets à silex dont le chien représentait une tête de dragon, divers mécanismes et autres boites remplies de petites billes de plomb.

Adren écarquilla des yeux émerveillés et resta plusieurs instants à détailler l'ingéniosité des assemblages, la minutie des sculptures et l'élégance des proportions. Il avait rarement été aussi fasciné par ce que la main de l'homme pouvait engendrer. Il voulut en voir davantage, de plus près. Il s'empressa vers la porte, la poussa dans un petit bruit de clochettes.

Dans le magasin s'étalaient plusieurs présentoirs sur lesquels étaient disposés des lignes d'armes à feu. Certaines plus simples, sans fioritures, d'autres travaillées comme des bijoux. Et alors qu'il était sur la pointe des pieds, le nez sur un fusil particulièrement magnifique, une voix résonna depuis le comptoir.

- "Tu veux le prendre dans tes mains, petit ?"

Le vieil armurier arborait un sourire plein de gentillesse. Et même s'il savait que ce petit garçon sale n'avait absolument aucune chance d'avoir de quoi acheter ne serait-ce qu'une dose de poudre, il tenait à contenter son air curieux. Et se sentait touché qu'on accorde tant d'admiration pour son travail.

Absorbé et ne s'attendant pas à être observé, Adren sursauta, se tourna vers le vieil homme. Des cheveux blancs, une stature bien conservée si on la comparait à la profondeur de ses rides, et une impression de bienveillance. Il bafouilla.

- "Ou... Oui !"

L'armurier eut un petit rire de grand père, puis s'approcha du garçon, décrocha le fusil de son présentoir et le tendit au bonhomme.

Adren était émerveillé, posa une main sur la crosse, l'autre sous le canon. Lorsque le vieillard lâcha l'arme, il fut très surpris de son poids et dut forcer pour ne pas la laisser tomber au sol.

- "Mon papa m'avait expliqué comment ça marche. Quand on appuie là, le chien bascule, provoque une étincelle qui enflamme la poudre, et ça propulse la balle."

N'entendant aucune réaction, le blondinet tourna la tête vers l'armurier et demanda tout penaud.

- "Non ?"

Il sourit et répondit lentement.

- "Si, c'est ça. Puis-je te demander qui est ton père ?"

- "Papa est mort..."

Le visage du vieil homme se décomposa.

- "Il s'appelait Gareth, le forgeron de Hastington."

- "Un forgeron hein ? Braves hommes que les forgerons !"

- "Oui, il fabriquait des clous, des boulons et pleins d'outils !"

L'armurier sourit de nouveau, en plissant les yeux.

- "Hastington... Tu es bien loin de chez toi mon garçon..."

Son expression rebascula vers un sérieux froid.

- "Ne serait-ce pas toi le petit blond qui s'est échappé de l'école militaire et après qui la garde court partout ?"

Adren trembla, se sentit découvert et tenta d'articuler dans l'empressement, d'une voix mal assurée.

- "S... Non. Ce n'est pas moi."

Le vieillard rit. Ebouriffa les cheveux du gamin en s'en retourna vers le comptoir chercher un tabouret, qu'il vint poser devant l'enfant, puis enfin s'assit dessus.

- "Je me fais vieux tu sais."

Reprit-il, alors qu'Adren était toujours planté là, son fusil à la main.

- "Je n'ai personne pour me seconder dans mon travail."

Le petit le regardait, sans trop comprendre, puis la suite vint lui péter à la gueule comme un boulet de canon.

- "Ça te dirait pas de devenir mon apprenti des fois ?"

Il y eut un silence de plomb.

- "Je pourrais t'apprendre mon métier. Tu pourrais dormir ici, manger à ta faim. Et même m'appeler 'vieux machin' si tu veux. J'suis sûr qu'on est faits pour s'entendre toi et moi !"

Le vieil homme essayait de rendre la proposition un peu comique, comme il voyait que les larmes montaient aux yeux du gamin.



* * *



C'est ainsi que notre jeune tête blonde devint apprenti du renommé armurier Ygrim de Caerwyn. Au début il lui confia des tâches très simples, comme lui apporter les outils, moules et diverses pièces, tout en lui expliquant ce qu'il faisait, et ce à quoi servait chaque chose. D'ailleurs, Adren devançait souvent ses explications, au point que ça en devenait un jeu pour eux, Adren devait deviner, Ygrim devait lui poser une colle.

Ils tenaient une feuille de scores, et on peut dire qu'il était coriace le gosse, c'était pas tous les jours que le vieux pouvait se rajouter un point.



* * *



- "Adren ! Viens par là gamin !"

Appela le vieil homme, une plume et un carnet à la main.

- "Vas-y, écris ton nom là ! Non pas, là, et plus grand. C'est le titre..."



* * *



Petit à petit Ygrim confia des tâches de fabrication à son apprenti, étonné de voir que sa minutie égalait facilement sa vivacité d'esprit. Il se surprenait souvent à angoisser, que ce gamin devienne un meilleur armurier que lui d'ici deux petites années. Une angoisse qui était en réalité une réelle joie mêlée d'émerveillement.



* * *



Cette matinée là, Adren avait reçu la mission de briquer les canons de tous les vieux fusils de la grande vitrine. Il s'affairait alors au milieu de la boutique, quand un homme à l'allure noble poussa la porte. Il dévisagea l'enfant et s'exclama aussitôt.

- "Allez nabot, on se lève et on va chercher l'armurier !"

Notre blondinet le regarda d'un air blasé, et entendant les pas d'Ygrim derrière le comptoir, détourna les yeux et se remit à son ouvrage, ignorant totalement l'homme.

Ygrim, lui, le toisait du regard depuis l'autre bout de la boutique. Le visiteur prit la parole, d'une voix hautaine.

- "Faites éduquer..."

Ygrim lui coupa la parole, violemment.

- "Va te faire foutre petit merdeux. Apprends le respect toi même avant d'attendre quoi que ce soit des autres. Maintenant tu as intérêt de ne pas dire un mot plus haut que l'autre si tu ne veux pas que je te botte le cul hors de ma boutique. Dis-moi ce que tu fous là, et vite."

Abasourdi, l'homme bafouilla.

- "Je suis Herman Jeffrey, le coordinateur en chef de l'école militaire, vous devriez me considérer avec plus de respect, armurier !"

- "Et ta mère aurait dû t'apprendre à ne pas prendre les inconnus pour tes esclaves, tant qu'on y est !"

Herman bouillait de rage, tout rouge il en vint aux faits.

- "Ce gosse est l'enfant qui s'est échappé de l'école il y a deux semaines !"

L'armurier lui lança un regard de haine, outré.

- "Pardon ?! Tu te fous de moi ?! C'est mon petit fils, et apprenti ! Simon ! Maintenant dégage d'ici avant que je ne rompe tous les contrats avec votre école, et que je placarde ta sale tête de malappris sur le panneau des interdits à vie dans ma boutique ! Tu viens là, tu fais le beau, tu insultes mon petit fils, dégage ! Et que j'revoie plus ta gueule sans une lettre d'excuses !"

Assommé et ne sachant pas quoi penser, l'homme sortit du magasin et claqua la porte, le dépit dans l'âme.

Adren tourna des yeux stupéfaits vers son maître.

- "Oh tais-toi, toi !"

Fit le vieil homme dans un éclat de rire.



* * *



Bientôt les armes à feu n'eurent plus aucun secret pour notre ami, qui grandissait à leurs côtés. Les deux hommes avaient énormément d'admiration l'un pour l'autre, et leur collaboration était extrêmement bénéfique pour chacun d'eux. Ygrim se félicitait chaque matin d'avoir embauché ce garnement.

Ils apprirent aussi à se connaitre. Ygrim avait perdu sa femme en couche. Il n'avait pas eu d'enfants et avait dû vivre seul une longue partie de sa vie. C'était probablement pour ça qu'il était un armurier si reconnu et un sculpteur excellent. Son travail était devenu sa vie.

Le vieil homme eut beaucoup de peine en apprenant l'histoire de son apprenti, compatissant et révolté.

Arrivé à ses seize ans, Adren devint un véritable armurier, il avait rattrapé son maître sur le point de vue théorique, le surpassait largement en ingéniosité et en énergie. Mais restait encore loin derrière en ce qui concernait l'habileté pratique et les talents de sculpture. Il savait assembler les différentes pièces, le canon, la batterie, le chien et la gâchette, savait les couler dans les moules de fonte. Il savait rouler les cartouches de papier, y doser la poudre. Mais définitivement, ses crosses n'étaient pas aussi belles que celles d'Ygrim. Il faut dire que le vieux bougre faisait un travail époustouflant.



* * *



Tous deux dinaient autour de la table de l'arrière boutique.

- "Tu sais Adren, il faudrait que tu rentres chez toi avant que ta mère ne décède."

Il marqua une pause.

- "J'te jure que si elle flanche avant d'avoir pu revoir son fils, j'te coure après jusqu'au confins de la terre s'il le faut pour te botter ton cul d'ingrat."

L'air moqueur, Adren répliqua.

- "T'inquiètes pas, tu seras canné bien avant elle, vieux machin !"

Le visage d'Ygrim devint rouge de colère, comme s'il avait avalé un piment entier. Il se leva brusquement, fit basculer son tabouret en arrière et frappa un grand coup de poing sur la table, avant de s'écrier.

- "C'EST FORT PROBABLE !"

Et ils éclatèrent de rire, à en pleurer comme deux gamins.



* * *



D'un point de vue financier, le métier d'armurier était très lucratif, ils vendaient leurs armes à prix d'or, alors que le matériel ne leur coûtait presque rien. Leur plus gros investissement c'était le temps qu'ils passaient à travailler. Mais pour des passionnés comme eux, c'était un réel plaisir.

Comme Adren arrivait à un âge avancé, Ygrim lui laissait beaucoup plus d'indépendance, le laissait sortir le soir, lui reversait l'argent issu des ventes des armes fabriquées par l'apprenti. On peut dire qu'à partir de l'âge de seize ans, jusqu'à vingt-et-un, ils passèrent cinq années sur un rythme de croisière. Adren continuait de s'améliorer, peinait toujours autant à égaler les sculptures d'Ygrim. Et Ygrim quand à lui travaillait de plus en plus lentement, mais sereinement grâce à l'aide du blondinet.



* * *



Aujourd'hui Ygrim s'était mis en tête de montrer la dernière chose qu'il lui restait à montrer à son apprenti. Il l'emmena dans l'arrière cour, lui demanda de choisir un des pistolets. Il allait lui apprendre à tirer.

Il se plaça à quelques mètres d'une cible de bois en mauvais état, se mit de profil, les jambes légèrement écartées. Adren lui tendit l'arme. Le vieil homme sortit une cartouche de papier de sa poche, l'enfila dans le canon. La bourra avec la baguette, qu'il renfila aussitôt sous le canon.

Il tendit le bras droit à l'horizontale, aligna la cible, le canon et son œil. Adren ne perdait pas une miette de sa gestuelle.

- "Et là... Là, en cet instant, tu réalises qu'un homme n'est rien. Peu importe sa classe, peu importe sa condition..."

Son visage était dur.

- "Peu importe le nombre de ses amis, la portée de son bras, ses contacts, ses titres, la crainte qu'il inspire..."

Il prit une grande respiration.

- "Tu appuies sur cette gâchette et il cesse d'exister."

Ce qu'il fit, la détonation fut plus forte que ce à quoi s'attendait Adren. La fumée blanche sortit du canon, et la cible en bois en prit un coup.

Le jeune homme ne pouvait se convaincre qu'Ygrim avait dit tout ça par hasard.



* * *



Ce furent des années paisibles et presque normales dans la vie d'Adren. Avec sa bourse bien garnie il pouvait inviter des jeunes femmes au bal et au restaurant, luxe habituellement réservé aux nobles et aux grands bougeois. D'ailleurs ses jolis yeux bleus avaient un certain succès. Un jour il s'offrit aussi le privilège de s'acheter une montre de gousset. Une petite lubie, fasciné par ce travail d'engrenages si minutieux, et très amusé de pouvoir connaitre l'heure exacte à tout moment de la journée en tirant simplement sur la chaîne d'argent qui sortait de la poche de son veston. Une toute petite lubie au très gros prix de quatre mois de travail.

Mais vint une époque un peu trouble. La politique de l'Empire dévia et accorda énormément d'importance aux secteurs militaires, et en particulier à la construction de navires et de canons, suite à la découverte d'une île regorgeant de trésors. Que, bien évidemment, tout le monde se disputait. D'où la nécessité d'être mieux armé que son voisin.

Les impôts eurent beau augmenter violemment, toujours plus de jour en jour, nos deux associés purent toujours subvenir à leurs besoins. Leurs clients, nobles et militaires, ne souffraient pas des conditions difficiles, et peut-être même au contraire. Et avec l'argent qu'ils rentraient, les impôts ne changèrent pas radicalement leur situation.

Par contre, beaucoup de métiers plus fondamentaux furent gravement touchés, comme les paysans. Rapidement des mouvements de mécontentement éclatèrent partout dans l'Empire. La capitale où résidait la famille Adhbreith ne fut pas épargnée, au contraire, elle était même plutôt la cible. Et un climat d'insécurité se développa.



* * *



Adren venait d'avoir vingt-deux ans cet hiver. Aujourd'hui  Ygrim était parti négocier avec un nouveau fournisseur de cylindres métalliques dans un quartier voisin.

La tension dans la ville était particulièrement à son comble, des émeutes éclataient un peu partout, et on pouvait entendre des échanges de tirs entre manifestants et gardes dans une artère commerçante entre l'armurerie et là où devait se rendre le vieil artisan.

Lors de cette entrevue, il dût faire face à un homme assez pressé et sec. Négocier des prix de gros avec ce genre d'hommes est toujours à la fois difficile, car à tout moment ils pouvaient tout envoyer valser, et à la fois profitable si on s'y prenait bien, car à tout moment il pouvait leur prendre l'envie d'accepter une proposition en leur défaveur, tant ils étaient pressés d'en avoir fini. Mais celui là était plutôt de la première catégorie. Il n'avait manifestement pas envie de parlementer avec un vieillard et expédiait les accords assez brusquement, malgré l'expérience du vieil homme. La discussion se termina par un contrat assez raide pour l'armurier, mais néanmoins presque honnête.

Ygrim ressortit de là avec la tête farcie. Il traversa la place marchande, prit une ruelle pavée sur sa gauche, qui débouchait sur la fontaine. L'air frais de cette fin d'hiver lui calmait l'esprit, balayait les crampes au cerveau que lui avait données l'autre entêté.

À la fontaine il bifurqua vers une autre ruelle, perpendiculaire à celle par laquelle il venait. Il passa devant un temple et entendit quelques coups de feu derrière le pâté de maisons. Son cœur se mit à battre plus vite, il s'engouffra dans une autre ruelle et traversa la rue marchande à toute vitesse, se faisant tout petit. Il avait évité la zone dangereuse à présent, il se sentit mieux, mais garda une allure soutenue.

En débouchant sur une autre place, il entendit une détonation.

Il sentit un courant glacé l'envahir, alors que son sang chaud coulait au dehors. Il venait de recevoir une balle perdue dans le dos.

Sa main se crispa sur sa poitrine, il tomba à genoux, serrant les dents. Le visage vers le ciel, il serra les paupières, desquelles coulèrent des larmes. Une expression de douleur intense sur son visage. Il respirait fort, la panique s'emparait de lui. Et plus il respirait fort, plus il avait mal, et donc du mal à respirer. En manque d'air il forçait sa cage thoracique, paniqué. C'était comme si on lui enfonçait un nouveau couteau dans le poumon à chaque fois qu'il inspirait.

Le vieil homme ne voulait pas mourir ici, pas comme ça.

Il se releva avec une difficulté sans pareille, puis marcha, tituba. Le souffle court et rauque, s'appuyant régulièrement au mur d'une maison pour reprendre courage.

Il finit par arriver jusqu'à l'armurerie, poussa la porte de sa main tremblante et livide.

La voix d'Adren résonna depuis l'arrière boutique.

- "Alors, comment ça s'est passé ?"

Il apparut à l'encolure de la porte presque aussitôt et vit son maitre boiter, la main ensanglantée sur le cœur. Il poussa un cri étouffé de terreur, et accourut vers Ygrim.

- "Que s'est-il passé ? Vite il faut t'emmener chez le médecin !"

- "Calme-toi, mon garçon."

Articula-t-il, le souffle court.
Il se laissa tomber à genoux, Adren le retint de basculer en avant.

- "Je veux que tu saches, que je ne regrette rien, que ma vie a été une bénédiction. Tous les jours j'ai remercié Freyhda et Neehsa d'avoir amené un garçon comme toi jusqu'à moi."

Adren comprit qu'il n'avait plus la force de faire quoi que ce soit, et se résigna à écouter sa voix faible.

- "Et même si tous les deux on a vécu des choses tristes avant d'en arriver là, jamais je n'irais dire aux dieux qu'ils m'ont arnaqué."

Le vieil homme pleurait, et sa voix diminuait.

- "Tout ce qui est ici t'appartient, ne les laisse pas te l'enlever."

Une légère quinte de toux sanglante le secoua.

- "Maintenant, fini de rigoler, retourne voir ta mère, Adren. J'ai peut-être plus la force d'aller jusque chez Charcuteur notre bon ami le chirurgien, mais je te jure que j'peux encore te coller des baffes dans ta sale..."

Sa voix devint imperceptible, ses paupières tombèrent, il s'éteint le sourire aux lèvres.

Adren le serra dans ses bras, pleurant et gémissant tout ce qu'il put sur son épaule.



* * *



Il le fit enterrer au côté de sa femme, pensant qu'il avait mérité de la retrouver.

Il se convainquit qu'en effet, il avait vécu heureux ici assez longtemps, qu'il avait pu profiter de la vie, et que maintenant il fallait rentrer, et faire ses comptes avec une vieille histoire.

Il entreposa toutes les armes et le matériel du magasin dans des caisses de bois. Il prit aussi les livres d'Ygrim et tomba sur son carnet. À chaque page un mot était adressé à Adren. Comique, instructif ou émouvant.

"Sois plus patient."
"N'oublie pas la bourre entre la poudre et la bille."
"VA RETROUVER TA MERE !"
"Tu l'aimes bien la petite boulangère hein ?"

Il versa encore quelques larmes et finit d'empaqueter toutes ses affaires. Il laissa derrière lui la boutique, le regard morne, et paya une carriole pour le transporter jusqu'à Achaladh. De là il embarqua sur un bateau commerçant, du même acabit que celui sur lequel il était arrivé il y avait onze ans de ça. Sur le navire il tourna en rond, pensant à la façon dont il allait être accueilli à Hastington, pensant à sa mère et à sa sœur. Il ne savait même pas si elles étaient encore là-bas, ni comment elles vivaient. Le trajet en bateau lui fit remonter des souvenirs douloureux, des pensées noires qu'il avait eues à l'aller.

Mais après deux mois sur les flots à se torturer l'esprit, il finit par poser pied à terre, sur le port de son village natal. Il n'avait pas beaucoup changé, des souvenirs de son enfance lui revenaient, entremêlés avec les scènes traumatisantes de la fin.



* * *



Adren marchait sur le ponton jusqu'au poste du capitaine du port. Un homme assez peu sympathique, ils ne s'étaient jamais vraiment appréciés.

Cet homme décrépit toisa l'enfant devenu jeune homme, et eut un petit sursaut en croisant ses yeux. D'une voix rauque il l'interpella.

- "Je croyais que t'avais été banni toi !"

Adren rétorqua, stupéfait.

- "Comme quoi..."

- "Comme quoi, quoi ?"

- "Bah moi je croyais que t'étais mort tout seul dans ton coin depuis longtemps ! Tu vois..."

Fit-il, un soupçon de défi derrière la tête.
L'homme s'indigna.

- "De quoi ?! N'importe quoi ! Qui t'as raconté ça à toi ?! Et je suis censé voir quoi ?"

- "Bah il faut pas toujours croire à ce qu'on croit..."

Tiquant sur ses propres paroles, il reprit.

- "Putain c'est bizarre ce que je dis."

- "Ouais, ouais."

Grogna le capitaine à mesure qu'Adren lui passait devant, vers le cocher. Le blondinet ajouta, en balançant sa main au dessus de sa tête, sans se retourner.

- "Mais moi aussi je suis content de te revoir, Orthen !"

L'homme jeta un regard noir dans son dos.

Adren arriva jusqu'au cocher, qui, lui aussi, reconnut ses yeux bleus. Il sauta de sa charrette, l'air stupéfait, s'exclamant.

- "Adren ?! Le petit Adren Mortes ?!"

- "C'est bien moi."

Répondit-il.

- "Ouah ! J'en crois pas mes yeux !"

Il avait toujours été assez enthousiaste celui-là.

- "Tu veux que je te conduise à ta mère et à ta soeur ?"

En entendant ça, toutes les craintes de notre blondin se dissipèrent. Elles étaient en vie, elles étaient toujours là. Il s'exclama.

- "Oui ! Mais d'abord il faut charger mes affaires sur ta charrette !"

Aidés des marins, ils transportèrent les caisses d'armes d'un bout à l'autre du ponton. Le travail terminé, Adren salua tout l'équipage, les remercia chaleureusement, et monta avec le cocher sur la charrette qui marquerait la fin de son voyage.

- "Purée mais qu'est-ce que tu trimballes pour avoir autant de caisses si lourdes toi ?"

Lui demanda le cocher de but en blanc. Adren éclata de rire et lui dit qu'il saurait bien assez tôt. L'homme fouetta les chevaux, déçu. Ils traversèrent des rues que le jeune homme reconnaissait, ils les avait empruntées un nombre incalculable de fois étant enfant. La carriole les mena jusque devant la maison de ses parents.

- "On est arrivés, bonhomme ! Je vais commencer à décharger les caisses, va donc retrouver ta famille !"

- "Non attends, ne décharge pas tout de suite !"

Le coupa-t-il.

- "Euh, comme tu voudras."

Adren sauta de la carriole, courut jusqu'à la porte et frappa trois coups. Les trois coups distinctifs qu'il avait l'habitude de frapper. Il attendit un peu. Et la porte grinça, découvrant une jeune femme d'une beauté époustoufflante. Elle plongea ses yeux dans ceux de son frère.

Ils se mirent à pleurer et à rire presque instantanément, avant de se tomber dans les bras.

- "J'avais fini par croire que j'te reverrais jamais !"

- "Mais moi aussi, tu crois quoi ?"

Ils rirent de plus belle. Jusqu'à ce qu'un voix familière résonne de l'intérieur de la maison.

- "Hannah ! Qui est-ce ?"

- "Viens voir, maman !"

La femme, devenue un peu vieille, se présenta dans l'entrée, et resta bouche bée, fixant le visage de son petit garçon qui pleurait par dessus l'épaule de sa fille. Elle le reconnut aussitôt même si les changements sur son visage la bousculaient.

Elle grommela.

- "Par tous les dieux !"

Hannah le lâcha, le découvrant en entier aux yeux de sa mère. Il releva la tête vers elle.

- "Bonjour maman, je suis rentré."

Elle resta là, bouleversée, pétrifiée devant son fils. Elle finit par articuler.

- "Cette école militaire ne t'as pas fait bien épais dis-donc."

Adren rit.

- "C'est pas ma faute, ma mère m'a toujours dit de ne pas suivre bêtement les ordres !"

Elle courut vers lui et le prit dans ses bras à son tour. Hannah pleurait toujours comme une idiote à côté.

- "Tu t'es enfui ?!"

- "Non, j'y suis resté deux jours quand même !"

Tous éclatèrent de rire, en se noyant presque dans leurs larmes.

- "Mais quel sale gosse, je le crois pas ! Remarque, ils t'auraient jamais supporté de toute façon !"



* * *



Il apprit qu'ils possédaient toujours l'atelier de son père, il en fit son armurerie, et l'étage devint sa maison. En deux mois il fut installé, et même s'il restait beaucoup d'arrangements à faire, son commerce avait commencé. Il avait passé des accords avec plusieurs fournisseurs, de plomb, de fer, de charbon, de cylindres ou encore de poudre. La plupart exerçaient à Midtown, une grande ville au nord d'Hastington. Négocier des contrats lorsqu'on était un jeune armurier plein de talent était encore plus facile que d'extorquer dix pièces de cuivre à sa grand mère.

Il avait raconté son aventure à sa mère et à sa soeur. Quant à elles, elles tenaient toujours l'atelier de couture, vivant tant bien que mal de leur travail. Hannah n'était toujours pas mariée, et n'avait personne en vue. On pouvait la comprendre, vu les garçons du village à l'époque. D'ailleurs elle se réjouissait du retour de son frère, il mettrait peut-être un peu de distance entre elle et le fils du gouverneur qui devenait vraiment insistant.

Adren apprit que la sombre histoire, onze ans plus tôt, avait fini par révolter les villageois indécis. L'enterrement de son père fut triste et énormément de gens vinrent commémorer. Et Jirô, quant à lui, sur demande de sa mère adoptive, madame Fanden, avait été enterré avec la famille Mortes. Elle ne s'était jamais remise, après coup, d'avoir fait subir tout ça à cet enfant, et avait estimé que les Mortes étaient plus proches de lui. Elle s'était donné la mort quelques années plus tard.

Avoir un armurier de talent dans le village était une opportunité économique certaine. Une majorité des villageois se réjouissaient de cette nouvelle, à mesure que de grands commerçants et militaires venaient discuter et dépenser des pièces d'or auprès du blondinet.

Et pourtant, en un an d'activité, Adren ne reçut aucune visite du gouverneur.

Peut-être savait-il à quoi s'en tenir ?

Peut-être pensait-il que cette histoire s'était tassée, et qu'en restant à l'écart tout se passerait bien.

Et pourtant... Je connais un homme aux yeux bleus qui n'a pas oublié sa promesse.


EN DEHORS DU JEU


Prénom/pseudo : Bin... "Adren" c'est bien !

Age : 21 ans... Bouhouhouuuu

Comment avez-vous découvert le forum ? : Par mon déglingué de frère ! Le Crotale !

Une remarque sur le forum ? Au premier abord j'ai pensé que l'époque 18e était bizarre et difficile à jouer, mais en écrivant ma fiche je me suis rendu compte que c'était vraiment riche ! Sinon j'aime beaucoup le contexte, et je trouve que dans l'ensemble tout est très soigné ! Ah oui ! Je trouve aussi le concept d'espèces unisexes intéressant ! Sinon bah heu, c'est tout je crois !


Dernière édition par Adren Mortes le Ven 18 Avr - 21:15, édité 3 fois
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Ambre Bellamy
Admin/Fondatrice
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Date d'inscription : 10/07/2011
Messages : 999

MessageSujet: Re: Adren Mortes   Dim 13 Oct - 13:48

Wouah. Histoire longue peut-être, mais très agréable à lire... Ravie aussi de voir quelque chose d'aussi bien ancré dans le contexte, tout en étant simple mais développé. Bref, j'aime beaucoup mais bon, on n'est pas là pour ça allez (sinon je suis capable de faire un pavé).

Ah aussi : super on a un armurier \o
Bien pratique ici.

Bref comme je l'ai dit, parfait au niveau du contexte, donc tu es validé !


_________________
____________________________

Fiche & mémoires
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http://dearmad.forumgratuit.org
Murmure
Modératrice RP
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Date d'inscription : 04/04/2013
Messages : 198

MessageSujet: Re: Adren Mortes   Dim 13 Oct - 14:00

Corail (pnj) voudra bien d'un rp avec toi. Tu pourras lui être utile. Mp si intéressé une fois que t'es officiellement validé.

(bravo pour cette jolie fiche)

_________________
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Metis Adhbreith
Modératrice HRP/Fondatrice
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Date d'inscription : 11/07/2011
Messages : 834

MessageSujet: Re: Adren Mortes   Dim 13 Oct - 14:17

Tout est parfait en effet, et ton histoire était vraiment sympathique à lire (pauvre Jirô quand même).
Voilà tu es validé ^^

_________________
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Adren Mortes

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Date d'inscription : 12/10/2013
Messages : 37

MessageSujet: Re: Adren Mortes   Dim 13 Oct - 15:25

Merci ! Super content que ça vous ait plu ^^'

Et oui, pauvre Jirô... J'ai bien morflé quand j'ai écrit le début de l'histoire...
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MessageSujet: Re: Adren Mortes   

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