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 De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis

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Tamina Anaon

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Date d'inscription : 17/10/2012
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MessageSujet: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Mar 26 Nov - 15:45

Tamina grimpait, les cuisses et les mollets brûlants, le souffle court. Ah, elle le retenait, Nika et ses brillantes idées ! Et qu'est-ce qui lui avait pris à elle d'approuver son projet ? Pourtant elle aimait voyager, marcher, elle aimait son métier, mais sa mauvaise humeur lui avait fait oublier tout ceci.
En fait elle l'avait oublié dès ce matin même, des cernes sous les yeux, n'ayant pu dormir que trois heures. Tous les ivrognes du coin s'étaient donnés rendez-vous dans son auberge pour l'empêcher de dormir, comme tout individu normal le souhaiterait. Un complot de leur part, sans aucun doute. Fatiguée, elle était partie en direction des ruines, incertaine du chemin à suivre. Pour ne rien arranger les choses, la bandoulière de son sac cassa, et elle dut passer dix bonnes minutes à s'énerver avec son aiguille et son fil de pêche. Les travaux de couture n'étaient vraiment pas pour elle.
Enfin l'esprit rendu brumeux par le manque de sommeil elle s'était tordu la cheville sur un satané coquillage, et avait dévalé la pente pour finir dans une mare immonde, que la pluie avait formée, et le soleil pas encore séchée. Elle avait alors juré tout son soûl avant d'enlever ses chaussettes, mises à sécher sur son sac, se retrouvant pieds nus dans ses bottes, le pantalon froid, sale et humide, son manteau et ses cheveux boueux. D'une humeur de dogue, elle avait repris sa route, pestant contre le monde entier, Nika, et elle-même.
Il l'avait envoyé sur l'île, et elle avait sauté de joie, naïvement. Si elle avait su ! Soit disant grâce aux vents venant de l'ancien Empire,à leurs bateaux et aux courants marins, des graines d'herbes rares, poussant dans ce territoire maintenant inaccessible, auraient pu germer et trouver des conditions idéales de vie. Maintenant qu'elle y était cela lui semblait risible. Et lorsqu'elle était allée informer ses parents et son petit frère de son voyage, on lui avait demandé de chercher dans le même temps si les rumeurs étaient vraies, si des richesses se cachaient dans ces ruines, pierres précieuses, semi-précieuses, et autres trésors qui pouvaient être bien utiles à des joailliers. Et sinon ma foi, elle trouverait bien un peu de corail rouge ou peut-être d'ambre gris. Rien que ça ! Elle avait répondu qu'elle ferait ce qu'elle pourrait, et avait promis à son petit frère de ramener un joli souvenir, avant de s'enfuir et qu'on ne lui demande encore autre chose.

Seulement pour l'instant, point de tout ceci, et pas âme qui vive. Midi approchant, elle décida de faire une pause et se mis en quête d'un endroit confortable où déjeuner. Finalement elle se posa dans le creux d'un rocher, à côté d'un bénitier géant. Le mollusque était mort depuis longtemps, et elle posa ses affaires dedans, retirant son manteau afin de le faire sécher au soleil. Elle fit un petit feu, récupérant des algues sèches, et fit cuire des fayots dans un peu d'eau. Elle ne voulait pas trop gaspiller, n'ayant pas vu de source pour l'instant. Elle ne savait même pas s'il y en avait, rares étant les personnes à s'être aventuré dans le centre de l'île, et l'avoir exploré. Elle avait donc emporté deux grandes gourdes bien pleines, dont le poids se faisait bien ressentir sur son épaule, espérant que cela suffirait. Et bien qu'elle ne boive pas beaucoup dans tous les cas, si elle ne trouvait pas de source, le manque d'eau limiterait son séjour parmi ces ruines.
En attendant que son repas se réchauffe elle grignota quelques fruits secs, et partit à la recherche d'une mare moins sale que la précédente, où elle pourrait se nettoyer un peu le visage et les cheveux. Surveillant du coin de l’œil la fumée de son feu elle s'éloigna encore. Elle observait les vestiges qu'on pouvait déjà apercevoir de loin, soupirant à la pensée de la distance qui lui restait à parcourir. Ne trouvant rien elle rebroussa finalement chemin, l'appel de son estomac étant le plus fort. C'est alors qu'elle entendit des personnes approcher, et quelqu'un crier. De peur ou de colère, elle n'aurait su le dire, et se porta à leur rencontre.

Spoiler:
 

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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Sam 30 Nov - 9:58

Une ancienne légende issu d'un livre obscur fait mention d'un étrange objet qui aurait appartenu aux grands rois et reines des temps jadis. Symbole de puissance et de pouvoir, cet objet aurait disparut d'un jour à l'autre sans que personne ne sache jamais comment. Pourquoi mentionner cet artefact ici ? Et bien tout simplement parce que Metis venait de se mettre en quête pour le retrouver ! En effet, la princesse, malgré la chute de son empire, continuait à mener quelques fouilles archéologiques dans la région. Après tout, c'était bien pour cela que l'Empire était venu coloniser cet île de malheur à la base, pour trouver d'antiques objets de pouvoir ! Et c'était bien ce que comptait faire la jeune femme aujourd'hui.

En temps normal elle se tenait loin des expéditions, n'aimant pas spécialement crapahuter en plein milieu de la jungle ou des ruines. Il faisait chaud, il y avait plein de petites bestioles, bref tout pour faire plaisir ! Mais aujourd'hui la situation était différente. L'objet que pensaient avoir localisé les explorateurs était d'une grande valeur, le symbole des puissants. C'était donc à elle de le trouver en premier coute coute. Cette fois-ci elle ne se laisserait pas doubler, elle allait leur montrer qu'elle était encore une princesse et pas n'importe laquelle !

C'est pour cela qu'elle se trouvait en ce moment même, crapahutant à dos de cheval, au milieu de nul part. L'expédition étant tenue secrète, Metis avait été obligé de laisser Souveraine au manoir pour ne pas éveiller les soupçons. Officiellement en post mais malade, elle avait laissé le soin de ses affaires à des personnes de confiance pendant qu'elle même partait en expédition. Habillée en simple voyageuse, la jeune femme n'avait malheureusement pas pu s'empêcher d'y ajouter sa touche personnelle, ce qui rendait son déguisement tout à fait inefficace. Portant une chemise lavande avec un pantalon parme et un grand chapeau à plumes bleues, Metis comme à son habitude, ne passait pas vraiment inaperçus. De plus elle s'était teint les cheveux en vert pomme et ses yeux en noir. Elle avait cependant tout de même réussis à cacher son départ, ce qui était un exploit. Accompagnée uniquement de deux gardes, habillées de grandes capes brunes pour masquer leur armures, la jeune femme se sentait très mal à l'aise. Habituée au confort de sa selle de dragon, elle avait en ce moment même affreusement mal à son impériale postérieur à cause de sa monture équestre. Grognant intérieurement elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'elle avait eu une terrible idée en décidant de partir à l'aventure.

Soudain, alors que tout allait pour le mieux, un petit animal déboula de nul part, coupant la route à sa jument. Celle-ci effrayée, s'ébroua, ce qui eu pour conséquence de faire tomber la princesse qui poussa un cri mêlant surprise, colère et peur. Tombant en plein dans une petite flaque de boue, la jeune femme se retrouva crotté de la tête aux pieds. Se relevant furieuse il lui fallut tout son sang-froid pour ne pas se mettre à hurler et ne pas faire abattre son cheval. A la place elle ordonna une pause pour déjeuner. La petite expédition n'était plus très loin du campement qui se trouvait à encore quelques heures de marche. Avec un peu de chance elles l'atteindraient ce soir. Mais pour le moment Metis avait besoin de se reposer et de faire passer ses nerfs sur quelque chose.
Laissant le soin à ses soldates de monter un camp de fortune et de préparer le repas, elle décida d'aller de se promener un peu, histoire de se changer les idées.

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Ari Valkoinen

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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Ven 20 Déc - 19:14

C’est un Ari à l’estomac retourné qui mit pied sur l’île. Comme il le craignait, son escale ici serait plus longue que prévue, car la nausée s’intensifiait rien qu’à l’idée de repartir dans l’heure avec les étranges marins qui l’avaient transporté jusqu’ici. Bon sang, c’était une des raisons pour lesquelles il n’avait jamais vraiment aimé Sèbre. Il se gifla mentalement pour cette pensée, et caressa tendrement de la main gauche son tatouage de truite, afin d’éloigner le courroux de la déesse. Un volatile bruyant fienta soudain sur le cuir d’une de ses bottes fraîchement rachetées à un homme du navire qui semblait en avoir une paire de trop. Le pied droit était touché, ce qui fit faire la grimace au cornu. Malheur. La déesse de la mer était probablement furieuse. Mais il devrait s’en occuper plus tard, d’abord, il s’agenouilla à terre pour embrasser le sol. Il s’était longtemps interrogé sur le meilleur moyen d’honorer une nouvelle terre et il lui avait semblé que c’était le plus approprié. Il resta ainsi quelques secondes avant de se redresser l’air inquiet. Une pensée terrifiante trottait dans son esprit depuis des jours: et si une nouvelle Terre impliquait de nouveaux dieux? Il devait s’en assurer au plus vite. De nouveaux dieux impliquaient de nouveaux rites, et Ari ne pouvait quand même pas tout inventer. La question, il l’avait posée aux marins, et tous avaient répondu en affirmant plus ou moins la même chose: ils l’ignoraient et n’en avaient cure. Quels étranges marins, une fois de plus. Ari souhaitait que leur manque de ferveur ne les condamnerait pas à mort trop tôt.

Son regard sombre se promenait autour de lui. Quel endroit étrange lui aussi. Le capitaine du navire s’était excusé un millier de fois de ne pouvoir le déposer au comptoir impérial, sans donner de raison évidente. Ari s’en fichait. Il n’était pas mécontent de retrouver un peu de solitude avant de revenir à la société. C’est donc dans une petite anse sur le bord de l’île, cachée entre des rochers qu’une barque avait déposé le cornu. Ladite embarcation s’éloignait maintenant à grande vitesse. Pour une fois, les marins avaient raison. Mieux valait s’éloigner vite d’un endroit dont on ne respecte pas les dieux. Leur barque prenait sans doute déjà l’eau.

Ari Valkoinen gravit l’obstacle d’un rocher humide sans peine, afin de pouvoir, tel l’éclaireur qu’il était,  dominer les nouveaux horizons devant lui. Posture qu’il ne put assumer bien longtemps car le soleil tapait vraiment fort, sur ces terres. Depuis des années, la lumière du jour arrivait toujours jusqu’à lui filtrée par des étages de jungle, et le ciel était bien couvert ces derniers jours. Aujourd’hui était donc une bonne journée pour plisser les yeux. Dans l’idée d’arranger son calvaire, le Hornt se jeta à genoux, les bras levés devant lui, les yeux clos affin d’en implorer au ciel sur un ton dramatique:


“Neehsa, J’en implore à ta pitié! Tu resplendis si fort que ta beauté m’agresse! Ton jour est beau et ta lumière sans égale, mais pour l’amour que je te porte, puisses tu calmer ta divine lumière! Déesse immortelle je t’en supplie réponds moi!”

L’astre, muet comme un soleil, ignorait Ari avec un snobisme certain.

Après une minute de silence, ponctuée par le cri d’une mouette solitaire, le lieutenant se redressa d’un coup, toujours en haut de son rocher. Si Neehsa n’agissait pas, c’était pour lui lancer une épreuve. Et c’était celle d’affronter l’inconnu seul, la tête haute. Il chassa d’une main distraite le volatile perché sur une de ses cornes et son regard parcouru l’horizon… Il en fut perplexe. Pas un arbre en vue. Devant lui s'étendait un grandiose paysage rocheux, ponctué de reliefs pas moins minéraux. Il distinguait bien quelques brins d’herbe par là bas, mais pas une once de verdure n’avait l’audace de dépasser le genou. Ari en avait des frissons dans le dos. Il y avait bien ces rochers en forme d’éponges géantes qui ponctuaient le paysage, mais il nourrissait peu d’espoir quand à leur apport nutritif. Ce qui fit se poser une question au cornu: sans arbres, et sans mammifères en vue, de quoi allait il se nourrir? Il avait bien un peu de pain que les marins lui avaient vendu, mais devrait-il chasser les oiseaux? Il s’en voulait d’avoir repoussé la fameuse mouette avec indifférence, et il voulait déjà s’excuser auprès d’elle afin d’être assez digne pour pouvoir manger sa chair. Mais en se retournant, il croisa le regard du concerné, et le volatile arborait un air si outré que le cornu n’eut pas le courage de lui faire face sans baisser les yeux.

C’est en pestant contre sa couardise face aux créatures du ciel que Ari Valkoinen commença son voyage sur l’île. Il descendit de son perchoir et s’enfonça vers le milieu des terres, au sud, en espérant échapper à la malédiction que Sèbre jetait manifestement sur lui. D’autant plus que depuis son point d’observation, et avec sa bonne vue, il avait cru apercevoir des bâtiments très lointains, au delà d’un massif rocheux.. Il entamait donc une marche rapide dans cette direction, en espérant trouver l’Empire. Il ne savait pas encore comment il devrait se présenter devant ses supérieurs, d’ailleurs. Ni devant qui que ce soit, à vrai dire…


Dernière édition par Ari Valkoinen le Mar 11 Fév - 1:34, édité 2 fois
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Tamina Anaon

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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Lun 30 Déc - 10:15

Marchant précautionneusement, elle vit bientôt une silhouette s'avancer, seule, d'un pas peut-être peu assuré mais qui se voulait digne. De prime abord il s'agissait d'une jeune femme, et si la distance à laquelle elle était n'en donnait pas la certitude, ses vêtements si. Ils étaient plus insolites encore que leur environnement, et s'apercevaient de loin. Difficile d'imaginer un homme accoutré de cette manière, et pour Tamina il ne faisait aucun doute que seule une personne féminine pouvait avoir l'envie de se vêtir de cette façon. Le premier mot qui viendrait à l'esprit à qui les verrait serait...colorés. Ils étaient tous de couleurs différentes et éclatantes, contrastant avec le gris des rochers, rendant la jeune femme plus repérable encore. Sans omettre la couleur des cheveux. On n'aurait pu imaginer de tenue plus décalée, plus inappropriée pour explorer ces lieux désolés. Non pas qu'ils avaient l'air inconfortables et gênant pour ce type d'excursion, mais ils étaient...peu discrets.

Une fois la surprise passée, et qu'elle se fut approchée, Tamina remarqua les bottes de cavaliers, et la boue qui la recouvrait en partie. Elle avait l'air passablement énervée, et la saleté ne devait pas y être étrangère, sentiment qu'elle comprenait parfaitement pour l'avoir ressenti précédemment. Voir quelqu'un de presque aussi sale qu'elle la fit sourire, mais elle se reprit aussitôt, ne voulant pas paraître moqueuse à ses yeux. Elle n'était peut-être pas d'humeur à apprécier le comique de la situation, pensa-t-elle, d'autant plus qu'une certaine aura d'autorité se dégageait d'elle. L'inconnue était donc venue à cheval, et sans doute accompagnée, ce que confirma les hennissements de plusieurs chevaux. Que pouvait donc faire cette personne, manifestement d'importance, dans un endroit aussi perdu ? Elle lui lança alors un aimable bonjour, et ajouta :

- Moi qui croyait ces lieux déserts, c'est plutôt une agréable surprise de constater le contraire. Tenez, un chiffon propre, ce sera toujours ça d'enlevé.

Loin de vouloir être désobligeante, il lui semblait tout naturel de le lui donner, bien qu'il ne pourrait pas tout retirer. Seule une bonne dose de soleil la débarrasserait de cette désagréable sensation d'humidité. En contrebas se faisaient entendre l'activité de plusieurs personnes, s'occupant des chevaux, de la préparation du repas, et mettant en place de quoi s'installer confortablement. Cette femme semblait avoir l'habitude d'être servie, ce qui conforta Tamina dans l'idée qu'elle devait avoir une position sociale plutôt élevée. Cela rendait sa présence dans ces ruines plus incongrue encore, et sa curiosité s'attisa.

- Au fait, je ne me suis pas présenté. Tamina Anaon, citoyenne de Marath, herboriste, et à mes heures prospectrice pour ma famille, si je puis dire.

Et parce qu'elle n'avait pas été élevée chez les cochons -quoique sa mise actuelle permettait d'en douter- elle fit l'effort de pencher légèrement le buste, dans ce qui pourrait passer pour un semblant de révérence. Elle ne voyait qu'une raison à la présence de cette jeune femme, et c'était les bâtiments à l'architecture inconnue qui les surplombaient de loin. Elle ignorait ce qui l'attendait là-bas, ce que ce peuple avait pu laisser dans ces salles et couloirs obscurs. Y avait -il des pièges, un quelconque danger ? A quel point les anciens habitants avaient-ils protégé leur cité, leur savoir ? Si ce groupe se dirigeait bien vers cette ville à demi effondrée, une entraide pouvait être une bonne idée, cela réduisait les risques pour tout le monde. En cas de problème être seule pourrait se révéler fatal, et elle pouvait se rendre utile auprès d'eux, ce qui la poussa finalement à demander :

- Je me dirige vers les ruines, peut-être pourrais-je vous accompagner si nous avons le même chemin ?

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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Lun 30 Déc - 16:09

Non mais quel plaie cette expédition ! Il faisait chaud, humide et en plus elle était couverte de boue. Quelle idée saugrenue que de venir en personne pour ces fouilles. Vraiment, elle pouvait avoir de drôles d'idées parfois ! Et vas-y que je vais récupérer un livre magique détenue par un pirate moi-même, et hop je vais me promener près de la foret avant de me faire kidnapper. Franchement elle n'était pas kamikaze mais elle avait tout de même le chic pour sauter les deux pieds en avant dans des situations périlleuses et totalement saugrenue. Respirer, elle devait respirer, retrouver son calme et se concentrer sur ce qu'elle était venue chercher. Le symbole de pouvoir, un objet ancien et oublié qui pourrait bien l'aider à remettre l'Empire sur la bonne voie. Plus qu'une quête de pouvoir il s'agissait là du bien de sa famille, du bien de ses sujets, du bien de l'Empire. Elle devait se concentrer la-dessus et sur rien d'autre. Une chute n'était pas grand chose dans cette noble aventure. La chaleur, l'humidité et ses cheveux en désordres et collant aussi pouvaient être facilement ignorés. Ça demandait juste un peu de volonté, et de la volonté elle en avait à revendre.

Soudain une voix venant de nul part vient troubler Metis dans son monologue intérieur. Une jeune femme qu'elle n'avait pas vu se présenta devant elle en lui tendant un tissu pour qu'elle puisse essuyer la boue qui la parsemait. Surprise la princesse ne réagit tout d'abords pas, ne s'attendant pas à croiser une inconnue au milieu de ce désert de pierre. Prenant un instant pour se recomposer un visage neutre et une allure altière, Metis fit face à l'inconnue qui à présent déclinait son identité. Hum, une citoyenne des Marath, ce n'était pas plus mal, au moins elle ne venait pas d'une famille ennemie ou rivale. Les Marath étaient les alliés de l'empire, c'est bien connu. Cependant la jeune femme ne pouvait se permettre de décliner sa véritable identité à cette étrangère. Etant en mission secrète il n'était pas question de griller sa couverture auprès de cette simple herboriste.

"Merci pour le chiffon, cela me sera en effet bien utile pour me débarrasser la boue dont je suis couverte."

Attrapant le torchon que lui tendait la jeune femme rousse, Metis prit le temps de s'épousseter, tenant d'imaginer le faux nom sous lequel elle pourrait bien se présenter.

"Je me nomme Astrée Azales, je suis une envoyée de son Altesse la princesse Metis Adhbreith, gouverneure de l'île. Mon équipe et moi nous rendons effectivement jusqu'au ruines. Vous pouvez nous y accompagner si vous le désirez, cependant je serais dans l'obligation de vous quitter avant l'arriver à notre camp de base, dont l'emplacement est confidentiel."

Soudain, des voix de femmes se firent entendre en contre bas. Se tournant vers le bruit Metis se dit que quelque chose avait du se produire pour que ses deux gardes réagissent.

"Il a du se produire quelque chose au campement, restez-ici je vais voir"

Et sur ces mots la princesse s'éloigna, craignant le pire. Cette inconnue n'était peut être qu'une diversion organisée par des pirates ou des brigands venue les voler et égorger...

Revenons quelques instants en arrière. Alors que le repas prenait forme, composé de pain, de fromages et de divers charcuteries, l'une des deux gardes en faction entendit un bruit venant de sa droite. Se tournant promptement elle décida d'aller voir si quelque chose rodait autour du camps. S'aventurant au milieu des rochers elle repéra soudain, un homme, un cornu, à l'aspect très étrange. Il portait un vieil uniforme de l'empire qui semblait avoir connu des jours meilleurs ainsi que d'étranges colliers. Prenant une posture défensive, la main sur son fourreau, la jeune femme prit la parole d'une voix forte et autoritaire.

"Qui est-vous ? Déclinez votre identité soldat, si c'est bien ce que vous êtes !"

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Ari Valkoinen

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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Lun 13 Jan - 15:48

Ari avalait les sentiers depuis déjà quelques heures. En vérité, “sentiers” n’était pas le mot exact. Le peu de terre qui n’était pas recouverte de lacs n’avait pas vraiment l’air aménagé pour y faciliter le déplacement. De ce fait, ces derniers temps, Ari avalait plus de pentes recouvertes de graviers, de plateaux glissants d’humidité, de flaques profondes ou de canyons sombres que de sentiers. Non pas qu’il en fut perturbé, au contraire. Il avait pour habitude de se débrouiller fort bien sans “sentiers”, il y a encore quelques jours de cela. Toutefois il ne connaissait pas cette île, et il reluquait déjà d’un oeil distrait quelques coraux à l’air libre en s’interrogeant sur leur goût. Il avait encore des provisions avant d’en arriver là, mais il espérait que lorsqu’il rejoindrait la civilisation, il trouverait de quoi manger. Le cornu détestait jouer à la roulette russe avec son estomac. Il l’avait déjà fait plus d’une fois, et avait fini par établir que c’était une vocation qui ne pouvait mener qu’à la souffrance et aux regrets. D’autant plus qu’il ne savait pas qui prier, dans ces terres étrangères, pour que les aliments inconnus fussent facile à digérer.

Mais apparemment, il n’aurait pas à attendre trop longtemps. Il finit par trouver, en milieu de journée, un chemin qui, bien que très mal entretenu, assurait de mener Ari jusqu’aux bâtiments qu’il avait aperçu ce matin. Un peu plus tard, il flairait l’odeur rassurante d’un feu. Le Hornt en remercia Neehsa pour l’avoir guidé jusqu’ici mais l’appréhension commençait à monter en lui. Comment serait il accueilli? Que devrait il dire? L’officier se souviendrait il de lui avant de le remercier pour son service interminable? Et s’il tombait sur des civils? Tout ceci perturbait beaucoup Ari. Il s’entraînait à réagir dans tous ces cas en murmurant tout bas pour rendre l’exercice plus réel. Celui-ci s’écourta trop tôt pour lui laisser le temps d’imaginer ne serait-ce qu’une heureuse conclusion à ces scénarii.


"Qui êtes-vous ? Déclinez votre identité soldat, si c'est bien ce que vous êtes !"

Ari releva la tête d’un coup. Une femme. Elle le menaçait. Vite. Une réaction. Le soldat reprit ses vieux réflexes et son cerveau tourna à plein régime. Il avait baissé sa garde. Elle avait l’air en forme et avait déjà placé ses pieds de sorte à avoir une bonne posture. Dangereuse donc. Il n’avait pas vu de visage féminin depuis longtemps, mais il cru déchiffrer le mépris sur son visage. Elle voulait sa mort, il n’avait aucun doute à ce sujet. Une seconde femme également armée se montrait à moitié depuis l’arrière d’un rocher. Ari était un bon bretteur, l’expérience le lui avait apprit. Il se savait plus fort qu’elle. Il pouvait en défaire une s’il le voulait. Facilement, il le pensait. Les deux, ça serait une autre affaire. Elles portaient d’épaisses capes brunes. Ce qui était loin d’intégrer les codes de couleur de la légion. Impossible, de fait, qu’il s’agisse de soldats impériaux. De plus, il n’avait presque jamais vu de femmes dans l’armée. Pas sans un homme au moins à côté. Elles devaient donc être des bandits. Oui, c’était forcément ça. Des bandits imposteurs qui jouaient les soldats pour tromper sa confiance. Et il refusait de leur donner gratuitement son uniforme pour mieux tromper d’autres innocents.

Le cornu se trouva futé.

Ari réalisa qu’elles s’étaient déjà bien rapprochées de lui, car il avait été immobile depuis plusieurs secondes. Il le resta. Juste un instant. Le temps de marmonner une prière à Kaadan. Puis il détendit tous les muscles de son corps d’un coup pour bondir droit sur la première femme. Elle avait commencé à sortir sa lame de son fourreau mais il avait déjà enfoncé son coude dans l’abdomen de son adversaire. Ari ne put s'empêcher de remarquer que ladite lame était de très bonne facture. Étonnant, pour des bandits. Elle l’avait sans doute volée. Le sentier d’où il venait était en contrebas par rapport à la position d’origine des présumés bandits, et Ari devait vite prendre une meilleure position. En quelques bonds, il parvint, de rocher en rocher à remonter la pente tout en contournant sa deuxième opposante. Une fois les quelques marches gravies, Ari dégaina enfin sa longue rapière. Il voyait ici un feu de camp avec quelques gamelles, et surtout trois chevaux. Elles avaient donc un troisième compagnon. Il se retourna pour être face à face avec une des femmes qui brandissait un glaive. Il se mis en garde, attendant une occasion. Elle lui criait dessus depuis quelques secondes. Mais il avait appris dans la jungle qu’il se devait de refuser d’écouter l’ennemi tant qu’on était pas en position de force, il valait mieux se concentrer sur l’action. Le Hornt avait oublié que ce conseil était moins pertinent dans le monde civilisé. La première femme rejoignait maintenant sa comparse, son glaive à la main, l’autre contre son estomac. Ses yeux étaient doublement plus haineux qu’à la minute précédente. Il craignait bien que le sang doive couler.


“Rendez-vous! Au nom de l’Empire”

Encore des mensonges qui sortaient de la bouche de ces imposteurs. Pour éviter qu’elles l’encerclent, il reculait pas à pas, la pointe de sa rapière proche du sol pour feinter à la première attaque. Il attendait une occasion. Une diversion. Quelque chose. Même un clignement d’oeil ferait l’affaire. Il entendit des pas pressés dans son dos. La troisième personne. Ari fit volte face et sa vieille rapière tournoya pour s’arrêter devant le visage d’une troisième femme. Encore? Était-il le seul homme sur cette île? C’était une question à se poser plus tard. Celle ci était différente. Pour commencer, elle était particulièrement belle, il ne put s’empêcher de le remarquer, malgré sa chevelure verte qui étonna le Hornt. Il la toisa en un clignement d’oeil et compris qu’elle n’était pas une guerrière comme les deux autres. Pas d’armure, juste une chemise délicate, un pantalon de mode et un chapeau extravagant. Il avait cru ne voir aucune arme à sa ceinture mais il aperçu finalement un fouet. Par les dieux, c’étaient des marchandes d’esclaves! Il se devait d’agir. Et elle était probablement la chef des deux autres. Il remarqua d’ailleurs en tournant la tête une fraction de seconde que les gardes blêmissaient et étaient bien plus hésitantes depuis qu’Ari pointait son arme tout près du visage de la belle femme. Il sourit et comprit comment tourner définitivement la situation à son avantage.

“Déposez les armes” dit-il d’une voix basse “ou bien la tête de celle ci roulera jusqu’à la mer!” il marqua une pause et regarda droit dans les yeux amandes de la femme au fouet avant de tonner “Où sont les esclaves? Parlez!”

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Tamina Anaon

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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Sam 8 Mar - 0:29

« Restez ici je vais voir ». Un ordre plutôt clair, mais ces quelques mots avaient le don de produire exactement l'effet inverse. Il n'en fallait pas plus à Tamina pour lui donner une envie coupable de la suivre. Elle restait, par certains côtés, une petite fille qu'une interdiction rendait plus curieuse, plus désireuse encore de l'enfreindre. Elle résista une poignée de secondes à cette réaction infantile, puis pris la direction du petit bivouac. Après tout, étant citoyenne de Marath, elle n'était pas tenue d'obéir aux ordres d'une envoyée de l'Empire. C'est donc tranquillement qu'elle descendit voir l'origine de ces bruits, mais avec précautions.

Elle songeait qu'Astrée allait bientôt être en vue du camp lorsque le bruit d'épées glissant hors de leurs fourreaux retentit, ainsi que d'autres cris venant des gardes. Sa méfiance se réveilla immédiatement comme rappelée par une alarme, ces bruits étant loin d'être de bon augure, et elle accéléra le mouvement. Brusquement une voix très différente lui parvint, grave, celle d'un homme qui menaçait l'émissaire de la princesse Adhbreith. Prudente, la jeune femme se trouva rapidement et furtivement une cachette surplombant la scène, entre deux rochers, espérant qu'on ne l'avait pas aperçue. Il n'y avait que trois chevaux, il pouvait donc ne pas se douter de sa présence, ce qui lui donnait l'avantage de la surprise. Elle ne devait pas gâcher cette chance. Jetant un coup d’œil discret pour évaluer la situation, elle ramena aussitôt la tête en arrière, pâlissant. Le danger était on ne peut plus réel, le moindre mouvement du cornu qui se tenait en bas pouvait définitivement sceller le sort d'Astrée. Mais à qui croyait-il donc qu'il s'attaquait ? Et de quels esclaves parlait-il ? Interloquée, elle laissa de côté ses questions, il y avait bien plus préoccupant pour le moment, et plus urgent.

Silencieusement elle attrapa sa sarbacane accrochée à sa hanche, et pris une position un peu plus confortable pour viser. Il y avait toutefois une petite ombre au tableau. C'était un cornu. Et elle ne savait pas du tout comment il réagirait au produit de ses fléchettes. Probablement qu'il serait plus résistant, une seule ne suffirait sans doute pas à l'endormir, tout juste à le sonner. Mais devait-elle en envoyer une deuxième, ne risquait-elle pas de le tuer avec une dose trop forte ? Indécise, elle préféra la première solution et être certaine de ne pas le tuer. En espérant qu'Astrée et les gardes réagissent promptement. Doucement, elle prit une fléchette à son poignet et la glissa à l'intérieur. Reposant sa sarbacane sur une petite roche pour plus de stabilité, elle chercha à viser le cou de l'homme qui tenait Astrée en otage.

Debout et immobile, l'épée pointé sur la gorge de la jeune femme, il attendait que les gardes obéissent à son ordre et laissent les armes à terre. Son uniforme de l'Empire était tellement usé et rapiécé qu'on n'était plus certain de sa couleur d'origine, ni même que ce fut un vêtement. Des breloques s'ajoutaient à ses loques, espèces de gri-gri bricolés qui pendaient un peu partout, et donnant un air plus exotique à sa tenue. Il avait manifestement passé des mois, voire des années à vivre dans des conditions difficiles, c'était quelqu'un d'expérimenté. La piqûre qu'il ressentirait ne le déconcentrerait peut-être pas, il était même possible qu'il comprenne tout de suite ce qu'il se passe, sinon il ne mettrait pas longtemps à savoir. Les effets du poison étaient rapides, et le fait de sentir ses forces l'abandonner, tout du moins en partie, pouvait le rendre imprévisible, encore plus dangereux pour l'envoyée. Tamina espérait qu'il n'aurait pas le temps de s'en prendre à la jeune femme, et que celle-ci saurait profiter de la situation. L'issue de son plan était plutôt aléatoire, mais il lui semblait illusoire que l'on puisse ramener cet homme  à la raison pour l'instant.

Tenant alors sa sarbacane d'une main elle inspira puis souffla, et le trait partit se ficher dans le cou du cornu. Sans perdre de temps elle sauta lestement de son perchoir au milieu du petit camp, courant vers Astrée et s'écriant à l'intention des gardes :
- Désarmez-le ! Vite !
Elle tira encore plus en arrière la jeune femme afin de s'assurer qu'elle était hors de portée de la rapière menaçante, même si elle était parfaitement capable de se mettre à l’abri toute seule. Ne possédant pas d'épée elle dégaina son poignard à tout hasard, préférant laisser les professionnelles le maîtriser.

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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Sam 8 Mar - 18:59


Décidément ou bien quelques autres puissances supérieures, devaient avoir à coeur ou en tout cas le plaisir de jouer sans cesse quelques aventures rocambolesques à notre chère petite princesse Adhbreith. Alarmée par les cris de ses gardes la jeune femme s'était avancée vers le campement pour soudain se retrouver sans comprendre avec une épée pointée sur sa gorge par un homme (évidement qui d'autre qu'un de ce singes idiots pouvait faire une chose pareil ?) qu'elle n'avait jamais vu de sa vie. Se figeant instantanément sans avoir pu même appréhender ne serait-ce qu'un tout petit peu la situation, le coeur de la jeune femme fit le yo-yo entre deux émotions. Tout d'abord être littéralement glacée par la peur ou bien garder son sang froid. Heureusement, bien très paradoxalement, la lame qui était pointée vers elle lui permit de ne pas paniquer. Cet homme en voulait apparemment à sa vie et non pas à sa vertu, ce qui était bien plus facile à gérer aux niveaux de ses émotions.

Une fois que ses gardes eurent posés leur armes comme l'avait demandé le cornu, ce dernier lui demanda où était les esclaves. Les esclaves ? Quels esclaves ? Il n'y avait pas d'esclaves sur l'île  à sa connaissance, en tout cas pas sur le territoire de l'Empire. Mais que voulait donc ce fou ? Sa surprise, bien réelle, passa un moment sur son visage avant qu'elle ne se reprenne. Ne jamais montrer ses émotions, surtout à un agresseur dont on ne connait pas les motivations. Réfléchissant très vite, sous le coup de l'adrénaline, la princesse eu tout juste le temps de dire : "De quels esclaves parlez-vous", qu'un petit bruit de fléchette se fit entendre suivit par l'herboriste qui criait de désarmer le cornu. Les gardes réagirent sur le champs, se jetant sur l'homme qu'elles immobilisèrent à terre pendant que l'humaine tirait la princesse en arrière. Encore sous le choc et l'enchainement rapide des événements, la jeune femme ne dit rien, observant justes ses "hommes" maintenir de hornt à terre pendant qu'on lui liait les mains dans le dos ainsi que les pieds.

Une fois cela fait Metis reprit ses esprits et se tourna vers la jeune femme qui se tenait derrière elle.

"Merci Tamina Anaon, apparemment je vous dois la vie." Regardant un moment autour d'elle, encore un peu sous le choc la princesse reprit la parole. "Je dois bien vous avouez que j'ignore pourquoi cet homme nous a attaqué, il porte un vieil uniforme de l'empire, il s'agit donc peut être d'un bandit. Bien qu'il ai parlé d'esclaves et j'avoue ne pas savoir pourquoi..." Se retournant vers ses gardes pour être certaine qu'elle contrôlait la situation l'une d'elle lui fit signe et lui montra la fléchette qui avait touché l'hornt, qui se trouvait toujours à terre, apparemment un peu sonné. "J'imagine que ceci est à vous" dit Metis en faisant un signe de tête vers la petite pointe empoisonnée "que lui avez-vous donné ? Cela ferra t'il effet longtemps ?" . Se retournant à nouveaux vers ses gardes elle donna enfin ses ordres "Une fois qu'il aura retrouvé ses esprits interrogez le, je veux savoir s'il travail pour quelqu'un et dans ce cas là qui, et dans tous les cas je veux savoir pourquoi !". Enfin pour terminée elle s'adressa une dernière fois à Tamina "Je vais aller m'assoir un instant si cela ne vous dérange pas, cette soudaine aventure m'a un tantinet ébranlée"


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Dernière édition par Metis Adhbreith le Dim 9 Mar - 21:53, édité 1 fois
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Ari Valkoinen

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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Dim 9 Mar - 16:30

Ari ne se sentait plus vraiment futé. Il y avait encore quelques secondes, il contrôlait la situation, mais ça n’avait pas duré.

Le contenu de la fléchette n’était pas pour grand chose, dans le retournement de situation précédent. En fait, la seule piqûre du projectile avait déjà distrait le cornu. Ses pensées s’agitaient à toute allure: Y avait-il une quatrième personne? La femme était elle intouchable? protégée des dieux? Ah, cette sensation étrange dans la nuque, cette fléchette était elle légèrement empoisonnée? Combien de temps pourrait il encore tenir debout? Aurait il le temps de tuer quelques unes des brigands avant de tomber? Pourquoi n’avait il pas pensé à vérifier les parages? Les cheveux de cette femme étaient-ils vraiment verts?
Et c’est dans la brève confusion du cornu que les deux femmes alors derrière Ari se jetèrent sur lui pour lui écraser la face contre la pierre, les cornes en avant.

Ce que peu de gens savent à propos des Hornts, et c’est probablement du au fait qu’ils ne s’en vantent pas, c’est que leurs cornes ne sont pas insensibles à la douleur. Ce ne sont pas des appendices faits comme les ongles qu’on pourrait griffer contre les murs, qu’on taille en pointe dans un souci esthétique, ou avec lesquelles on pare un coup d’épée lorsque son arme est trop loin. Il faut plutôt voir ca comme des dents. Ce sont de vrais os, dont l’émail est solide, mais l’ensemble forme un os unique entre les cornes et le crâne, comme les dents avec la mâchoire. Et lorsqu’un idiot de Hornt ivre s’amuse à se cogner la tête très fort, les cornes en premier, contre un mur en pierre, c’est tout son crâne qui vibre et résonne dans la matière même de l’os. Des spécialistes qualifiés dans ce genre de sujet pourraient décrire ceci comme une sensation “déplaisante”. Ce qui sous entend qu’on se roule par terre en hurlant, la tête entre ses mains en espérant que la douleur passe vite, la vision troublée par les vibration des orbites, un lancement prononcé dans la fosse nasale à cause du tremblement des sinus, et des torrents de larmes qui quittent les conduits lacrymaux. Ainsi, comme tous les enfants humains n’ont pas besoin d’apprendre qu’on ne se frappe pas les dents à coup de marteau, les jeunes cornus n’ont pas non plus besoin qu’on leur apprenne à ne pas utiliser leurs cornes contre toutes les matières solides.

Ari n’était pas un Hornt comme les autres. Il était le genre de Hornt qui avait été capable de prendre une petite perceuse à manivelle pour creuser un trou dans sa corne droite, s’évanouir, se réveiller, finir le trou, de nouveau tomber dans les pommes sur le coté en cassant ainsi la perceuse dont le forêt était toujours dans la corne, tout cela pour passer le cordon d’une amulette au travers de sa corne. Toute fois, comme tous les cornus, il n’appréciait pas qu’on lui impose la rencontre de ses cornes avec le granit. Il aurait bien voulu crier, se débattre, mordre le mollet de quelqu’un, n’importe quoi, mais c’est le moment que choisit le sédatif pour faire effet. Par chance, il atténua la douleur du choc. Cependant, Ari fut doublement sonné, et finit par tomber réellement dans l’inconscience, et son sommeil fut calme, sans rêves, sans douleur, et bercé par des voix de femmes.

Cette situation, pas si désagréable, à vrai dire, dura un moment, difficile de dire combien, et s’interrompit brusquement avec l'aveuglement et la migraine qui conviennent à ce genre de circonstances.

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Dernière édition par Ari Valkoinen le Lun 12 Mai - 20:21, édité 1 fois
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Tamina Anaon

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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Dim 20 Avr - 21:28

Les gardes connaissaient leur affaire, et le cornu se retrouva vite maîtrisé, plaqué à terre et ligoté, avant même que le produit hypnotique ne fasse effet. Tamina les observait faire, songeuse, se demandant encore ce qui était passé par la tête de cet individu, et pourquoi diable cherchait-il des esclaves ? Il y avait décidément quelque chose de pas clair, mais il faudrait attendre son réveil pour l'interroger. Moment qu'elle appréhendait un peu, Astrée Azales se révélerait peut-être être une magnat de la pratique de la torture...elle espérait que non. Et puis peut-être que le prisonnier ne ferait pas de difficulté, et que tout s'éclaircirait sans que personne ne s'énerve.
Interrompant ses pensées Astrée la remercia, paraissant aussi déconcertée qu'elle quant au pourquoi de cette agression inattendue, puis désigna la fléchette, voulant en savoir plus.

- C'est un petit mélange de laitue vireuse et d'argemone. Cela calme les douleurs et a divers effets, narcotique, sédatif, hypnotique. En tous cas il va dormir un bon moment, mais sans doute moins qu'une personne normale. Comptez à peu près une heure, je pense.

L'envoyée acquiesça puis se mit à dicter ses ordres, et elle en profita pour récupérer sa fléchette, vérifiant qu'il ne restait rien dessus, et l'enduisit à nouveau de la pâte qu'elle fabriquait en prenant bien soin de ne pas se piquer. Elle la remit dans son bracelet de cuir et Astrée s'adressa à elle une fois encore, décidant d'aller s’asseoir.

- Bien, si vous n'y voyez pas d'inconvénient je vais chercher mon repas avant qu'il ne brûle, je ne serai pas longue. Je vous apporte celui que vos gardes vous ont préparé en passant.

Elle reprit son chemin précédent en sens inverse et rassembla ses affaires. Son manteau n'était pas encore sec, mais peu importait, il sécherait en route. Sa petite casserole dans une main elle rejoignit Astrée, lui tendant son repas, et s'assit sur un rocher, aussi confortable que peut l'être un cailloux.

- Merci de me permettre de vous accompagner, les ruines ne sont plus très loin maintenant.

D'un autre côté, elle ne voyait pas comment ne pas l'accompagner puisqu'elles suivaient le même sentier, pour l'instant, à moins de marcher cent mètres derrière.

- Il pourra dormir le temps d'arriver, j'ai de quoi lui donner un coup de fouet quand il sera réveillé, un stimulant, cela évitera de trop attendre qu'il reprenne ses esprits et dissipera les derniers effets.

Voyant le fouet accroché à la ceinture de l'envoyée elle grimaça, repensant à ses paroles, espérant qu'elle n'en arriverait pas là avec le cornu, et qu'il serait coopératif. La pause terminée le groupe repartit, les chevaux marchant au pas, le cornu posé comme un sac de sable devant une des gardes. Elle plaignait le pauvre cheval qui devait supporter le poids de deux personnes, bien que le prisonnier ne semblait guère peser lourd. Marchant à côté de la jument d'Astrée elle décida, en partie pour tuer le temps, et aussi par curiosité, de comprendre la raison de sa présence.

- Son altesse doit désirer quelque chose de bien singulier pour envoyer son propre émissaire. Pourquoi ne fait-elle pas appel à des marchands, des « sous-traitant » ? Ce ne sont pas les aventuriers qui manquent. A moins qu'ils n'attendent sagement de recevoir des ordres, au camp dont vous avez parlé ? Et quand bien même un officier aurait suffit, non ? Pourquoi une civile, comme vous ?

Continuant de marcher, elle observa la réaction de la jeune femme à ses questions directes.

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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Lun 12 Mai - 10:21


Assise sur un rocher, la princesse écouta d'une oreille attentive la composition de la flèche narcotique. Il pourrait être intéressant de la faire répliquer par sa sorcière personnelle, en espérant que celle-ci ne plonge pas accidentellement dans le coma tout son manoir en se trompant dans les dosages. Prenant d'une main distraite le repas que lui tendait Tamina, Metis se mit à manger, la tête ailleurs, mais avec des manières toujours aussi impériale. Ce n'était pas parce qu'elle était perdu en pleine campagne avec un fou que l'on venait d'assommer qu'elle devait en oublier ses manières. Non mais.

Observant un moment l'homme endormit la jeune femme s'interrogea encore une fois sur son identité. Le visage du cornu ne lui disait rien, cependant son uniforme était loin de lui être inconnu. Voir un costume de l'armée aussi abimé plongea pendant un court instant la princesse dans ses pensées, dirigeant son esprit vers la guerre civile qui avait toujours lieux dans l'Empire. Serrant la main, Metis se plongea les ongles dans sa paume, chassant la douleur d'avoir perdu sa maison par la douleur du corps.

"Très bien, nous l'interrogerons une fois arrivé au campement. Après votre acte héroïque je ne peux vous refuser la possibilité de partager notre route."

Puis ayant terminé son repas le petit groupe reprit sa progression à travers le paysage quasi-desertique de l'ile. Quelques plantes avaient tout de même poussées depuis le temps que ce gros caillou était sortit de l'eau. Mais on était encore bien loin d'une végétation luxuriante. Heureusement pour elle et ses sujets, la jeune femme avait anticipé la construction d'un petit jardin et d'un potager avant que les fonds ne viennent à se réduire, permettant à ses gens de cultiver un minimum et à sa sorcière de faire pousser ses plantes médicinales. Metis n'était pas peu fière de son jardin, même s'il était loin d'égaler celui de ce parvenu de Gearr Sgisene.

Les interrogations de Tamina, loin de prendre Metis de court, lui intima le silence pendant quelques instants. Bien entendu que la jeune femme allait se piquer de curiosité pour une situation aussi particulière. Cependant elle était tombée sur la mauvaise personne. Metis ne lui dirait rien à moins d'y être obligée. Elle prit alors la parole avec son sourire le plus commerciale pour répondre à l'herboriste.

"Je vous pris de m'excuser, mais je ne puis vous divulguer la moindre information, ordre de la princesse."

Bon ceci allait lui permettre de gagner du temps. Cependant si l'herboriste les accompagnait jusqu'au campement elle allait avoir quelques problèmes. L'équipe au abords du temple était réduite, pas plus d'une petite dizaine de personnes, et toutes étaient au courant de sa venue... Ne pouvant se douter que la jeune femme l'accompagnant ne faisait pas partie de sa suite ils ne retiendraient certainement pas leur langue, et bien vite toute l'ile serait au courant de sa petite expédition secrète. Il allait falloir agir et rapidement.

Alors que le temps passait, le groupe arriva enfin au abord du campement. La princesse n'avait pas encore prit sa décision quand à l'herboriste mais était plus que soulagée de voir ses gens s'activer au loin. Elle allait enfin pouvoir se reposer un peu et même se laver. Un rêve. Cependant les choses ne risquaient peut-être pas d'être si paisible que cela...

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Ari Valkoinen

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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Ven 23 Mai - 2:44

En temps normal, l’officier le plus rôdé des opérations spéciales en terrain hostile aurait ouvert les yeux à l’instant même de son réveil. Aujourd’hui, il était accablé de circonstances atténuantes. Son cerveau déshydraté lui rendait le crâne douloureux, ce qui l’incitait à serrer les paupières pour faire passer l’élancement. De plus, aussi intriguant que cela puisse paraître, Ari tanguait. Il se sentait balancé doucement, à un rythme régulier, ce qui lui évoquait désagréablement ses traversées de l’océan récentes. C’est au bout de plusieurs minutes de détresse silencieuse que le cornu prit conscience de son environnement, pas à pas.

D’abord, il lui fallait trouver l’origine de ces oscillations. Aidé par l’odeur, il finit par déduire qu’il était ballotté depuis tout ce temps sur la croupe d’un équidé avançant au pas. C’est seulement en découvrant ses mains entravées devant son visage, liées par une cordelette à la selle du cavalier, qu’il se souvint comment il en étais exactement arrivé là. Tout lui revenait. Les bretteuses. La jolie fille aux cheveux verts, marchande d’esclave. La fourberie de ses adversaires. Quoique. Il n’y avait pas de hasard. Et si son sort n’était que mérité? Tout allait bien, il maîtrisait ses adversaires, tant qu’il ne menaçait pas cette femme en particulier. Les Dieux avaient-ils voulu faire comprendre à Ari que celle-ci était hors d’atteinte? L’idée l’effrayait. À quel point le cornu avait il commit l’irréparable? Non, si Ari était attaché sur l’arrière de cette jument, c’était son destin qui le voulait. Il commençait tout juste à écouter les bruits qui l’entouraient. Trois chevaux, en plus du sien, un cavalier sur chaque. Sur le sien aussi. Deux des autres cavaliers discutaient beaucoup. Malgré le ton calme de la conversation, Ari sut saisir que les deux personnes ne se connaissaient pas, vu l’air suspicieux de l’une et l’accent hautain de l’autre. Dès qu’il put comprendre la teneur concrète de l’échange, celle ci confirma cette affirmation. La femme qui passait pour l’envoyée de la princesse impériale avait définitivement beaucup plus d’autorité que l’autre, qui semblait être celle qui l’avait empoisonné, en ayant sous estimé le dosage pour endormir un Hornt aussi longtemps qu’elle l’aurait voulu.
Cette femme, Tamina, aurait donc incarné sa punition divine quelques heures plus tôt. Soit. Cela faisait d’elle une personne au moins aussi intéressante. Ari se dit que les Dieux l’invitaient à réfléchir à deux fois avant d’agir, à présent, et il se contraignit donc à fermer les yeux pour évaluer la situation. Ces femmes l’emmenaient vers un camp de civils, semblait il, et elles n’avaient pas pour intention de le libérer céans. Soit. Le Hornt n’était pas en position de force. Et il savait qu’il ne pourrait pas faire long feu s’il restait ainsi. Patiemment, il entreprit donc de jouer des poignets doucement pour se délier. Sans résultats. Puis il essaya une autre méthode qui pourrait s’intituler “fous-y la corne dans la fibre jusqu’à ce qu’elle lâche.”. Par chance, il était en queue de file, et la cavalière dont il était le fardeau était plus concentrée sur ses comparses que sur lui, tant qu’il ne faisait pas de gestes brusques. Le cornu s’appliqua à la tache avec patience, malgré la soif qui le tenait. Il avait presque finit lorsqu’il entendit le son d’un rassemblement qui s’amplifiait, et quand ses cavalières annoncèrent qu’ils atteignaient le campement. 

Ce fut le moment où Ari se concentra. Sur les sons, pour commencer. Il lui fallu une minute pour en être sûr, sans lever la tête, mais ces bruits ne rappelaient en rien à Ari l’ambiance d’un camp de militaires. La dénommée Astrée n’avait donc point menti. Mais l’affluence empêcherait dorénavant Ari de se débattre en trompant la vigilance de ses surveillants. Il songea un moment à bondir de la croupe du destrier et d’utiliser sa force naturelle pour déchirer le reste de ses liens et rejouer la carte de la prise d’otage, mais il se savait seul face à trente ou peut être quarante personnes, et son épée n’était plus à son côté. Il préféra attendre son moment, et commencer par en apprendre plus sur ses geôliers. Ainsi, lorsque sa cavalière le fit tomber par terre, il feignit un réveil brutal et s’agenouilla avec une peine simulée, en prenant bien soin de ne point montrer que la cordelette qui reliait ses poignets, à moitié déchirée.

Il laissa ses yeux parcourir l’assemblée. Et il fut pris d’un immense soulagement. Des hommes. Des dizaines d’hommes. Après ses premières rencontres, il craignait d’avoir débarqué sur une île peuplée uniquement de femmes, créatures qui le mettaient mal à l’aise dans tous les débats sans armes. Soulagé de ce poids, il prit le temps d’observer les alentours. Une douzaine de hautes tentes avaient été dressées sur la berge d’un ruisseau, et au pied des vestiges d’une tour dont la facade avait l’air faite de mosaïques colorées. Il ne put s’y attarder trop longtemps, car bientôt, on le fit avancer d’une tape dans le dos.

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Tamina Anaon

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MessageSujet: Re: De l'esprit d'aventure, ou comment chercher les ennuis   Jeu 26 Juin - 13:52

Loin d'être satisfaisante, la réponse d'Astrée était néanmoins on ne peut plus claire, il était inutile d'insister. Peu importait, elle pourrait sans doute glaner plus d'informations au campement qu'ils rejoignaient. Cependant une fois arrivés dans les ruines de la Cité, sa présence ne serait peut-être plus tolérée, et il lui faudrait peut-être les quitter. Dans ce cas, si elle devait explorer les bâtiments toute seule, elle ne s'attarderait pas trop longtemps dans le dédale des couloirs et concentrerait ses efforts à l'extérieur, à la recherche de plantes, d'ambre gris, de corail rouge, et autres matériaux utilisables ou revendables par ses parents. Sans oublier le souvenir pour son petit frère. A huit ans c'était une vraie boule d'énergie, malicieuse et charmeuse, et Tamina ne put s'empêcher de sourire à sa pensée. Avec son visage d'ange et son rire enchanteur on ne pouvait rien lui refuser, et il le savait.

La jeune femme se mit à rêvasser et après trois bon quart d'heure de marche à travers ce paysage quasi-désertique, ils arrivèrent enfin au campement tant attendu. Des tentes dressées étaient alignées avec une précision militaire, les soldats venant à leur rencontre dès qu'ils aperçurent l'envoyée de la princesse Adhbreith. Surplombant tous ce monde, une grande tour tapissée de mosaïques colorées, abîmées par les coraux et les algues maintenant desséchés, projetait une courte ombre sur les alentours. Les étages étaient décorés de colonnes et de sculptures, représentant essentiellement des animaux marins. Ce peuple disparu devait avoir un lien très fort avec la mer, et d'autres surprises les attendaient peut-être encore dans ces pièces abandonnées.

Tandis que Tamina observait le camp et la tour, le reste du groupe descendit de cheval, le cornu réveillé sans ménagement par sa geôlière. Il paraissait à peine recouvrer ses esprits et c'est avec difficulté qu'il avança lorsque la garde le poussa. Fouillant alors son sac elle s'approcha de lui, vérifiant d'un regard ses poignets toujours liés et s'adressa à lui, lui montrant des petites graines dans sa paume :

- Ouvrez la bouche et mâchez, ça va vous réveiller. C'est du guarana, cela stimule les muscles et le cerveau. C'est aussi anti-stress et ça coupe la faim.

Lui faisant avaler les graines elle rajouta :

- Essayez de vous calmer, on ne vous veut pas de mal. A moins bien sûr que vous ne nous agressiez à nouveau.

En réalité elle ne savait pas ce que les soldats allaient faire de lui, ne sachant même pas si elle-même pouvait rester là. Cherchant Astrée Azales des yeux parmi les hommes et femmes du camp, elle voulait que celle-ci dissipe ses doutes quant au sort du prisonnier. Elle l'aperçut finalement à l'entrée d'une tente, où elle semblait vouloir se rafraîchir un instant. Se rapprochant elle vit alors qu'elle était en pleine discussion avec un soldat, et en surprit quelques dernières bribes.

- Oui Altesse, l'entrée du sous-sol est presque dégagée.

Il se tut lorsqu'il vit la jeune femme les rejoindre mais celle-ci, persuadée d'avoir mal entendu, revint à sa première préoccupation.

- Navrée de vous importuner, je sais que ce ne sont pas mes affaires mais j'aurais aimé savoir ce que vous allez faire du prisonnier. Je lui ai donné un stimulant au fait, il est complètement réveillé désormais.


Elle était curieuse de connaître les raisons qui avait poussé le cornu à les attaquer, et allait l'expliquer à l'émissaire, lorsqu'un grand fracas et un nuage de poussière l'interrompirent. Provenant du flanc de la colline où se dressait la tour, le petit éboulement avait achevé d'ouvrir le passage.

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