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 Le vieux Raklhus

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Sail Cyan'or

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Date d'inscription : 13/01/2014
Messages : 38

MessageSujet: Le vieux Raklhus   Ven 3 Oct - 0:53

SUJET:   Le vieux Raklhus est porté disparu. Cet ancien magistrat de l'empire est l'objet de nombreuses convoitises pour plusieurs raisons:

-Son passé sulfureux dans les antichambres de la justice lui ont attiré de nombreux ennemis.
-Il aurait, dit-on, en sa possession un document remettant en cause la légitimité de la famille impériale actuelle, mais ce ne sont sans doute là que ragots de belles-mères.
-Malgré ses nombreux déboires judiciaires, Raklhus n'a jamais perdu un seul procès. Ce qui en fait en matière de jurisprudence l'homme le plus compétent de Tuatha.

Après une jeunesse mouvementé dans les différentes cours des continents, il se met au service de l'empire et mène une brillante carrière de magistrat. Depuis quelques années, il coulait une retraite relativement paisible sous la protection impériale. Malheureusement, il s'est soudainement volatilisé, et est porté disparu depuis plus de 6 mois.
On dit que le vieux Raklhus connaît par coeur tous les amendements, décrets et cas de jurisprudence du siècle dernier. Cela ne serait pas étonnant, sachant qu'il en a lui même fait appliquer une bonne partie.
Raklhus est vieux, taquin, grivois, et complètement imprévisible. Il dispose en outre pour son grand âge d'une santé de fer.

PARTICIPATION:   Libre! C'est un RP public, toutefois, j'aimerais qu'il respecte certaines règles:
-C'est un Mc Guffin autour du vieux Raklhus : Votre personnage le recherche instamment pour une raison ou pour une autre.
-Pas d'ordre de roulement défini (à partir du moment où quelqu'un d'autre que vous a posté, vous pouvez enchaîner). L'idée est de ne pas laisser le RP s'enterrer.
-N'importe qui (même ceux qui ne participent pas au RP) peut jouer le vieux Raklhus, aux conditions expresses que :
  1. Le post ne fasse qu'une phrase, d'une ligne maximum.
  2. Le post ne livre aucune indication précise sur l'endroit où se trouve Raklhus.
  3. Vous ne soyez pas la dernière personne à avoir joué le vieux Raklhus.
  4. Le dernier post en date ne soit pas le vieux Raklhus.
  5. Lorsque vous jouez le vieux Raklhus, vous commenciez votre post par "Les aventures du vieux Raklhus".

Enjoy.

SITUATION INITIALE:   En fonction de votre personnage. On a plus de nouvelles du vieux Raklhus depuis des mois, mais aurait été aperçu il y a quelques semaines dans la taverne du Furet Rugueux...


Dernière édition par Sail Cyan'or le Ven 3 Oct - 11:43, édité 1 fois
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Sail Cyan'or

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Date d'inscription : 13/01/2014
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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Ven 3 Oct - 11:38

Sail était nerveux. Ce coupe-gorge était de loin le plus mal famé qu'il ait fréquenté, mais il était avant tout méfiant vis-à-vis de son voisin de table, dont le regard torve louchait sur une cuisse de poulet. C'était sans doute là une vile ruse pour lui dérober sa bourse, mais Sail était un homme plein d'esprit, le stratagème ne prendrait pas. D'ailleurs, sa bourse était complètement vide et il avait commandé deux perdrix et une poularde dont il se bâfrait allègrement. Il réglerait ce détail ultérieurement.
Sail était en effet fortement préoccupé, tout d'abord par le généreux décolleté de la serveuse, ensuite par la raison de sa présence en ce sinistre troquet.
Il était à la recherche d'un homme.
Un homme d'exception.
Un homme qui représentait sa dernière chance de reconquérir son domaine familial hypothéqué, sous scellé judiciaire et revendiqué de toutes parts par de perfides créanciers. Cette horde d'usuriers avaient réussi à geler la procédure, et, exploitant un flou juridique, à réclamer légitimement le domaine Cyan'Or. Il ne restait que 10 mois à Sail pour trouver une parade avant que la procédure soit effective.
Et cette parade, c'était l'illustre magistrat impérial Raklhus.
Homme de savoir, érudit entre tous dans les sciences juridiques, Raklhus jouissait d'une renommée qui avait traversé la mer, et qui était parvenue aux oreilles de Sail. Il lui fallait à tout prix le rencontrer. Malheureusement, il avait mystérieusement disparu de la circulation voilà déjà plusieurs mois. Sans doute ce brave ermite était-il en quelque retraite où il méditait sur la vacuité des lois humaines comparées à la sagesse des dieux. Sail se sentait cuistre d'interrompre ainsi cet exil mystique, mais il n'avait pas le choix. Il lui fallait absolument retrouver le saint homme.


Dernière édition par Sail Cyan'or le Ven 3 Oct - 11:45, édité 3 fois
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Sail Cyan'or

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Date d'inscription : 13/01/2014
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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Ven 3 Oct - 11:40

Les aventures du vieux Raklhus.

Drôle de caillou, on dirait les fesses de la grosse Gertrude.

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Ari Valkoinen

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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Dim 19 Oct - 21:43

Ari avait oublié l’existence des foules.

Il se souvenait bien sur du mot « foule » mais les dernières années l’avaient tant éloigné des ces choses massives, bruyantes et dangereuses qu’il avait fini par ne plus se souvenir le moins du monde de son sens. Il s’était convaincu un jour que ce terme désignait la race des gros insectes volants qui avaient nuit à son confort toutes ces années.

On aurait pu noter anecdotiquement que le Hornt ne s’était qu’à peine fourvoyé en entretenant cette erreur sémantique, et ce pour deux raisons:

En premier lieu, le Macrolucanidae des jungles orientales d’Yla était un lointain cousin du scarabée, et partageait son apparence, aux détails près qu’il faisait un pied de large et que ses plusieurs paires d’ailes étaient constituées d’une membrane épaisse qui sifflait en vibrant dans l’air humide de la jungle. Ainsi, à la décharge d’Ari, ces deux phénomènes étaient au coude à coude dans le classement des choses« massives, bruyantes et dangereuses ». 

D’autre part, comme l’expliquait l’explorateur Ningwary dans son livre « Ma Jungle, Ma Gloire », les indigènes de cette région d’Yla auraient un vocabulaire bien plus limité que les hommes civilisés, et utiliseraient le même mot, dans leur langue, pour parler d’un grand groupe d’homme et d’un essaim de Macrolucanidae. Et ce pour la simple raison que les grands rassemblements humains y étaient trop rares pour qu’on s’attarde à inventer un nouveau mot pour la circonstance.
Détail non sans intérêt: il s’agit ici d’un des rares extraits du livre de Ningwary sur lesquels ce dernier ne s’est pas trompé. Pour le reste de son texte, « Ma Jungle, Ma Gloire » fut décrit dans son discours par le dernier président de l’académie des lettres impériales (particulièrement progressiste) comme «Un tissu de prétentions colonialistes, racistes, horriblement dénué de références sérieuses et le passage voulu érotique au chapitre cinq n’intéresserait même pas mon neveu de quatorze ans. »

Ari, car il avait été bien élevé, n’avait jamais lu « Ma Jungle, Ma Gloire », mais il savait bien qu’au fond, scarabées ou humains, dès qu’il y en avait beaucoup c’était souvent les mêmes problèmes.

L’officier impérial avait en effet le crâne qui lui vibrait entre les cornes à cause des centaines de discussions qu’il aurait du surveiller avec attention en temps normal, et il pensait régulièrement à regarder ses angles morts. Impossible de se concentrer aujourd’hui. 
Il venait d’apprendre, en assistant à une conversation de la Princesse avec un de ses conseillers, qu’un homme important se cacherait à quelque taverne d’un des comptoirs de l’Île. Le Magistrat Raklhus semblait être une personne dont les motivations étaient floues, et son Altesse ne voulait apparemment rien laisser au hasard et trouver cet homme pour le ranger d’une façon ou d’une autre de son coté. 

Ari était parti sans attendre à la recherche de la cible. Il commençait seulement, quatre heures plus tard, à se demander s’il n’aurait pas du attendre, justement, que la princesse Adbreith lui demande explicitement son aide, plutôt que de décider lui même de son implication dans cette mission supposément secrète.
Le temps étant dégagé en cette belle fin d’après midi, ainsi il se dit que les Dieux ne lui en voulaient pas de cette décision, du moins pas pour le moment. Ari se réjouit que ce signe lui donne raison. Il n’était pas si idiot et il savait bien qu’il était le meilleur homme de la princesse pour ce genre de mission d’assassinat. Ou diplomatique. Bref, il verrait les détails plus tard.

Il venait de tomber nez à nez sur la façade de l’auberge du Furet Rugueux et marqua une pause de quelques secondes pour prier les dieux de ne pas succomber à la tentation de l’alcool. Cette précaution était devenue une habitude depuis les quelques semaines qu’il avait passé sur l’ile et s’était dit que c’était une très bonne idée.

Ses yeux tombèrent sur le petit panneau « entrez ». Révolté par une telle incitation à la débauche, Ari arracha le petit panneau de la porte où il ne tenait plus que d’un clou de toute façon, puis il s’épousseta la manche, souffla un grand coup et poussa la porte.

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Sail Cyan'or

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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Mer 5 Nov - 14:14

Sail était encore plongé dans... ses pensées lorsqu'il entendit un bruit sourd derrière lui. En un instant il était retourné, debout, cuisse de poularde à la main. A ses pieds gisait un ivrogne: l'alcool semblait avoir eu raison de sa dignité. Sail se rassit, rassuré. Il n'était pas à l'aise en ce coupe gorge et les regards inquiets que le tavernier lançait fréquemment en sa direction indiquait que l'addition approchait dangereusement.

C'est à ce moment que choisit un homme étrange pour pénétrer dans l'établissement.

Le teint gris, L’œil perçant, de stature bien forgée mais fine, une étrange aura se dégageait de l'inquiétant personnage. Il avait à son cou de nombreuses amulettes qui s'entrechoquaient en cliquetant dans le silence soudain créé par son arrivée. Sa peau presque blafarde contrastait avec les sombres cernes qui entouraient son regard pénétrant.

C'est alors que Sail impressionné, remarqua:
"Hé mais, ça serait pas un soldat impérial ? On dirait la pancarte de la taverne dans sa main."

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Ari Valkoinen

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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Mer 10 Déc - 4:33

Les aventures du vieux Raklhus.

Il aurait bien montré ce caillou à la dite Gertrude, mais l'homme était si bien assis qu'il n'avait pas le coeur à se lever.

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Alura Nya'o

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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Lun 6 Juin - 0:53

Alura n’aimait décidément pas cette chambre.

Froide et humide, passe encore, la forêt à l’automne pouvait imposer des conditions similaires, mais une telle puanteur n’était pas acceptable. Alura connaissait l’odeur de la bière. Idrilis offrait à tout voyageur, pour quelques pièces de cuivre, le loisir de séjourner dans une auberge aux caves bien fournies et au comptoir chaque jour bien égayé. Elle avait également déjà fait la connaissance de quelques pirates, passant par les bords de côte des terres d’Yla, en quête d’un ravitaillement rapide, discret et bon marché. Cependant, elle n’avait jamais mis les pieds dans une taverne remplie de pirates, empestant le pirate, sur une île pirate, en plein milieu de l’océan. Le voyage en mer avait été une épreuve plus facile à surmonter qu’elle ne l’aurait cru, mais ÇA… c’était vraiment trop pour une fervente adoratrice de Dame Nature.

Heureusement, les quelques jours qu’elle venait de passer sur l’île principale valaient bien quelques sacrifices. Elle pouvait encore le ressentir dans son corps, cette île appartenait toute entière à la Nature. C’était sacrilège d’y avoir fait pousser des villes et imposé des lois autres que celles des esprits qui y foulaient la terre.
Et bien sûr... elle savait très bien pourquoi cet arrêt dans ce taudis était important. L’homme dont lui avait parlé son jeune patient, Alec, était forcément dans les parages, il le lui avait assuré. Si cet homme en savait autant qu’il le disait, il accepterait peut être de l’aider. Elle n’avait pas grand-chose à proposer en échange cela dit. Malgré les efforts insistants de son peuple pour lui offrir quelques bijoux à troquer contre monnaie sonnante et trébuchante, elle n’avait pris avec elle que sa propre bourse, quelques affaires personnelles, deux de ses plus belles lances et Jem. Elle n’irait nulle part sans Jem, et lui non plus d’ailleurs, même s’il avait appris à ses dépens qu’il était plus judicieux de passer les trajets en mer sous la cape de sa maîtresse, qu’accroché tel un macaque aux cordages du bateau. Lui non plus n’aimait pas l’aura que dégageait le lieu. La jeune banshee s’était bien rendue compte que cette auberge était nocive, mais elle comptait sur le soutient des esprits pour y échapper. C’est pourquoi elle avait passé l’après-midi à méditer et revenait seulement à elle. Avec la sensation d’être clouée au sol par l’ambiance pesante de l’endroit, elle se leva lentement et entreprit d’aller se promener avant le diner.

Attrapant sa lance à lame de faux – elle était très fière de celle-ci car elle donnait l’impression que la lame formait le bec d’un corbeau dont le corps était fait de plumes, d’os et de gravures* – et claquant de la langue pour enjoindre Jem de monter sur son épaule, elle sortit de sa chambre. Après avoir pris soin de fermer la porte à clé, elle descendit les escaliers sans faire grand cas des yeux grivois qu’un ou deux matelots passablement soûls lui lançaient au passage. Aucun d'entre eux n'aurait eu le courage de se comporter ainsi en état de sobriété, mais l'alcool semblait atténuer quelque peu l'effet, ou bien seulement sa portée, qu'avait sur eux l'aura menaçante d'Alura. Dans un petit coin de sa tête, Alura s'en réjouissait. Elle n'aimait pas faire peur sans l'avoir décidé.

Maintenant qu'elle était dans la pièce principale de l'établissement, sa chambre lui manquait presque. Décidée à sortir le plus vite possible, elle marcha d'un pas décidé vers la sortie. Elle enjamba avec grâce un corps inanimé, les cheveux baignant dans ce qui avait dû être de la liqueur de noisette – le nez de la jeune fille ne mentait pas – le pauvre homme avait piètre allure et un autre type pas bien plus reluisant, se moquait déjà de lui, une cuisse de volaille à la main. Puis elle slaloma entre les tables en direction de la porte. L'air était trop irrespirable, tous ces gens semblaient s'en accoutumer parfaitement, même le gamin plutôt bien habillé, assis à la table près de l'entrée jouait aux dés sans s'en soucier.

Toujours en mouvement vers la porte, elle détourna le regard du jeune garçon et manqua de percuter un homme imposant en uniforme. Il semblait bien important pour se trouver dans un comptoir de pirates, et mine de rien, il arborait de grandes cornes sur sa tête, aussi Alura recula prestement en s'excusant :

___- Veuillez m'excuser officier.

Après un signe de tête, et un léger regard interrogateur à sa main droite dans laquelle se trouvait la pancarte de la taverne – alors comme ça cet officier avait à voir avec le personnel de cet établissement ?! – elle contourna l'homme et ouvrit la porte. L'air marin emplit ses poumons, lavant sur son passage les reflux du bouge qu'elle venait de quitter.


*
Lance à lame de faux (en imaginant la lame plus courbée):
 

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Éos Metepte

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Date d'inscription : 01/06/2016
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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Mar 7 Juin - 1:18

Il était étrange de retrouver la civilisation après une semaine passée quasiment seule dans la partie inexplorée de l'île. Éos n'aurait su dire si elle se réjouissait ou non de son séjour dans le port malfamé. Le contraste flagrant avec la nature florissante qu'elle venait de quitter était pour le moins… saisissant.

La jeune Sylphe était arrivée la veille, et n'avait pas été déçue de l'accueil. Les pirates parlaient fort, buvaient trop et se battaient volontiers. C'étaient des hommes de la mer, qui croquaient la vie à pleines dents, cherchant à en explorer tous les aspects avant de passer l'arme à gauche. Ce qui, pour un barde, signifiait un accueil plus que satisfaisant. La plupart des malandrins se fichaient bien de son age, ayant pour la plupart commencé mousses bien plus jeunes qu'elle. Au moins, Éos n 'aurait pas à se soucier de ses rentrées d'argent.

L'île pirate avait quelque chose de terriblement excitant – la moindre ruelle semblait une invitation à l'exploration et à l'aventure. Si Éos était à la base venue avec un but précis en tête, la jeune Sylphe n'avait pour le moment pas commencé ses recherches sur l'emplacement du magistrat l'ayant conduite en ce lieu.
Apprendre que le vieil homme avait ressurgit avait attisé la curiosité de la jeune fille. Si les rumeurs étaient vraies et que le magistrat possédait effectivement un document compromettant sur la famille Impériale, Éos se devait de le savoir. Tout d'abord parce qu'il lui faudrait du temps pour rédiger un chant digne de ce nom avant que l'information ne circule – il était strictement hors de question qu'un autre barde n'en écrive un avant elle. Une histoire si croustillante ne pouvait tout simplement pas lui filer entre les doigts. D'autant plus que la jeune fille ne souhaitait pas spécialement la chute de l'Empire.
Mais Éos restait avant tout une enfant de Marath - issue d'une famille noble qui plus est. Son pays natal avait toujours entretenu une relation étroite avec l'Empire, et le père d'Éos avait à plusieurs reprise fait l'éloge de ce dernier. La jeune Sylphe était partie de chez elle avant que la famille impériale ne soit forcée de s'exiler chez les Marath, mais elle ne doutait pas que son père les avait rencontrés.
Un soulèvement contre la famille impériale pourrait être dangereux pour la famille d'Éos.
Une telle information pouvait par ailleurs mener facilement à une nouvelle guerre, ce qui contrariait la jeune Sylphe. Contrairement à ce que certains ménestrels parmi les plus sots pouvait déblatérer, il n'y avait rien de glorieux ou d'épique dans le fait de s'entre-tuer.

Poussant un petit soupir en se rendant compte que l'ombre intrigante qu'elle avait suivie jusque dans une arrière-cour sombre n'était qu'un simple chat de gouttière, la jeune Sylphe se décida à retourner à l'auberge où elle séjournait. Le temps était doux en ce début de soiré, mais la jeune fille commençait à avoir légèrement faim. Elle avait passé l'après midi dans les rues du port à déambuler dans l'activité ambiante, et en avait perdu la notion du temps. L'auberge en question était bruyante et animée, et tenue d'une main de fer par une imposante matrone. Éos avait obtenu non seulement une chambre et autant de repas qu'elle le souhaitait en échange d'une prestation quotidienne – le fait qu'elle ne mange pas de viande et ne boive pas d'alcool avait probablement grandement pesé dans cette offre généreuse - mais en plus de cela la patronne l'autorisait à garder tous ses pourboires.
La jeune fille avait laissé son luth en sécurité dans sa chambre provisoire, et sifflotait distraitement quelques notes sur l'air d'un chant à virer qu'elle venait de mémoriser au port, cherchant quels accords conviendraient le mieux. Rien ne valait un chant du coin lorsque l'on voulait faire pleuvoir les pourboires.

Alors que la jeune fille tournait au coin de la rue et que l'auberge entrait dans son champ de vision, une haute figure aux longs cheveux noirs se dessina devant la porte de l'établissement. Surprise, la jeune Sylphe marqua un temps d'arrêt. Elle avait quitté Alura peu de temps auparavant, et ne pensait pas la revoir de sitôt. Éos se demanda si les esprits de la nature avaient jugé bon de réunir de nouveaux les deux jeunes femmes. Malgré son aspect un peu inquiétant, Éos appréciait sincèrement la Banshee.
Un sourire se dessina sur les lèvres de la Sylphe qui partit en trottinant à la rencontre de la jeune femme. Alura avait les yeux à demi fermés et semblait respirer plus fortement que la normale. L'air ambiant semblait lui faire un bien fou – ce qui n'était pas très étonnant si la Banshee sortait de l'auberge. Éos voyait difficilement comment l'adoratrice de la nature pouvait supporter l'ambiance confinée d'un taverne comme celle-ci.
D'humeur joueuse, la Sylphe invoqua une légère brise marine qui vint caresser le visage de la jeune femme, soulevant délicatement ses longs cheveux noirs, ainsi que les plumes ornant son étrange lance. La jeune fille ne pu s'empêcher de pouffer légèrement devant l'air qu'afficha Alura.

Note:
 
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Alura Nya'o

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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Mar 7 Juin - 11:45

Les aventures du vieux Raklhus.

Le mardi à la surface c'était jour de marché, si l'on était bien mardi, il pourrait remplacer le cochonnet perdu la veille.

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Ari Valkoinen

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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Ven 10 Juin - 2:51

Ari Valkoinen n’était pas qu’un simple soldat. Lieutenant de la grande Légion Impériale, récemment décoré d’une médaille à titre officieux par la princesse Adbreith elle même, il aspirait timidement au poste de capitaine de la Légion, peut être même « centurion », bien que ce titre fut de nos jours purement honorifique. Combatant affirmé, vétéran des opérations spéciales aux conditions les plus extrêmes qui furent, homme de terrain sans pareil, bretteur plus que confirmé… non, cet homme n’avait objectivement plus grand chose à prouver et sans qu’il s’en soucie vraiment, aucun homme ou aucune femme ne pouvait vraiment le regarder plus d’un instant et déclarer sans broncher qu’il était un « tendre ».

Mais le lieutenant, si fier de lui en rentrant dans l’auberge miteuse, si certain que rien ne le ferait jamais flancher dans l’adversité, se pissait dessus.

La cause de sa détresse n’était nulle autre la mort en personne.

En ouvrant grand la porte d’entrée du lieu, Ari n’eu que quelques secondes pour jauger du regard les quelques olibrius qui le dévisageaient. Instinctivement, il retenait déjà l’emplacement de chaque personne, de chaque couvert, de toutes les torches, et bien entendu l’absence évidente de symboles de foi. Mais il n’eu pas l’occasion de finir de balayer des yeux la piece enfumée qui s’offrait à lui. Ceux ci s’arrêtèrent net sur la silhouette d’une femme. Au milieu de l’agitation chaotique de la taverne, entre les volutes de fumées et les projections de bière, celle ci s’avançait doucement, d’un pas lent et mesuré, dans sa direction. Le sang d’Ari ne fit qu’un tour. Une jeune femme pâle, aux longs cheveux noirs, une grande faux à la main, celle ci ornée de plumes de corbeaux aussi noirs que sa chevelure, capta instantanément la toute attention de l’officier, planté devant l’entrée. La panique le plongea dans un état second: le temps se déroulait au ralenti, le vacarme des clients lui semblait excessivement lointain, et la salle lui semblait plus sombre.

Le dernier des incultes connaissait Kashka, déesse de la Mort et de la vie. Et tous savaient que voir la silhouette dénudée d’une femme aux longs cheveux noirs était un des présages les moins souhaitables. Ari, qui en plus de ne pas être un simple soldat, n’était pas le dernier des incultes, croyait dur comme fer qu’il voyait maintenant une telle apparition. Il se fichait que la femme ne soit pas nue, tout le reste de sa personne était exactement comme il l’avait imaginée. La faux ne faisait que renforcer le mythe, ainsi que les plumes et os de corbeaux. Pour le cornu, le doute n’était pas permis. Incapable de bouger, il regardait la femme avancer lentement dans la piece, alors que la sueur coulait déjà sur sa propre nuque. Il savait que quelqu’un, dans cet auberge, mourrait avant minuit.

L’officier ne pouvait que retenir son souffle en attendant de découvrir qui. La pensée que Raklhus pourrait décéder avant que la mission soit menée à son terme lui traversa l’esprit une seconde. La seconde suivante, il senti avec horreur la main de la femme, la main de la Mort, effleurer moins d’une seconde son bras pour le contourner alors qu’elle lui adressa quelques mots qui furent à Ari l’effet d’une annonce funeste:

- Veuillez m'excuser officier.

Elle l’avait choisi lui. La mort avait traversé toute la piece lentement, en enjambant consciencieusement les saoulards qui roulaient sur le sol, sans dire un mot... mais c’est à Ari Valkoinen, parmi tous qu’elle toucha de sa main et de sa voix. C’est quelques secondes, ou peut être une éternité plus tard, qu’il entendit juste dans son dos la femme inspirer longuement et avec une certaine lassitude. Exactement comme si elle aspirait distraitement son âme dans son oeuvre sans fin. Ce fut le moment que choisi la vessie de l’officier pour se vider d’elle même.

Quelque chose, un miracle peut être, lui fit reprendre possession de ses moyens. Les larmes aux yeux il était partagé entre l’honneur d’avoir été appelé à son destin par la déesse elle même et le désespoir de savoir sa vie interrompue si tôt, alors qu’il avait encore tant de quêtes à mener à terme, tant de dettes à racheter. Il se rua vers une table proche où un homme à l’allure débonnaire riait ouvertement de lui. Il écarta une main brandissant une cuisse de poularde pour saisir la fourchette émoussée sur un des plats de l’homme moqueur.

Continuant à pleurer, oublieux de l’attention qu’il provoquait, il s’enfonça subitement le couvert dans sa paume gauche, serrant les dents, quand bien même l’adrénaline lui épargnait une bonne partie de la douleur, puis finalement, se cachant sous une table, il laissa couler le sang de sa main le long de sa nuque. Psalmodiant des prières de sa propre invention, il espérait, il priait pour qu’en faisant une offrande de sang au tatouage de Kashka dans son dos, celle ci accorde de lui donner un sursis. Il en avait besoin. Elle devait le comprendre. Il se fit la promesse de se faire tatouer des plumes de corbeaux supplémentaires sur son corps alors que toute l’auberge regardait avec curiosité un officier se mutiler et murmurer quelque supplique entrecoupée de sanglots, agenouillé sous une table, dans une odeur de bière, d'urine et de jus de poularde.
PS:
 

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Sail Cyan'or

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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Jeu 16 Juin - 13:30

Le silence demeura encore quelques instants, entrecoupé des psalmodies lancinantes du nouveau venu qui se balançait lentement d'avant en arrière, accroupi sous la table de Sail. Puis un immense éclat de rire rompit cet étrange tableau. Un rire général, tardif, gêné, presque agressif. L'homme était visiblement "atteint".
"Oh. Hé. L'ami !" Sail, penché sous la table, essayait de couvrir le vacarme ambiant.
"Vous ne devriez pas traîner ici, ce n'est pas un endroit pour vous..."

L'aubergiste s'approchait.

Sail poursuivit prestement : "Dites... vous n'auriez pas quelques pièces à m'avancer ?"

L'homme restait silencieux, le regard fixé dans le vide, continuant sa litanie inconnue.

Une violente effluve agressa soudain Sail. "La vache, ça pue ! Vous ne vous seriez pas aussi chié dessus ?"

L'homme ne semblait pas l'entendre et macérait dans ses fluides. Sail distingua du coin de l’œil un hachoir dans la main de l'aubergiste.

"Bon... Bon, bon, bon. Mon cheval m'attend, je vais devoir vous laisser. Et enlevez cette fourchette, vous en foutez partout."

Sail se releva, fit volte-face et tomba nez-à-nez avec l'aubergiste. Il s'arma de son plus beau sourire face à un homme ventripotent, aux sourcils fournis et essuyant méticuleusement un pesant hachoir: il semblait vouloir paraître patibulaire.
Il l'était.

"Hum hum. Holà, affable gargotier, vous tombez tel un grand frère dans le château de la barbe bleue. Votre mâle prestance, altière mais néanmoins soucieuse, m'indique que vous vous inquiétez quant à la rétribution de votre succulent confit de poularde, noble animal s'il en est."
L'homme acquiesça par un grognement bref. Ses traits n'avaient pas bougé d'un iota. Le sourire de Sail dépassa ses commissures pour atteindre ses oreilles. Sa crispation rendait sa diction difficile.
"Ah ! Ah ah ! Parfait ! Figurez-vous que nous étions justement en train d'en discuter. Je vantais à l'instant même les délices de votre cuisine à mon ami ici présent. Cuisine que je me permettrais toutefois de soupçonner d'être soutenue par quelque ingrédient inconnu dont vous avez le secret."

L'homme fronça encore plus les sourcils, ce qui semblait impossible à Sail. Mais son débit ne tarissait point.

"Allons, allons, ne faites pas l'intriguant, mes papilles de connaisseur m'ont fait reconnaître dans votre sauce une épice exotique. Du zédoaire, peut-être ? Non, ne dites rien ! Je ne veux pas percer cette énigme dont la révélation ôterait tout le sel. Laissez-moi demeurer dans cette incertitude mêlée de doute et d'espoir qui fait la marque des grands mets."

L'homme resta interdit. Sail avait de toute façon renoncé à lui laisser la parole.

"Mais je vois clair dans votre jeu, avenant bistrotier. Je sais que vous n'êtes pas venu me réclamer l'addition. Nous sommes tous deux conscients que votre clairvoyante sagacité a eu raison de notre couverture."

L'homme  leva enfin l'un de ses buissonneux sourcils.

"Non, inutile de contrefaire l'ingénu, aimable mastroquet. Mon comparse et moi-même sommes assez lucides pour se rendre à la stupéfiante évidence : par un tour de force cérébral -qui me laisse pantois- votre esprit pénétrant, que dis-je, éclairé, que l'on devine derrière cet oeil alerte a bien compris notre petit manège que nous croyions pourtant insaisissable. Je me dois de le confesser, mais l'aveu fait à un être tel que vous m'ôte tout déshonneur tant je me rends compte que la cause était perdue d'avance. N'en fût-elle pas plus belle? Voilà, je l'admets : nous sommes comédiens."

Le sinistre personnage resta silencieux, le visage affichant un effort louable de comprendre et de simultanément montrer qu'il avait compris.

"En effet, tout ceci n'était qu'une mise en scène pour attirer votre attention afin de mieux vous surprendre par la suite, je l'avoue. Mais comment aurions-nous pu deviner que nous tomberions face à un tel foudre de clairvoyance? Vous avez le nez creux, ingénieux cabaretier. Votre discernement a eu raison de notre pastiche et abrège les présentations : nous souhaiterions nous produire dans votre prestigieuse institution."

Sail marqua enfin une pause, qui fut traversée par les psalmodies incessantes de l'homme accroupi sous la table. Une forte odeur d'urine mêlée de sang monta jusqu'à leurs narines.

"Nous ne demandons pas grand chose, simplement le gîte et le couvert, moyennant une représentation par soir. J'ai bien conscience que c'est là une faveur que je vous demande, compte tenu du panache de votre établissement, mais nous sommes tous deux d'anciens membres de la troupe impériale, radiés par des congénères jaloux, au jeu déplorable et à l'allure fort terne. Vous ne serez pas déçu de notre talent, mais je lis dans vos yeux que vous avez déjà saisi depuis le début de cet entretien que vous aviez affaire à des professionnels. Il est donc pour moi inutile de vous préciser que mon partenaire ne sort jamais de son rôle devant un public. Il suit en cela l'abolition de la stupide distanciation de l'acteur, théorisée par un imbécile dont j'ai oublié jusqu'au nom. Mais je ne veux pas vous importuner plus avant avec des lectures peu recommandables auxquelles, j'en suis certain, vous n'avez heureusement jamais accordé ne serait-ce qu'un instant de votre vertu, humaniste que vous êtes. Me trompé-je ?"

L'aubergiste se balança d'un pied sur l'autre, mal à l'aise.

"Non, ne m'en soufflez pas d'avantage, je décèle un voile pudique dans votre attitude qui accroît encore votre mérite. Je suis confus d'avoir ainsi porté atteinte à votre honnêteté. Souffrez mes plus plates excuses. Tenez, en réparation de mon outrecuidance, et pour faire amende honorable d'un tel affront, je vous propose de commencer dès demain, si votre générosité allait jusqu'à nous héberger pour une longue nuit de répétition studieuse."

Le tavernier jeta un regard hésitant en direction du bar où une colossale barmaid récurait vigoureusement des chopes avec un tablier dans lequel Sail aurait juré l'avoir vue se moucher tout à l'heure.

"Aaah, je perçois une ombre dans votre regard, gracieux hôtelier ! Soyez sans crainte. Je jure par les dieux et sur mon honneur de gentilhomme de ne point attenter à la vertu de votre ravissante épouse. Tout au plus nous servira-t-elle de muse pour l'inspiration de la longue nuit de travail qui nous attend. J'ai bien conscience de la réputation de certains comédiens sur le continent, mais quittez ce souci : il serait criminel de chercher à dépraver une si chaste et angélique créature. Considérez-nous dorénavant comme vos humbles et dévoués serviteurs."

Sail s'inclina en faisant virevolter son chapeau et fouetta plusieurs fois la trogne du tavernier qui recula, chancelant. L'homme balbutia maladroitement : "Euh... Eh bien... Je... Je suppose que... Enfin je veux dire..."
"Parfait ! reprit Sail. Je n'en attendais pas moins d'un homme tel que vous ! Une telle sagacité ne pouvait qu'aller de pair avec une générosité à toute épreuve, et mon compagnon et moi-même ne nous y trompions point."

L'homme, apparemment désireux de partir, tourna les talons. Sail sortit de sa poche une petite chevalière en étain qu'il venait de dérober à son ancien compagnon de tablée à présent en train de cuver son vin non loin de l'étrange individu toujours prostré sous ladite table.

"Attendez, mon brave ! Une dernière chose. Daignez accepter ce modeste présent en gage de notre gratitude. C'est une bague qui m'a été offerte par une de mes conquêtes, une chanteuse lyrique de l'ouest. Elle est aujourd'hui marquise et avec sa nouvelle condition se sont évanouis tous mes espoirs.  Non, non, ne refusez pas, vous me rendez service : le souvenir m'en est trop cruel et vous me libérez ainsi d'un pesant fardeau. En vérité, c'est encore vous qui me rendez service. Elle est forgée dans un métal souple issu du désert de feu, qui, vous le verrez, ressemble pour l’œil ignorant à de l'étain. Ne vous y trompez pas -je ne me fais d'ailleurs aucun souci quant à ce sujet- car cette bague vaut largement de quoi vous dédommager pour le dérangement de notre mise en scène. Je suis même convaincu que vous nous assurerez dans votre altruiste philanthropie une seconde poularde pour mon compagnon et moi-même, afin de nous remettre de cette première prestation scénique."

L'homme hocha vivement la tête et retourna en cuisine, manifestement pressé. Sail le regarda un instant s'éloigner, satisfait, puis se pencha à nouveau sous la table et croisa enfin le regard de l'homme perdu dans un monde auquel Sail n'avait pas accès.

"Eh ben, mon cochon, on peut dire que je nous ai sauvé les miches. Vous venez becqueter ou vous comptez rester là toute la soirée?"

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Alura Nya'o

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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Ven 24 Juin - 14:05

L’air marin était vivifiant. Alura sentait son esprit s’éclaircir à chaque respiration. Elle pensait à chez elle, à son peuple qui attendait son retour. Il y avait ceux qui attendaient ses conseils bien sûr, mais surtout il y avait ses amis, sa famille. Elle regarda passer une vieille femme portant une charrette pleine de poissons. Il ne devait pas y avoir beaucoup de viande ici, l'oiseau de mer mis à part. La population de mouettes, bien que décimées par dizaines chaque jour, ne semblait pas diminuer. Elles devaient trouver l'île accueillante malgré tout.

*Ou bien elles n'ont aucun instinct de survie ! C'est peut être mon cas aussi. Je suis sans doute un moucheron attiré par la lumière, une mouette qui finira dans une assiette,* se dit la jeune fille, morose.

Ses pensées s’envolèrent vers celui qui lui avait appris à survivre, son mentor. L’officier de la taverne lui avait rappelé Rodrik. Il lui avait semblé que les cornes de l’étranger n’étaient pas aussi volumineuses que celles du chasseur, moins létales disons. Elles imposaient cependant le respect, comme chez les quelques autres cornus qu’elle avait rencontrés. …et en y réfléchissant bien, il était curieux que le Hornt ait eu l’occasion de trouer ses cornes pour y placer une breloque. Alura se souvenait de cette chasse durant laquelle Rodrik avait dû, pour les protéger d’une charge de sangliers, se placer cornes en avant. Elle avait dû le trainer jusqu’au village et le pauvre homme n’avait repris ses esprit que plusieurs heures plus tard.

Elle était très proche du grand chasseur, il lui manquait terriblement. Ce sentiment l’envahissait peu à peu lorsqu’un courant d’air frais vint lui chatouiller le cou. Troublée, elle s’arrêta de respirer, le regard interdit, se demandant si la mer cherchait à l’avertir de quelque chose. Lui revinrent alors en mémoire les mots de sa mère : "Si tu veux donner sa chance à tes filles, car tu porteras des filles ma chérie, choisis leur père parmi les fils des Filles de la Forêt." Les esprits essayaient-ils de lui envoyer un message ? Elle aimait Rodrik comme un père, comme un frère peut-être, mais certainement pas… Un grand éclat de rire provenant du Furet Rugueux la fit sursauter. Persuadée pendant un instant que ses pensées avaient été étalées sur la place publique, elle se renfrogna, vexée d’être l’objet de moqueries. Jem sauta de son épaule, sûrement effrayé par le bruit.

Vivre à la ville avait décidément chamboulé tous les sens et instincts de la jeune femme car elle eut à peine le temps de voir la petite silhouette approcher et lui sauter dessus. Elle n’eut cependant pas de mal à reconnaitre les cheveux argentés qui lui cachaient maintenant la vue, et à comprendre la raison de la soudaine excitation de Jem. En un mot : Éos.
Alura poussa un soupir avant de sourire malgré elle. Éos savait qu’il ne fallait pas trop pousser sa chance et descendit du dos de la banshee. Alura se souvint des deux hommes saouls de l’auberge qui n'avaient pas été dérangés par son aura. Une hypothèse farfelue lui vint alors à l’esprit : Éos devait être dans un état d’ivresse perpétuel pour ne jamais se soucier de son humeur. Elle était le seul individu d’une autre espèce capable de rester à moins de trois mètres d’elle quand elle était énervée. Cela la rendait à la fois précieuse, et insupportable !

- Éos, dit-elle amusée avec un petit hochement de tête. Que fais-tu dans cette ville infecte ? Je croyais que tu voulais continuer l'exploration de l'île. Tout va bien ? finit-elle un peu inquiète.

Ce n'était pas forcément surprenant de rencontrer la Sylphe ici. Elle devait bien exercer son art quelque part. Il fallait bien manger. Cependant, quelque chose dans son regard semblait indiquer une certaine frustration. Cela pouvait tout aussi bien vouloir dire que la petite femme n'avait pas eu son compte de mystères pour la journée, mais c'était assez pour inquiéter Alura.

- Je loge dans cette auberge... si l'on peut dire. Jem déteste cet endroit autant que moi. Mais que veux-tu, il faut ce qu'il faut.

Éos commençait à peine sa phrase que des éclats de voix l'interrompirent. Deux hommes se beuglaient dessus d'une façon propre à la race humaine. N'importe qui aurait pu les traiter d'animaux en passant devant les deux énervés qui se "bouffaient le nez", mais quiconque partageait les croyances d'Alura sur le monde, n'aurait pas osé insulter les animaux de la sorte.
Ils étaient tous deux très grands. Alura mesurait près de 6 pieds et ces individus la dominaient d'une bonne tête. Ils arboraient des tatouages en tout genre, des croix de toutes formes, des signes étranges, ainsi que des femmes nues... beaucoup de femmes nues. Le premier était bien plus musclé que le second, cependant ce dernier ne semblait pas s'en soucier, continuant d'insulter son interlocuteur.

- J'te préviens Jo ! Ça va pas finir comme ça ! Et toi la vieille peau, dégage ! Tu nous enfumes avec ton poiscaille ! lança-t-il hargneux, à la vieille marchande qui s'était installée un peu plus loin.

Alura n'aimait pas du tout la tournure que prenait la situation, ils en viendraient bientôt aux mains. Il suffisait que l'un d'eux cogne trop fort et la mort pouvait frapper. Alura sentit des bouffés de chaleur naitre dans l'intégralité de son corps. Son aura devait s'en ressentir car les deux hommes eurent un mouvement de tête nerveux dans sa direction, avant de recommencer à agiter leurs poings l'un vers l'autre.

*Ça y est, c'est la mort qui vient. Oh la la, c'est ma faute... Je suis désolée, je suis désolée.*

Elle se mit alors à réciter à haute voix tous les noms d'insecte qu'elle connaissait :

- Coccinelles, Phasmida, Blattodea, Macrolucanidae, Cérèses, Fourmis, Diptères...

Puis elle cria.

Un tout petit cri, un couinement presque, un cri de surprise et de peur.
Eos s'était approchée des deux hommes et commençait à essayer de les raisonner. Cette petite femme avait du cran mais qu'est-ce qu'elle pouvait être stupide ! Alura avait déjà été témoin du manque d'instinct de préservation de la sylphe, mais ça ?! Ça méritait une médaille. La banshee était en faveur du "vivre ensemble et en harmonie", mais certains avaient une vision bien à eux de ce qui était harmonieux.

Et voilà que les deux brutes s'en prenaient à elle, enfin d'accord sur quelque chose :

- T'as rien à nous dire petite. Fous l'camp.

- Ouais c'est ça. T'sais c'qu'on en fait des gosses comme toi ?!

- Laisse tomber, elle vaut même pas le prix de la corde qu'il faudrait pour l'attacher !


Alura ne pouvait toujours pas bouger. Figée par la peur de devoir sonner la fin d'une vie, elle regardait la scène, impuissante. La main crispée sur sa lance, elle vit Jem se précipiter vers elle. Il passa devant ses yeux, se campant sur sa tête. Cela ne lui prit qu'une seconde, mais lorsqu'Alura retrouva la vue, enfin capable d'agir, elle fixa avec effroi l'énorme poing qui prenait la direction du visage de son amie.


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Dernière édition par Alura Nya'o le Ven 24 Juin - 16:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   Ven 24 Juin - 15:58

Les aventures du vieux Raklhus.

"Hé, Raqui, je tire ou je pointe ?"

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MessageSujet: Re: Le vieux Raklhus   

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