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 Zéphyr Pendragon

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Zéphyr Pendragon

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Date d'inscription : 13/11/2011
Messages : 28

MessageSujet: Zéphyr Pendragon   Dim 13 Nov - 23:42



I- Informations essentielles

Nom : Pendragon

Prénom : Zéphyr

Sexe : masculin

Age : une cinquantaine d’années

Espèce :

Groupe : réfugié d’Yla

Croyances : Aucune, Zéphyr est avant tout lié à la Nature et son essence.  

Métier : A l’origine, il suivait son maitre Salomon, à présent il vole et cambriole pour survivre. Mais dès qu’il le peut, il se débrouille dans les forêts pour trouver sa nourriture.  

Domaine : voyageur

Rang : vagabond



II - CAPACITÉS ET POSSESSIONS

Équipement :

Une flûte, un lance-pierre, un poignard.


Capacités :

- Pouvoir de communiquer avec les animaux et les éléments naturels
- Communion avec la nature (l’un réagit en fonction de ce que l’autre ressent et inversement)
- Enchantement sur animaux ou humains
- Rapidité et agilité extrêmes surtout en milieu naturel

Faiblesse :

- Force physique limitée
- Méconnaissance du monde
- Tendance à la dépression en milieu urbain
- Dépendance à la nature


Particularité :


III- Physionomie

Zéphyr est, comme beaucoup de fadets, très svelte. Par chance il dispose d’un physique pouvant le faire passer pour un petit garçon, ce qui l’accommodera dans les circonstances où cacher sa vraie nature deviendra nécessaire. Ses cheveux sont d’une couleur dorée, longs et broussailleux au départ mais par la suite plus courts et ordonnés. Ses yeux sont noirs mais selon les circonstances ils peuvent prendre une sombre teinte verte, bleue ou ambre, et sous l’effet de la colère se teinter d’un éclat rouge, leur forme évoque celle des lutin, plutôt en amande et à l’iris large. Son visage évoque clairement celui d’un enfant d’une dizaine d’années, une tête ronde, un petit nez en trompette et un grand front bombé. Ses oreilles sont bien évidemment pointues.

Zéphyr est dans sa morphologie très proche d’un jeune enfant. Il est chétif mais assez robuste pour lui permettre de vivre à l’état sauvage. Ses mains et ses pieds sont très fins et longs. Il est imberbe, comme tous ceux de son espèce. Au début de l’aventure il aura des ailes, qui consistent davantage un fardeau qu’un pouvoir. Dans la forêt, il vit principalement nu mais par la suite il obtiendra des vêtements.


VI- Psychologie

Zéphyr est un enfant sauvage. N’ayant jamais quitté la forêt où il est né, il ne connait rien du monde extérieur. Il est donc farouche, craintif, méfiant, mais en même temps il est assez naïf et influençable. Il n’est pas compliqué de le manipuler ou lui mentir. Il est aussi très curieux, facilement impressionné. Il peut se montrer bavard et jovial s’il se sent en bonne compagnie, et tout aussi taciturne et solitaire dans le cas contraire. Il ressent les choses plus qu’il ne les pense, il agit d’instinct. Il est capable de ressentir ce que vit la nature, un animal ou même un humain, sans parfois même qu’il ne l’explique. Il est parfois cruel comme beaucoup d’enfants. Il supporte très mal les règles et l’ordre en général, il brave fréquemment les interdictions. Son humeur, encore une fois, peut dépendre de l’environnement, de la saison, du temps… Une fois qu’il est apprivoisé, il est aussi  affectueux. En revanche, il est très sensible aux apparences, ainsi un danger peu évident ne sera pas repéré par lui tandis qu’un simple masque grotesque le fera décamper. Il est très expressif et extraverti, il pleure autant qu’il rit et se contient peu. Il a un besoin permanent de se sentir appartenir à un groupe, et il est obsédé par le microsystème social que les humains appellent « famille ». Il aime apprendre, découvrir, et rêver. Ce n’est pas un être très mesuré et il a peu conscience de ses propres limites, ni de ses propres pouvoirs. Au fond, c’est un être plutôt inadapté à la vie civilisée, très sensible, fragile, mais gai et débrouillard.


V- Histoire

Histoire de votre personnage :

Je donne tout d'abord une version abrégée de l'histoire entière car ce que j'ai écrit est long et j'ai peur que beaucoup n'aient pas le courage de lire l'ensemble... Pour mieux comprendre Zéphyr et son compagnon c'est tout de même mieux de tout lire !

Notre héros est un jeune fé qui vit dans la forêt des lucioles. Un jour, un vieux magicien du nom de Salomon s'aventure dans ces bois et trouve le fadet dont les ailes se sont malencontreusement coincées dans une toile d'araignée géante. Fasciné, il reste stupéfait un moment puis se décide à délivrer le fé, puis il lui donne quelques gorgées d'hydromel pour qu'il reprenne des forces. Étourdi, le fé s'endort sur un rocher. Salomon, de loin, le guette et l'étudie du regard. Il est tellement rare de voir un fé pour de vrai ! Ils sont bien différents des illustrations des livres. Ils ressemblent plus à des enfants elfes qu'à des lutins difformes. Soudain, un animal gigantesque apparait, c'est un immense loup noir aux yeux bleus. Il ne dévore pas le petit fadet, bien au contraire, il le hisse sur son dos et repart avec lui dans les profondeurs de la forêt. Salomon, encore tout ahuri de cette vision, repart et gagne l'Empire.

Il y voit son ami Firmin Lafigue, un scientifique très estimé (par les autres comme par lui-même). Au cours de leur entrevue, celui-ci exprime à Salomon sa rage éternelle face aux créatures maitrisant la magie intuitive, tel que le fé. Les humains ont dû se battre, travailler dur, conquérir des lieux et des savoirs, afin d'acquérir cette fameuse magie, source de tout pouvoir, alors que des lutins grotesques l'avaient en eux depuis toujours, sans produire le moindre effort ! Une telle pensée est insupportable pour Lafigue, qui y voit une suprême humiliation. Salomon, plus sage, sait que la nature s'ordonne toujours de façon harmonieuse. Si l'homme ne possède pas la magie intuitive, c'est qu'il ne doit surtout pas en être ainsi. Lafigue fait également part au vieil homme d'un de ses projets: à l'aide d'une machine de sa conception, il pense être parvenu à pouvoir transférer la part de magie intuitive d'une créature magique à l'intérieur d'un être humain. L'humain en question pourrait alors maitriser les deux formes de magie existantes et plus rien ne saura l'arrêter. Salomon est outré par de tels desseins. Pourtant, Lafigue lui fait comprendre qu'il a besoin de lui, et surtout du fé, pour mettre en œuvre son expérience. Il lui promet qu'aucun mal ne sera fait au fadet, que l'opération est sans danger et sans conséquence pour le petit être, qui sera relâché juste après. Il promet aussi, pour tenter son vieil ami, de rouvrir l'école de magie Isidris, fondée et dirigée par Salomon il y a des années. Cette école avait du fermer ses portes, malgré sa renommée, à cause de querelles entre différentes familles qui avaient mal tournées. Salomon ne s'en était jamais remis. Endetté, seul, sans but, Salomon n'est plus que l'ombre de lui-même. Il finit alors par accepter le marché de Lafigue, et se remet en route pour la forêt des lucioles.

Il attend plusieurs jours dans un abri puis le fé refait son apparition, accompagné de l'immense loup noir ainsi que d'un autre loup blanc aux yeux rouges. Ils dialogues dans un langage que Salomon ne comprend pas. C'est le langage des animaux, ou celui de la nature. Salomon les suit et découvre alors la vie pas si sauvage du fadet. Il vit avec cinq loups: un loup noir aux yeux bleus, un loup blanc aux yeux rouges, un loup roux aux yeux ambre, un loup gris aux yeux verts, un loup bleu aux yeux dorés. Ces magnifiques créatures ne sont rien d'autre que sa famille d'adoption, dont il est un membre à part entière. Le loup noir, qui est en fait une louve, sûrement la mère, l'allaite régulièrement. Salomon découvre tout de même que le fé est indépendant et parfois solitaire, il s'aventure souvent dans la forêt sans la compagnie des loups. Salomon conçoit un plan pour le piéger. Attribuant un sortilège puissant à sa flûte, il attire le fé à l'aide d'une mélodie envoûtante. Le sort fait son effet et le fé, hypnotisé, suit Salomon jusqu'à l'orée de la forêt. Salomon augmente la puissance du sortilège et allume un feu magique de manière à captiver encore plus le fé. Il est très difficile de lui faire abandonner toute méfiance. Pourtant c'est nécessaire. Salomon se risque donc à renforcer l'emprise du charme encore une fois, bien qu'il sache que cela est dangereux pour sa victime. Au bout d'un temps, absolument envoûté par les flammes qui dansent devant lui et la mélodie qui résonne dans son crâne, le fadet répond à la question fatal que Salomon ne cesse de lui répéter. Quel est ton nom ? Le fé lui dévoile alors ce qu'il possède de plus précieux. Son nom, son nom magique, imprononçable pour les humains, celui qui renferme en lui toute sa magie et son énergie vitale. Le nom s'échappe de ses lèvres dans un mince trait de lumière vaporeux et Salomon le capture dans un sceau magique. C'est seulement à cet instant qu'il comprend la gravité de son entreprise. Mais il est trop tard. Abattu par sa propre cruauté, Salomon baisse la garde et son sort s'annule, la mélodie cesse, le feu crépite faiblement puis s'éteint. C'est l'aube.

Le fadet, comprenant le piège, est terrifié et fou de rage. Ses yeux se teintent de rouge et ses cheveux se hérissent. La terre gronde, les racines sortent de terre, le vent souffle fort. Il crie et son cri résonne dans toute la forêt. Les cinq loups arrivent et le fadet menace Salomon. S'il ne répare pas son erreur, il se fera manger. Ou pire, lui le tuera. Salomon lui explique qu'il ne peut plus rien faire, il n'a pas le pouvoir de libérer son nom. La seule solution est que le fé le suive par-delà l'océan. Ensuite, il sera libre. Les loups, le regard rempli de mépris à l'égard du vieil homme, font comprendre à leur protégé qu'aucune autre option ne s'offre à lui. Après des adieux émus, le petit être quitte la forêt et Salomon et lui se mettent en route. Il pleure des heures entières. Salomon lui dit qu'il lui trouvera des vêtements. Il doit aussi lui trouver un nom. Inspirant l'air du vent qui agite ses cheveux et souffle dans ses oreilles, Salomon décide, le temps de leur aventure, de renommer son compagnon : Zéphyr. Lui demandant ensuite comment il est apparu sur la Terre, Zéphyr lui apprend qu'il est né du dernier souffle d'une maman dragon. Salomon offre au fé comme patronyme le nom mythique du célèbre mage et roi Pendragon. Dorénavant, le fé répondra au nom de Zéphyr Pendragon.




Voici maintenant le récite original non abrégé :

L’histore, bien qu'à la troisième personne, est racontée du point de vue d’un vieux magicien nommé Salomon. Je m'excuse aussi pour sa longueur.

Le vieux Salomon connaissait bien les forêts de la région. Lorsqu’il se sentait l’ardeur suffisante pour les traverser afin d’atteindre le prochain village, il prenait le temps d’observer les arbres, d’humer la terre humide, de repérer les clairières et les terriers d’animaux. Par humilité, il se refusait à étudier la flore des bois qu’il parcourait et ne connaissait donc pas les particularités des plantes qui les composaient. Il savait, d’instinct, reconnaître une herbe dangereuse d’une herbe guérisseuse, mais leur mystère demeurait insondable et il souhaitait qu’il en restât ainsi.
Salomon n’était pas un scientifique. Bien que la magie n’eut rien d’instinctif chez lui, il privilégiait le ressenti à l’étude et la pratique à la théorie. C’était un magicien solitaire et nomade de 73 ans que la nature fascinait et inspirait bien plus que n’importe quelle civilisation, en particulier celle des humains.

Les fadets font partie des créatures les plus méconnues de notre monde. Elles ne parcourent pas les terres, ne s’intègrent pas dans les villes et les seuls disposés à les rencontrer sont les voyageurs solitaires assez silencieux pour en surprendre un. Salomon était très intrigué par cette espèce. Lui qui avait foulé les terres d’Yla tant de fois au cours de son existence vagabonde, il n’avait jamais croisé ne serait-ce que la trace d’un fé. Ils étaient les fils premiers de la magie dans son état originel et cette condition les liait indéniablement à la nature. Orphelins, échappant à tout ordre et tout temps, ils faisaient partie intégrante de la forêt. Et pourtant… la forêt les dissimulait si bien à ses visiteurs. Les arbres devaient leur murmurer des avertissements avant même que l’on pénétrât dans leur royaume.

Cependant le vieux Salomon, pourtant résigné à jamais apercevoir les petits fés, s’apprêtait à faire une rencontre pour le moins… magique. Vêtu de sa peau de mouton, de son chapeau et de ses souliers mous, Salomon ne faisait pas de bruit en parcourant ainsi les bois, appuyé sur son long bâton biscornu. Il venait de pénétrer dans la forêt des Lucioles. Le sol ici était recouvert de mousse et ses pas s’enfonçaient dans ce sol moelleux sans produire le moindre son. C’est alors qu’il entendit un craquement répété qui venait d’un arbre situé à quelques mètres de lui, sur la droite. On aurait dit une sorte de crépitement vif et saccadé. Avec prudence, Salomon s’approcha lentement en direction du bruit, et tout en se dissimulant derrière de larges troncs il plissa les yeux afin d’apercevoir ce qui provoquait un tel vacarme.

D’un naturel pourtant si contenu, il retint à grand peine une exclamation de surprise. Devant lui se présentait une immense toile d’araignée, sûrement tissée par une de ces arachnides géants qu’on trouvait dans certaines contrées. Salomon n’en fut pas effrayé car il était particulièrement brillant dans les sorts d’auto-défense et avait par ailleurs déjà eu affaire à ces bêtes-là. Non, ce qui le captiva à ce point fut la petite créature qui se trouvait prisonnière de la toile. Il ne s’agissait pas d’un lutin, d’un bourdon ou d’un lapin. C’était un fadet. Un jeune fadet, aux cheveux moins fantaisistes qu’on aurait pu l’imaginer, que malgré la saleté on pouvait deviner blonds comme les blés. Il était sale et entièrement nu. Il se débattait probablement depuis des heures, prisonnier de cette toile qui l’épuisait de minute en minute. Sa respiration était vive et laborieuse, ses gestes désordonnés, il tentait de courir, de se tirer, de sauter, mais rien n’y faisait. Salomon remarqua que ce n’était pas son corps qui se trouvait ainsi attaché à la toile mais ses ailes. Certains fés naissaient avec des ailes, faibles vestiges de ce qu’ils avaient été autrefois. Les fés ne volaient plus, et les ailes qu’ils avaient parfois dans le dos ne leur était d’aucune utilité, au contraire elles se montraient encombrantes voire handicapantes. Dans ce cas précis, elles pouvaient même être dangereuse. Le petit fé continuait de se tortiller sans résultat, ce qui était l’attitude spécialement attendue par la créatrice de ce piège macabre. Bientôt, le fadet n’aurait plus de force et n’aurait aucun moyen de se défendre lorsqu’elle viendrait se délecter de sa chair.

Le fadet poussa un grand cri éraillé. Salomon, oubliant toute réserve, s’avança à grand pas et sortit un poignard aiguisé. Le fadet eut une expression de terreur et lui adressa un violent coup de pied. Salomon étouffa une exclamation puis attrapa à une main les poignets du petit être en les reliant pour l’immobiliser. Sans prêter attention à la furie du fadet qui hurlait et s’agitait avec hargne, il découpa la toile autour des ailes fripées qui en étaient prisonnières. Se faisant, il en profita pour observer l’anatomie du fé. Il n’en avait vu qu’en illustration et sans qu’il en fut tellement étonné, il trouva la créature moins laide qu’elle n’était ordinairement représentée. Certes il était fort chétif, mais il n’avait pas les membres interminables et osseux que Salomon avait pu voir en dessin. Ses mains et ses pieds étaient extrêmement fins et plutôt longs. Son ventre était plutôt rond, comme gonflé, peut-être dû à l’alimentation qu’il avait. En comparaison des illustrations, ses oreilles étaient moins grandes et longues, elles ressemblaient à des oreilles communes, seulement délicates et pointues. Ses yeux n’étaient pas aussi grands et bridés, en revanche ils étaient très noirs, aux larges pupilles, ne laissant que peu de place au blanc de l’œil. Le fadet n’avait ni une grande bouche aux lèvres busquées ni un nez exagérément pointu. Au contraire sa figure évoquait celle d’un enfant, bien que marquée tout de même d’un caractère fantastique dans les traits.

Les encyclopédies magiques n’avaient jamais réussi à décrire avec précision l’apparence et le mode de vie des fadets, et bien que Salomon se refusât à étudier la nature et ses merveilles, il ne pouvait s’empêcher de détailler la créature qu’il avait sous les yeux. Avec une pointe de culpabilité, il se surprenait à la considérer plus comme un spécimen que comme un être vivant et conscient. Le fadet cessa de se débattre, il eut comme un moment d’étourdissement dû à l’épuisement. Salomon posa ses yeux sur son visage vacillant puis s’attarda sur les ailes qu’il s’apprêtait à libérer pour de bon. Elles étaient translucides, sèches, froissées, comme des pétales fanés. Le soleil leur donnait des reflets multicolores.

Salomon donna un dernier coup sec de poignard et délivra la pauvre créature de son supplice. Celle-ci s’effondra sur le sol, à demi inconsciente. Son aspect fragile et enfantin attendrissait le vieux magicien. Il souleva le corps frêle du fadet, qui se trouva fort léger, et tout en le maintenant sortit une fiole de l’intérieur de sa veste. Il s’agissait d’un flacon d’hydromel. Si Salomon ignorait tout de la gourmandise des fés pour ce genre de liqueur, il ne tarda pas à le découvrir. Il versa quelques gouttes dans la bouche entrouverte du fadet qui l’avala difficilement. Puis, semblant se ranimer, il battit des paupières, avança la tête et but quelques gorgées. Non rassasié, il finit par se redresser, empoigner la fiole et en engloutir le contenu avec précipitation.

- Hé, pas trop vite ! s’écria le vieillard en écartant l’hydromel.

Le fadet avait les joues empourprées et les yeux brillants.

- Encore, dit-il pour la première fois d’une petite voix fluette.

- Ah tu parles à présent !

Le fadet tendit les mains et Salomon céda à lui verser une dernière gorgée, après tout l’hydromel montait vite à la tête. Le fadet ne se le fit pas dire deux fois, il se leva promptement et tout en jetant la tête en arrière, vida entièrement le contenu de la fiole. Il semblait définitivement sorti d’affaire ! Salomon rit de bon cœur et le fadet aussi mais c’était plutôt l’ivresse qui provoquait cette gaieté car il ne comprenait pas ce qu’il y avait de drôle dans la situation. Soudain il se prit la tête dans les mains et chancela légèrement.

- Ah, je t’avais bien dit de ne pas boire trop vite ! Ce n’est pas de l’eau de source, tu sais ! lança Salomon en rangeant la gourde désormais vide.

Le fadet le regarda mais son regard était voilé et son esprit assurément confus. Il tourna les talons et repartit, la démarche pas très droite. Salomon se releva et le suivit. Le fé se mit à murmurer tout seul dans une langue que Salomon ne connaissait pas ; il parcourut les bois une dizaine de minutes puis s’arrêta au bord d’un ruisseau. Toujours vacillant, il regarda autour de lui, probablement à la recherche de quelque chose pour traverser. Il ne trouva qu’un gros morceau de bois sur lequel il s’assit et à l’aide d’un bâton il se mit à ramer afin de ne pas être emporté par le courant. De l’autre côté de la berge, il bondit puis s’arrêta plusieurs minutes, immobile, les bras ballants. Salomon en jugea qu’il était toujours sous l’effet de la boisson et que ses pensées ne s’ordonnaient guère. Pour finir, il s’étala sur un rocher et s’endormit. Toujours fasciné, le vieil homme continuait de le fixer. Aucune créature qu’on aurait pu qualifier d’humanoïde n’était aussi éloignée du genre humain que les fadets ! Leur rapport au monde, à la nature, à la magie, était absolument opposé.

Tout à coup un animal immense arriva près du rocher sur lequel le fadet sommeillait. Il s’agissait d’un grand loup noir aux yeux bleus, une créature magique sans aucun doute de par sa taille et son aura. Salomon se tendit et son pouls s’accéléra. Pauvre fadet qui après avoir évité le pire, allait se faire dévorer dans son sommeil ! A cette distance et contre cet ennemi, Salomon ne pouvait rien faire. Le loup s’approcha, ouvrit la gueule, resserra ses crocs contre le petit corps du fadet et... non, il ne le dévora pas ! D’un mouvement de tête il rejeta le fé en arrière pour le faire atterrir à califourchon sur son dos, toujours endormi. Le loup adressa un regard intense au magicien puis s’enfuit dans les bois.

Salomon resta un instant sans bouger, complètement abruti par la scène à laquelle il venait d’assister. Ce fut là sa première rencontre avec le fadet de la forêt des Lucioles. Ce ne fut pas la dernière. Dès lors, revoir la créature devint son obsession.


***


Peu après cela Salomon avait rejoint la ville. Il avait quitté les régions boisées d’Yla pour se diriger vers l’Empire. Là-bas il était allé rendre visite à son grand ami l’encyclopédiste Firmin Lafigue. Lafigue était fasciné par le monde et la magie bien que tout ce qu’il eut appris de ces deux choses se trouvait dans les livres. Il n’était jamais allé en terre d’Yla et ses sujets d’étude étaient exclusivement théoriques. Pourtant il était considéré (et se considérait lui-même) comme un éminent savant. Salomon ne résista pas à lui conter le récit de son aventure dans la forêt et Lafigue s’en montra captivé.

- Incroyable… Véritablement incroyable… ne cessait-il de répéter, assis à la table de son luxueux salon.

- J’ai bien l’intention de revoir ce fadet, déclara Salomon, la mine réjouie.

- Le revoir seulement ? Non… Salomon, il y aurait divers moyens d’utiliser le potentiel magique d’une créature primitive mais non moins précieuse tel qu’un fé.

- Que veux-tu dire ? interrogea Salomon que le ton de son ami déplaisait.

- Nous, les humains, sommes des conquérants, dit-il en se levant et en faisant quelques pas. Nous n’avions rien et nous sommes à présent au sommet de toute civilisation. Nous avons su bâtir des villes, des empires, des sociétés inégalées, nous avons écrasé nos opposants, et mieux encore ! Nous avons su nous approprier la force de ce monde qui nous était interdite de par notre nature : la magie. Mon admiration pour ma propre race est incomparable, Salomon. Nous sommes un peuple supérieur à toute autre espèce. Mais nous pouvons l’être encore plus.
Salomon garda le silence.

- A ton avis, reprit Firmin, qu’est-ce qui manque le plus à l’homme ?

- L’humilité ? lança Salomon.

- Je suis sérieux. Malgré ses efforts acharnés à s’imposer et accéder à la connaissance magique, un pouvoir est irrémédiablement fermé à l’homme. La magie intuitive.

Lafigue avait dit cela avec une rage difficilement contenue. Ses traits s’étaient durcis, ses dents s’étaient serrés.

- Cette forme de magie originelle à laquelle tant d’espèces inférieures ont accès, et nous demeurons exclus !! Pourquoi ?

- Peut-être la magie ne fait-elle pas confiance à l’homme.

- La magie est contrôlée par l’homme, et non l’inverse ! Je ne peux plus vivre en sachant qu’un vulgaire lutin sauvage possède ce pouvoir inné, sans le moindre effort, tandis que nous travaillons si dur pour préserver notre magie artificielle ! Ils doivent se sentir bien supérieurs tiens !

- Tu te trompes Firmin, ils se moquent de tout cela, ils n’ont pas connaissance de l’empire, des hommes, ils n’ont même pas conscience de ce qui est magique ou non tant la magie vit en eux et autour d’eux.

- Crois-tu ! Peu m’importe… Je travaille avec d’autres chercheurs sur une théorie révolutionnaire. Il me semble que je peux te mettre dans la confidence… Il semblerait que nous ayons trouvé un moyen de capturer une dose de magie intuitive et de la catalyser. Nous pouvons ensuite par divers procédés chimiques et artificiels, l’intégrer à l’organisme humain. Te rends-tu compte de ce que cela signifie ? Nous serions alors capables de rendre des humains intuitivement magiques. Il pourrait y avoir des combinaisons des deux formes de magies en une seule espèce, en un seul être. L’humain deviendrait surpuissant, indestructible.

- Tes paroles sont insensées. Firmin, on ne peut changer l’ordre des choses et modifier ce que la nature a établi. Il y a un sens et une raison à tout. Ta folie des grandeurs t’emporte.

- Non ! Tu ne comprends pas ! C’est possible. Nous n’en sommes qu’au stade expérimental, tout ce qu’il nous faut à présent, c’est une source de magie intuitive assez importante pour tenter le transfert vers un humain. Cela peut marcher. Tu pourrais nous être d’une grande aide.

- Moi ?

- Toi et ton petit ami.

- Jamais !

- Ecoute Salomon ça n’a rien de dangereux. Tout ce que je veux c’est tenter une expérience. Nous les humains n’avons rien, nous devons apprendre à évoluer et c’est notre façon de faire. Si tu me ramènes ton fé ici, il pourrait nous être utile, puis nous le relâcheront aussitôt.

- Je ne peux pas faire ça, ce n’est pas mon droit…

- Salomon, toute cette affaire est chère à mon cœur. Si tu m’aides, je suis prêt à tout. Je pourrais par exemple faire rouvrir ton école de magie.

Le vieux releva brusquement la tête. Dix ans auparavant, Salomon était directeur et enseignant d’une bonne école de magie du Pays d’Or, d’où il venait. Il y avait malheureusement eu des affrontements entre élèves de différentes familles qui avaient mal tournés. Suite à des plaintes répétées, l’école avait dû fermer ses portes, et Salomon en avait été anéanti. Il avait mis tant de cœur et d’ouvrage dans son enseignement qu’il lui semblait qu’il avait perdu un être cher. La perspective de fouler à nouveau le sol de l’école Isidris, faisait naître en lui espoir et excitation.

- Tu essayes de me tenter… dit-il.

- Ca marche ? demanda Lafigue d’un air malicieux.

- Je ne sais pas. Ma morale me somme de ne pas te suivre dans ce projet. Mon cœur se déchire. Ma raison ne sait plus.

- Ecoute Salomon, je comprendrais que tu refuses de participer à cette expérience si la vie de quelqu’un était en cause. Mais ce n’est pas le cas. Je n’ai envie de faire de mal à personne et ce ne sera pas le cas. Je suis un chercheur, un savant, et je tente des choses. C’est tout simple. Je sais comme tu croules sous les problèmes en ce moment… Tu es endetté jusqu’au cou, tu n’as nulle part où aller… Laisse-moi régler tous ces soucis et te faire la faveur de rouvrir ton établissement en échange de ce petit service que tu me rends.

Déchiré, Salomon demeurait muet.

- Retourne dans cette forêt, ramène-moi ce fé, et tout ira bien pour toi.

Salomon, fatigué de ces années d’errance et de misère, céda. Il signa le contrat qu’on lui présentait, serra la main de son ami, et repartit en direction de la forêt des Lucioles.


***


Pendant le trajet, il avait étudié toutes les techniques possibles pour attirer le fadet, et surtout, pour le garder avec lui. Il parcourut ses ouvrages de sortilèges qu’il avait emporté dans sa besace chaque soir jusqu’à trouver les sorts parfaits. Il n’avait pas le droit à l’erreur.
En pénétrant dans la forêt des Lucioles, il repéra d’abord les lieux. Il chercha le ruisseau que le fadet avait traversé. Il s’assit alors au pied d’un arbre et attendit. Il dut attendre plusieurs jours. Cela lui permit néanmoins de trouver le temps de construire un abri sûr, à la fois pour les bêtes sauvages qui vivaient la forêt mais surtout afin d’observer le fadet sans risquer d’être vu, au cas où il apparaitrait. Cela se fit au matin du quatrième jour.

Salomon vit d’abord arriver un immense loup blanc, semblable à celui qui avait pris le fadet dans sa gueule quelques mois auparavant. Celui-ci avait les yeux rouges. Salomon plissa les yeux. Bientôt le loup blanc fut rejoint par le fameux loup noir, qui portait sur son dos… le fé ! Il était là ! Salomon fut lui-même surpris du profond soulagement qu’il ressentit. Le petit être n’était pas nu comme la dernière fois, il portait une toge ample découvrant les mollets et les bras, resserrée à la taille. Cependant il ne tarda pas à l’ôter et s’approcha de l’eau au bord de laquelle il s’accroupit. Il plongea les mains dans le ruisseau et se lava les bras et le visage, les loups en firent autant, l’un d’eux mouilla même les cheveux du fadet. Salomon fut époustouflé par cette vision, un fé et deux loups géants faisant leur toilette matinale en parfaite harmonie. Il avait hâte d’interroger le fadet pour en savoir plus. Il remarqua également que ce dernier parlait à ses compagnons dans un langage inconnu, semblable à celui qu’il avait murmuré auparavant. C’était un dialecte étrange, semblable à aucun autre connu de Salomon. C’était le langage des animaux.
Le fadet se mit à grelotter et le loup blanc s’empressa de se rapprocher de lui et de l’entourer de sa queue touffue et soyeuse. Le loup noir partit et tandis que le loup blanc se couchait dans l’intention de se reposer, le fadet se dirigea vers un arbre et s’attaqua avec une agilité incroyable à son ascension. Il grimpait à la manière d’un écureuil, s’accrochant, s’agrippant, bondissant, courant. Salomon le vit dans les hauteurs, accroché à une branche en train de cueillir des baies qu’il avalait gloutonnement.

Il eut aussi la satisfaction d’assister à une démonstration de magie à laquelle s’adonna le fé en simple guise de distraction. Revenu à la terre ferme il s’amusait à hypnotiser des lapins qui tournoyaient et bondissaient sans raison autour de lui, comme sous l’effet d’un charme euphorique. Peu après leur attitude changea et se mua en une terreur paralysante, qui les fit finalement s’enfuir à toutes jambes. Les fés étaient donc parfois cruels, aussi.
Après quelques heures, on entendit un long cri de loup plaintif, le loup blanc releva la tête et le fé se redressa. Il parla dans le dialecte mystérieux des êtres de la nature, enfila sa toge et grimpa sur le dos du loup. Salomon attendit une minute puis s’extirpa de son abri et se hâta de traverser le ruisseau à l’aide d’un sortilège de lévitation. Il repéra ensuite les traces de loups et les suivit tranquillement. Quelques heures plus tard il arriva à l’entrée d’une caverne, le soir tombait, il faisait sombre, et Salomon ne distingua pas ce qui se trouvait à l’extérieur. Résolu à le découvrir, il grimpa à un arbre, bien plus difficilement que le petit fé, et se cala contre le tronc en position d’observation. Il entendit des bruits étouffés la nuit qui indiquaient une activité près de la caverne, mais l’obscurité était si dense qu’il ne voyait pas et de peur que sa magie fût sentie par le fadet, il n’osa pas appliquer un sort. Il dut attendre l’aube. Enhardi par son impatience le sommeil ne l’avait pas gagné et il eut le loisir de comprendre parfaitement quel lien unissait le fadet aux loups. Il y avait cinq loups dans la caverne. Un blanc, un noir, un gris, un roux, et un bleu. Le fé vivait parmi eux, comme s’ils l’avaient adopté. Le loup noir était une femelle et elle le nourrissait de son lait, qui possédait certainement une certaine dose de magie naturelle. Ils jouaient, chassaient, dormaient, mangeaient ensemble. Cependant Salomon, en restant plusieurs jours assis à son poste d’observation – se nourrissant exclusivement de noix – put remarquer que le fadet partait parfois tout seul et allait même dans des endroits où les loups n’allaient pas – comme de l’autre côté du ruisseau – ce qui conforta Salomon dans son idée que les fadets étaient avant tout des êtres très indépendants et solitaires. Il se décida finalement à quitter son arbre et rejoignit son abri. A présent, il savait exactement quoi faire pour attirer son fadet.

La faiblesse de ces créatures était leur innocence. Ils n’étaient pas pervertis, avertis, expérimentés. Ils n’avaient pas une réelle conscience du bien et du mal puisque tout, chez eux, se faisait instinctivement.
La forêt des Lucioles, comme son nom l’indique, était peuplée de ces bestioles lumineuses. Salomon avait remarqué que le fadet aimait bien les guider et les faire tournoyer autour de lui. Il s’installa dans une clairière et disposa dans l’air un arôme de sa conception attirant les insectes volants. Puis il s’assit sur un rocher et sortit une longue flûte. Il attendit.

Bientôt au loin se distingua un nuage de petits points lumineux, au milieu duquel sautillait le fé. Grisé par sa gaieté il ne remarqua pas que les lucioles n’obéissaient pas vraiment à son chemin mais qu’elles se dirigeaient vers l’odeur irrésistible qu’elles humaient. Lorsqu’elles furent assez proches et que Salomon fut certain que le fadet pouvait l’entendre, il se leva, récita une formule en touchant sa flûte qui s’enchanta, et se mit à jouer en marchant à reculons, le regard fixé vers le fé. Ce dernier regardait pour le moment les lucioles se diriger en grésillant vers la clairière. Il était troublé par leur comportement. Mais bientôt son attention se porta sur l’air qu’il entendait au-devant de lui. C’était un air tout à fait doux et mélodique, une musique entraînante. Salomon savait qu’un fé ne serait certainement pas facile à enchanter, il avait mis toute son application dans le sortilège qu’il avait administré à sa flûte. La magie brûlait en elle, envoûtante et délicate, elle formait en s’accordant à la mélodie des fins nuages de couleur, semblable à des aurores boréales.

De plus en plus sous l’emprise de la mélodie, le fé commença à suivre Salomon qui esquissa tout en jouant un petit sourire de satisfaction. Les longues lueurs vaporeuses et colorées qui sortaient de la flûte éclairaient le visage infantile du fadet et à son expression, Salomon comprit qu’il avait réussi à envouter le petit être. C’était une mélodie et un sortilège conçus spécialement pour les être de la nature et les enfants. Les yeux du fadet étaient grands ouverts, sous l’effet de la lumière ses iris paraissaient ambre et on voyait ses pupilles dilatées. Salomon reconnut le voile devant le regard, la fixation fiévreuse et l’air absent. Il joua plus fort et rendit la mélodie plus traînante et envoûtante encore. Ils parcoururent ainsi la forêt pour se retrouver à quelques mètres de la lisière. Là Salomon s’arrêta mais ne cessa pas de jouer, il s’assit en tailleur et son suiveur fit de même, ne le lâchant pas des yeux. Enfin Salomon se sépara de sa flûte mais, sachant que le sortilège serait rompu dès que la mélodie cesserait, il toucha la flûte en prononçant une incantation qui la fit léviter et jouer toute seule. Le fadet reporta son attention sur elle.

Pendant ce temps Salomon alluma un feu de nouveau grâce à un sort. Le feu semblait danser à la mesure de la mélodie et il se mit à captiver également le fé. Son petit visage était éclairé par les hautes flammes se consumant devant lui et Salomon, qui n’en était pas à son premier envoutement, sentait la conscience de sa victime le quitter lentement. Il voyait tout de même une certaine résistance dans l’attitude du fadet, notamment l’expression de son visage qui exprimait une très légère crainte. Il avait par exemple l’air de vouloir arracher son regard des flammes, la tête légèrement en arrière, sur le côté, les yeux rivés sur le feu mais les sourcils froncés, un peu comme lorsqu’on assiste à une manifestation de violence et que cela nous répugne mais qu’on est incapable de s’en détacher le regard. Le fadet flairait le danger. Il fallait endormir sa méfiance.

Salomon fit grandir le feu et sans quitter le fé du regard versa une dose d’hydromel dans une coupole, qu’il lui apporta. Le fé la prit mais ne but pas, trop captivé par les flammes. Salomon augmenta encore la mélodie qui sous l’effet du charme résonnait particulièrement dans les oreilles du fadet.

- Bois, ordonna d’une voix douce le vieux magicien.

Inapte à la réflexion, le fé obéit et vida la coupole. Le liquide parcourut ses veines et l’étourdit brusquement, comme l’attendait Salomon. Sa méfiance instinctive se troubla et bientôt il allait abandonner toute résistance et toute alerte. Salomon se mit à chanter en accord avec la musique. Les images et les sons se mélangeaient dans l’esprit alourdi du petit être, elle brouillait tous ses repères.

- Quel est ton nom ? demanda alors le vieux.

Il crut que le fé allait répondre car il ouvrit la bouche, mais le peu de conscience qui lui restait l’empêcha d’aller plus loin. Cette question au contraire sembla le ramener quelque peu à lui et en battant des paupières il déclara :

- Je dois…

Sachant que la fin de la phrase se terminerait par « m’en aller », Salomon fit jouer la flûte plus fort et prononça une nouvelle incantation. Pour ainsi dire, il jouait avec le feu car plus l’enchantement était lourd, plus il risquait d’être dangereux pour sa victime.

Le fadet écarquilla les yeux et son expression se figea.

- Quel est ton nom ? répéta le magicien.

Les yeux ronds, le fé se leva et secoua la tête.

- Ça… Ça ne va pas, je dois…

Vivement, Salomon ne releva et vint se placer face à lui. Il prononça une formule et fit apparaître une spirale qui se mit à tournoyer inlassablement. Le fadet suivit son mouvement.

- Quel est ton nom ?

Sans quitter la spirale des yeux, le fé, totalement hypnotisé, dévoila son nom, un nom imprononçable pour les humains, un nom renfermant une source de magie extraordinaire. Le nom s'échappa des lèvres du petit être dans un murmure, il forma lui aussi un filament de lumière vaporeuse que Salomon attira à lui et emprisonna dans un sceau magique. Il avait réussi, le fé lui appartenait. Il l’avait piégé, il avait envouté un fadet, il avait réussi à lui faire céder la chose la plus précieuse qu’il possédât. Ce fut alors qu’il réalisa l’ampleur de son acte. Ce fut alors qu’il réalisa qu’il avait condamné le petit fé. Il lui avait volé sa liberté. Par la ruse et la malice. A mesure qu’il prenait conscience de tout cela, les traits de son visage s’affaissaient. Perdant ses moyens, il fit faiblir le charme et peu à peu la flûte cessa et s’écroula sur le sol. Le feu crépita un instant et s’éteint lui aussi. Nous étions au petit matin.

Le fé tourna de l’œil et ses jambes fléchirent, Salomon le rattrapa. La créature reprit ses esprits et son visage changea.

- Qu’est-ce que tu as fait ? dit-il dans un souffle, la voix tremblante.

Salomon sentit sa détresse, il devinait comme le petit fé se sentait trahi, dépossédé, effrayé. Il se trouva incapable de répondre.

- Tu m’as volé ! s’écria le fadet en s’écartant, les larmes aux yeux.

Salomon secoua la tête, toujours silencieux, l’air désolé, presque assommé, tendant les mains vers le petit être. Celui-ci le repoussa et se tint droit devant lui, poings serrés, traits tendus, une expression de rage puissante s’étalant sur son fin visage. Ses yeux devinrent rougeoyants, ses cheveux s’hérissèrent. Puis le vent souffla autour de lui, la terre trembla, Salomon vit des racines s’arracher à la terre et glisser vers lui. Le fadet lança un long cri qui résonna de manière tout à fait surnaturelle dans les bois.

Les cinq loups arrivèrent alors, tous ensembles, et se placèrent en ligne derrière leur protégé. Ils montrèrent les crocs et fixèrent Salomon. Celui-ci dévoila alors le sceau qui renfermait le nom du fé et le présenta à la vue de tous. Les loups se redressèrent et le fé se calma. Le vent cessa, les racines qui avaient entouré les chevilles du magicien se retirèrent, la terre se tut.

- Qu’est-ce que c’est ? demanda le petit fé, la voix éteinte.

Salomon croulait sous le remord.

- C’est un sceau. Ton nom est à l’intérieur.

- Libère-le ou ils te mangeront, déclara le fadet.

- Je ne peux pas, ma magie n’est pas assez puissante.

- Pourquoi as-tu fait ça !

- J’ai besoin d’un fé.

- Trouves-en un autre !

- C’est trop tard… Il te faut quitter ta forêt et me suivre. Tu n’auras qu’une chose à faire et je te rendrai ta liberté.

- Tu n’as pas le droit ! Je vais te tuer !

- Si tu me tues, tu ne pourras jamais te libérer du sceau car aucun humain ne voudra t’y aider. Sans ton nom magique tu ne peux survivre car c’est la magie qui te fait vivre. Tu vas te vider de ta force vitale et périr. Sans ton nom tu ne peux pas exister. Tu n’as pas le choix, tu dois me suivre.

Le fadet se tourna vers ses loups et les regarda un à un, attendant sûrement une contre-proposition de la part de l’un d’eux. Mais aucun ne prit la parole. Ils regardaient le vieux magicien avec un mépris absolu, interdits devant une telle cruauté. Le fadet leur parla dans sa langue, le ton désespéré, mais manifestement, ils lui firent comprendre que toute révolte était inutile. Le fé se retourna et regarda le vieil homme.

- Tu es un humain ? demanda-t-il.

- Oui. Tu en as déjà vu ?

- Où vas-tu ?

- Loin, de l’autre côté de l’Océan.

- L’Océan…

- Je te montrerai.

Salomon accepta ce matin-là de laisser le fadet faire ses adieux à ceux qui l’avaient aimé et élevé pendant toutes ces années, bien qu'il n'autorisât pas le fadet à s'éloigner. Celui-ci ne rejoignit le vieil homme qu’en fin d’après-midi, et ils quittèrent la forêt. Les fadets étaient des êtres expansifs, particulièrement en cette saison, et le petit fé ne cessa de pleurer pendant de longues heures. Les fleurs s’abaissaient sur son passage et le vent semblait se lamenter doucement.

- Je vais te donner un nouveau nom, en attendant, dit le magicien alors que le petit fé traînait derrière lui. Un nom prononçable pour tous. Il faudra aussi que je t’achète des vêtements, ajouta-t-il en jetant un œil à la toge et aux pieds nus de son jeune compagnon.

- Quel nom ?

Salomon redressa la nuque et inspira une grande bouffé d’air. Le vent siffla dans ses oreilles.

- Zéphyr. Je vais t’appeler Zéphyr. D’où viens-tu Zéphyr ?

- De nulle part.

- Tous les fadets viennent d’une manifestation magique. Tu ne connais pas la tienne ?

- Je suis né dans le nid d’un dragon. D’une maman dragon. Elle s’était fait tuée par des humains. Et je suis né de son dernier soupir.

- Quelle étrange chose que de naître de la mort… Ainsi tu vins au monde par un dragon. Je vais te donner ce nom, le nom d’un grand mage célèbre qui fut un maître pour nous tous. Pendragon. Dorénavant mon petit, tu répondras sous le nom de Zéphyr Pendragon.



Et ces deux dernières années ?

Après avoir été séparé de son compagnon, le vieux Salomon qui l’avait à sa charge, Zéphyr fut contraint de se débrouiller seul. Obligé à voler les bourses et chaparder sur les marchés, il devint peu à peu un petit criminel à l’aspect de plus en plus misérable. Retrouvant dès que possibles les forêts et les montagnes qui le virent naitre, il se contenta bien souvent de se débrouiller en pleine nature, se nourrissant de baies et de poissons et dormant au creux des branches. Il ne parvint pas à rester éloigné trop longtemps des cités, sachant que son maitre, toujours en possession du sceau renfermant son nom, serait en ville plus que dans les bois.
Il est à présent convaincu que Salomon se trouve sur l’île nouvelle dont tout le monde parle. C’est une certitude saugrenue qui ne prend source nulle part, et lui-même ne sait d’où lui vient cette intuition.
Revenant de plus en plus à l’état sauvage, Zéphyr parcourt le monde en tâchant de survivre. Il n’a pas grandi ni vieilli, mais son visage s’est creusé et son regard est devenu plus grave. Le monde est cruel, mais il l’est encore d’avantage pour ceux qui ne l’ont pas vu changer.

Connaissances :

Salomon : Son maitre, son compagnon, son bourreau autant que son protecteur. C’est lui qui est responsable de sa condition, mais aussi lui qui lui donna son nom.

Lazulie : Une sorcière que Zéphyr trouva dans sa propre forêt, la Forêt des Lucioles, tandis qu’elle recherchait son clan. Zéphyr fut très intrigué par la magie particulière de la jeune fille, et il est à présent attaché à elle.

James Bellamy : Zéphyr est impressionné par Bellamy, autant par son sang-froid que son titre de «Prince des Pirates ». Leur aventure commune les lie d’une façon particulière, car Bellamy lui a sauvé la vie, et Zéphyr, lui, a révélé des choses sur la nature du pirate que lui-même (elle-même) ignorait… C’est en effet Zéphyr qui fit comprendre à Bellamy qu’elle était un sylphe.



Une dernière remarque à faire ? Je suis moi-même un fé !


V- En dehors du jeu

Prénom/pseudo : Pan

Age : j’ai oublié

Une remarque sur le forum ? oui, les images sont très belles et les idées originales.





Dernière édition par Zéphyr Pendragon le Ven 1 Nov - 15:24, édité 7 fois
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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: Zéphyr Pendragon   Lun 14 Nov - 18:27

Bonjour et bienvenue ^^
Alors tout d'abord ta fiche est très bien construite, ainsi que ton histoire, que je finirai de lire ce soir.
De ce point de vue rien à redire. Sinon, pour ton groupe, en gros, si ta patrie est l'empire, alors tu es un sujet de l'empire, idem pour Yla et le Pays d'Or. Enfin si tu vagabondes, tu es un voyageur et un hors la loi, et bien si tu es hors la loi.
Dernier détail, ton avatar doit mesurer 200*400. Si tu ne sais pas comment le recadrer, envois un mp à Ambre, elle t'expliquera.
Voila, tu seras validé dès que tu auras indiqué ton groupe, et qu'Ambre aura lu ta fiche. Pour l'avatar je te laisse le temps, c'est pas urgent.

Sinon encore bienvenue parmi nous, et je suis ravie que le forum te plaise ^^

Edit : alors j'ai finis de lire ta fiche, j'aime beaucoup ton histoire, elle est très original, par contre juste une chose par rapport à la magie, tes pouvoirs me semble assez puissant, fait donc attention quand tu les utilises.
Voila voila, je laisse Ambre faire son travail.

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Zéphyr Pendragon

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MessageSujet: Re: Zéphyr Pendragon   Lun 14 Nov - 19:44

Merci beaucoup. Je me suis mis "réfugié d'Yla" sous les conseils d'Ambre! Pour l'image j'ai compris, je vais essayer de la recadrer mais je pense que ce sera difficile alors je vais aussi tenter d'en trouver une autre.
Sinon pour mes pouvoirs, ce ne sont pas réellement des pouvoirs car Zéphyr, enfin moi disons, ne les contrôle pas. Vu que les fés sont liés à la nature, ils ressentent le qu'elle ressent et inversement, donc la nature réagit à mes émotions. Dans le cas de mon histoire, la nature ressent la rage, la détresse et l'hostilité envers Salomon et elle répond à ça. L'inverse peut se produire aussi. C'est un trait distinctif des fés il me semble!
Merci pour l'acceuil et les compliments !
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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: Zéphyr Pendragon   Lun 14 Nov - 19:46

Très bien pas de problème, je te fais confiance pour la magie ^^

Encore bienvenue.

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Ambre Bellamy
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MessageSujet: Re: Zéphyr Pendragon   Lun 14 Nov - 19:51

Bon voilà voilà tout est bien donc lu et approuvé et validé et zou fiche déplacée.

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Zéphyr Pendragon

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MessageSujet: Re: Zéphyr Pendragon   Jeu 25 Juil - 19:06

Ma fiche a été complétée, rien n'a changé à part les parties ajoutées.
J'espère que ce sera bon !

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Zéphyr, jeune fé condamné au monde des hommes
par un sortilège ayant volé son nom...




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Ambre Bellamy
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MessageSujet: Re: Zéphyr Pendragon   Jeu 25 Juil - 19:09

Tout va très bien, donc tu as bien entendu ma validation !

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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: Zéphyr Pendragon   Jeu 25 Juil - 19:24

Tout est ok pour moi aussi o/

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MessageSujet: Re: Zéphyr Pendragon   

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