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 L'art est le baume des coeurs blessés [PV Müwilln Arishka]

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Metis Adhbreith
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MessageSujet: L'art est le baume des coeurs blessés [PV Müwilln Arishka]   Jeu 16 Jan - 10:44


Le royaume des Marath était toujours aussi prospère et vivant. Les arts culminaient en tout, apportant joie et bonheur au peuple. C'est dans une atmosphère joyeuse et princière que fut accueillit la princesse impériale Metis Adhbreith. En temps qu'alliée de la couronne, la jeune femme reçut tout les honneurs du à son rang sans sourciller. Souriant même à la vue de sa belle-soeur venu la retrouver au port, la princesse offrit à la foule ce qu'on attendait d'elle. L'image d'une femme forte que rien ne touche, même les évènements les plus terribles. Son visage, de marbre, et son allure altière reflétaient son statut, cachant ses sentiments. Car tout ceci n'était qu'une façade, un masque, comme à son habitude. Cette joie, cette richesse, cet accueil... Tout lui donnait envie de vomir. Ces faux-semblants, qui avaient fait partie de son quotidien pendant si longtemps lui donnait aujourd'hui la nausée. Elle n'avait plus rien, ni empire, ni famille unie. Seule sur une île maudite elle était le dernier rempart d'orgueil à la famille impériale. Et voilà qu'on l'accueillait comme-ci tout allait pour le mieux, comme-ci l'Empire rayonnait encore de sa toute puissance. Elle n'était qu'une princesse déchue. Tout était faux. Tout était odieux. Elle tient bon, souriant même quand il le fallait alors que ce simple mouvement des lèvres lui arrachait le coeur. Les paroles, polies comme à son habitude, lui écorchaient la bouche, renforçant ce sentiment de malaise intense.

La cérémonie ne dura heureusement que peu de temps, et très vite elle fut conduit au palais où l'attendait ses cadets. Les retrouvailles avec sa soeur furent réellement chaleureuses. Casyla était sans aucune doute la seule personne que Metis aimait réellement et qu'elle chérissait avec sincérité. Sa petite soeur, sa poupée, son trésor. La jeune femme l'aimait du fond du coeur et faisait tout ce qui était en son pouvoir pour la protéger. C'est bien pour cela qu'elle l'avait laissé au soin de l'impératrice sa belle-soeur, dans le royaume des Marath. Ici elle était bien traitée. Sur l'île elle aurait découvert la misère, la dureté d'une vie de colon et surtout la faiblesse de l'Empire. Casyla était une douce rêveuse, la vie chez les Marath lui convenait bien plus que la dureté de la réalité que représentait l'île.
Les retrouvailles avec Ceydre furent plus froides, trop éloignée de lui en âge, Metis connaissait mal son frère. A ses yeux il n'était qu'un gamin indiscipliné et frivole, abordant un sourire aux lèvres et des bêtises dans la tête. C'est pourquoi le regard dur et cynique qui l'accueillit la fit frissonner. Son frère avait changé, c'était un homme à présent, et un homme brisé...

Une fois installée et reposée, Metis fut conviée à un spectacle organisée en son honneur. Divers artistes avaient été engagés pour se produire devant la famille royale et impériale réuni, ainsi que les divers nobles de la cour, ce qui représentait plus d'une centaine de personnes. Assise au premier rang, sur une estrade dressée dans la cour du palais, la jeune femme partageait la place avec le couple royale, leurs filles, sa belle-soeur ainsi que Casyla et Ceydre. Malgré les sourires apparents, quelques tensions restaient visibles. Tout d'abords entre les époux royaux qui avaient toujours autant de mal à se supporter, puis entre Areia et sa soeur. Depuis son retour à la maison, celle qui aurait du être reine inquiétait sa cadette, terrifiée par la possibilité que son ainé finisse par réclamer ce qui lui revenait de droit si on venait à apprendre la mort de son époux l'empereur. Du côté des Adhbreith c'était Ceydre qui posait problème. Aillant eu une discussion avec Casyla la princesse avait découvert que son frère passait son temps à fuguer ou a traumatiser de pauvres filles. Une telle attitude, émanant d'un membre de sa famille, avait mit Metis en rage, et bien qu'elle n'ait encore rien dit au petit prince, elle comptait bien lui remettre les idées en place.

Alors que la foule finissait de prendre place sur les chaises disposées tout autour de la cour, un héros vient annoncer le début du spectacle et introduit les premiers artistes engagés pour la journée. Il s'agissait d'une troupe de danseur fort habile qui régalèrent les convives de leur acrobaties aériennes sur une musique des plus charmantes. C'est ainsi que s'enchainèrent les performances, chaque artiste était d'abord annoncé par le héros, faisait son numéro, puis disparaissait sous les applaudissements. Bien qu'amatrice d'art, la jeune princesse n'arrivait pas à se concentrer sur ce qu'on lui présentait, les pensées tournées vers d'autres préoccupations. Elle ne fit pas vraiment attention quand une jeune femme au cheveux arc-en-ciel fit son entrée sur la piste.

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Müwilln Arishka

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MessageSujet: Re: L'art est le baume des coeurs blessés [PV Müwilln Arishka]   Ven 17 Jan - 13:24

Müwilln
Breathe

Inspiration. Autour d'elle, des artistes divers, des danseurs aux acrobates en passant par les illusionnistes. La salle était assez sombre mais très confortable. Une odeur boisée flottait dans l'air. Les odeurs étaient importantes pour la jeune conteuse, et celle-ci parvenait presque à l'apaiser. Dans la pièce résonnaient quelques notes isolées, musiciens accordant leurs instruments avant de passer sur scène. La jeune femme sortit son luth pour en faire de même. Peut-être cela l'aiderait-il à évacuer le stress qui la gagnait peu à peu. Expiration. La musicienne se forçait à respirer lentement, éspérant que cela aiderait ses doigts à moins trembler. Tout avait commencé deux jours plus tôt, alors qu'elle se produisait dans la rue, espérant que la générosité des passants suffirait à lui payer le repas. Elle était arrivée à la Cité des Vents depuis une semaine déjà, logeant et mangeant chez les personnes désirant l'écouter chanter ou conter pendant toute une soirée. Inspiration.

Très vite, la jeune sorcière s'était aperçut que sa voix plaisait, et que les gens d'ici aimaient les artistes. Elle avait donc pris l'habitude, chaque soir, d'aller frapper aux portes des maisons, proposant ses talents contre un repas et un logis pour la nuit. C'était plutôt efficace, et la conteuse itinérante n'avait pas passé une seule nuit dehors depuis son arrivée. Mais la ville commençait à lui peser. Elle avait donc prévu de faire de cette journée sa dernière ici, et de repartir le lendemain à la recherche d'une nouvelle aventure, de nouvelles découvertes. Mais, tandis qu'elle chantait dans la rue, entourée d'un public d'une vingtaine de personnes, elle avait remarqué, dans la foule, une personne différente qui la fixait, l'oeil intéréssé. Après sa représentation, l'homme était venu lui parler.

Il s'était avéré être au service de la famille royale, les Marath. Ceux-ci l'avait envoyé visiter les différentes écoles d'art de la ville à la recherche d'artistes prêts à se produire au palais lors d'un évènement particulier, en l'honneur d'une princesse, lui semblait-il. Müwilln n'avait retenu que peu de détails. Le domestique avait été charmé par sa chanson, et lui proposait, à elle aussi, de chanter au palais. La jeune femme avait accepté: elle aimait bien être sur scène, et ce serait bien payé, ce qui lui permettrait d'acheter assez de provisions pour voyager un moment sans inquiétudes. Elle retarda donc son départ de quelques jours. Mais rien ne l'avait préparé à cela.

Le jour dit, elle se présenta au palais à l'aube, où on la conduisit dans une pièce où elle put se laver et se préparer, puis on la mena aux coulisses. Seulement elle avait aperçu son public, public composé, contrairement à ce qu'elle avait pensé, non pas de quelques royales éminences, mais d'une centaine de nobles, qu'elle avait vaguement aperçu avant d'entrer dans la pièce réservée aux artistes. Elle n'avait jamais chanté devant tant de monde. A la réfléxion, elle n'avait même jamais vu tant de monde réuni. C'est alors qu'une sensation qu'elle n'avait encore jamais connue l'avait envahie: le trac.

La conteuse passait en dernier, et put entendre les prestations des autres artistes, ainsi que les applaudissements qui avaient suivit. Elle s'était finallement retrouvée seule dans les coulisses, attendant patiemment la fin des autres numéro. Son luth accordé, elle avait commencé à tresser de fines nattes dans ses longs cheveux arc-en-ciel pour se détendre. Elle en avait fait cinq ou six quand la musique accompagnant les acrobates se termina et les applaudissements retentirent. Nerveuse, Müwilln se leva, son luth Rime dans la main et son Matma'th Tidus sur son épaule. Pour l'occasion, elle avait revêtu son unique robe: rose pâle, celle-ci était faite d'un tissus léger et vaporeux, presque transparent, cachant parfaitement ce qu'il fallait cacher tout en laissant deviner les formes de ses hanches et de ses jambes. Après une dernière longue - et tremblante - inspiration, elle entendit le hérault l'annoncer, et elle s'avança.

La foule était là, nombreuse et angoissante. Sur une estrade, face à elle, une dizaine de personnes, sans doute la famille royale, qui la regardait d'un air qui lui semblait méprisant et ennuyé. Ils avaient déjà entendu assez d'artistes pour être sans doute lassés, et elle n'avait plus qu'à jouer dans l'indifférence générale. Sur la scène, rien d'autre qu'une simple chaise de bois, sur laquelle elle prit place. En face d'elle, les nobles discutaient entre eux sans même paraître l'apercevoir. Même eux, sur l'estrade, ne faisaient qu'à peine semblant, et la plupart d'entre eux semblaient plus préoccupés par leurs propres soucis que par le spectacle sous leurs yeux. Une jeune femme en particulier attira son attention. Bien qu'elle regardât vers la scène par politesse, son regard était lointain, et elle paraissait contrariée. Mais, paradoxalement, elle paraissait bien plus sympathique aux yeux de Müwilln que tous les personnages au sourire faux qui l'entouraient.

D'un geste expert, la jeune femme repoussa ses cheveux arc-en-ciel en arrière. Puis, les yeux clos pour mieux se concentrer, elle fit courir ses doigts sur le luth, laissant résonner les premières notes. Le public se tût par politesse. Quelques notes encore, qu'elle laissa planer dans l'air. Puis, peu à peu, une mélodie. Et, enfin, elle mêla sa voix.

Dès qu'elle eût commencé à chanter, le trac s'envola et, prise dans la mélodie, elle ne vit ni n'entendit plus rien autour d'elle. Rien d'autre n'existait que son instrument et le chant qu'elle y mêlait. C'était d'ailleurs plus un parlé mélodieux qu'un véritable chant, et c'est le jeu du luth qui donnait réellement l'aspect mélodieux. Elle contait un ancien poème de la forêt des lucioles, une histoire d'amour telle que seules les sorcières savaient les imaginer. Ce n'était pas tant l'amour entre un homme et une femme, mais l'amour entre une sorcière et sa Mère, la forêt même. Une histoire de départ, de voyage, et de retour à la maison, là où était sa place. Une histoire que Müwilln aimait depuis toujours.

Sa représentation dura quelques minutes, quelques moments figés dans le temps à ses yeux. Puis, après un dernier triolet de Rime, elle se tut, enfin.

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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: L'art est le baume des coeurs blessés [PV Müwilln Arishka]   Dim 19 Jan - 13:00

Spoiler:
 


Les artistes défilaient, les numéros aussi. La musique, la danse et les chants emplissaient l'air et l'espace, l'embaumaient jusqu'à l'écoeurement. Metis n'en pouvait plus, toute cette joie, toute cette beauté, ça lui faisait mal, la poignardait en plein coeur. Habituée depuis plusieurs mois à subir une pression constante dans l'humidité de cette ile rocailleuse, la jeune femme avait oublié comment respirer et oublier. L'art ne lui faisait plus rien, son estomac était trop noué, tous ces sourires ne lui semblaient être qu'une façon de la narguer, elle et sa déchéance. Elle gardait pourtant la tête droite, pour elle, pour l'empire, pour sa soeur. Ne pas faiblir devant cette femme, encore enfant, dont elle avait toujours été le modèle.

Une voix vient la tirer de sa torpeur, telle une main qui contre sa volonté cherchait à lui sortir la tête de l'eau. Luttant un instant, préférant la suffocation, son esprit finit par réintégrer le monde, ses yeux à revoir. Une jeune femme aux cheveux arc-en-ciel était assise au milieu de la cour, un luth dans les mains, et chantait, très simplement. Sa voix était pure, sans fioritures, et contait une magnifique histoire à propos d'une sorcière et de sa mère foret. Une femme pareille devait être elle-même une sorcière, d'où la profondeur de la chanson. Metis eu presque envie de sourire. Son esprit était encore bien trop préoccupé pour cela, cependant elle accorda toute son attention au numéro de la jeune femme, ce qu'elle n'avait pas fait pour le reste des artistes.

La foule semblait conquise et la chanson fut saluée par un tonnerre d'applaudissement. Le public réclamait une seconde histoire, mais l'intendant, voyant que l'heure tournait, décida plutôt de venir faire saluer les artistes. La cour fut bientôt remplit de couleurs et d'acrobates, chacun saluant à sa façon sous les ovations du public. La princesse pour sa part ne nourrissant que de mous applaudissement, trop las pour vraiment s'emporter malgré la prestation de la fille aux cheveux arc-en-ciel. Enfin un coup de trompette raisonna et la famille royale prit congé de la cour. Ravie de pouvoir enfin aller se reposer, Metis salua sa soeur et sa belle-famille avant d'aller se reposer puis se changer pour le diner.

Après une sieste salvatrice et une infusion de son traitement lui permettant de calmer ses angoisses, la princesse entreprit de passer une robe marron aux motifs d'oiseaux bleus clairs qui semblaient presque s'envoler tant ils semblaient vivants. Ses cheveux, teint d'un châtain clair et méchés de bleu eux-aussi, rappelaient les couleurs de sa robe. Ses cheveux, impérialement coiffés était rehaussé d'une parure d'argent et de saphir. Perchée sur de hauts talons et maquillée comme elle se le devait, la jeune femme était enfin prête pour son entrée dans la grande salle à manger. Accueillit avec tous les honneurs de son rang, elle prit place entre sa belle-soeur et Casyla. En face d'elle se trouvait son frère, et une chaise vide, attendait-on encore quelqu'un ?"

Alors que Metis venait de prendre congé pour le reste de l'après-midi, Ceydre, avec ses yeux pleins d'une malice pervertie, réussit à retrouver la jeune femme qui avait capté son attention pour la journée. La beauté de son chant et l'originalité de sa coiffure lui avait donné envie de jouer un peu avec elle. C'est donc avec un grand sourire qu'il l'accostât au détour d'un couloir.

"Enchanté noble demoiselle." lui dit-il d'une voix charmante et avec un sourire qui ne semblait pouvoir être que franc. "Vous ne pouvez être ignorante du désarroi dans lequel votre belle voix à jeté mon coeur. Depuis votre prestation je n'ai qu'une idée en tête vous revoir. Je vous pris d'accepter de m'accompagner au diner de ce soir, votre refus serait pour moi un véritable coup de poignard. Votre beauté et votre talent ont su toucher mon âme, et je ferrais tout ce qui est en mon pouvoir pour vous voir paraitre à mon bras ce soir. Parures, bijoux, tout vous sera accordé."

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Müwilln Arishka

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MessageSujet: Re: L'art est le baume des coeurs blessés [PV Müwilln Arishka]   Dim 26 Jan - 22:32

Müwilln
I hate these shooes...

Le tonnerre d'applaudissement qui accueilla la fin de la prestation de Müwilln l'éblouit. Elle n'avait pas cru un seul instant avoir un talent suffisant pour séduire une telle foule de nobles et de royaux, et elle en eût un instant de vertige, avant de se reprendre et de se lever pour saluer bas, rapidement rejointe par les autres artistes. Ses longs cheveux accompagnèrent le mouvement, et elle les rejeta en arrière dans un geste spectaculaire, accueillit par un redoublement d'applaudissements. Elle savoura l'ivresse de la scène un instant encore, puis retourna en coulisses.

Avec un long soupir de soulagement, elle put enfin ôter ses chaussures à talons. La jeune sorcière était toujours pieds nus habituellement, mais ici, les domestiques lui avaient bien fait comprendre que ne pas porter de chaussures serait très mal vu par Leurs Majestés, et on lui avait mis ces instruments de torture dans les mains. Comment les femmes pouvaient-elles marcher à longueur de journée avec les pieds enserrés et déformés ainsi ? Elle ne le comprendrait jamais.

L'après-midi n'était pas terminé, et les artistes étaient autorisés à deumeurer au palais jusqu'au dîner, qu'ils passeraient avec les domestiques dans une salle à part. Müwilln décida donc de se promener un peu dans les couloirs. Elle rangea Rime et, Tidus sur son épaule et ses chaussures à la main - elle ne parvenait pas à se décider à les rechausser -, elle commença son exploration.
L'endroit était immense, noblement décoré. Un peu trop noblement, peut-être, aux yeux de la jeune sorcière. Tout n'était que marbre, dorures et décorations toutes plus riches les unes que les autres. Elle préférait de loin la complexité si familière de la Forêt des Lucioles, la calme mer de verdure des plaines et le saphir mouvant de l'océan. Ici, plus rien ne lui paraissait simple ou naturel. Mais elle devait reconnaître que cela valait la peine d'être visité. Après avoir observé diverses galeries de tableaux et admiré une bibliothèque si grande et si vaste que la salle ne semblait avoir ni plafond ni murs, elle tomba, au détour d'un couloir, nez à nez avec un jeune homme. Elle sursauta et comença à bafouiller des excuses, pensant qu'après tout peut-être n'avait-elle pas le droit d'errer dans les couloirs royaux, mais le sourire du noble la rassura, et elle sourit à son tour.

- Enchanté, noble demoiselle, lui dit-il. Vous ne pouvez être ignorante du désarroi dans lequel votre belle voix à jeté mon coeur. Depuis votre prestation je n'ai qu'une idée en tête: vous revoir. Je vous prie d'accepter de m'accompagner au diner de ce soir. Votre refus serait pour moi un véritable coup de poignard. Votre beauté et votre talent ont su toucher mon âme, et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour vous voir paraitre à mon bras ce soir. Parures, bijoux, tout vous sera accordé.

Müwilln resta estomaquée quelques secondes à la suite de cette déclaration. Elle se souvenait avoir vu cet homme à la table d'honneur, il était prince donc, certainement. Et tout dans son attitude et dans ses paroles semblait empreint de sincérité. C'est exactement ce qui fit douter la sorcière. La voix du jeune prince était trop parfaite, trop douce, son sourire trop charmant, ses yeux trop confiants pour qu'il soit sincère. Elle résolut donc d'être prudente. Il ne fallait pas le vexer, au risque d'être mal vue de la famille royale (et, après tout, peut-être se trompait-elle et peut-être était-il simplement charmant et sincère...)

- Pardonnez-moi, monsieur, répondit-elle, mais vous me voyez confuse. En effet, je suis arrivée dans ce royaume récemment et je viens d'une contrée lointaine et plus sauvage. J'espère donc ne pas vous offenser en vous avouant que j'ignore tout de votre identité, de votre rang, et jusqu'à votre nom même... Faites-vous partie de la famille royale ? Vraiment pardonnez-moi, mon manque de connaissances m'horrifie.

Le sourire du garçon s'agrandit, si spontanné que Müwilln se reprit à croire à son honnêteté.

- Vous n'avez nulle raison d'être confuse, demoiselle. Je me nomme Ceydre Adbreith, et je suis prince de l'Empire. Mais le rang importe peu, n'est-ce pas ? A vrai dire, la vie de prince m'ennuie, et j'envie la votre. Je vous en prie, acceptez mon invitation, rien ne me ferait plus plaisir que d'entendre le récit de vos voyages...

La sorcière avait donc deviné juste, il s'agissait d'un prince. Il avait quelque-chose de touchant, bien qu'elle doutât encore de lui. Avec un peu de chances, ses doutes étaient infondés, et le prince Ceydre, bien qu'il ne l'intéressât pas comme amant, pourrait en revanche s'avérer être un ami précieux. De plus, elle avait beau connaître mal les usages locaux, elle se doutait que refuser serait malvenu. Elle lui adressa donc un sourire sincère avant de répondre:

- Je n'ai besoin de nulle parure ni de bijoux, mais j'accepte volontiers votre offre. Je serais à votre bras ce soir."

----------

Müwilln était en retard pour le diner. Après avoir quitté le Prince Ceydre en ayant fixé l'heure et le lieu de rendez-vous, elle était allée se reposer dans la petite loge qu'on lui avait assigné, et avait fini par s'endormir. Elle aurait dû retrouver le prince un quart d'heure auparavent déjà, pour entrer à ses côtés dans la salle où ils dîneraient en compagnie de sa famille. Heureusement, elle savait où se situait ladite salle. Une fois arrivée devant la porte, elle prit un moment pour souffler - et remettre ses chaussures à talons -, et entra.
La salle était immense, et personne ne sembla remarquer son entrée. Elle en profita pour se faufiler jusqu'au prince Ceydre, à côté duquel elle prit place, tandis qu'il lui adressait un sourire rassurant. Mal à l'aise, elle tenta vaguement de dénouer un peu ses cheveux à la main, mais abandonna rapidement l'idée. Tidus, toujours sur son épaule, se recroquevilla, sans doute impressionné par le monde présent, et elle fit de son mieux pour le camoufler avec sa chevelure.

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Metis Adhbreith
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MessageSujet: Re: L'art est le baume des coeurs blessés [PV Müwilln Arishka]   Dim 16 Mar - 19:22

Alors que Metis allait interroger son jeune frère sur la chaise vide à ses côtés, une jeune femme parut soudain. Il s'agissait de la jeune chanteuse que la princesse avait entendu un peu plus tôt dans la journée. Que faisait-elle donc ici ? La suivant de son regard neutre, la petite impératrice vit la sorcière prendre place sur la chaise vide qui l'avait préoccupé jusque là. Ainsi donc son frère avait osé inviter une simple petite artiste à leur table, lors d'un diner aussi somptueux ? Qu'est ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? Certes la culture particulière des Marath faisait que les plus doués des artistes avaient le droit de partager un repas avec la famille royale, mais le banquet auquel la jeune fille venait d'être convié était en son honneur. Et en qualité de princesse impériale Metis n'appréciait pas que les gens du peuple vienne se mêler à l'aristocratie. Jetant un regard sévère à son frère mais aussi à la sorcière aux cheveux arc-en-ciel, la jeune femme se retint de prononcer un mot pour le moment.

Alors que la reine, sa soeur puis Metis prirent la parole chacune leur tour, pour remercier les invités de leur présence et ouvrir le diner, Ceydre se pencha vers sa voisine alors qu'il la sentait toute intimidée. Intérieurement il s'amusait grandement de voir cette fille mal à l'aise ainsi que le regard noir que lui avait lancé sa soeur. Bien que Metis ne soit pas très proche de lui, il la connaissait assez pour savoir que la présence d'une simple petite musicienne à un banquet aussi formel ne lui plairait pas du tout. Mais alors pas du tout. C'est donc le coeur joueur qui le se tourne vers Müwllin, un grand sourire innocent et accueillant sur son visage.

"Comme je suis heureux que vous soyez venu. J'ai cru pendant un instant que vous m'aviez oublié. Je dois vous dire que vous êtes particulièrement magnifique ma chère amie."

Alors qu'il s'adressait à elle, Metis se rassit, venant de finir son petit discours. Levant son verre de vin elle en bu une gorgée avant qu'on vienne lui servir son repas, ainsi qu'à tout les invités. Commençant à manger en silence, peut désireuse de discuter pour l'instant. Ceydre, conscient de cela se tourna explicitement vers elle pour lui parler.

"Ma chère soeur, laisse moi te présenter Müwilln Arishka. Tu l'as déjà vu lors cette après-midi alors qu'elle nous a régalé de sa délicieuse musique."

Outré par son comportement, Metis posa un peu sèchement ses couverts avant de fixer son frère du regard. Celui-ci eu un petit rire enfantin avant de se retourner vers la sorcière.

"Excusez ma soeur très chère, c'est qu'en vérité elle est très timide et n'aime pas beaucoup de voir des étrangers à sa table."

Ce mensonge éhonté aurait presque fait rougir de rage la princesse si elle ne savait pas si bien se contrôler. Son frère était vraiment devenu un petit animal bien arrogant qu'elle allait devoir remettre à sa place. Se tournant donc vers la musicienne Metis prit la parole, avec son habituelle voix froide.

"Enchanté Müwllin Arishka, je vous souhaite la bienvenu à cette table. Quand à toi mon cher frère, sache qu'il est bien mal avisé de parler ainsi de ses proches et que ce comportement n'est pas celui qui sied à un prince."

Et tout aussi froidement elle reprit une gorgée de vin.

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Müwilln Arishka

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MessageSujet: Re: L'art est le baume des coeurs blessés [PV Müwilln Arishka]   Dim 23 Mar - 22:55

Müwilln
I really shouldn't be there...

Plus l'heure avançait, et plus Müwilln sentait qu'elle n'était pas à sa place. Elle n'aurait vraiment pas dû se trouver là. Lorsqu'elle s'était assise en face de la princesse aperçue plus tôt - dont elle avait appris, entre-temps, qu'elle était princesse impériale, soeur de Ceydre, et que ce banquet était en son honneur -, ladite Royale personne l'avait fusillée du regard. Ensuite, des discours pour lui souhaiter un bon retour au Pays d'Or et ouvrir le banquet avaient commencé, longs et ennuyeux, et Müwilln se sentait de moins en moins à l'aise.

Les discours finis, Ceydre abreuva la sorcière de paroles mielleuses se voulant rassurantes, mais qui n'eurent pour effet que de la convaincre de plus en plus que ce lieu n'était pas pour elle. Lorsqu'il se mit à critiquer ouvertement sa soeur, la chanteuse ne savait plus où se mettre. Elle avait cru que Ceydre savait ce qu'il faisait en l'emmenant là, que c'était un acte normal, accepté et noble, mais au lieu de cela elle avait l'impression de faire partie d'une immense blague visant uniquement à l'humilier. Quand à la princesse Adhbreith, elle restait somptueusement impassible devant l'effronterie de son frère et la gène de l'artiste.

- Peut-être que je n'aurais pas dû venir, je devrais repartir...

A peine venait-elle de souffler ces mots au prince que la sublime Métis s'adressa à eux.

- Enchantée Müwilln Arishka, je vous souhaite la bienvenue à cette table. Quand à toi mon cher frère, sache qu'il est bien mal avisé de parler ainsi de ses proches et que ce comportement n'est pas celui qui sied à un prince.

C'était de pire en pire. La princesse elle-même venait de dire tout haut qu'elle n'aurait pas dû se trouver là, le prince paraissait de moins en moins aimable, et cette soirée entière était un fiasco. Müwilln n'avait qu'une envie, s'échapper d'ici, enlever ces maudites chaussures, courir dans la forêt et grimper au plus grand arbre qu'elle trouverait pour y faire une somptueuse sieste avec Tidus. Seulement, elle était là, dans une salle si grande qu'elle s'en sentait oppressée, entourée de gens qui ne souhaitaient pas la voir là et d'un homme qui, elle commençait à le croire, n'aimait rien plus que d'humilier les gens. Celui-ci était en train de se disputer calmement avec sa soeur, un sourire arrogant sur les lèvres. La jeune sorcière n'avait pas suivi ce qu'ils disaient, mais l'entente ne semblait pas au rendez-vous...

- Princesse Adhbreith, je comprends que ma présence à ce banquet n'était pas appropriée. Si vous le permettez, je vais repartir.

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