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 A la découverte du Monde [PV : Eridan V. Dolrien]

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Yumena Jennicis

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Date d'inscription : 05/03/2014
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MessageSujet: A la découverte du Monde [PV : Eridan V. Dolrien]   Mer 12 Mar - 9:53

- Quoi ? Tu es sérieuse ?!

Les sourcils d’Orcrist s’étaient légèrement froncés, mais c’était dans ses yeux que se lisait le plus son inquiétude, ses deux perle bleu-argent héritées de sa mère.

- Je le suis ! fis-je sur un ton vif. Et ce n’est pas qu’une question de volonté ! Mon stock de gemmes s’est vidé tout à coup ! Et les marchands mettront des mois à venir des Chaînes d’Argent ! Je n’aurais plus un seul client quand ils poseront le pied sur les pavés de cette ville !

J’étais appuyée contre le mur de ma maisonnette, juste à côté de la porte. Le soleil allait couchant, ses rayons dorés se muaient en un orange clair, bientôt profond. Bras croisés, je tenais tête tant bien que mal à la pression que le jeune Sylphe me mettait sur le dos.

- Et puis j’ai toujours rêvé d’aller au Chaînes d’Argent ! Ce serait mon premier grand voyage ! Moi qui ne suis jamais sortie de cette maison !

- Justement, c’est bien ça le problème ! Tu ne connais rien à la vie sur les routes ! Tu ne tiendras pas deux jours ! Et si tu ne te perds pas, ce sont les bandits qui te tomberont dessus ! Et les Dieux seuls savent ce qu’ils pourraient te faire avant de te tuer !

Cette dernière phrase eut pour effet de faire tomber une chape de plomb sur notre conversation. Orcrist se sentit rapidement mal à l’aise, et je déglutis en ne passant que le début d’un des multiples scénarii qui pouvaient se produire…

Le Sylphe ne me disait pas cela pour me faire peur, mais pour me faire redescendre de mon petit nuage et réaliser que les dangers étaient bels et bien là, dangereux et plus effroyables que dans n’importe quel compte. Et surtout qu’en général, aucun preux chevalier n’arrivait au dernier moment pour sauver la demoiselle en détresse…

Dans une volonté de s’excuser, le jeune homme me prit dans ses bras et me serra très fort contre lui. J’acceptais cette étreinte fraternelle comme à mon habitude, en signe de pardon et enfouis mon visage dans son cou pâle. Lui, son nez dans mes cheveux, soupira bruyamment avant de souffler :

- Je suis désolé, Yu’… Mais j’ai si peur qu’il t’arrive malheur…
- Je sais, Ori’… J’ai peur moi aussi… Mais je ne veux pas mourir sans avoir vu à quoi ressemble le monde ! répondis-je sur le même ton.
- Les rêves nourrissent surtout les bestioles qui attrapent les infortunés…

J’eus un petit rire, plus nerveux qu’autre chose. Je me reculai légèrement et offris à mon Frère d’Ame un sourire tendre.

- Je ne partirai pas seule, alors. Dès demain, j’irai à la Cité des Vents, recruter un protecteur.
- Comment sauras-tu si ce « protecteur » sera digne de confiance ?
- Je n’en ai aucune idée. Olhundyn guide mon chemin !

Orcrist pouffa en secouant la tête. Il n’avait jamais compris que j’affectionne des entités qui n’existaient pas, selon lui. Mais j’étais persuadée du contraire. Imyndun m’avait inspirées plusieurs créations, je le savais, et la Déesse des Forêts m’avait permis de faire ce choix qui était le mien aujourd’hui, celui de voyager jusqu’au Chaînes d’Argent pour trouver les ressources dont j’avais besoin. Je savais qu’elle m’inspirait ce courage que j’avais maintenant, celui d’un guerrier faisant face à l’ennemi…

Ce fut malgré lui qu’Orcrist décida de me laisser partir. Même si j’eus à jurer sur mon âme que je chercherais quelqu’un digne de confiance pour m’accompagner. De toute manière, participer à un convoi était inenvisageable pour la simple et bonne raison qu’aucun ne partait en ce moment et que tous n’allaient pas aux Chaînes d’Argent.

*     *     *

Le lendemain, à l’aube, je serrai une dernière fois le Sylphe dans mes bras avant de marcher vers les portes de la ville.

Mes bagages se composaient de peu de choses en somme : un sac de voyages avec quelques vêtements chauds, une couverture, de la nourriture, mais surtout de l’argent, celui qui paierait mon protecteur, et celui qui me servirait à payer les auberges dans lesquelles on s’arrêterait, à acheter vivres et boissons, ainsi que les marchandises que j’allais chercher. J’avais d’ailleurs prévu un grand sac vide à cet effet, pour l’instant roulé en boule dans mon sac de voyage.

Ce matin-là, je partis d’un bon pas, humant l’air frais chargé de rosée, savourant les premiers rayons du soleil qui s’étiraient à l’horizon.

« Le vent t’apportera de mes nouvelles … » avais-je dit à Orcrist avant de partir. J’eus un petit sourire pour moi-même en me remémorant sa réaction, à moitié rasséréné par ce petit rappel de son propre don.

Orcrist m’avait déjà parlé de ce que pouvait lui apporter le Vent. Parfois le soir, il entendait des chants d’oiseaux des plaines, ou bien des cris d’animaux des forêts ou des montagnes… Le Vent lui apportait les bruits de différents points dans la région et c’était souvent agréable à écouter, selon lui, avant de dormir. Alors, sur le chemin de la Cité des Vents, je me mis à jouer avec l’air, traduisant comme je le pouvais les brises et bourrasques qui soufflaient sur moi.

Tantôt je riais à sentir le vent me pousser dans le dos, tantôt je lui demandais de laisser mes cheveux tranquilles. Parfois je râlais lorsqu’il me faisait front, comme s’il ne voulait pas que j’avance.

Et puis, vers la fin du voyage, lorsque les hauts murs de la ville m’apparurent, une question perça dans mon esprit : était-ce Orcrist qui m’avait envoyé le Vent ? Etait-ce lui qui avait demandé qu’il veille sur moi ? Un petit sourire s’esquissa sur mes lèvres en l’imaginant prier l’Air, lui confiant ses doutes…

*Ah… si seulement je percevais un tant soit peu la Magie !* soupirais-je intérieurement.

Et la fin de mon périple pour la Cité des Vents se termina sans que je le vis passer, concentrée que j’étais à imaginer ce que pouvais vivre un Sorcier ou un Sylphe. Comment voyaient-ils l’herbe ? Les nuages ? Les arbres ? Les gens ? Est-ce qu’ils pouvaient savoir quelle magie était naturelle et l’autre civilisé ? Je me surpris à les jalouser, rêvant d’une vision du monde rythmée par des flux colorés et des étoiles à portée de mains..!

Je ne connaissais rien à la Magie. Mes parents n’avaient jamais été très ouverts au monde et aux sciences moderne, ni même à la Nature. Rien du très peu que je pouvais savoir à ce sujet me venait d’Orcrist et mes parents n’avaient jamais approuvé cela. Leurs vies s’étaient toujours résumées à leur foyer, leur fille et les bijoux.


Je relevai le nez pour m’apercevoir que je me trouvais devant les portes de la Cité des Vents. L’air était chaud, le vent léger… Un garde à l’entrée me jetait un coup d’œil étonné, sans doute peu habitué à voir des rêveuses passer les portes de la ville. Le trajet entre chez moi et la capitale des terres des Marath avaient durée une demi-journée à peine. Le soleil était haut dans le ciel, j’avais tout le temps qu’il me fallait pour trouver mon « protecteur ».

Je franchis les hauts murs qui ceignaient la ville et me dirigeai vers la grand-place. Le brouhaha du marché quotidien ne m’empêchait pas de savourer ce temps chaud et ensoleillé animé par le chant des oiseaux et les douces brises qui soufflaient sur la place. La population locale était surprenante, mélangeant Humains, Hornts, Sylphes, et plus rarement des Sorciers.

Au centre s’élevait une incroyable fontaine ornée de pierres colorées, de gravures et de dorures finement ouvragées. Il s’agissait là d’un échantillon représentatif de tout l’art dont pouvait regorger Marath. Je vins m’asseoir sur le rebord de son immense bassin et pris le temps de souffler un peu avant de regarder alentour où avais-je le plus de chance de trouver la personne que je cherchais. Mes bottes foulaient le pavé lisse et sans défaut de la place, quelques minutes plus tard, quand je décidais de partir visiter les différentes tavernes du coin. J’allais surtout prendre le plus grand soin à éviter les quartiers sensibles, qui savait sur qui je pouvais tomber, là-bas ?


*     *     *

* Olhundhyn, pitié ! Dites-moi qu’il existe des hommes sur cette Terre qui aient un autre mode de pensée que l’argent ou la chair ! *

J’avais passé la presque totalité de mon après-midi à supporter les mots des rustres du quartier. J’ignorais si c’était ma mésaventure d’il y avait deux ans qui me faisait voir le monde autrement, ou bien le contexte, mais je savais maintenant identifier ce regard étrange et malsain dans les yeux de beaucoup de gens.

Ce regard qui me murmurait que je ne terminerais pas le voyage, ou celui que l’argent ne suffirait pas à contenter mon gardien…

Après avoir essuyée plusieurs propositions…disons, imbéciles, je me contentais de jauger ceux qui attiraient mon regard et observai leur comportements, leur regard, leur façon de parler…

Je ne pouvais faire confiance à aucun d’eux, quand bien même ils portaient une armure blanche, ou que leur visage inspirait la confiance, généralement. Quelque chose chez eux tous me dérangeait.

En fin d’après-midi, donc, j’échouai à l’auberge du Rosse Royal, dont le nom me fit rire intérieurement. Le tenancier était un homme trapu au visage sympathique. Je réservai une chambre pour une personne, avec un diner et un petit-déjeuner. Après quoi allais-je m’asseoir vers le fond de la grande salle, chauffée par une grande cheminée en pierre où les flammes dévoraient avec hargne d’énormes bûches. Ne désespérant pas de trouver quelqu’un de confiance, je me mis à scruter distraitement la salle, m’attardant sur les personnes en armes, hommes et femmes, Humains ou Hornts…

Aucun ne me laissait penser que je pouvais le laisser m’accompagner sans crainte. Si ce n’était pas à son regard ou sa façon de se tenir, c’était une impression, quelque chose de viscéral… Les Dieux m’aidaient peut être à choisir…

Et puis, je le vis, lui.

Assis tout à fait au fond de la pièce, à l’abri des regards. Sa capuche jetée sur ses cheveux. Il portait une tunique blanche toute simple et ses cheveux étaient roux. Comme les miens…

Je ne voyais pas là un signe ! Je trouvais ça juste amusant…

Je sortis mon carnet de croquis de mon sac avec un fusain et démarrait un portrait de cet homme étrange, lui jetant fréquemment un coup d’œil pour le dessiner au mieux.

Lorsque j’eus sa silhouette complète, avec les drapés de ses vêtements, je commençais à représenter les détails et les ombres en me demandant si je ne devrais pas aller le voir…

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