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 La sorcière et le fé (pv Lazulie)

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Zéphyr Pendragon

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Date d'inscription : 13/11/2011
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MessageSujet: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Jeu 17 Nov - 21:33



- Je ne fais pas ça pour te faire du mal. J’ai besoin de toi.

Le dénommé, à présent, Zéphyr Pendragon, était trop tourmenté pour sentir la pointe de culpabilité dans les paroles du vieux Salomon. Ce dernier ne le regardait qu’à peine, il marchait vite, hâtivement, comme s’il tentait de fuir sa propre faute. Zéphyr traînait sur ses talons en reniflant, ce qui, ajouté à sa tenue misérable, lui donnait un aspect tout à fait pathétique. Cela faisait une petite demi-heure qu’ils avaient quitté la maison-mère du jeune fé. Zéphyr, pour la première fois de sa vie, découvrait le monde qui s’étalait au-delà de la Forêt des Lucioles. Il s’agissait d’une sorte de pinède, de plus en plus vide, et le sol s’agrémentait de grains de sable à mesure que les deux compagnons progressaient. Ces arbres secs et maigres ne ressemblaient en rien à ceux des bois qui les précédaient. Malheureusement, Zéphyr n’avait pas le cœur à l’exploration.

  Enfin, au bout d’un moment, fatigué de se lamenter, il rattrapa en trottinant le vieil homme et lui demanda :

- Où allons-nous ?

Salomon parut soulagé de voir le fé s’enhardir.

- Que sais-tu du monde ? préféra-t-il demander avant de se lancer dans une explication qu’il devinait bien floue pour un fadet.
- Qu’il est composé d’arbres et de beaucoup d’humains.
- Est-ce tout ?
- Non, il y a aussi des fés, des loups, des créatures… Des sorcières aussi, il y en a dans chaque forêt.
- En as-tu déjà vu ?
- Non, ce sont les arbres qui m’en parlent.
- Je vois. Là où nous allons, il n’y a guère d’arbres mais beaucoup d’humains en effet. Cela s’appelle l’Empire, et c’est très différent de là d’où tu viens.
- C’est ton pays ?
- Non, mon pays se situe à côté du tien, c’est le Pays d’Or.
- Oooh…
- A présent nous nous rendons sur une plage pour traverser l’Océan.
- Il n’y a rien sur le rivage de l’oubli, il n’y a pas de bateau.

Salomon considéra Zéphyr avec étonnement.

- Comment sais-tu tout cela ?
- On en parle des fois dans la forêt. Le vent le dit aux arbres qui le répètent aux fleurs et ainsi les rumeurs viennent à moi. Mais je n’écoute pas toujours, sinon je serais très savant.
- Hum oui eh bien, tu as sûrement raison. Notre seul espoir est d’y trouver un bateau échoué ou de trouver quelqu’un qui nous mène à son navire. Nous sommes contraints de traverser l’Océan.
- Comme tu veux, mais tu es bien un humain. Tu as trop de limites !

Salomon fronça les sourcils. Son petit fadet pleurnichard était devenu bien présomptueux !

- Tu as une meilleure option ?
- Oui. On va dans ton pays et on trouve un bateau. Il y en a sûrement.
- Bien sûr, il y a des ports.

Par fierté, le fadet n’osa pas relever le mot qu’il ne connaissait pas.

- Mais c’est impossible, Zéphyr… c’est bien trop loin, et dans tous les cas pour y accéder, il faudrait… il faudrait traverser la Forêt de l’Obscur.
- Et alors ?
- Tu ne comprends pas… Cette forêt est bien différente de la tienne. Elle est remplie de maléfice. J’ai parcouru le monde en large et en travers mais jamais je n’ai franchi les limites de la Forêt de l’Obscur. A moins de rester sur le rivage et de le longer jusqu’aux frontières du Pays d’Or.
- Non ! S’il te plait, passons par la forêt, je ne peux pas parcourir tant de distance sur ce sable sec sans arbre et sans pousse. Je te guiderai, je parlerai aux arbres de la Forêt de l’Obscur. Passons par ma forêt, ainsi nous irons dans l’autre plus facilement, les arbres se mélangeront et notre passage sera plus discret. N’y a-t-il pas de fés dans cette forêt noire ?
- J’en doute. Très bien, ma foi ton idée n’est pas mauvaise… Mais qu’adviendra-t-il si je me fais attaquer, si je subis un mauvais sort ou l’attaque d’une bête féroce ? Que t’arrivera-t-il si je meurs ou si seulement même je perds le sceau qui renferme ton nom ?
- Je te protègerai.
- Zéphyr, allons, je sais que les fés ne sont pas des créatures faibles, mais tu es moins invincible que tu le penses. Pour un vieux gars comme moi, le rivage est aussi tranquille et sûr que la forêt pour toi.
- Alors séparons-nous, je passe par la forêt et toi par le rivage, dans une semaine nous nous retrouvons à la bordure des deux.
- Oui, à la frontière du Désert de Feu… Mais es-tu certain que tu ne chercheras pas à fuir ?
- Ca ne servirait à rien… Je sais bien que je risque de mourir en étant loin de toi.
- Bien, pour un fé, tu es plutôt logique et compréhensif ! Entendu, je te dois bien cette liberté, je garde le sceau précieusement. S’il t’arrive malheur, je le saurai immédiatement… Vois-tu, le sceau est tout chaud pour le moment, il est vif et réactif. Si tu t’éteins, il s’éteindra aussi.


***


Zéphyr savait qu’il n’était pas libre, mais il se sentit plus léger en revenant sur ses pas. Il n’aimait pas ce sol qui lui irritait les pieds, il n’aimait pas ces arbres silencieux et rachitiques. Jetant un œil par-dessus son épaule en direction du vieux mage, il se mit à courir et filer à travers les pins. Il sentait l’appel de sa forêt, son écho résonnait en lui au rythme des battements de son cœur. Ses ailes lui frappaient le dos lorsqu’il sautait des cailloux ou des racines grisâtres. Enfin il pénétra dans la Forêt des Lucioles et s’arrêta un instant, courbé, pour reprendre son souffle.

  Il n’était pas du tout à l’endroit qu’ils avaient laissé derrière eux en partant. Il se trouvait dans un coin de la forêt qu’il ne connaissait pas beaucoup, bien loin de sa caverne et du ruisseau qu’il traversait souvent. Ce constat ne l’effraya aucunement car comme tout fé, il considérait l’ensemble de la forêt comme sa demeure. Les arbres étaient touffus et très verts, le sol mou et humide, la flore luxuriante et la faune omniprésente. En se promenant Zéphyr vit beaucoup de mandragores et croisa quelques lutins auprès desquels il s’assura de la route à prendre. N’étant pas humain, il n’était pas sensible à la magie envoutante que dégageait le lieu pour n’importe quel voyageur extérieur.

   Confiant et égayé malgré le drame qu’il avait subi plus tôt dans la journée, Zéphyr Pendragon se dirigea donc d’un pas léger vers la Forêt de l’Obscur, bois lugubres que l’influence néfaste n’atteignait pas encore. Les fés, en effet, sont des créatures changeantes qui réagissent aux situations immédiates. Il était chez lui et le serait pour un petit moment, ça suffisait à le satisfaire. Cependant, alors que l’éclat du jour faiblissait, une rencontre inattendue s’apprêtait à perturber ces retrouvailles avec son monde.





Dernière édition par Zéphyr Pendragon le Ven 14 Juin - 12:05, édité 3 fois
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Lazulie Ybault

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Ven 18 Nov - 21:20

La jeune sorcière était enfin arrivée dans la forêt des Lucioles. Elle ne savait pas vraiment où elle allait et commença à errer parmi les arbres. D'après ses informations, elle résoudrait le mystère de ses origines ici, et plus précisément en trouvant le clan des Alcas. Elle cherchait désespérément à comprendre un passé, qui peut-être éclairait son avenir d'un nouveau jour. Elle devait absolument trouver ce clan ! Elle ne quitterait pas cet endroit sans les clés de son passé ! Elle voulait savoir ! Elle devait comprendre !! Une boule se forma au creux de son estomac et sa gorge se noua. Cette soudaine émotion l'étonna et elle se laissa tomber sur le tapis de mousse. Assise à même le sol, elle se recroquevilla en attendant que la douleur s'en aille. Elle s'obligea à fermer les yeux et se concentra sur sa respiration. En quelques minutes la douleur s'estompa, laissant place à une sensation étrange.

La forêt apparu brusquement dans sa tête. Une porte s'ouvrit dans l'âme de Lazulie. Elle percevait chaque force vitale de la forêt, des arbres, aux fleurs en passant par les animaux plus ou moins grands, sur un rayon d'environ cent mètres. Mais le plus captivant venait de ces petites flammes dansantes. Chaque être vivant avait sa propre couleur, sa propre lueur : rouge pour les animaux, violette pour les champignons, bleu clair pour les végétaux et blanche pour ce qu'elle pensait être des créatures magiques. La jeune fille repris peu à peu ses esprits et ouvrit les yeux. Un frisson de bonheur la parcouru, elle venait de vivre une expérience enivrante. Pour la première fois de sa vie, elle se sentait entière. Emportée par cette nouvelle sensation, elle se mit à tournoyer en riant et en criant :

« Je suis une sorcière !! Je suis Lazulie Ybault et je suis une sorcière !!! »
Elle était juste heureuse. La magie qu'elle avait si longtemps ignorée et qui pourtant coulait dans ses veines reprenait sa place, diffusant en elle une impression de plénitude. Inconsciemment, sa nature profonde avait été réveillée par ce lieu empreint de magie intuitive.

La tête finit par lui tourner et elle se rassit au creux des racines d'un arbre centenaire. Elle devait réfléchir à tout ce qui lui arrivait. Ce qui venait d'avoir lieu dépassait de loin ses simples intuitions sur les plantes médicinales. Elle se demanda même si elle n'avait pas eu une hallucination, mais elle ne pouvait le croire. Elle décida qu'elle devait essayer de renouveler l'expérience.
Elle ferma à nouveau les yeux et se concentra. La vision resurgit devant elle. Cependant quelque chose avait changé. A environ trente mètres derrière elle, les flammèches s’élevaient plus haut et brillaient comme des soleils. Lazulie se concentra sur cet étrange phénomène, elle s'aperçut alors qu'en pouvait effectuer une sorte de zoom. C'est là qu'elle la vit. Ce n'était pas une flamme, mais une boule d’énergie argenté. Petite mais éblouissante. On aurait dit un concentré de magie à l'état pure. L'aura qui s'en dégageait était à la fois apaisante et effrayante. Lazulie ne comprenait pas très bien quel sorte d'animal pouvait dégager une telle force et une telle faiblesse à la fois, s'agissait-il seulement d'un animal. Non, c'était probablement une créature magique ! Elle n'arrivait pas à percevoir ce que c'était. Émerveillée et intriguée par sa découverte elle ne réalisa pas tout de suite que la « chose » avançait dans sa direction. Elle approchait de plus en plus. Persuadée que un tel concentré de magie ne pouvait être que bénéfique, elle ouvrit les yeux et sa vision disparut. Elle se retourna pour faire face à l'objet non identifié qui ne devrait pas tarder à apparaître. Les branches en face d'elle s'écartèrent.
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Zéphyr Pendragon

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Sam 19 Nov - 18:44


Zéphyr continuait de progresser dans la forêt, il se trouvait à présent parmi les hautes fougères colorées qui la parsemait. A ce moment précis de la journée, lorsque la lumière du jour décroissait, la flore de la Forêt des Lucioles semblait s’animer d’une lueur teintée. C’était la preuve de la puissance magique que contenait ce lieu, pourtant pour le jeune fé, c’était la chose la plus naturelle du monde et cela l’eut étonné qu’une autre forêt fût différente. Il ressentait de manière très pure la magie du lieu en lui. Il me serait difficile de comparer cela avec une sensation que les humains peuvent éprouver, mais c’était semblable à un sentiment envahissant. Zéphyr était donc réactif à tous les éléments magiques qu’il croisait et reconnaissait sans même les regarder. Des lucioles, des feu follets, des fleurs qui papotaient, des champignons qui ronflaient… Quelle vie !

Cependant, il ressentit soudain une influence magique toute différente de celles qu’il connaissait. Cela le perturba un peu et il s’arrêta en fronçant les sourcils, reniflant l’air comme il le faisait en reconnaissance d’un danger. Les sens des fés sont particulièrement aiguisés du fait de leur lien à la nature. Il ressentit une vague odeur d’humain, mais cet arôme en dissimulait un autre, très différent. Il ressentait un lien fort avec la forêt, avec la nature, quelque chose d’assez proche de ce qu’il était lui-même.

De plus en plus intrigué, il se hâta de traverser le champ de fougères dans lequel il se trouvait, les écartant brutalement au passage - il manqua d’ailleurs de faire tomber deux jeunes lutins qui s’embrassaient en gloussant.

Ne voulant pas s’exposer, Zéphyr se stoppa juste avant de sortir des fougères, il se baissa et scruta la pénombre environnante. Il ne lui suffit que d’un coup d’œil pour deviner de quelle nature était la créature qu’il avait senti arriver.

- Ca alors, une sorcière ! murmura-t-il dans son langage, toujours accroupi.
- Tu crois vraiment ? intervint un blaireau, émergeant de son terrier. Elle sent beaucoup l’Homme.
- Non, non, c’est une sorcière, je le sens parfaitement, et pourtant j’en ai rarement croisé. Regarde ses cheveux ! Elle a dû perdre son clan. Peut-être qu’elle aussi s’est fait capturer par un humain. Je vais lui demander.
- Tu n’es guère prudent !
- Je n’ai rien à craindre des sorcières, elles sont filles de la forêt, comme moi.
Sur cette déclaration, le fé se redressa, grimaça en jetant un regard à son aspect misérable - il portait toujours sa toge brunâtre et ses pieds nus, sans parler de ses longs cheveux hirsutes - et se décida tout de même à aller à l’encontre de la jeune sorcière. Elle était adossée à un immense chêne que Zéphyr connaissait vaguement.

En sortant des fougères, il comprit en un instant que la fille l’avait vu venir. Il vit son regard posé sur lui, mais ce regard semblait voilé d’une énergie surnaturelle, comme si sa perception était différente, plus pure, plus essentielle. Impossible qu’un humain  eut ce regard-là. Le cœur battant, Zéphyr s’approcha prudemment. Il salua l’arbre d’une humble révérence puis reporta son attention sur la sorcière. Elle devait être très jeune. Elle avait l’air un peu ailleurs et comme étourdie. Il est vrai qu’elle ressemblait assez à une humaine, mais ses yeux étaient plus beaux que ceux de Salomon. Ils étaient d’un bleu intense, profond, qui captiva le petit fé l’espace d’un instant. Ses vêtements étaient plutôt humbles, elle ne devait pas être riche. Cependant ce ne pouvait être non plus une grande voyageuse. Que venait-elle faire ici ?

- Bonjour, finit-il par dire en langue commune. Comment tu t’appelles ?

Zéphyr espérait de tout cœur que la jeune fille ne rejetterait pas sa compagnie. Après tout, une sorcière pourrait peut-être l’aider à libérer son nom du sceau qui l’enfermait. Il se demanda si les pouvoirs de la jeune femme étaient puissants.

- Tu as perdu ton clan ? Tu t’es fait capturer ? Je peux t’aider à les retrouver si tu veux, je sais où elles vivent.




Dernière édition par Zéphyr Pendragon le Ven 14 Juin - 12:06, édité 1 fois
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Lazulie Ybault

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Lun 21 Nov - 21:20

Lazulie resta sans voix devant la créature qui lui faisait face. Elle fut encore plus surprise de le voir s'incliner, elle ne comprit pas qu'il saluait ainsi l'arbre auquel elle était adossée. Il ne pouvait s'agir d'un humain, pourtant on aurait dit un enfant. Soudain elle aperçut les oreilles qui dépassaient de sa chevelure dorée. Elles étaient pointues !!! *Impossible... Nan ce n'est pas possible, je suis en train de rêver !!! C'est un fé !!!*

Elle en avait déjà entendu parler mais jamais elle n'aurait cru pouvoir en rencontrer un. Elle comprenait mieux l'énergie magique qu'elle avait sentie, ces êtres sont de la magie intuitive personnifiée. Elle ne savait comment réagir. Devait-elle prendre la parole ? Devait-elle attendre qu'il accepte de lui parler ? Elle avait lu quelques ouvrages sur les fés, et elle se rappela qu'il parlait souvent une langue inconnu des êtres humains, une langue empreinte de magie, la langue de la nature. Si c'était réellement le cas, la communication risquait d'être compliquée...Elle opta finalement pour le silence et se mit à observer le fé.

Il n’était pas très grand, et son visage avait des traits enfantins. Impossible de deviner son âge, il pouvait très bien avoir dix ans comme plus de cinquante ans. Elle s’arrêta un instant sur les cheveux dorés qui semblaient n’avoir jamais rencontrés de peigne, avant de tomber sur ses yeux. Des yeux magnifiques mais tellement étrange, deux amandes percées par d’immense pupilles noirs, des yeux comme elle n’en avait jamais vu auparavant. Des yeux de fé.
Elle fut tirée de sa contemplation par la voix mélodieuse du petit être.

"Bonjour, comment tu t’appelles ?"
Surprise par cette petite voix fluette, elle ne répondit pas immédiatement. Il sembla réfléchir l’espace de quelques secondes. Apparemment ce qu'on lit dans les livres peut être partiellement incomplet, ce fé là maîtrisait parfaitement sa langue. Ne recevant pas de réponse, il continua :
"Tu as perdu ton clan ? Tu t’es fait capturer ? Je peux t’aider à les retrouver si tu veux, je sais où elles vivent."
Lazulie fut totalement désarçonnée par ces paroles et balbutia :
"Vous… tu… comment sais-tu que je suis une sorcière ?"
Le fé se contenta de la regarder fixement, un sourire amical animant son visage. Lazulie se rasséréna, après tout il n’avait pas l’air méchant et elle avait besoin de lui. Et puis c’était l’occasion pour elle de se faire un nouvel ami !! Un sourire éclaira son visage, elle se pencha vers le fé pour lui parler :
"Je m’appelle Lazulie, et je suis à la recherche du clan de sorcière vivant dans cette forêt. J’avoue que je me suis un peu perdue et ton aide est tout à fait la bienvenue !! Je suis vraiment contente de rencontrer un fé  et je suis ravie de pouvoir faire un bout de chemin avec toi!! Enchantée de faire ta connaissance ! Et toi comment t’appelles-tu ?"
A ces mots les yeux du fé s’assombrirent quelques secondes. Lazulie n'était pas assez observatrice pour noté la souffrance teintée de tristesse qui animèrent ses traits le temps d'un soupir. Il la fixa quelques secondes, comme plongé dans une rêverie. La jeune sorcière attendit patiemment qu'il veuille bien lui répondre, lui adressant un sourire d’encouragement. Il finit par lui dire de sa voix chantante :
"Je m'appelle Zéphyr"
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Zéphyr Pendragon

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Dim 4 Déc - 20:23


- Comment tu t’appelles ?

Il aurait dû s’attendre à cette question. Ne lui avait-il pas lui-même posé quelques secondes auparavant ? Que répondre à présent. Il devrait lui dire la vérité. Il ne s’appelait pas. Il avait perdu son vrai nom. Cette seule pensée lui serrait le cœur, lui tordait les entrailles ! Ne serait-elle pas étonnée, de toutes façons, en entendant ce nom aux intonations si humaines ?  Zéphyr avait pourtant ce désir ardent de lui conter toute sa mésaventure, d’ouvrir son cœur à cette jeune fille qui l’observait intensément. Mais il était encore trop méfiant. Et pourquoi sentait-elle à ce point l’humain ?

Lazulie était penchée sur lui, un sourire tendre aux coins des lèvres. Un saphir précieux pendait de son cou.

- Je m’appelle Zéphyr, lâcha-t-il enfin.

Il détourna la tête afin de ne pas voir le regard de la jeune sorcière. Il n’osa pas non plus regarder l’arbre ou les êtres qui les entouraient, par peur de leur réaction. Que penseraient-ils alors, de ce nom si fade, ni vide, ni éteint ! Certes il était beau et doux, mais il ne possédait rien et la forêt le savait. Est-ce que Lazulie s’en rendrait compte ? La jeune femme semblait d’une insouciance presque enfantine. Elle paraissait ignorer son propre pouvoir. Connaissait-elle la nature et son ordre ? Connaissait-elle les fés ?  

- Bien, allons-y, déclara-t-il simplement.

« Je suis à la recherche du clan de sorcière vivant dans cette forêt ». Zéphyr se remémora ces paroles alors qu’ils progressaient ensemble dans les bois. Il ne s’agissait donc pas de son clan ! Pourtant, sans pouvoir l’expliquer, Zéphyr la sentait rattachée à la Forêt, comme il l’était lui. Cette sorcière était trop mystérieuse, elle ne ressemblait ni tout à fait aux individus de sa race, ni aux humains qui semblaient l’avoir grandement imprégnés néanmoins. Zéphyr ne voulait pas l’effrayer ou la blesser en lui posant une foule de questions, questions qui lui brûlaient les lèvres. Il n’était pas aussi craintif et farouche que si elle avait été humaine, mais il conservait une distance. Il connaissait le pouvoir des sorcières. Et si elle ne venait pas de la Forêt des Lucioles, qui sait si elle ne venait pas de la Forêt Obscure ! A cette pensée il frissonna d’effroi et se raidit. Non, il aurait senti une aura sombre, mauvaise… Et pourtant, il n’avait rien vu venir avec Salomon ! Qui sait si cette sorcière, plus puissante encore, ne le trompait pas ? Quel destin les sorcières réservaient-elles aux fés ? Il ne tenait plus. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. Ils s’éloignaient de plus en plus du cœur de la forêt.

  Troublé, Zéphyr ne prêtait pas assez attention à son sixième sens ordinaire. Il progressait de plus en plus au hasard et ne s’aperçut de son égarement qu’en atteignant un petit marécage qui séparait la bordure de la forêt avec celle de l’obscur. Zéphyr n’en fut pas effrayé, il n’y avait rien à craindre car aucune des créatures de ces bois maléfiques ne traverseraient les marécages. Mais il fallait faire demi-tour, car le clan des sorcières n’était pas dans cette direction.

- Je m’excuse, ce n’est pas le bon chemin. Suis-moi.

Il tourna les talons et fit quelques pas, mais Lazulie ne bougeait pas. Son regard profond fixait quelque chose dans le lointain, au creux des marais. Zéphyr suivit son regard. Quelle était donc cette lueur vibrante qui émergeait de l’obscurité ?




Dernière édition par Zéphyr Pendragon le Ven 14 Juin - 12:08, édité 1 fois
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Lazulie Ybault

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Sam 10 Déc - 22:50

Cela faisait quelques minutes déjà que Lazulie et Zéphyr progressaient entre les arbres quand le fé s'arrêta à quelques pas d'un marais. La jeune fille était plongée dans ses pensées.

Elle se demandait pourquoi un tel silence c'était installé entre elle et son guide. Au premier abord il lui avait semblé enjoué et plutôt sympathique, elle pensait à tord que son voyage jusqu'au clan de sorcière en sa compagnie serait très agréable. Elle s'attendait à une conversation passionnante qui lui aurait permis d'en apprendre plus sur cette forêt et biensur sur le fé. Mais son attitude avait brusquement changée, il semblait perdu dans de morne pensées et il était très distant. N'osant pas briser le silence, Lazulie tentait de comprendre ce revirement. Avait-elle dit quelque chose d'impoli ? Avait-elle été insultante ? Peut-être qu'interroger quelqu'un sur sur prénom ne se faisait pas ici... Après tout Zéphyr avait paru embarassé par la question et ensuite il n'avait plus dit un mot...
La jeune sorcière était donc en pleine réfléxion sur les possibles differences culturelles entre fés et humains quand ils arrivèrent au bord de la zone marécageuse.

L'endroit était vraiment lugubre et Lazulie ne pu réprimer un frisson. Zéphyr ne paraissait pas impressionné outre mesure et elle craint un instant qu'ils ne doivent traverser ces marécages pour rejoindre « son » clan. Ce fut donc avec un grand soulagement qu'elle accueillit les paroles du fé :

« - Je m’excuse, ce n’est pas le bon chemin. Suis-moi. »
Il se retourna alors pour repartir dans la bonne direction. Lazulie s’apprêtait à le suivre quand elle aperçut une lueur tremblotante au loin. Elle fut immédiatement captivée par cette petite boule scintillante. Elle balbutia :
« Qu'est-ce que c'est ? »
Zéphyr ne répondit pas, lui aussi regardait cette lumière intrigante. La curiosité de la jeune sorcière augmenta, elle voulait savoir quelle était cette chose. Une idée germa alors dans son esprit. Elle se demanda si son « pouvoir » ne pourrait pas lui permettre d'en savoir plus sur la mystèrieuse petite flamme. Elle posa alors sa besace sur le sol et s'assit. Le fé la dévisagea un instant, une expression teintée de surprise et d'appréhension marquait son visage enfantin. Lazulie ferma les yeux. Elle ne maitrisait pas bien son don et la vision mit plusieurs secondes avant d'apparaitre. Tout était beaucoup plus flou que la première fois mais elle n'y préta pas attention. Elle remarqua tout de même l'aura lumineuse de Zéphyr à sa droite, elle en fut étrangement apaisée. Elle se focalisa alors sur son objectif et tendit son esprit vers la surface du marécage. Malheureusement son don lui demandait beaucoup trop de concentration et elle se fatigua rapidemment, l'origine de la lumière était trop loin pour qu'elle puisse le détecter de cette manière. Elle scruta ainsi la surface des marais pendant plusieurs minutes mais au bord de l'épuisement elle dut renoncer et ouvrit les yeux.

Zéphyr la regardait avec attention, il semblait attendre qu'elle dise quelque chose. Mais Lazulie peinait à reprendre son souffle et finit par se lever sans rien dire. Elle n'aimait pas les mystères et elle souhaitait comprendre ce qu'était cette lumière. Elle dirigea à nouveau son regard dans la direction où elle avait aperçu la boule lumineuse. Elle était toujours aussi captivante, très captivante. Son esprit fatigué ne pouvait lutter contre cette attirance presque magnétique. La jeune sorcière commença à avancer vers cet aimant crépitant. Elle n'avait plus peur de ce lieu lugubre, elle ne le voyait plus. Il y avait juste cette petite flamme et... c'était tout. Non, il y avait autre chose, une pression sur son poignet, comme si quelque chose essayait de la retenir, quelque chose ou quelqu'un.

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Zéphyr Pendragon

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Dim 19 Fév - 23:18


Zéphyr scrutait les traits fins de la jeune sorcière, assise à côté de lui. Quelle insouciance de la part d’une personne douée de tels dons ! N’avait-elle pas reconnu au premier regard de quoi il s’agissait ? Au lieu de cela, elle s’était installée sur la mousse, à quelques centimètres à peine de l’eau boueuse, une expression de concentration mêlée d’apaisement sur son visage. Elle semblait faire usage des mêmes procédés magiques que lorsqu’il l’avait aperçu au pied d’un arbre, quelques minutes auparavant. Il ne savait pas s’il devait intervenir. L’envie de la presser le tiraillait, tant il se méfiait de cette situation qu’il sentait précaire et imprévisible ; cependant il n’osait déranger Lazulie dans sa méditation. Elle comprendrait d’ailleurs sûrement que cette lueur captivante, à défaut d’être superbe, était avant tout dangereuse. Il se rassura par cette logique et garda le silence, fuyant du regard le feu follet qui étincelait au loin.

  Il sourit intérieurement lorsque la jeune sorcière, dont la respiration s’était accélérée comme à la suite d’un effort physique, se leva subitement. Mais son cœur s’emporta lorsqu’il la vit s’avancer d’un pas sûr vers le marécage crapoteux en face d’elle, de la même manière que s’il s’était agi d’une plage de sable fin.

- Lazulie ! Arrête !

Il avait poussé un cri perçant, mais la jeune sorcière ne l’écoutait pas. Elle ne l’entendait pas. Zéphyr reconnut avec effroi l’expression fiévreuse des victimes envoutées des feux follets, le regard ailleurs et brillant, la démarche mécanique. C’était une voix intérieure que Lazulie percevait, une voix qui la guidait malgré elle, et non pas la petite voix angoissée du petit fé.

  Il la saisit au poignet et tenta de la ramener en arrière. Lazulie sembla ressentir cette emprise et elle s’arrêta un instant. Zéphyr, soulagé une fraction de seconde, relâcha l’étreinte de ses doigts, ce qu’il regretta aussitôt, car la jeune fille en profita pour l’écarter d’un grand geste afin de se dégager. Zéphyr perdit l’équilibre et tomba sur les fesses, assommé. Lazulie s’enfonçait à présent dans les marécages sombres et morbides qui s’étalaient devant eux, remplis de pièges innombrables !

- Non ! Attends !

Zéphyr avait rarement été si paniqué. Il avait d’ordinaire toujours fui les marécages, peu à l’aise dans l’eau et méfiant de nature. Alors que ses petits orteils sales frôlaient la vase, il se stoppa. Il hésitait. Ne devrait-il pas la laisser s’engouffrer dans les marais et y mourir ? N’était-ce pas le droit du feu follet de capturer sa proie comme le ferait chaque prédateur de ce monde ? Etait-il en droit de s’opposer à la marche de la nature ? Et d’un point de vue plus égocentrique, tenait-il réellement à sacrifier sa vie pour une créature qu’il ne connaissait qu’à peine ? Presque une humaine…

  A cet instant, il aurait pu faire demi-tour. Alors que Lazulie s’enfonçait à présent jusqu’à la taille sans ralentir, il aurait pu hausser les épaules et se résigner à quitter les lieux le plus humblement du monde… Ce fut la vision brève et claire d’une masse se déplaçant vivement sous l’eau boueuse, en direction de la jeune fille, qui le fit se redresser subitement. Il plissa les yeux pour mieux dissiper la pénombre et reconnaître cette forme imposante. Un crocodile ? Un poisson géant ? La masse semblait être faite de boue, un son bouillonnant l’accompagnait. Le rythme régulier de sa progression inquiétait de plus en plus Zéphyr qui se balançait d’un pied sur l’autre en gémissant d’angoisse. La nature y allait fort ! Cette pauvre jeune fille sans défense à la merci de deux monstres plutôt efficaces… La jeune fille trébucha et chancela dans l’eau, ses cheveux étaient à présent imprégnés de vase et dans sa course folle, elle s’épuisait sans s’en rendre compte.

  Ce ne fut pas seulement la bravoure naturelle du fé qui le fit réagir mais aussi son espoir que la sorcière pourrait lui être utile. Comprenez-le, il s’agit avant tout d’un être sauvage. Il s’élança alors dans les eaux froides et visqueuses du marécage, sans quitter des yeux la masse qui venait par la droite, ni Lazulie qui se rapprochait dangereusement du feu follet. Zéphyr percevait l’excitation sourde de ce dernier d’ores et déjà convaincu de son succès. Zéphyr était moins persuadé du sien. Il n’était pas sûr de pouvoir rattraper la jeune fille que l’absence de crainte empêchait de ralentir. Zéphyr était aussi petit et peu à l’aise en milieu aquatique. Par ailleurs, il ignorait totalement comment gérer la situation. Si seulement ses loups étaient avec lui en ce moment !

  Il avait maintenant de l’eau jusqu’aux épaules, comme Lazulie qui était néanmoins plusieurs mètres devant lui. Il suffoquait dans l’effort et la précipitation. Les larmes lui vinrent même aux yeux. Comment demander l’aide de la mère nature, alors qu’il n’existait presque plus lui-même ?

  Il sentit contre sa jambe une tige lisse et fine que lui fit tourner la tête. Un nénuphar gigantesque flottait à ses côtés. Il plongea et rongea la tige qui se rompit et fit dériver le nénuphar lentement. Zéphyr espérait que la plante géante supporterait son poids, il se hissa prudemment dessus et après n’avoir constaté aucun déséquilibre, il se mit à ramer rapidement avec ses mains. Ce geste se révéla efficace, puisqu’il avançait à plus vive allure que la jeune sorcière, à présent au bord de la noyade. Il se félicita de son entreprise, sans s’attarder non plus vu que la créature vaseuse fonçait droit sur Lazulie. Il accéléra la cadence et à quelques centimètres du crâne de la jeune fille, il lui tira violemment les cheveux. Cela eut pour effet de lui faire émettre un cri puissant, mais aussi de l’extraire de son hypnose. Son regard vide laissa place à la confusion puis à l’affolement ; cependant Zéphyr n’avait pas le temps de lui laisser imprégner la situation. Il la tira de toutes ses forces et elle se hissa également sur leur embarcation de fortune, encore sonnée.  Ses jambes étaient en revanche toujours pendantes dans l’eau sombre des marécages, et la créature qui les visait l’avait remarqué.

  Zéphyr savait de quoi il s’agissait. Malgré toutes ses années passées dans la forêt, il n’en avait jamais rencontré. Un esprit sangsue. Il ne s’agissait pas exactement d’une sangsue géante, d’ailleurs ces créatures ne suçaient même pas le sang. C’était à l’origine de minuscules esprits semblables à des larves qui s’introduisaient dans les lacs ou les marécages. Ils étaient capables d’attirer à eux des matières telles que la boue, la vase, les déchets toxiques, toute matière dont l’état est entre solide et liquide, et elles grossissaient grâce à cela. Leur pouvoir aussi. Afin de l’accroître, elles se nourrissaient également d’êtres vivants, non de chair, mais d’énergie vitale, qu’elles suçaient – d’où leur nom – jusqu’à en être gorgées. Elles étaient particulièrement friandes d’énergie magique. Une créature dont l’énergie était pompée par les esprits-sangsues pouvait finir de deux façons : la mort, ou l’incapacité éternelle d’utiliser la magie et parfois leurs fonctions physiques. Inutile de préciser tant la flamme vibrante qui brûlait en la jeune sorcière qu’était Lazulie se révélait alléchante pour l’esprit qui leur faisait face.  En effet, bien que la jeune fille eut plus ou moins reprit ses esprits, les deux compagnons n’étaient pas encore sortis d’affaire.




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Lazulie Ybault

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Lun 27 Fév - 21:00

La lumière, suivre cette petite flamme magique, avancer toujours avancer. Lazulie ne percevait rien d'autre que cette lueur mauvaise, les efforts du fé pour la retenir avait été inutile. L'appel de la lumière se faisait de plus en plus pressant, une chaleur trompeuse enveloppait maintenant la jeune fille. Avancer toujours avancer. Elle ne sentit ni l'eau qui léchait dangereusement ses épaules ni l'épuisement qui la gagnait. Avancer toujours avancer. Dans quelques mètres, l'eau remplirait ses poumons, mais elle ne s'en rendrait pas compte, elle ne verrait même pas la mort venir la chercher. Avancer toujours avancer. Vers la lumière, vers la mort...A moins que...

Une vive douleur tira la jeune sorcière de sa transe, soudain elle retrouva l'usage de ses sens et de son esprit. Elle sentit l'eau qui lui caressait le menton, sa robe qui collait à sa peau, ses cheveux alourdis par la vase dont ils étaient imprégnés, elle sentit la fatigue qui reprenait ses droit, dans ses bras, dans ses jambes. D'un coup d’œil rapide, elle regarda autour d'elle totalement désorientée. Où était-elle ? Pourquoi y avait-elle cette eau boueuse autour d'elle ? Où était Zéphyr ? Elle se sentit alors tirée en dehors de l'eau. Elle utilisa le peu de force qui lui restait pour se hisser sur ce qui lui sembla une énorme plante flottante. Une fois installée sur ce qui était en fait un nénuphar géant, elle mit quelques secondes à reprendre ses esprits et à rassembler le peu d 'éléments qu'elle avait pour comprendre comment elle s'était trouvé là. Elle du se concentrer pour empêcher son esprit de divaguer ou de sombrer dans un état latent. Elle était tellement fatiguée, elle commençait à avoir froid... Ses jambes pendaient encore dans l'eau froide et menaçait de se transformer en glaçon....

Heureusement que Zéphyr avait été là, il l'avait aidé alors qu'il la connaissait à peine. Son compagnon accroupi à côté d'elle sur leur radeau de fortune fixait une masse sombre qui émergeait à peine des eaux marécageuses. Il avait l'air nerveux et inquiet. Y avait-il encore une menace ? Lazulie dirigea son regard vers l'amas sombre, pourquoi cet îlot inspirait-il autant de crainte à son camarade ? Cet îlot... il bougeait !!! Sauf que normalement ce n'était pas possible !! Épuisée, la sorcière ne chercha pas à savoir qu'elle était ce phénomène bizarre, si le fé jugeait cette chose comme potentiellement dangereuse, elle lui faisait confiance. La situation s'annonçait des plus critique puisque la « chose » avançait relativement vite et qui plus est droit sur eux. Et pour ne rien arranger, le nénuphar se déformait sous le poids de la jeune fille.

Une idée germa alors dans l'esprit fatiguée de Lazulie, si elle n'agissait pas rapidement, son ami et elle risquait d'avoir de gros ennuis. Zéphyr n'ayant apparemment de plan à soumettre à sa camarade, elle décida de tenter le tout pour le tout. Elle n'avait de toute façon pas d'autre solution et surtout elle n'avait pas la force d'en chercher une autre. Elle s’allongea de tout son long sur la plante, ses jambes dépassaient encore plus du nénuphar. Elle répondit au regard interrogatif du fé en se mettant à battre des jambes, faisant ainsi avancer leur embarcation à une vitesse raisonnable. D'une voix rauque, elle lui expliqua ce qu'elle attendait de lui :

«  Je m'occupe de nous faire avancer, je te laisse guider l'embarcation et écarter les éventuels obstacles »

La jeune fille espérait seulement que la rive n'était pas trop loin... Elle s'interdit de penser à autre chose qu'au battement de ses jambes, seule sa volonté lui permettait de ne pas se laisser aller à un sommeil profond. Elle devait encore tenir, pour elle et pour le fé qui était venu à son secours. Ne pas sombre, rester éveiller, ne pas sombrer, battre des jambes,...
Il ne fallut pas longtemps aux deux navigateurs amateurs pour atteindre le bord, pourtant Lazulie eu l'impression que cela avait duré une éternité. Sans savoir trop comment, elle se trouva allongée sur le sable fin de la berge, elle se traîna sous l'arbre auquel elle s'était adossée avant d'être envoûtée par le feufolet. Zéphyr lui aussi s'était prudemment éloigné de l'eau, il semblait soulagé. Il regardait la jeune fille avec un mélange de curiosité et d'inquiétude. Cette dernière étant sans doute dû à la pâleur du visage de sa camarade. Elle avait donné tout ce qu'elle avait et elle était littéralement vidée de toute énergie. Elle essaya de se relever mais alors qu'elle avait réussit à se mettre à genoux, la bile lui monta à la gorge. Elle avait trop forcé, et maintenant elle en payait les conséquences. Elle devait se reposer. Elle renonça à se lever, et avant de se laisser emporter par le sommeil elle murmura :
« Merci Zéphyr.... Si tu veux bien, on va faire une pause, il faut vraiment que je dorme... »

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Zéphyr Pendragon

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Jeu 16 Aoû - 18:52


Zéphyr ne cessait de fixer la jeune fille. Il était exténué lui aussi, mais c'était bien elle qui avait fourni le plus d'effort dans leur manoeuvre désespérée. Lazulie n'avait pas une allure très atlétique, elle avait dû grandement puiser dans ses ressources pour faire preuve d'une telle résistance. La frayeur et l'urgence, bien que stimulants dans un premier temps, la terrassaient d'épuisement à présent que la pression relâchait.

Elle était terriblement pâle et ses yeux semblaient vouloir se fermer tous seuls. Zéphyr se tenait debout, prêt à se plonger à nouveau dans la forêt, mais la jeune sorcière était à présent incapable de tenir debout. Elle ouvrit la bouche et dit faiblement:

   - Merci Zéphyr.... Si tu veux bien, on va faire une pause, il faut vraiment que je dorme...

Lazulie s'écroula et tout ne fut plus que silence. Zéphyr demeura un moment immobile auprès d'elle. Il avait très froid. La nuit avait enveloppé les bois de son manteau noir et les sons joyeux qu'émettait les créatures de la forêt le jour avaient pris à présent un caractère effrayant. Zéphyr connaissait les bois, qu'il avait parcouru des milliers de fois, de nuit comme de jour. Mais le fait d'être si proche des marais, si exposé, en plus de ne pas pouvoir se déplacer comme il le voulait - il ne pouvait pas laisser la sorcière ! - l'angoissait. Il grelottait de froid et d'inquiétude, scrutant l'obscurité environnante. Par chance, les marais étaient surplombés d'un ciel parsemé de milliers d'étoiles scintillantes, éclairant la forêt d'une vague lueur bleueté. De l'autre côté - ils se trouvaient toujours sur la berge - en revanche, l'opacité des bois ne laissaient entrer la lumière. Accoutumé à la pénombre, Zéphyr, de part ses aptitutes fériques, parvenait à percer l'obscurité. Sa vision dans le noir était entre celle d'un homme et celle d'un chat. Mais c'était surtout ses autres sens qui s'éveillaient, particulièrement l'ouïe et l'odorat. Il ne percevait pour l'instant aucune menace.

  Il tourna la tête en direction du fond des marécages. Aucune trace du feu follet. Quant à la créatures, elle avait regagné la noirceur de ses eaux. Zéphyr, jusqu'ici accroupi tel une grenouille, se laissa tomber et s'assit juste à côté de la sorcière. Il aurait voulu qu'elle reste avec lui. Peut-être pourrait-il lui jeter un enchantement ? Mais c'était une sorcière... Dailleurs,  derrière cet aspect chétif se cachait certainement une grande puissance. Zéphyr fut finalement content que Lazulie se soit endormie. Il resterait encore plus de temps en sa compagnie. Il l'observa de long en large, n'hésitant pas à prendre ses mains ou ses pieds pour les étudier avec parcimonie.

- Tout de même, tu ne ressembles pas à une sorcière !

Elle ne bougea pas.

- En fait, ton aura est sans aucun doute celle d'une sorcière.

Elle ne bougea toujours pas.

- Mais ce que je veux dire, c'est que tu n'as pas l'apparence ordinaire des sorcières.

Zéphyr se complaisait dans ce faux dialogue.

- J'en ai déjà vu des sorcières. J'en ai vu hier ou il y a un an.

Comme tous les fés, il n'avait qu'une conscience très approximative du temps.

- Elles respectent les créatures de la forêt. Comme moi, par exemple. Elles ne sont pas comme les humains... Tu connais les humains ? Par exemple, tu connais Salomon ? Un humain avec une barbe et une peau de mouton. Il en connait des sorcières. Mais il ne connait pas celles de la forêt des lucioles, c'est sûr. Moi je les connais. Les loups les connaissent aussi. Tu sais que je vivais avec des loups avant ? Je dois attendre d'être délivré pour les retrouver. Tu as peur des loups, toi ? Moi je n'ai peur de rien. A part les drôle de bêtes qu'il y a dans les autres régions. Mais toi, tu connais les autres régions ?

Lazulie fronça les sourcils et se retourna. Le monologue saccadé de son compagnon devait l'assomer même dans son sommeil.  Zéphyr agita ses ailes encore humides et se coucha sur le ventre, le visage tourné vers le dos de la jeune fille.

- Je vais monter la garde, chuchota-t-il.

Puis il s'endormit.


*  *  *


  Leur repos fut de courte durée. Ce fut Zéphyr, flairant le danger, qui s'éveilla le premier. Il se redressa vivement et plissa les yeux en direction des profondeurs de la forêt. Un groupe de femmes vêtues de longues capes, émergea de l'obscurité. Certaines avaient les cheveux verts ou rouges. Leur visage était dissimulé sous de larges capuchons.

- Les sorcières, souffla Zéphyr.

Il se leva en lissa sa toge de la main.

- Que fait un fé à la lisière de la forêt et en si étrange compagnie ? demanda une sorcière d'âge mûr, le ton méfiant.
- Je vous cherchais. Je veux dire, nous vous cherchions, répondit Zéphyr.
- Qui est-ce ? demanda la même femme en désignant Lazulie, toujours endormie.
- C'est Lazulie.
- C'est une humaine ! s'écria une jeune sorcière aux cheveux violets. Laissons-la !

Zéphyr ressentit une animosité virulente dans sa voix.

- Ce n'est pas une humaine, fit soudain une voix caverneuse.

La petite assemblée de sorcières se sinda en deux et une sorcière aux cheveux tout à fait blancs s'approcha de Zéphyr. Elle observa le fé un moment de ses yeux vifs, puis reporta son attention sur la jeune fille.

- C'est une sorcière. Et elle nous cherche.

La fille aux cheveux violets voulut répliquer mais se ravisa. Zéphyr ressentait l'aversion qu'elle éprouvait envers Lazulie sans la comprendre.

- Jeune fé, reprit la vieille sorcière, je devine qu'un sortilège t'a été infligé et je ne pense pas que notre savoir sera en mesure de te délivrer de ce mal. Cependant, si tu souhaites accompagner ton amie jusqu'à notre clan, tu es libre de le faire. C'est toujours un honneur pour nous autres d'acceuillir dans notre famille un être tel que toi. De plus, j'ai le plus profond respect pour Séléna.

Zéphyr releva brusquement la tête. Séléna était le nom prononçable de sa mère-louve, le loup noir aux yeux bleus qui l'accompagnait souvent. Comment cette sorcière centenaire connaissait-elle Séléna ?

- Réveille ton amie. Elle doit nous suivre si elle veut des réponses...

Zéphyr hésita un moment puis se pencha vers Lazulie et la secoua sans trop de délicatesse.

- Sorcière, réveille-toi ! lança-t-il.

Lazulie émergea difficilement du sommeil et après quelques secondes, elle comprit en quelle compagnie elle se trouvait. Stupéfaite, elle écarquilla les yeux.

- Bonjour Lazulie. Je suis la doyenne du clan des sorcières de la forêt des lucioles. Je crois que nous avons des choses à nous dire.



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Lazulie Ybault

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Sam 8 Sep - 16:15

Lazulie s’endormit en quelques secondes. Elle dormit d’un sommeil de plomb parfois perturbé par quelques rêves étranges où Zéphyr lui parlait, lui posait pleins de questions. Alors qu’elle aurait encore eut besoin de quelques heures pour se remettre des efforts de la nuit, elle fut brusquement réveillée par son compagnon qui la secouait sans ménagement. Encore fatiguée, elle mit quelques secondes à émerger, elle allait demander à Zéphyr pourquoi il l’avait réveillée quand elle remarqua qu’ils n’étaient pas seuls. Debout face à eux se trouvaient un groupe de femmes vêtues de longues capes sombres à large capuchons et qui dissimulaient leur visage. Elle comprit qu’il s’agissait de sorcières lorsqu’elle vit des mèches de cheveux vertes, rouges ou violettes dépasser de leur grande capuche. Une femme plutôt âgée à la chevelure blanche magnifique se détachait du reste des sorcières qui semblaient s’être écartées pour lui laisser la place. Celle-ci s’adressa à Lazulie :

« Bonjour Lazulie. Je suis la doyenne du clan des sorcières de la forêt des Lucioles. Je crois que nous avons des choses à nous dire »

La jeune fille n’en croyait pas ses yeux, elle avait fini par trouver le clan des Alcas, son clan ! Elle allait enfin pouvoir en apprendre plus sur son passé.

« Je suis vraiment très heureuse de vous rencontrer, je vous cherchais quand Zéphyr m’a proposé de m’accompagner jusqu’à votre clan. Il est vrai que j’ai beaucoup de questions à vous poser, j’espère que vous pourrez y répondre !! »
La doyenne eut un sourire amusé devant l’enthousiasme de la jeune sorcière, puis elle expliqua à Lazulie :
« Je répondrais volontiers à toutes tes questions mais quand nous serons arrivées au clan. Tu arrives à un moment très particulier pour nous, demain soir nous organisons une fête pour célébrer une sorte de rite de passage pour les jeunes sorcières. Je pense d’ailleurs que tu pourrais y prendre part, je sens beaucoup de pouvoir en toi, même s’il n’est qu’à l’état de bourgeon. Je suis sûre qu’auprès de tes sœurs tes talents vont pouvoir s’épanouir !! Nous avons encore beaucoup de choses à préparer et je ne voudrais pas perdre de temps, c’est un évènement extrêmement important et tout doit être prêt pour le moment venu ! En route ! »

Elle claqua dans ses mains et dans un même mouvement toutes les sorcières se mirent en marche encadrant les deux amis.
Aucunes des sorcières n’adressa la parole à la jeune fille ou au fé, elles semblaient méfiantes mais pas vraiment méchantes. Certaines se contentaient de légers coup d’œil, d’autres se parlaient en chuchotant leur regard navigant de Zéphyr à Lazulie. Quelque unes adressèrent un sourire amical à leur nouvelle sœur tandis que d’autres restaient de marbre ne laissant aucune émotion apparaitre sur leur visage. Ces différentes attitudes ne perturbèrent pas la bonne humeur de Lazulie qui était habituée à ce genre de réaction, elle était tellement heureuse d’avoir atteint son objectif ! Cela faisait plusieurs mois qu’elle avait quitté sa mère adoptive pour partir en quête de réponse sur son passé, et elle allait enfin savoir !!
Alors que la troupe avançait à bonne allure, elle se pencha vers Zéphyr :


« Merci beaucoup d’avoir trouvé les sorcières ! C’est vraiment très gentil de m’avoir aidé, tu sais ça me fait très plaisir que tu m’accompagnes au camp au moins je serai avec quelqu’un que je connais là-bas ! Si jamais un jour tu as besoin de quoi que ce soit je te promets de faire mon possible pour t’aider !! »

Elle adressa un sourire amical au fé et alors qu’il semblait réfléchir aux paroles de la jeune fille, la troupe marqua un temps d’arrêt, puis en quelques secondes les sorcières qui les accompagnaient s’éloignèrent à pas rapides dans des directions différentes. Il ne resta plus auprès de Lazulie que Zéphyr, la doyenne du clan, et deux jeunes sorcières, une aux cheveux d’un violet magnifique et une autre aux yeux couleur sang. Le champ de vision de Lazulie n’était plus parasité par des têtes encapuchonnées, et elle eut un hoquet de surprise devant le spectacle qui s’étalait devant ses yeux. Elle ne put s’empêcher de dire dans un souffle, autant pour elle-même que pour son compagnon :

« On est arrivé… »

La forêt des Lucioles était décidément pleine de surprise ! Face à elle, des arbres toujours des arbres mais autour des troncs de ces rois de la forêt, des escaliers en bois s’enroulaient pour s’élever jusqu’à des plateformes à environ cinq mètres du sol. Chaque arbre était le support d’une habitation faite de branches habillement assemblées et recouvertes de plantes de toutes sortes, certaines étaient même presque entièrement envahies par de magnifiques fleurs. Toutes les plateformes étaient reliées entre elles par des ponts suspendus. Une de ces terrasses était beaucoup plus spacieuse que les autres, elle devait probablement servir de place principale à cette ville aérienne.
Lazulie n’avait pas bougé, contemplant la beauté de cet endroit magique. La doyenne attendit quelques minutes avant de poser sa main sur l’épaule de la jeune sorcière :


« Bienvenue chez toi... D’en haut c’est encore plus beau, suis nous ! »

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Zéphyr Pendragon

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Lun 10 Sep - 23:22


Lazulie paraissait très excitée par sa rencontre avec le clan des Alcas. Zéphyr était heureux pour elle – et indirectement pour lui – mais une certaine appréhension, qu’il ne comprenait pas réellement, l’habitait aussi. Il trouvait que les choses allaient un peu vite. Grisée par son allégresse, Lazulie n’avait pas hésité une seconde à suivre aveuglément les sorcières, et bien que Zéphyr sût que c’était un peuple pacifique, il n’avait pas l’habitude de se laisser guider de la sorte. Ne voulant pas briser la joie de son amie, il demeura silencieux et suivit la procession aux côtés de la jeune sorcière.

Le fé était très mal à l’aise de sentir les regards des sorcières posés sur lui, ainsi que la manière dont elles les encerclaient. Il se doutait que c’était plus par protocole, ou par prudence, que par hostilité, mais l’impression désagréable demeurait. Lazulie, toujours aussi enthousiaste, ne semblait elle pas y prêter attention. Alors qu’ils continuaient de progresser dans la forêt, la jeune fille se pencha sur lui et lui dit :

- Merci beaucoup d’avoir trouvé les sorcières ! C’est vraiment très gentil de m’avoir aidé, tu sais ça me fait très plaisir que tu m’accompagnes au camp au moins je serai avec quelqu’un que je connais là-bas ! Si jamais un jour tu as besoin de quoi que ce soit je te promets de faire mon possible pour t’aider !!

Ces mots sonnaient comme un bon présage aux oreilles de Zéphyr. Il répéta intérieurement cette promesse en tâchant de garder le silence, alors qu’il brûlait d’envie de lui faire sa requête. Mais il fallait attendre. Attendre que Lazulie soit entièrement satisfaite, et que sa reconnaissance envers son compagnon soit infinie. Ragaillardi par cette perspective, Zéphyr se détendit un peu, alors qu’ils parvenaient à présent à l’orée du camp des sorcières. Ces dernières se dispersèrent, dégageant la vue sur ce qui semblait être un spectacle incroyable aux yeux de Lazulie.

- On est arrivé… murmura-t-elle, subjuguée.

Zéphyr n’était pas si ébahi par la beauté et l’originalité du lieu. Il l’avait déjà vu, et il avait connu de plus grandes merveilles au cours de son existence sylvestre.

- Bienvenue chez toi...  D’en haut c’est encore plus beau, suis nous ! indiqua la doyenne de sa voix grave en posant sa main sur l’épaule de la jeune sorcière.

Cette dernière suivit docilement la vieille dame alors qu’elle attaquait l’ascension d’un grand chêne, au-dessus duquel se situait une vaste plateforme dont une partie était surplombée d’un toit naturel.

- Tu es sûr que c’est ici chez toi ? chuchota Zéphyr à l’adresse de Lazulie.

Mais si celle-ci l’entendit, elle ne lui répondit pas. La petite procession de sorcières ne lâchait pas les compagnons d’une semelle, ce qui ne faisait qu’augmenter l’irritabilité de Zéphyr. Lorsqu’ils furent arrivés sur la plateforme, la doyenne pointa du doigt la partie couverte, qui ressemblait à une petite cabane, et leur annonça :

- Je dois maintenant m’adonner à quelques préparatifs pour le rituel de ce soir. Lazulie, Zéphyr, je vous laisse prendre vos aises, je vous ferai appeler lorsque l’heure sera venue. N’oubliez pas que vous êtes ici chez vous.

L’insistance avec laquelle la sorcière leur rappelait que le lieu était le leur devenait réellement perturbante pour le petit fé. A l’inverse, la jeune sorcière débordait de reconnaissance. Le reste du clan suivit la vieille femme alors qu’elle traversait un pont pour rejoindre une autre cabane.
Enfin seul avec son amie, Zéphyr soupira et tandis qu’elle observait avec ravissement les alentours, il se décida à lui faire part de ses impressions.

- Lazulie… Tu ne les trouves pas bizarres ?
- Bizarres ? Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Tu ne remarques pas comme elles nous suivent ? Elles ne cessent de nous encercler, de nous coller… Je trouve qu’elles nous regardent bizarrement.
- Zéphyr…
- Et puis, tu es sûre que c’est nécessaire que tu fasses ce rituel ? Peut-être que cela va t’empoisonner, ou te changer, ou pire encore !
- Ecoute, Zéphyr, je…

Lazulie n’eut pas le loisir de finir sa phrase. La jeune sorcière aux cheveux violets, celle qui avait exprimé tant de ressentiment envers l’étrangère, se tenait devant eux, l’air mauvais. Une flamme farouche embrasait son regard. Lazulie et Zéphyr la fixèrent tous les deux, un peu surpris par cette apparition.

- Que fais-tu avec un fé ? Où l’as-tu trouvé ? interrogea-t-elle sèchement.

Que croyait-elle donc ? Que Zéphyr était un petit animal sauvage  que Lazulie était parvenue à apprivoiser ?

- C’est moi qui l’ai trouvé, répliqua-t-il froidement.
- Tiens, ça parle ces choses-là ?
- Qu’est-ce que tu veux ? demanda calmement Lazulie avant que Zéphyr n’ait eu le temps de répondre à la provocation.
- La doyenne dit que tu es une des sorcières les plus puissantes qu’elle ait rencontré.

Apparemment troublée, Lazulie ne dit rien.  Zéphyr leva la tête vers elle en attendant une réaction. C’était difficile à croire qu’une jeune fille si insouciante, presque fragile, puisse détenir un tel pouvoir. Pourtant il était bien là. Lui aussi le sentait. L’autre poursuivit :

- Je m’appelle Prunella, et je n’y crois pas. Je pense que tu es juste une fille trop gâtée qui pense que la magie est un divertissement.

Zéphyr lança un juron dans la langue de la nature. Les fleurs qui agrémentaient la structure de la cabane frémirent.

- Je t’énerve, le fé ? Toi qui est l’incarnation-même de la magie, ne vois-tu pas qu’aucun pouvoir n’émane d’elle ? Elle pue l’humain ! Et d’ailleurs, toi aussi…

Hors de lui, Zéphyr respirait avec rage, les joues empourprées par la colère. La nature environnante, ressentant sa fureur, tressaillit à son tour.

- Zéphyr, tâcha de le calmer Lazulie qui avait pourtant les larmes aux yeux, mais c’était trop tard.

Des lianes émergèrent du tronc massif et allèrent fouetter Prunella. Cette dernière, nullement effrayée, les écarta par de grands gestes souples sans même les toucher, sous l’effet de la magie.  Le sol trembla alors, mais elle se tint droit sur ses jambes, fixant toujours les deux compagnons.

- Je ne peux accepter le fait que la doyenne ait décidée de faire ton rituel de passage avant le mien ! s’écria-t-elle en fixant Lazulie. Cela fait des années que j’attends ce moment !

Ainsi donc telle était la raison de son animosité envers Lazulie. Elle l’enviait et lui en voulait.

- Vous êtes une honte pour la magie-même. Et pour cette forêt, cracha la jeune sorcière, impitoyable.

Zéphyr ne put se contenir d’avantage. La retenue ne faisait pas partie de ses habitudes. Il rugit et se rua sur Prunella, bondissant sur son buste, ce qui la fit tomber à la renverse. Il la griffait et la frappait de ses petits poings, insensibles aux appels de Lazulie. Puis Prunella l’envoya valser dans les airs en reproduisant un geste de la main, manifestement libérateur de magie. Zéphyr s’écrasa sur le sol mais revint vite à la charge, seulement cette fois-ci la sorcière avait eu le temps de se préparer. Elle évita le fé et lui agrippa fermement les ailes, à leur racine. C’était un endroit extrêmement sensible pour les fadets, et manifestement Prunella le savait. Zéphyr hurla de douleur tandis que Prunella, appuyant son étreinte, le forçait à se mettre à genoux. La souffrance le faisait grimacer et des larmes coulaient déjà sur ses joues. Son regard était toujours empli de fureur, mais sa posture était soumise. Il ne pouvait plus bouger, et une douleur lancinante envahissait son corps entier.

  Heureusement, la vision de son petit ami ainsi torturé fit immédiatement réagir Lazulie. Si Prunella voulait une preuve que son pouvoir existait bel et bien, elle l’aurait.



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Lazulie Ybault

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Mer 12 Sep - 21:47

Lazulie se trouvait maintenant dans une situation très désagréable, son ami était aux prises de cette Prunella, il semblait souffrir le martyr, immobile entre les mains de cette sorcière à la tignasse violette. Zéphyr avait-il eu raison quelques instants plus tôt en émettant quelques réserves quant au comportement étranges des Alcas ? L’intervention de cette fille venait en quelques secondes de faire voler en éclat le bonheur de Lazulie. Elle ne comprenait pas. Pourquoi lui avait-elle dit qu’elle n’était pas une véritable sorcière ? Pourquoi s’en prenait-elle à elle et son ami ? Pourquoi était-elle jalouse d’elle alors qu’elle était persuadée qu’elle n’avait pas de pouvoir ? Toutes ces questions tournaient dans la tête de la jeune fille, mais elle se força à réfléchir à un moyen de sauver son ami des griffes de cette harpie.

Elle avait peut-être autant de pouvoir que semblait le croire le fé et la doyenne mais à quoi bon être puissant quand on ne sait pas l’utiliser ? A quoi sert un cheval rapide lorsqu’on ne sait pas le monter ? La jeune sorcière n’avait fait l’expérience de son don que deux fois et si la première fois avait été une expérience formidable, la deuxième s’était soldée d’un échec. Et puis de toute façon en quoi percevoir l’énergie de la forêt pourrait lui servir…

Prunella fixait toujours sa rivale, un regard mauvais et un sourire moqueur animant son visage :

« -Alors ? J’attends… ton ami ne va pas se délivrer tout seul… et je crois qu’il n’est pas très confortablement installé… Tu n’es vraiment qu’une pitoyable sorcière… »
Cette fille commençait réellement à énerver Lazulie, qui d’habitude d’un naturel très calme, sentait de la colère monter en elle. Elle allait montrer à cette garce qu’elle n’était pas une « pitoyable sorcière » et que parfois réfléchir peut s’avérer aussi très utile.
Même si Prunella avait plus l’habitude d’utiliser ses pouvoirs, elle devait forcément être épuisée par les efforts qu’elle avait dû fournir pour maitriser Zéphyr. Elle avait d’ailleurs l’air plus pâle que lors de son arrivée. Elle avait fait preuve de stupidité en utilisant d’un coup autant de magie contre deux personnes pouvant elles aussi la pratiquer.

Il fallut quelques secondes à Lazulie pour repérer une branche qui se trouvait à environ une dizaine de centimètre au-dessus de l’autre sorcière, ce n’était pas la branche qui l’intéressait mais plutôt la plante grimpante qui était enroulée autour et qui avait recouvert en grande partie l’arbre. Il s’agissait d’un Scabiem étoilé, une plante grimpante dont les feuilles en forme d’étoiles sont extrêmement urticantes et provoquent une sensation de brulure dès qu’elles rentrent en contact avec la peau, la tige est cependant inoffensive de même que les feuilles n’étant pas arrivée à maturité (c’est-à-dire d’une taille d’environ cinq centimètres de diamètre). Sans savoir pourquoi, la jeune fille se dit qu’elle devait tenter le tout pour le tout, elle avait entendu sa mère parler de sorcière pouvant accélérer la croissance de certaines plantes, elle allait pouvoir vérifier si elle en était capable.

Lazulie s’approcha du tronc autour duquel s’enroulait la fameuse plante, elle pose sa main sur le tronc recouvrant de sa paume une minuscule feuille de Scabiem étoilé. Elle savait que ça lui demanderait quelques instants, mais elle comptait sur le fait que sa rivale ne se méfiait pas d’elle pour arriver à ses fins. Elle était tellement en colère contre cette fille, comment osait-elle s’en prendre au fé alors qu’elle savait surement mieux qu’elle qu’il s’agissait d’une espèce pure ! Comment cette Prunella osait-elle remettre en question son appartenance au clan des Alcas ? De quel droit venait-elle les provoquer alors qu’ils ne lui avaient rien fait ?

« Prunella, je déteste entrer en conflit avec les gens ! Je ne t’ai rien fait ! Lâche Zéphyr, il n’est pour rien dans tout ça ! Pourquoi fais-tu tout ça, ça t’amuse ? Peut-être que tu as peur que je te vole ta gloire pendant la cérémonie ? Mais dans ce cas tu n’es pas très cohérente… si je suis si nulle que tu sembles le croire, pourquoi craindre que je te prenne ta place de vedette ? Finalement je crois que tu penses que je suis plus puissante que toi et c’est pour ça que tu as peur ! »
Lazulie savait qu’elle provoquerait la colère de Prunella avec ce discours, mais si elle avait raison celle-ci ne pourrait rien faire d’autre que l’agresser verbalement car trop fatiguée par l’utilisation de ses pouvoirs contre Zéphyr. Elle ne s’était pas trompée car la sorcière aux cheveux violets se lança dans une tirade agressive et emplie de haine, chaque phrase était une insulte mais Lazulie n’écoutait pas. Elle s’était déconnectée de la réalité pour concentrer toute son énergie dans la paume de sa main et la transmettre au Scabiem étoilé. Au bout de deux ou trois secondes, elle perçut une sorte de déclic, c’est comme si elle sentait l’énergie de la plante juste à côté de la sienne, elle sentait l’énergie vitale du Scabiem circuler sous sa main. Dans un effort de volonté, elle se concentra sur un seul objectif, faire s’allonger cette plante suffisamment pour que les feuilles atteignent la nuque et le dos nu de Prunella. Elle offrit son énergie à la plante en espérant que celle-ci l’accepte. Pendant quelques minutes, la plante pompa toute l’énergie de la jeune sorcière. Elle grandissait lentement tombant toujours plus bas et toujours plus proche de l’autre sorcière. Celle-ci venait de finir sa tirade, voyant la brusque pâleur de Lazulie elle crut l’avoir effrayé par ses paroles, elle ne se doutait pas qu’à quelques millimètres de ses cheveux une plante urticante se frayait un petit chemin vers sa peau. Contente de l’effet qu’elle produisait sur cette intruse, elle se lança à nouveau dans un discours moqueur. Mais Lazulie au bord de l’évanouissement n’entendait rien, le tronc de l’arbre lui servait désormais de support pour ne pas s’écrouler, elle sentait son énergie partir de son corps, elle se sentait vidée, bientôt elle n’aurait plus aucune force. Cela faisait maintenant presque cinq minutes qu’elle utilisait sa magie, elle sentait qu’elle ne pourrait pas tenir une minute de plus, elle espérait que cela suffirait…

Lazulie comprit qu’elle avait réussi lorsqu’elle entendit Prunella pousser un hurlement de douleur et une série de juron. Elle arrêta immédiatement le transfert d’énergie et n’eut que le temps de voir la sorcière aux cheveux violets lâcher Zéphyr pour se gratter vigoureusement la nuque, touchant certainement au passage quelques feuilles de Scabiem puisque les hurlements redoublèrent. Cette vision fut la dernière avant qu’elle ne sombre dans l’inconscience, s’écroulant sur la plateforme.

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Mar 25 Sep - 23:31


La vivacité d’esprit n’était manifestement pas une des qualités de Lazulie Ybault. A quoi réfléchissait-elle pendant tout ce temps ? Zéphyr se cambrait de douleur, ainsi soumis au bon vouloir de Prunella, et Lazulie demeurait immobile, fixant la scène d’un air angoissé. Zéphyr voyait pourtant la volonté tenace, la bravoure même, au creux de son regard. Mais elle hésitait. Le petit fé ne savait comment interpréter cette inactivité, lui qui répondait exclusivement à ses pulsions. L’espace d’un instant, il se sentit abandonné.

Le regard de la jeune sorcière balayait les environs, se posant sur chaque élément, manifestement à la recherche de quelque chose. Les larmes de rage et de douleur qui embuaient les yeux de Zéphyr brouillèrent bientôt sa vue, et il ne put qu’apercevoir la silhouette chétive de Lazulie lever une main afin de la déposer sur le tronc massif qui se tenait à ses côtés. Est-ce qu’elle se sentait mal ? Est-ce qu’elle allait tenter de fuir ? Le cœur de Zéphyr faisait des bons dans sa poitrine. Et soudain :

- Prunella, je déteste entrer en conflit avec les gens ! Je ne t’ai rien fait ! Lâche Zéphyr, il n’est pour rien dans tout ça ! Pourquoi fais-tu tout ça, ça t’amuse ? Peut-être que tu as peur que je te vole ta gloire pendant la cérémonie ? Mais dans ce cas tu n’es pas très cohérente… si je suis si nulle que tu sembles le croire, pourquoi craindre que je te prenne ta place de vedette ? Finalement je crois que tu penses que je suis plus puissante que toi et c’est pour ça que tu as peur !

Zéphyr cessa de respirer lorsque la jeune sorcière avait proféré ses paroles dures mais justes. Ni lui ni Prunella ne s’attendaient à un tel discours, et surtout à un tel ton de voix. Lazulie était ferme, déterminée, une aura de charisme entourait sa personne qui, quelques instants auparavant, n’était qu’une jeune sorcière innocente et joviale. Prunella fut sensiblement déstabilisé par ce revirement d’attitude, tandis que Zéphyr, pour sa part, en fut quelque peu rassuré. La sorcière aux cheveux violets ne se laisserait pas démonter pour autant. Après avoir accusé le choc, Prunella se mit à rugir des immondices à l’adresse de son adversaire, absolument hors d’elle. Elle avait perdu son sang-froid. Et donc sa vigilance. Zéphyr, étourdi par les vociférations de sa tortionnaire, ne fut pas en mesure de comprendre que cet état de nerf provoqué faisait justement partie du plan de Lazulie. S’il l’avait deviné, il aurait également compris que finalement, la raison pouvait être aussi utile que l’instinct.

Le soulagement de Zéphyr, lorsqu’il avait vu son amie se révolter en fin de compte, s’éteint soudainement, lorsqu’il aperçut la pâleur de Lazulie. Elle semblait profondément ébranlée par les insultes de Prunella. On aurait dit que toute cette agressivité lui pompait sa force à la manière d’un parasite. La scène s’éternisait. C’était comme dans un mauvais rêve. Tout état au ralenti, déformé. La voix criarde de la sorcière résonnait dans le crâne de Zéphyr, tandis que la silhouette floue de Lazulie semblait se recroqueviller de plus en plus contre le tronc d’arbre, comme une poupée de chiffon incapable de se soutenir.

Un cri perçant vint interrompre cet instant infernal. Prunella lâcha les ailes de Zéphyr en portant ses mains à sa nuque. Zéphyr était complètement dérouté. Les hurlements redoublèrent tandis que la sorcière aux cheveux violets se débattait avec on ne sait quel maléfice qui semblait lui causer une douleur atroce. Le petit fé commença à comprendre. Il aperçut la branche aux feuilles de Scabiem. Certaines étaient anormalement épanouies par rapport aux autres. Lazulie venait d’utiliser son pouvoir. Elle avait fait grandir la plante ! Elle l’avait guidé jusqu’à la nuque de Prunella, qui dans sa rage, n’avait rien vu venir de cette ruse. Et elle l’avait sauvé. Zéphyr, impressionné et heureux de ce dénouement – et, bien sûr, d’avoir été vengé – quitta des yeux la pauvre Prunella au bord de l’hystérie pour se reporter sur son amie. Celle-ci s’était écroulée, exténuée – encore. Ses paupières papillonnèrent lourdement, tandis que Zéphyr, appelant son nom plusieurs fois, accourait vers elle. Ils se fermèrent une dernière fois.


* * *


- Du Scabiem ! J’aurais dû y penser… J’aurais pu tu sais. Je n’ai pas assez réfléchi. Tu es réveillée ?

Lazulie venait d’émerger de son sommeil au côté de son petit ami. Elle était allongée sur un lit recouvert de peau de bêtes, dans une grande cabane. Zéphyr était assis au bout du lit, très souriant, en train de dévorer un morceau de fromage.

- Je n’ai jamais goûté ce genre de choses, poursuivit-il sur le même ton effréné. Tu connais ? Quand même, quelle aventure ! Tu sais qu’elle n’arrête pas de pester maintenant ? Du Scabiem ! Quelle idée ! N’empêche, heureusement qu’il y en avait, n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas que de la chance, c’est sûr. Bravo, Lazulie. Et puis…

Il reposa son morceau de fromage sur ses genoux et, l’air soudain grave, il souffla :

- Merci.

Lazulie esquissa un faible sourire. Elle était encore toute fébrile. L’entrée de la cabane, qui était assez spacieuse pour une habitation se situant dans un arbre, était voilée par un rideau de perle. Une silhouette voûtée aux longs cheveux d’argent apparut dans cette encablure, écartant les filets de perles en faisant entrer le Soleil qui éblouit la jeune sorcière.

- Comment te sens-tu, ma chère enfant ? demanda-t-elle de sa voix caverneuse, tout en s’approchant du chevet de Lazulie.
- Mieux, merci.

Lazulie avait maintenant une certaine réserve dans sa voix. L’épisode qui venait de se dérouler avait peut-être refroidi ses ardeurs concernant le clan des Alcas.

- Je ne peux que t’adresser mes excuses pour ce qui s’est passé avec Prunella. C’est une de nos membres les plus revêches. Sache qu’elle recevra le châtiment qu’elle mérite.
- Il me semble qu’elle a déjà été punie, répondit calmement Lazulie.

La vieille sourit d’un air tendre.

- Tu as un grand pouvoir. Tout comme ton ami, dit-elle en se tournant vers Zéphyr. Vous êtes des gens tout à fait extraordinaires. C’est un honneur pour nous de vous avoir parmi nous. Lazulie, te sens-tu prête à passer le rituel sacré du clan des Alcas ?
- Je crois que oui. Laissez-moi juste me préparer.
- Très bien. Nous commencerons la cérémonie ce soir, dès le coucher du Soleil.

Lazulie profita de ce temps libre pour se remettre tranquillement. Elle demeura couché un moment, toujours en compagnie de Zéphyr, qui se refusait à la laisser seule, aussi bien parce qu’il ne voulait pas la laisser hors de sa vue que parce qu’il ne se sentait pas du tout à l’aise en compagnie des sorcières. Puis elle se leva et ils se promenèrent à l’intérieur du camp. Au cours de la journée, quelques femmes du clan leur avaient cousu des vêtements. Une longue robe au fin tissu nacré pour Lazulie, habit de cérémonie des jeunes sorcières ; et Zéphyr avait aussi eu droit à de nouvelles tenues, bien qu’il ne se montra guère docile lorsqu’il dut se laver et s’habiller. Pour les fés, voyez-vous, c’est un fait bien plus bizarre et inconfortable de se vêtir que de rester nu. Il concéda finalement à porter une tunique bleu et des bas bruns, orné d’une ceinture de cuir aux motifs typiques du clan.

Le soir venu, ce fut le moment tant attendu de la cérémonie. Les sorcières s’assirent toutes en cercle autour d’un grand feu animé par de mystérieux sortilèges. Cette scène rappela à Zéphyr son envoûtement et cela le mit mal à l’aise, bien qu’il n’en montra rien. Il se tenait en tailleur à côté de Lazulie. La jeune fille, digne dans son habit blanc, fixait le feu d’un air déterminé.

- Nous allons commencer, déclara la doyenne d’un ton solennel.

Le cercle était entouré de saules. Soudain, plusieurs sorcières levèrent les bras vers le sommet des arbres et de minces branches tombantes encerclèrent l’assemblée, comme un rideau de feuilles. C’était un peu impressionnant.

Certaines sorcières commencèrent à jouer une mélodie à l’aide de flûtes et de tambours. L’une d’elle  chantait. Une petite procession d’autres sorcières s’approcha à la file indienne de Lazulie. L’une l’orna d’un collier, l’autre la couvrit d’une cape, une autre encore adressa des signes farfelus autour de son visage, et la dernière lui prit les mains et les massa en les retournant, tout en récitant des paroles incompréhensibles. C’était affreusement bizarre mais ni Lazulie ni Zéphyr ne se permirent la moindre réflexion. Enfin, la mélodie cérémoniale s’arrêta, et la doyenne s’approcha de Lazulie. On n’entendait plus que le son des chouettes et des criquets, dissimulés dans l’obscurité de la forêt.

La vieille femme prit un bol dans lequel se trouvait une sorte de poudre de couleur ocre. Elle y trempa ses doigts et traça des signes sur le visage de Lazulie. Elle dispersa une autre poudre autour d’elle en récitant des incantations, puis secoua une sorte de hochet autour d’elle. Un genre d’encens avait été disposé autour du camp. Cela faisait tourner la tête de Zéphyr et lui piquait le nez.

La doyenne tendit à Lazulie une coupe remplie d’un liquide rougeâtre.

- C’est l’heure de ton voyage intérieur. Bois.

Lazulie la fixa un moment, puis fixa le contenu du verre, à nouveau la doyenne, et elle se décida à tremper ses lèvres dans le liquide. Elle ferma les yeux. La doyenne s’écarta. Et Zéphyr sentit que Lazulie était partie. Là où il ne pouvait pas la rejoindre.



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Zéphyr, jeune fé condamné au monde des hommes
par un sortilège ayant volé son nom...






Dernière édition par Zéphyr Pendragon le Ven 14 Juin - 12:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Lun 27 Mai - 17:33

Lazulie regarda alternativement le contenu du bol qu’on lui avait donné et la doyenne, elle hésitait à boire cet étrange breuvage. Finalement son besoin d’en savoir plus sur ses origines l’emporta sur sa méfiance à l’égard des sorcières. Elle trempa ses lèvres dans le liquide et en bu une gorgée, le goût était étrange mais pas désagréable. Elle ferma les yeux et se laissa aspirer dans les méandres de son esprit.

Elle était désormais dans une pièce qui ressemblait beaucoup à celle où elle s’était reposée après son affrontement avec Prunella. Un berceau en bois sculpté trônait au centre de la pièce, un coffre de rangement également en bois et une chaise occupaient le reste de l’espace. Alors qu’elle se demandait où elle était, une jeune femme franchit la porte et se dirigea vers le petit lit. Ses longs cheveux ondulés retombaient avec grâce jusqu’à ses hanches, leur couleur ne laissait aucun doute quant à son espèce, ils étaient rose fuchsia signe qu’elle était une sorcière. Intriguée Lazulie l’interpella :

« Qui êtes-vous ? »
L’autre sorcière ne semblait pas l’entendre, elle se pencha sur le berceau et prit dans ses bras un bébé qui semblait avoir un an. Elle embrassa tendrement le front de son enfant qui se réveilla au contact des lèvres de sa mère. Lorsque Lazulie vit les yeux du bébé elle eut un hocquet de surprise, il avait des yeux bleus exactement comme les siens. Elle n’eut pas le temps d’assimiler l’information qu’un homme pénétra dans la pièce. Il était lui aussi sorcier comme le manifestait ses cheveux d’un rouge flamboyant. Il était certainement le père de l’enfant car lui aussi avait les yeux d’un bleu profond. Il sourit à la jeune femme qui lui tendit l’enfant. C’est alors que Lazulie remarqua que celle-ci avait exactement le même pendentif que le sien.

*Serait-il possible que ce couple soit mes parents ??? Et ce bébé c’est moi !! Mais pourquoi m’ont-ils abandonnés, ils ont l’air heureux*
La chambre se tordit et se déforma soudain. Lazulie se trouva à nouveau dans la chambre mais cette fois ci le berceau était remplacé par un lit à barreau plus grand et par terre trainaient plusieurs objets en bois, probablement des jouets. Entendant du bruit dans la pièce d’à côté, elle s’approcha de la porte hésitante puis entra dans ce qui semblait être une pièce à vivre. Son père et sa mère semblaient se disputer avec une autre sorcière. La voix et le visage de cette dernière lui étaient étrangement familiers. Lazulie s’approcha pour les écouter, c’était sa mère qui parlait :

« Pourquoi doit-il partir ? Vous aviez dit qu’il pouvait rester ! Vous savez très bien que son clan le tuera s’il revient chez lui, ils n’ont jamais accepté le fait qu’il vive une histoire d’amour avec moi et encore moins qu’il ait une fille avec moi ! Pourquoi ce brusque changement d’avis ?
- Nous avons suffisamment toléré sa présence, tu sais bien que si nous avons accepté qu’il reste c’est seulement parce que ta mère faisait partie du conseil et maintenant qu’elle est morte plus personne ne défend votre situation, il doit partir ce n’est pas un Alca.
- Vous souhaitez donc que ma fille grandisse sans père ?
- Ta fille sera une grande sorcière et elle n’a nul besoin de père, il lui faut des sœurs qui la guideront et lui apprendront à maîtriser sa magie. Nous n’avons pas senti autant de magie chez une si jeune sorcière depuis longtemps ! Dès ses cinq ans elle sera prise en charge par plusieurs sorcières du clan. Elle a besoin d’une famille et nous sommes sa famille. Lazulie peut partir avec vous si elle le veut, mais l’enfant reste ici ! »

Lazulie ne comprenait pas ce qu’il se passait. Elle avait cependant appris que son père s’appelait Stephen et que sa mère s’appelait bien Lazulie comme le lui avait dit la sorcière à Caerwyn. Elle n’arrivait pas à se rappeler où elle avait vu le visage de l’autre sorcière. Elle était pourtant sure de l’avoir déjà vu. Elle assista impuissante au départ de son père qui embrassa une dernière fois sa mère en pleurs avant de partir. Une troisième sorcière entra lorsque Stephen fut sorti, elle portait une jeune enfant d’environ trois ans.
« Puisque tu restes, voici ta fille »

Choquée Lazulie, se laissa entrainer dans une nouvelle torsion de l’espace et du temps. Que pouvait bien dire toute cette scène ? Cette fois-ci elle fut transportée dans la forêt par une nuit d’orage, étrangement elle ne fut pas prise de panique. A côté d’elle sa mère était accroupie sur le chemin. Elle caressait gentiment les longs cheveux noirs de sa fille endormie, elle détacha alors son pendentif qu’elle accrocha au cou de l’enfant.
« Je sais que des humains passent souvent par ce chemin, tu seras mieux avec eux qu’avec moi. Tu me rappelles trop ton père, tu as ses yeux… Si j’avais été une humaine et ton père un humain nous aurions pu vivre heureux tous les trois… Je ne veux pas que tu vives la même chose que moi. Ma mère disait toujours que j’étais la rebelle de la famille, elle avait raison, cette vie en communauté ne me satisfait pas mais tu es trop petite pour que je t’emmène avec moi… Un jour nous nous retrouverons je te le promets, mais d’abord je dois retrouver ton père et je ne veux pas te laisser aux mains de celles qui se disent mes sœurs… Je t’aime ma chérie ne m’oublie pas…»
Lazulie n’en croyait pas ses yeux et ses oreilles, elle ne comprenait pas toute cette histoire, tout était très confus. Que devait-elle comprendre ?

La jeune fille ouvrit les yeux et se trouva à nouveau au milieu des sorcières du clan des Alcas, Zéphyr assis à côté d’elle la regardait inquiet. La doyenne s’approcha d’elle. Ce visage. La lumière se fit dans l’esprit encore un peu embrumé de Lazulie. C’était elle la sorcière qui avait chassé son père. Tout le reste de la cérémonie, la jeune sorcière garda un air sombre et son visage d’habitude très expressif, était totalement fermé. A la fin du rituel, une sorcière blonde s’approcha de Zéphyr et de sa camarade, elle leur proposa de les raccompagner à leur chambre. Lazulie suivit sans un mot sa consoeur, le fé leur emboitant le pas.

Lorsqu’ils furent enfin seuls, la jeune fille se décida à prendre la parole :
« Il faut qu’on s’en aille, je crois que j’en ai suffisamment appris pour l’instant, il faut qu’on parte le plus vite possible et j’aimerai éviter les adieux interminables, voir les adieux tout court si tu vois ce que je veux dire »
Les deux compagnons discutèrent un moment puis lorsque le camp des Alcas fut complètement silencieux ils décidèrent de s’éclipser discrètement. Ils pensaient pouvoir partir sans que les sorcières ne s’en rendent compte mais les choses ne se passèrent pas vraiment comme prévu…

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Lun 3 Juin - 17:01



Zéphyr vit nettement le visage de Lazulie se transformer. D’un seul coup, ses traits semblèrent se figer, sans être pour autant crispés, simplement comme s’il n’y passait aucune expression.  C’était très surprenant, on aurait dit que la jeune fille était déconnectée du monde, complètement ailleurs.

- Qu’est-ce qu’elle a ? demanda-t-il à l’adresse de la doyenne, qu’il jugeait responsable de cet état apathique.

- Chut. Ne fais pas de bruit.


- Mais qu’est-ce qui lui arrive ?

- Tu ne peux pas comprendre. C’est de la magie complexe. Très différente de celle dont tu as l’habitude.

Cette arrogance à peine déguisée fit gronder un petit orage dans le ventre de Zéphyr. A présent qu’elle se savait à l’abri du regard de Lazulie, la vieille sembler révéler sa vraie nature. Vipère ! Cependant, Zéphyr savait qu’il n’avait aucun moyen d’extraire son amie de son inconscience, il n’avait d’autre choix que d’attendre qu’elle en émergeât elle-même. Ce qu’il fit.

Lorsqu’enfin Lazulie sembla s’éveiller de ce songe artificiel, un sourire de soulagement éclaira le visage du petit fé, qui jusqu’alors demeurait tendu par l’inquiétude. Il n’était pas tranquille lorsqu’elle n’était pas là – pas vraiment là – au milieu de ces sorcières à l’allure bizarre. Il se sentait en danger. Et de surcroit, il savait à quel point l’instinct de sa race était efficace…

L’attitude de Lazulie à la suite de son voyage intérieur fut particulièrement étrange. Ainsi entouré – pour ne pas dire encerclé – par le reste du clan Alca, Zéphyr n’osait pas interroger son amie, mais il n’en demeurait pas moins intrigué. Le visage de Lazulie était fermé, son regard sombre et ses gestes secs. Elle répondait aux questions par de petites phrases sèches, parfois dures. On aurait dit qu’elle voulait que tout se déroulât le plus vite possible. Elle transmit bien vite son malaise à Zéphyr, qui ressentait son mal-être sans le comprendre, et lui aussi se mit à désirer ardemment que la cérémonie s’achève rapidement.
Il remarqua aussi, plus subtilement, le regard brillant de la vielle sorcière, celle qui avait préparé le breuvage. Elle ne cessait de fixer Lazulie avec intensité, comme si elle cherchait à sonder son âme. Espérait-elle comprendre ce que Lazulie avait découvert ? Lorsque la doyenne aperçut le regard suspicieux du fé, elle détourna la tête en reprenant une expression bienveillante.

Et enfin, on les fit raccompagner jusqu’à leur chambre, où ils retrouvèrent un semblant d’intimité. Zéphyr ne put réprimer un soupir de soulagement. Mais avant qu’il n’eût pu dire un mot, ce fut Lazulie qui se mit devant lui et dit d’un ton anormalement grave, un ton que Zéphyr ne lui connaissait pas :

- Il faut qu’on s’en aille, je crois que j’en ai suffisamment appris pour l’instant, il faut qu’on parte le plus vite possible et j’aimerai éviter les adieux interminables, voir les adieux tout court si tu vois ce que je veux dire.

Oui, il voyait. Mais il ne comprenait pas. Lazulie semblait clairement vouloir prendre congé des sorcières, qu’elle avait jusqu’alors cherché ardemment. Son clan, comme elle se plaisait à le dire. Pourquoi tenait-elle tant à s’échapper ? Car le message était limpide : elle voulait s’enfuir d’ici. Mais pourquoi, pourquoi ?? Tout semblait avoir changé dès l’instant où elle avait absorbé le liquide magique. Avait-elle découvert quelque chose ?
Zéphyr s’apprêtait à l’interroger, le cœur en furie car l’angoisse se faisait grandissante, lorsqu’une silhouette ombragée apparut dans l’embrasure de la porte. La doyenne.

- Je suis désolée d’apprendre que tu veux nous quitter déjà, Lazulie. Et malheureusement, je crains qu’un tel projet ne puisse être envisagé… Nous avons besoin de toi.

Lazulie, aussi surprise que lui par cette apparition, se tenait droite devant la vieille femme, les lèvres serrées. Zéphyr regardait alternativement son amie et celle qui venait de devenir son ennemie. Il ne savait pas quoi faire. Le brusque revirement de Lazulie le troublait encore, il ne parvenait pas à réfléchir ou à deviner ce que Lazulie pouvait avoir en tête.

- Reste avec nous sans faire d’histoire. Et tout se passera bien.

La doyenne esquissa un horrible sourire.

- Arrêtez ! s’écria alors Zéphyr de sa voix fluette, s’avançant d’un pas pour s’interposer entre elle et la jeune fille. Vous n’avez pas le droit. Lazulie ne fait pas partie de votre clan, elle n’a pas d’obligation envers vous !

- Oh mais si, mon petit, grinça la vieille sans lâcher cet immonde sourire. Aurais-tu oublié qu’elle vient de passer la cérémonie d’initiation, qui déclare irrévocablement son intégration à notre communauté ? Cette enfant est née au sein de notre clan, il est hors de question qu’elle en soit séparer !

Le ton de sa voix était à présent dur et sec comme la pierre. Elle s’approcha, suivi de quelques comparses. Il n’y avait qu’une autre ouverture, une sorte de fenêtre sur la droite de Lazulie. Avec un peu d’adresse, elle pourrait…

- Lazulie ! cria-t-il en lui montrant la lucarne.

Ressentant sa panique, l'arbre sur lequel se trouvait la cabane se mit à vibrer, et toute la maisonnée trembla soudainement. Cela eut le mérite de déstabiliser le clan Alca, qui n'eut pas le temps de les contrer avant qu'ils ne passent l'ouverture. Zéphyr laissa Lazulie passer devant, mais bien que ce fût là un acte honorable, cela permit aussi à l'affreuse doyenne de l'attraper par la cheville. Il tira de toutes ses forces mais elle le maintenait aussi fortement qu'un étau. Il finit par apercevoir dans les branches des écureuils curieux et leur commanda dans la langue de la nature de se jeter sur son assaillante, ce que les petits êtres ne tardèrent pas à faire.

La sorcière finit par le lâcher, se dépêtrant avec ses agresseurs, tandis que Zéphyr en profitait pour filer. Il demanda à l'arbre de les aider à descendre, afin de ne pas blesser Lazulie - lui était habitué à ces ascensions tumultueuses - mais l'arbre était trop perturbé pour l'écouter. Il fit donc signe à sa jeune amie de descendre en s'aidant des branches qui parsemaient le tronc massif du chêne, ce qu'elle fit avec une aisance toute relative. Au bout d'un moment, voyant que Lazulie les retardait, il la prit par la main et la fit descendre lui-même en s'agripant au tronc. La peur lui donnait de la force.

Lorsqu'ils mirent pied à terre, ils s'élancèrent sans attendre dans les bois, sans prendre le temps de regarder en arrière. Ils n'étaient pas encore sortis d'affaire, car tous deux savaient que les sorcières tenteraient de les rattraper. Tout en zigzagant ainsi parmi les arbres, Zéphyr murmurait dans sa langue primaire d'une voix essoufflé, demandant l'aide de la Nature. Et si les sorcières sont en communion avec celle-ci, les fés eux en sont le produit même. Recevant l'appel à l'aide de l'un de ses enfants, la Nature dut agir et protéger sa progéniture en danger.

Ainsi, leurs poursuivantes durent se démener avec des racines émergeant du sol sans prévenir, des animaux effarouchés, et des broussailles épineuses leur barrant le chemin. Ce n'était certes pas grand chose, et il était impossible pour Zéphyr de maitriser ce pouvoir, mais cela avait le mérite de leur donner de la marge.

Enfin, ils arrivèrent à la lisière de la forêt. C'était presque un miracle. Pliés en deux, le souffle raide, ils restèrent un moment silencieux. Jusqu'à ce que Zéphyr dît d'une voix faible :

- Je crois qu'elles sont parties. Maintenant Lazulie, tu crois que tu peux me donner mon nom ? Le vieux l'a volé et mis dans un sceau. Je dois le reprendre. Sans lui je ne peux pas vivre. Alors, tu veux bien ? Maintenant que nous sommes amis.


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Zéphyr, jeune fé condamné au monde des hommes
par un sortilège ayant volé son nom...




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Lazulie Ybault

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MessageSujet: Re: La sorcière et le fé (pv Lazulie)    Dim 28 Juil - 15:32

La question du fé étonna Lazulie au plus au point, que voulait-t ’il dire par « tu peux me donner mon nom ? ». Comment pouvait-il ignorer son nom ? Ne s’appelait-il pas Zéphyr ? Elle cru un instant que son ami se moquait d’elle mais le regard plein de détresse qu’il lui lançait lui fit rejeter cette hypothèse. Elle ne comprenait pas ce qu’il attendait d’elle. Après quelques secondes de silence la jeune fille finit par interroger son compagnon :

« Je ne comprends pas ce que tu veux dire, peut-être pourrais tu m’expliquer plus en détails cette histoire, je souhaite vraiment t’aider mais là je ne vois pas ce que je peux faire, ni ce que tu attends de moi… »

Le fé poussa alors un soupir teinté de désespoir et après quelques secondes de réfléxion raconta à la jeune sorcière sa rencontre malheureuse avec un mage très mal intentionné. L’histoire de Zéphyr, puisque c’était désormais son nom d’emprunt, laissa la jeune fille abasourdie. Elle ne savait pas qu’une telle ignominie était possible, elle ne pouvait croire à autant de méchanceté gratuite. Cependant son expérience avec « son » clan lui avait montré que pour le pouvoir, certains étaient capable de beaucoup de choses… Si les explications de son ami lui permettaient de comprendre sa requête, néanmoins restait le problème de comment lui rendre son véritable nom. La jeune sorcière ne voyait toujours pas en quoi elle pouvait l’aider, comment pouvait-elle saisir l’essence même du fé…

« Je comprends mieux maintenant, mais comment pourrais-je t’aider ? Il faudrait que j’arrive à sonder qui tu es, en profondeur, ce que tu es et… »
Lazulie s’arrêta brusquement. Deux fois auparavant elle avait réussi à percevoir l’aura magique du fé, certes ce n’était que la partie visible de l’iceberg mais si elle se concentrait uniquement sur son ami et qu’elle essayait de voir au-delà de la surface peut-être qu’elle pourrait l’aider.
Le fé fixait toujours la jeune fille attendant qu’elle finisse sa phrase.

« Je crois que j’ai parlé trop vite, je peux peut-être essayé quelque chose, mais ça peut très bien ne pas marcher je n’ai aucune idée du pouvoir que cela requiert ni s’il s’agit de la bonne méthode mais je vais essayer quand même… Allons-nous asseoir  là-bas, ça risque de prendre du temps autant être bien installés »

Les deux amis se dirigèrent donc vers un grand arbre auquel Lazulie s’adossa, elle fit signe au fé de prendre place face à elle puis elle ferma les yeux. Le fé observait toujours sa camarade, l’espoir se lisait sur son visage enfantin, il attendait désormais qu’elle réouvre les yeux et lui donne son véritable nom.

La jeune sorcière vit avec soulagement l’aura brillante du fé juste devant elle, les choses sérieuses pouvaient commencer. Elle observa d’abord la flamme argentée, scrutant le moindre millimètre de cette boule d’énérgie. Elle finit par entrevoir que ce concentré de magie était formé par de minuscules autres petites flammes serrées les unes contre les autres, parfois il y avait un petit espace entre chacunes d’elles. Puisant dans sa propre énergie, Lazulie tendit son esprit vers l’une de ces bréches pour s’engouffrer encore plus profondément dans « l’âme magique » du fé.

Zéphyr attendait maintenant depuis cinq bonnes minutes, des gouttes de sueur perlaient sur le front de son amie. Le fé comprit qu’elle commençait à fatiguer et que l’effort qu’elle fournissait l’affaiblissait considérablement. Le souffle de la jeune fille était de moins en moins régulier mais elle n’ouvrait toujours pas les yeux.

Lazulie fut stupéfaite de voir ce qui se cachait derrière ce mur de petites flammes. L’intérieur était creux et une sorte de fil argenté sur lequel semblait pousser de microscopiques feuilles flamboyantes partait de chacune des flammes et rejoignait le centre de l’espace. Tous les différents fils s’emmêlaient alors pour former une sorte de pelote de laine brillante, celle-ci était mille fois plus luminescente que la flamme vue de « l’extérieur ». La jeune sorcière comprit rapidement que ce qu’elle cherchait se trouvait là. Malheureusement lorsqu’elle voulut sonder la boule de fil avec son esprit elle se heurta à un mur, impossible d’en apprendre plus. A bout de force, elle dut renoncer…

Lazulie ouvrit enfin les yeux. Morte de fatigue, elle eut juste la force de murmurer
« Désolée, j’y étais presque » avant de sombrer dans l’inconscience.

Lorsqu’elle revint à elle, le fé l’observait l’air inquiet. Il ne semblait pas lui en vouloir pour son échec, ou du moins il ne le montrait pas. Il aida sa camarade à se redresser, tout se passa sans un mot. Ce silence oppressait la jeune sorcière qui se sentait coupable d’avoir donné un faux espoir à son ami.

«  Je suis vraiment désolée de ne pas avoir réussi à t’aider, je ne suis pas assez puissante, peut-être que dans quelques années je pourrai y arriver, et encore je n’en suis pas sure. Le sort qu’à jeté ce mage est puissant, je pense que c’est ça qui m’a empêché d’accéder à ton essence. Tant qu’il est en vie le sort est trop fort… Enfin je dis ça mais je n’en sais rien… c’est juste une intuition… Encore désolée, j’aurai vraiment aimé pouvoir t’aider… »

Zéphyr qui semblait avoir compris que son amie avait failli y laisser sa peau en utilisant autant d’énergie lui répondit que ce n’était pas de sa faute et que lorsqu'elle serait plus forte elle n’aurait qu’à revenir le voir pour l’aider. Les deux compagnons discutèrent un petit moment de leur projet, Zéphyr devait retrouver Salomon comme il le lui avait promis et Lazulie, elle, voulait continuer de chercher ses parents. Il était donc temps pour eux de se séparer et chacun devait suivre son chemin. Après de courts adieux, le fé et la sorcière partirent chacun de leur côté, en espérant se recroiser prochainement.


FIN

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